‹ El Ktab des lois secrètes de l'amourChapitre 18 sur 85 · LA MORT DU KHODJA XXIII · texte numérisé non relu

LA MORT DU KHODJA XXIII

Dans l'immense pénombre que faisait trembloter une faible lumière, issue de l'unique mèche immergée dans l'huile d'olive d'une antique petite lampe en bronze, de style grécoromain, à sept branches, le corps de mon vieil ami avait bien plutôt l'air d'un fantôme matérialisé, tel qu'en aperçoivent les voyants, que d'un citoyen de cette terre.

Debout, près de cette couche funèbre, et adossé à un vieux bahut syrien, le fidèle serviteur du moribond, l'eunuque Omer, ne quittait pas de ses regards humides et interrogateurs les yeux, perdus dans le vague, du maître qui s'en allait.

Tout d'un coup, les prunelles du vieillard cessèrent d'être fixes ; les paupières supérieures se baissèrent et éteignirent pour un instant l'éclat déjà affaibli du regard. Quand elles se relevèrent, ce fut pour nous laisser apercevoir une expression tout autre : la vie, l'intelligence s'étaient à nouveau localisées dans ces yeux, jadis si fascinateurs, actuellement si mornes.

A n'en plus douter, la pensée était encore présente et toute-puissante chez Omer Haleby, Abou Othmân ; l'âme n'avait pas encore quitté le corps pour entreprendre l'éternel voyage.

Tournant lentement la tête vers son serviteur, le Khôdja lui fit un signe, que celui-ci comprit sans difficulté, car, se dirigeant aussitôt vers le fond obscur de la pièce, il se baissa, fit jouer le verrou d'un grand coffre peint en vert, et, après en avoir soulevé le couvercle, prit, sur une de ses tablettes, un paquet volumineux, qu'il porta respectueusement à ses

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