Roniania, XV, p
ses habitants, qui s'appellent encore aujourd'hui en gallois Saxons (Seison).
Dans la source d'Eilhart, comme dans la version de Thomas et les poèmes de Chrétien de Troyes, le nom de Bretagne désignait sans doute tantôt la Bretagne continentale, tantôt l'Angleterre bretonne. Dans le vieux poème allemand, Britanjâ est le royaume d'Arthur (^Artûs). La résidence royale n'est séparée de Tintagel {Tintanjôl) que par une grande forêt; les chevaliers bretons, partis le matin pour la chasse, s'en vont coucher dans la salle du roi Marc {Marké)^. De la cour d'Arthur, Tristan se rend à cheval à Carhaix ; mais il prend la mer pour retourner à Tintagel. On voit combien les notions géographiques d'Eilhart sont peu claires; celles de Béroul sont beaucoup plus précises. Arthur réside dans des villes de l'ouest et du nord de l'Angleterre, dans la partie de ce pays qui est restée le plus longtemps celtique. Tristan est chargé de lui porter un message (33,18)
A Carduel qui est clos de mur.
Perinis va le trouver de la part d'Iseut à Cuerlion (iéi,6); il y apprend que le roi tient sa Table Ronde à Isneldone (161,11). Ce dernier nom n'est apparemment qu'une variante orthographique de celui du Snowdon ; c'est la ville de Senaudon ou Sinaudon du Bel Inconnu^. Cuerlion est la cité galloise de Caerleon sur rUsk :
« Dom es tu, ladres? » fait li rois.
« De Carbon, filz d'un Galois. » 179, 4-5,
C'est vers Galles que s'enfuient, et le nain menacé de la colère du roi Marc, et les amants, après qu'il les a surpris sous la feuillée3. A la suite du jugement de Dieu, Arthur se rend à Durham :
Chascun s'en vient a son roiaume,
Li rois Artus vient a Dureîme,
Rois Marc remest en Cornoualle. 202, 14-16.