Cf. Rotnania, XV, p
version arthurienne. Je voudrais tenter, en suivant les traces de MM. Heinzel, Lichtenstein , Vetter^, de fixer plus exactement la place qu'il occupe dans l'ensemble de la tradition et ses rapports avec Béroul et le roman en prose. Ayant d'avance reconnu ma dette envers mes prédécesseurs, je ne me suis pas cru tenu d'indiquer tous les emprunts que je leur ai faits ni les points où nous nous sommes rencontrés.
L'œuvre d'Eilhart ne nous est parvenue tout entière, sans parler du livre populaire (P)^, que dans deux manuscrits du xv^ siècle, à Dresde (D) et à Heidelberg (H). Celui de Berlin complète, à l'aide des trois mille derniers vers d'Eilhart, le Tristan de Gottfried de Strasbourg. Le texte critique imprimé par M. Lichtenstein (L) a été obtenu par la confrontation de ces trois copies. C'est un remaniement (X), dont M. Bartschî a jadis fixé la date au xii^ siècle, mais qui ne peut guère être antérieur au milieu du XIII^ En effet, l'on-^ a généralement adopté les conclusions de M. Knieschek, suivant lequel cette rédaction et la mise en prose dérivent d'un remaniement plus ancien, dont l'auteur imitait Gottfried de Strasbourg. Les neuf fragments de deux manuscrits du xii^ siècle (R et M), que M. Lichtenstein a imprimés en tête de son édition, ont également subi des retouches d'une main étrangère 5. Seules, les traductions tchèques (C) paraissent remonter directement à l'original d'Eilhart ^ : un poète qui vivait sans doute au milieu du xiii^ siècle a traduit très exactement, d'après un excellent manuscrit, les vers correspondant à X 47-2833. Environ un siècle plus tard, un continuateur, qui utilisait "aussi Gottfried et Henri de Freiberg, a traduit plus librement les versX 3638-4103