‹ El Ktab des lois secrètes de l'amourChapitre 25 sur 85 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Sommaire : Des avantages du coït. — Ses principes et son but. — Du meilleur mode de le pratiquer. — De l'utilité des parfums et de la prière après le coït. — Personnes avec lesquelles il est défendu de coïter. — Doctrine du Koran comparée au judaïsme et au catholicisme.

Au nom du Dieu clément et miséricordieux * !

! — Un jour qu'Ali^ interrogeait notre saint prophète sur le mariage et le coït, celui-ci, à qui Dieu fasse miséricorde ! lui répondit :

« Le coït est une des causes de la conservation de la santé. Que celui d'entre vous qui est en état de suffire à la copulation se marie; le mariage donne de la modération au regard ^ et détourne plus obligatoirement de l'inceste et de l'adultère ». ^

Si ce précepte, ô mes frères ! vous tous les véritables croyants, les seuls qui soyez au-dessus des chrétiens! avait

* Le Khôdja commence tous les chapitres de son livre par cette exclamation qui se trouve également en tête de tous les chapitres du Koran, le chapitre ix excepté.

' Le gendre du Prophète.

3 Donner de la modération au regard signifie que l'œil, moins occupé à regarder les femmes, perd de son ardeur et de sa concupiscence (P. de R.).

toujours été suivi, que de folies et de crimes nous eussent été épargnés !

Avec cette sage recommandation, que les traditionnistes — louanges à eux î — nous ont conservée, Mohammed nous donne la clef du grand mystère qui assure, avec la perpétuité des espèces et des êtres, l'accomplissement de la volonté du Dieu tout-puissant, du Dieu qui créa et enveloppa de son immense amour le firmament et les étoiles, la terre et l'insecte le plus faible, le plus petit et le plus imparfait.

s^ — Le saint prophète a encore dit : « Va, prends pour femme une vierge que tu caresses et qui te caresse. Ne te mets pas en coït avant de t'animer par des caresses ». Et il a encore dit, dans le chapitre ii du Koran, verset 223 : « Les femmes sont votre champ. Cultivez-le de la manière que vous l'entendrez, ayant fait auparavant quelque acte de piété. Craignez Dieu et sachez qu'un jour vous serez en sa présence »!

C^ — Par cette recommandation de « craindre Dieu », notre saint prophète entend qu'il faut préluder à la copulation en se pénétrant bien de l'importance divine de l'acte qu'on va accomplir.

<^ — Certes, il est bon de rechercher le plaisir et les jouissances, mais il ne faut pas que ce soit avec cette seule pensée que l'on prélude au grand acte de la procréation.

^ — Si la chose est bonne, excellente en elle-même, elle peut donner naissance à des fruits diaboliques et nous mettre en état de perdition K

* Luther n'a-t-il pas dit la même chose quand il écrivit ces lignes : « Une femme ne peut se passer d'un homme; c'est une nécessité impérieuse comme le repos et les aliments. Mais aussi un homme ne peut-il se passer d'une femme pour les mêmes raisons. La nature est une loi vindicative : si on la blesse, elle obtient pourtant son droit, mais par un détour innaturel qu'on a nommé le libertinage, l'onanisme, la pédérastie, la tribadie, l'adultère, la masturbation, etc. »

^ — Voici donc, ô hommes ! comment il faut se conduire en cette circonstance, et comment, vous devez pratiquer le coït.

«u — Le mieux est d'accomplir l'acte le soir, après la digestion et lorsque le corps est dans un état modéré et normal de chaleur et de froid, de réplétion et de non-réplétion, en un mot, dans un état aussi équilibré que possible.

