‹ El Ktab des lois secrètes de l'amourChapitre 16 sur 85 · LA MORT DU KHODJA XXI · texte numérisé non relu

LA MORT DU KHODJA XXI

quand on eut desservi, que nous nous trouvâmes seuls devant nos narghilehs et nos tasses de café Moka, il me prit la main, qu'il porta sur son front, et m'annonça qu'il ne tarderait pas à aller rejoindre ses femmes, ses serviteurs et ses vieux amis : « Je sens, me dit-il, que l'instant est proche et que bientôt mon âme se dépouillera du corps qui la retient captive sur cette terre. Quand le moment sera venu, je te ferai appeler, afin que tes mains ferment mes paupières et je te remettrai le manuscrit que tu connais » .

Le Khôdja passa la nuit chez moi et me quitta le lendemain matin, sans un mot d'allusion à ce qu'il m'avait dit la veille.

Deux jours plus tard, le vieux serviteur d'Omer Haleby, Abou Othmân, vint m'annoncer que son maître bien-aimé se mourait et demandait instamment à me voir.

Malgré l'orage qui menaçait et l'état agité de la mer, je n'hésitai pas à traverser le Bosphore dans le frêle caïque à deux paires de rames que mon vieil ami m'avait envoyé.

Il était alors près de dix heures à la franque, et la nuit, sans étoiles, était d'un noir lugubre.

Étendu sur un vaste sopha, le buste et la tête soutenus par une pile de coussins, mon pauvre Khôdja, les yeux fixés dans le vide ou dans le monde supra-terrestre, monde dont

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