Cligés, éd. Fœrster, p. xx\iii
Cligés^, au vers célèbre où Chrétien nous apprend qu'il avait f:iit un roman :
Del roi Marc et d' Ysalt la blonde.
Millot , dans V Histoire littéraire des troubadours ^, se sert de la forme Isault, en traduisant une pièce de Ramon Jordan, que je n'ai pas su retrouver. Les noms diYsolt et de MorhoJt ne riment que dans le petit poème Douce 3; il me paraît assez vraisemblable qu'ils rimaient également pour Thomas, bien que ses traducteurs leur donnent des terminaisons différentes. Mais Eilhart et sa source s'accordent avec le reste des versions, en séparant dans l'écriture et dans la prononciation les formes Isalde (Jsalt) et Môrolt. Béroul fait rimer Morhout et javelot (43, II- 12), Yseut, veut Qt seut {12S, 9-10; 179, 22 — 180, i); Chrétien, dans le passage bien connu à'Erec, a les rimes Morhot et ot. Les vers 5261-62 de Cligés , où riment Yseu^^ et preu:(^, sont interpolés; l'orthographe traditionnelle Yseut {Yseult) est également celle du roman en prose; celui-ci nomme le géant irlandais Morhout (^Morholt). .
Géographie. — Le père du héros, Rivalin {Rivalîn, Riwalîn G, Rouland E)4, règne en Léonois (Lohnois^ , comme dans le roman en prose; il en est peut-être de même dans Béroul
« Si me retien ovocques toi, « O m'en irai en Loenoi. »
On a pensé, d'après le témoignage de Marie de France, que ce nom désignait le sud du pays de Galles :
En sa cuntree en est alez, En Suhtwales u il fu nez, Chievrefoil, 15-16.
1. Cette variante ne se trouve pas dans l'édition de M. Fœrster. Je l'emprunte à M. Holland, qui a imprimé dans son Chrétien de Troyesle début de Cligés, d'après une copie du ms. 794 (l'ancien Cangé 73) faite par M. Michelant.