:> — Si, pourtant, on se livre au coït, ainsi que l'a dit le savant Djélâl-ed-din, Abou Soleiman Dâoud, dans « une circonstance inopportune, l'inconvénient sera moindre si l'on est repu. Le fils d'Omar ne copulait jamais qu'après avoir mangé. »

i — Le même auteur dit encore qu' <( il faut éviter le coït quand on est fatigué, chagrin, soucieux, ou après que l'on a pris un médicament ».

j « — La meilleure règle est « de ne pratiquer le coït que lorsque le besoin s'en fait vivement sentir et que le désir n'en est provoqué ni par effort, ni par des idées erotiques, ni par des regards; c'est l'accumulation seule de la liqueur spermatiquc qui doit animer et appeler à la copulation ».

j — Il est permis, Dieu lui-même l'a dit dans son saint Koran, de copuler dans la nuit du jeûne, « car vos femmes sont vos vêtements et vous êtes le leur * » . Mais c'est surtout du coït de cette nuit qu'il a été également dit : « Voyez vos femmes dans le désir de recueillir les fruits qui vous sont réservés 2 ».

^j^ — Il est bon, dans cette nuit comme dans les autres, de prononcer, au moment oii le Z)A:ew?* pénètre dans la vulve, la parole sacrée : Au nom du Dieu clément et miséricordieux ! On éloignera ainsi les djinns et les mauvais esprits,

< Koran, chap. ii, v. 183.

2 Koran, même chap., même v.

dont la mission est de présider à la confection des enfants difformes et malsains.

f^ — Il faut toujours vous abluer avant de vous approcher de votre femme ; celle-ci devra agir de même. Il en sera encore ainsi quand, après avoir copule une première fois, vous voudrez récidiver ; car le prophète a dit ceci : « Lorsqu'un d'entre vous a pratiqué le coït et qu'il veut renouveler la copulation, il faut qu'il fasse ses ablutions avant de recommencer et prononce deux fois la formule Bïsm illâh » '.

^ — Si la copulation est pratiquée en voyage, en pleine campagne, et que l'eau fasse défaut, on se conformera au précepte du Koran : on s'abluera avec du sable 2.

Dieu est miséricordieux !

fj^ — J'ai dit, ô hommes \ que le meilleur monidut pour coïter était le soir, après le dernier repas, la digestion terminée. Quand donc vous voudrez accomplir cet acte^ vos ablutions étant faites, vous attirerez votre femme près de vous et lui direz les douces choses qui, en lui faisant plaisir, devront la préparer à être votre digne partenaire. Vous la caresserez et elle vous caressera ; vous la baiserez sur les joues, sur les lèvres, sur les seins, sur la nuque, et vous jouerez avec ses cheveux. Si sa nature est froide, si vous voyez que l'agitation de ses sens n'est pas en correspondance avec la vôtre, vous porterez votre main sur son clitoris et, s'il le faut absolument, vous l'exciterez légèrement ou éner-

* Au nom du Dieu! C'est la première partie de la formule koranique: Au nom du Dieu clément et miséricordieux !

2 Voici le passage du Koran auquel leKhôdja se reporte: « 0 croyants ! purifiez-vous après la cohabitation avec vos épouses ; mais, si vous êtes malades ou en voyage, quand vous aurez satisfait vos besoins naturels ou lorsque vous aurez eu commerce avec une femme, dans le casoîi vous ne trouveriez pas d'eau, frottez-vous le visage et les mains avec du sable fin et pur. Dieu ne veut vous imposer aucune charge; mais il veut vous rendre purs et mettre le comble à ses bienfaits, afin qqe vous lui soyez reconnaissants » (Chap. V, V. 9.)

giquement, mais sans aller jusqu'à V onanisme, car la loi réprouve cette pratique. Ces caresses, votre femme vous les rendra ; elle devra même vous précéder dans ces jeux charmants, que le saint prophète a recommandés en plusieurs circonstances.

