‹ Eilhart d'Oberg et sa source francaiseChapitre 6 sur 56 · Michel, I, p. V, et Barrois, préface à^Ogier le Danois · texte numérisé non relu

Michel, I, p. V, et Barrois, préface à^Ogier le Danois

4. Muratori, Renim Italicarum Scriptores, vol. XII, col. 1027. Ce passage est cité par Michel, II, p. 165.

5. On se rappelle que les formes usuelles en latin et en italien sont Tristanus et Tristano.

feraient supposer que Thomas se servait parfois de la forme

Tristrant :

bêâs Tristant, cûrtois Tristant tun cors, ta vie a De cornant !

Béroul en a également un exemple dans un passage dont l'authenticité ne paraît pas douteuse^ (142, 8-10) :

Et furent plus de quatre mile, Qu'ornes, que femes, que enfant.

Que por Yseut, que por Tristrant *.

On sait que les mots terminés par n double ou appuyée prennent souvent aux cas en 5 le ;( caractéristique des mots terminés par t; le cas sujet Trtstran:^^ se trouve fréquemment. Or, si l'on a pu forger à roman:^ le double cas régime roman, romant, il est tout naturel qu'on ait dérivé de Tristranx^ une forme Tristrant. La plupart des poètes n'emploient ce doublet que si la rime le demande, et rien n'oblige à admettre que la source d'Eilhart en fit un usage plus régulier et plus constant que d'autres textes. Un Allemand devait être nécessairement séduit par cette terminaison, même rare, qui se pliait si aisément à l'analogie de noms germaniques, tels que Wielant, Hôrant, Hildehrant. Cette analogie exerce encore sa tyrannie sur Gottfried, qui décline habituellement, non point Tristan-Tristane ÇiS^^^^, comme on sV attendrait, mais Tristan-Tristandes, à l'exemple de son prédécesseur.

En revanche, le nom (ïlsalde ne s'explique point par l'analogie d'autres noms propres allemands. Eilhart doit avoir eu sous les yeux un texte du nord-est, où ce mot était écrit Isalt, haut. A la vérité, cette graphie est des plus rares; le manuscrit B. Nat. fr. 794, écrit au commencement du xiii^ siècle, à Paris, par un scribe originaire des confins de la Champagne et de l'Ile de France 5, en offre peut-être le seul exemple : c'est au vers 5 de

1 . M. Heinzel l'attribue à son IVe lied, où Tristran rime tour à tour avec Dinan (54, 8-9), an (139, 16-17) ^^ Lidan (170, 4-5).

2. Ed. enfani : Trisirani. Je n'ai fait au texte de Michel que les corrections les plus indispensables ; la plupart m'ont été suggérées par M. G. Paris. Je ne crois pas devoir signaler les modifications apportées à la division des mots, souvent défectueuse, et à la ponctuation.

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