DE LA. CREATION DE L HOMME ET DE LA FEMME
de sexe, car il trouvait en lui-même, dans la puissance de son imagination, toutes les jouissances qu'il désirait'.
s > — Mais la terre, entraînée dans le vaste tourbillon des
mondes et des univers, avait en elle un principe de solidification qui, sous la forme d'un immense serpent, — symbole de la vie universelle dans ses matérialisations du commencement et de la fin, — cherchait à la précipiter dans l'abîme oii se trouvent la matière et les passions.
O» — Pour arriver plus vite à la condensation qu'il rêvait, le serpent fit entendre aux anges des paroles de révolte et d'orgueil.
<^ — Et ceux-ci, poussés par Adam, qui avait été le premier séduit, oubliant que Dieu les avait créés d'une goutte de son sperme, ainsi que nous Fa révélé Mohammed, — que son saint nom soit béni ! — osèrent s'ériger en adversaires de leur créateur.
-. — Alors, le serpent triomphant, on vit l'unité se dédoubler et le monde passer de l'état paradisiaque à l'état matériel ou physique.
^ — Et ce fut ainsi, qu'à partir de ce moment, il y eut des nuits et des jours, des ténèbres et de la lumière, et que tout ce qui était un se sépara pour former l'échelle hiérarchique et sacrée des nombres et des choses.
~ — Quand la lutte fut terminée, quand les anges fidèles eurent abandonné la terre, que celle-ci devint habitable, après des milliers d'années de révolutions géologiques, de luttes entre le feu et l'eau, entre la vie et la mort, Adam, en expiation de sa faute primitive, fut de nouveau placé sur
' C'est là une tradition très répandue dans les sectes secrètes de l'Indé et de tout l'Orient. Cette tradition raconte que, dans le principe, Adam était androgyne et quil ne devint deux qu'après sa révolte. Ce lut alors, dit la même tradition, que le principe, en se divisant, s'appela Ich ou Aish, pour le masculin; Ischa ou Aiseha, pour le féminin; alk'ration qui indique bien son origine par sa. féminisaiion (P. de R.).
cette terre, en un lieu privilégié, qui constitua le Paradis terrestre.
:> — Mais, à son tour, il dut subir encore, en expiation de sa révolte primitive, le dédoublement de son être. Il se transforma donc ou plutôt se décomposa en deux principes : le principe actif, ou masculin et le principe passif, ou féminin.
ù — Le principe masculin s'appela d'abord Aish, et le principe féminin Aise ha.
j — Mais, en se dédoublant, Adam, devenu Aish, sous la suggestion de ses premières ivresses et des joies parfumées et enivrantes du paradis éthéré, vit qu'Aischa était belle; grisé par sa beauté, il la prit sous lui et, guidé imr ce qu'il croyait dans son immense orgueil une action divine, pratiqua le premier coït et engendra ainsi la grande famille humaine.
; — Et ce fut à l'occasion de ce grand fait qu'Adam appela la femme qui avait été tirée de son sang : Eva, c'està-dire la mère du genre humain.
^ — Et Adam vit que le coït^ était bon, car, tout en procurant à l'homme et à la femme d'ineffables jouissances, il faisait de l'homme, principe actif, un créateur, un exécuteur de la volonté engendrante de Dieu.
^ — Il vit aussi que le coït était la base de toute la création, le principe qui devait en assurer la perpétuité et la conservation !
jj» — Et Adam loua Dieu, bénit son saint nom et le glorifia dans le présent et la suite des siècles.
jo — Son acte achevé, Adam comprit pourquoi la pénétration du principe actif et fécondant dans le réceptacle passif et organisateur de la femme devait assurer l'œuvre de
^ Ce passage est conforme aux traditions bibliques. H suffît, pour s'en co.ivaiiicre, de lire le chapitre m de la Genèse (note de P. de R.).
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la création universelle par les sensations de hautes jouissances qu'elle faisait naître et développer.
i» — De ce qui précède il résulte donc que le coït, conformément aux paroles du saint prophète, à qui Dieu fasse miséricorde ! est tout à la fois l'accomplissement de la loi divine de la procréation des êtres et une des causes conservatrices de la vie et de la santé ^
Jà — Et Adam vit encore que la loi de la copulation était universelle; qu'elle formait la base du renouvellement de la vie, de ses espèces et de ses variétés. Il vit que la semeiice du principe actif était au principe passif, ou à la femme, ce que la pluie du ciel est à la terre qui, sans elle, sans cette puissance fécondatrice, resterait à tout jamais stérile, sèche, dénudée et inhabitable.
c> — Et, devant cet immense spectacle, notre vieux père bénit encore toutes les créatures du Dieu vivant, et déclara qu'un jour viendrait où l'humanité adorerait et encenserait les mystères de la vie, sous la forme symbolique du principe actif à l'état d'érection 2.
c. — Et voilà comment, ô mes frères ! le Dieu vivant, que son saint nom soit à tout jamais béni ! a assuré l'accomplissement de la vie individuelle et universelle, en mettant dans son acte comme un cantique, comme un chant, où, dans les spasmes de la volupté, véritable réminiscence des suprêmes béatitudes paradisiaques, l'homme devient à son tour un dieu, créateur d'êtres semblables à lui.
< Ici l'auteur semble synthétiser les paroles suivantes du Cheikh Djélâled-din, Abou Soleiman Dâoud : « Le coït, s'il ne dépasse pas, dans l'usage, les règles de la modération, revivifie la chaleur naturelle, réjouit, dispose à prendre de la nourriture, dissipe les tristes pensées, les préoccupations mélancoliques, moroses, sombres. Plus d'une fois, la continence a amené des maladies. Le coït est donc une des causes conservatrices de la santé. » (P. de R.)
2 Allusion au culte du Phallus. Voir l'appendice E : Le culte du Phallus dans l'antiquité et à travers les âges.
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. v^ — Et voilà pourquoi aussi, les peuples qui nous ont précédés ont si bien compris l'importance du coït qu'ils ont fait de son agent principal, le Dkeur ^, l'emblème du principe de la création et de la vie des êtres et des mondes, en sa forme active, fécondatrice et génératrice. ^Jj — Plusieurs peuples allèrent même plus loin; ils firent du symbole un Dieu, et tombèrent ainsi dans l'idolâtrie, comme devaient le faire plus tard les disciples de Jésus et de Mariam^, ce qui rendit nécessaires, six siècles après la naissance miraculeuse de Jésus, — que Dieu bénisse son saint nom! — la naissance et la mission de notre saint prophète, Mohammed, à qui Dieu fasse miséricorde !
OJ* — Si donc, nous considérons, ô hommes^! toute la puissance du fait dont l'accomplissement reconstitue Vimité, en faisant fusionner la femme et l'homme, nous serons bien obligés de conclure que c'est là l'acte le plus important de tous ceux qui se passent sur la terre, pour la glorification du Dieu puissant qui créa, par une éjaculation de sa volonté, l'homme, les animaux, les végétaux, les minéraux et leur grande matrice à tous :