I? — Quand tout sera prêt pour la pénét?'ation, quand la femme, humectée par le désir, vous montrera, par ses soupirs et ses petits cris, qu'elle est en mesure de recevoir, avec profit, la liqueur spermatique, vous vous mettrez sur elle, visage contre visage, ventre contre ventre, sans brusquerie, avec une énergique douceur, et vous commencerez la pénétration en évitant les fortes secousses. C'est à ce moment-là que, pour mettre le diable en fuite, vous direz tous deux : ati nom du Dieu ! Si, au moment du spasme final, au moment de i'éjaculation, la femme se tenant immobile, comme en extase, vous pouvez ajouter le reste de la formule sacrée : clément et miséricordieux! l'œuvre sera parfaite et l'enfant que vous procréerez ne sentira jamais la main du démon ^

ib — Le coït terminé, vous vous abluerez, userez de parfums et rendrez grâce à Dieu, conformément à ces paroles du Prophète : « Ce que j'aime dans votre monde, ce sont les femmes et les parfums - ; puis je vais rafraîchir mes yeux et ma pensée par la prière ; les parfums sont les éléments qui réveillent l'esprit, et l'esprit est la monture ou dromadaire

* L'auteur de la Médecine du Prophète, le cheikh Djélâl-ed-din,Abou Soleiman Dâoud, dit à ce sujet : « Il est louable et bien de dire Bîsnt illâh, au moment de se mettre en copulation; c'est se conformer à cette parole du prophète : •< Lorsqu'un de vous s'approche de sa femme et dit : « Au nom de Dieu ! ô mon Dieu ! » vous mettez tous les deux le diable en déroute ; car c'est absolument comme si vous disiez : « Éloigne le diable des bienfaits que tu nous dispenses. » L'enfant que vous procréerez ne sentira jamais le poids du démon ». Comme on le voit, ce sont presque les mêmes phrases. Quant à l'idée, elle est identique (P. de R.).

' « En appelant au reconfort de la prière après les jouissances du coït et des parfums, » disent les juristes canoniques, « c'est indiquer que la copulation fait évanouir la matière ou le principe des entraînements

coureur des forces de l'homme. Rien, rien n'est meilleur^ n'est plus salutaire que les parfums après la copulation ».

ç, — Mais, si le coït, ainsi pratiqué, est un acte saint, émanant de la volonté directe de Dieu, il n'en est plus de même quand il devient de la fornication ^, et que cette dernière est pratiquée, sans discernement, avec toutes espèces de femmes et de femelles.

c. — Le Koran défend effectivement d'épouser « les femmes idolâtres, tant qu'elles n'auront pas cru » ; et il ajoute qu'une « esclave croyante vaut mieux qu'une femme libre idolâtre, quand même celle-ci vous plairait davantage ^ ». Il faut donc éviter de coïter avec les idolâtres, les juives^ les femmes qui ont été les épouses de vos pères 2, vos mères, vos filles, vos sœurs, vos tantes paternelles et m"Tternelles» vos nièces, filles de vos frères ou de vos sœurs, vos nourrices, vos sœurs de lait, les mères de vos femmes, les filles confiées à votre tutelle et issues de femmes avec lesquelles vous auriez cohabité 4. N'épousez pas davantage ni deux sœurs, ni les filles des fils que vous avez engendrés. Il est également défendu de coïter avec les femmes qui sont mariées^

erotiques, de ces agitations voluptueuses qui annulent la netteté de l'esprit, troublent les regards du plus clairvoyant, étreignent la pensée en coupant toute voie à la réflexion et au raisonnement, en faisant divaguer le sentiment religieux ».

* Ce mot n'est pas exactement celui du manuscrit du vieux savant. Le mot arabe ne peut se traduire que par son explication même; il ne possède pas d'équivalent dans notre langue. La. fornication doit donc être considérée ici comme l'expression d'un coït brutal, sans ménagement, analogue à celui des nymphomanes. C'est, en un mot, l'acte dans toute sa brutale matérialité, opéré sar n' importe qui et n'importe quoi{P.deB..).

