DONNEES GENERALES DU POEME
Noms propres. — Le héros, que les textes français nomment Tristran (Béroul et Thomas), Tristram (Marie de France),
1. M. Knieschek a retraduit en allemand ces parties du poème tchèque dans la Zeitschrift fur Deutsches Alterthum, XXVIII, p. 261. Les vers sont numérotés d'après les pages et les lignes de l'édition de Hanka (Prague, 1820).
2. La mention de Dietrich et de Hildebrand se trouve aux vers X 5973-77. Ce passage manque dans les deux imprimés de P suivis par M. Pfaff (129,17), mais se trouve dans un exemplaire conservé à Munich et signalé par M. Lichtenstein (Ati^eiger, IX, p. 163) : ftmn sagt von herr Dietrîch iind von Hildebrant. C 289,20, ne nomme que Dietrich :
Viel steht von Dietrich von Bern gfschrieben , Dem viel ehre und lobes gegeben.
Les fragments d'un Rosengarten tchèque, publiés au t. XXV (p. 253) de la Zeitschrift fur Deutsches Alterthum, appartiennent à un ms. de la fin du xrve siècle, un peu postérieur à la traduction d'Eilhart.
Tristan (prose), s'appelle dans le poème d'Eilhart Tristrant , au génitif Trisîra?ides^. Cette forme n'est pas rare en ancien français et, dans quelques cas, elle est attestée par des rimes. Les vers 4971-72 de la Vengeance de Raguidel en offrent un exemple, en même temps qu'un nouveau témoignage en faveur de la célébrité poétique des deux amants :
si vait cantant
D'Iseut la Blonde et de Tristrant.
Les mêmes rimes se retrouvent dans ce passage obscur de Perceval, où Gerbert semble dire qu'il avait composé un poème sur Tristan 2 :
....Puis en cha le nous retrait Gerbers, qui de son sens estrait La rime que je vois contant.
Neis la luite de Tristrant Amenda il tôt a compas.
Aux vers 3011-12 du Bel Inconnu, Tristant rime avec Rollant. Au début du Livre Oger de Dannemarche, conservé dans deux manuscrits du xiv^ siècle, ce nom figure à la rime dans une tirade en anîK Le chroniqueur Galvaneo Fiamma raconte, à Tannée 1339, que la chute d'un arbre mit à découvert un tombeau dans un monastère de l'Italie et qu'on y retrouva le corps d'un roi des Lombards 4 :
a latere erat unus ensis habens dentem in acie satis magnum, qui
fuerat Tristantis'" de Lyonos , cum quo interfecerat Lamorath Durlanth. Unde in porno ensis sic erat scriptum :
Cel est l'espee de Meser Tristant Un il ocist Lamoroyt de Yrlant.
Deux vers français, cités par Gottfried de Strasbourg (2395-96),