Koran, chap. 11, v. 221,

2 Koran, chap. iv, v. 27.

3 Koran, chap. 11, v. 220 et suivants.

■* Le Koran est, dans cet ensemble de défenses, plus sévère que le judaïsme et le catholicisme : ni l'un ni l'autre, en effet, ne défend le mariage ou le coït avec les nièces, les sœurs de lait, les belles-mères, les filles de vos maîtresses et les belles-sœurs (P. de R.).

avec celles qui ont leurs règles ou qui sont malades ^, avec celles que vous connaissez depuis peu et avec celles dont l'aspect vous déplaît.

^ — Beaucoup de théologiens ont discuté pour savoir s'il était permis de coïter avec les chrétiennes : les avis sont partagés à ce sujet; les uns ont dit oui, les autres non, et chacun a soutenu sa thèse avec plus ou moins d'habileté. Mon humble avis est que le coït avec les chrétiennes, n'étant défendu dans aucun verset du Ko ran, est une chose licite, non contraire à la volonté de Dieu, car le véritable disciple de Jésus ne diffère que très peu du musulman -, et ne doit pas être confondu avec les idolâtres et les juifs, contre les-

^ Voici à ce sujet comment s'expriment les traditionnistes :

« Le juif, pendant que sa femme est en menstrues, s'abstient de toute communication avec elle, la fait coucher, manger et boire à part. Lorsque le Prophète eut connaissance de cette coutume : « Faites tout, dit-Il à ses disciples, à l'inverse des juifs; sur eux soient la malédiction et la colère de Dieu ! Faites tout à l'inverse des juifs, excepté ce qui concerne la copulation. » (P. de R.)

2 L'assurance du Khodja surprendra bien des lecteurs. Elle est pourtant conforme à l'esprit de Y Islam. Mohammed, ou Mahomet, si on écrit le mot en français, c'est-à-dire avec une grave faute, s'est toujours considéré comme le continuateur d'Abraham, de Moïse et de Jésus. La seule chose qu'il repousse énergiquement c'est la Trinité et les mots : Fils de Dieu, considérés au point de vue catholique. Il admet la naissance miraculeuse, la mission et le procès de Jésus, la sainteté de sa mère Marie ; mais il repousse la mort du prophète galiléen par la crucifixion. Pour lui, conformément à l'opinion d'un grand nombre de chrétiens des iv%v« et vi« siècles, Jésus avait été enlevé delà terre comme Elle, et le crucifié du mont Golgotha n'était qu'un étranger, un essénien, ressemblant au fils de Marie. Du reste voici comment le Koran traduit cette croyance:

V 13S. — lis (les juifs) n'ont point cru à Jésus; ils ont inventé contre Marie un mensonge atroce. »

« 156. — Ils disent : « Nous avons mis à mort le Messie, Jésus, fils de Marie, l'apôtre de Dieu ». Non, ils ne l'ont point tué, ils ne l'ont point crucifié : un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué, et ceux qui se disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute. Ils n'en avaient pas de connaissance précise, ce n'était qu'une supposition. Ils ne l'ont point tué réellement. Dieu l'a élevé à lui, et Dieu est puissant et sage (chap. iv). »

Cette tradition est encore vivace chez beaucoup d'orientaux, on la

quels notre saint prophète, que son nom soit à jamais glorifié ! s'est constamment élevé avec une si noble et si sainte indignation !

retrouve chez les disciples de Jean-Baptiste, chez les esséniens, les cophtes dissidents et chez les membres des nombreuses églises perdues au milieu des musulmans de la Syrie, de la Mésopotamie, du Turkestan et de la Perse (P. de R.).

Cette thèse de la non-mort de Jésus par la crucifixion est celle que j'ai soutenue dans mon ouvrage : Jésds de Nazareth, au point de vue historique, scientifique et social. Voir pour plus de détails ledit ouvrage, édité par la maison Georges Carré, 3' édition (P. de R.).

Page 1