‹ El Ktab des lois secrètes de l'amourChapitre 36 sur 85 · PUISSANCE ET DEVOIRS DES MAITRES SUR LEURS ESCLAVES · texte numérisé non relu

PUISSANCE ET DEVOIRS DES MAITRES SUR LEURS ESCLAVES

^ — La puissance du maître sur ses esclaves est absolue. Il peut les employer à tels services ou à tels travaux que bon lui semble. Il peut disposer d'eux à son gré. Il peut les donner, les léguer, les vendre, soit ensemble — hommes, femmes, enfants — soit séparément. Il peut même les blesser et les tuer sans être poursuivi juridiquement; mais, s'il eî^erce ce pouvoir détestable, il ne doit pas oublier que l'esprit de l'Islam est avant tout un esprit de charité et de miséricorde conforme à celui du Dieu vivant, puissant et miséricordieux ^.

< Ce passage est confirmé par le Koran, chap. xxiv, v. 33 : « Si quelqu'un de vos esclaves vous demande son affranchissement par écrit,

DE l'esclavage SUIVANT L ISLAM 91

, — Le maître a également le droit de donner ses esclaves en mariage à qui bon lui semble; mais il ne peut leur ordonner de se séparer quand ils sont mariés. Il n'a pas non plus le droit d'autoriser deux de ses esclaves, mâle et femelle, à vivre ensemble en concubinage ' .

• — Les enfants d'esclaves appartiennent au maître de la mère.

s — Un patron peut cohabiter avec ses esclaves femelles ; mais il ne lui est pas permis de coïter avec la mère et la fille, avec les deux sœurs, avec la tante et la nièce ou avec les proches parentes de ses esclaves. Si, vivant avec l'une, il se permet la moindre liberté avec l'autre, il enfreint les lois de l'Islam et son double commerce est un double délit. J'ajoute qu'il n'est pas permis à un musulman de cohabiter avec une esclave païenne.

^ — Tout maître est obligé de pourvoir à la nourriture convenable de ses esclaves. S'il s'y refuse, quel qu'en soit le motif, ceux-ci acquièrent le droit de travailler pour leur propre compte. S'ils n'en ont pas les inoyens, le maître sera contraint à les mettre hors de sa puissance, soit en les donnant, soit en les vendant, soit encore en les affranchissant.

\ — Les droits que le maître a sur ses esclaves femelles légitiment les enfants qui naissent de leurs relations, mais il faut qu'il ait soin de reconnaître d'abord le premier né de chaque esclave.

donnez-le lui si vous l'en jugez digne. Donnez-leur quelque peu de ces biens que Dieu vous a accordés. Ne forcez pas vos servantes à se prostituer, si elles désirent se prémunir contre la prostitution en vue des biens de ce monde. Si quelqu'un les y forçait, Dieu sera indulgent et aura pitié d'elles, de ce qu'elles n'ont fait le mal que par contrainte. » (P.deR.) ^ Droit que, dans un but de lucre, les chrétiens de l'Amérique du Sud se sont arrogé (P. de R.).

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,__, — A moins que le maître n'ait reconnu pour l'enfant un autre père que lui, il a le droit de légitimer l'enfant que l'esclave porte encore dans son sein ou qui est né sous sa puissance.

Oj — La légitimité de l'enfant le fait participer à la condition libre du père, et ce dernier peut exercer ce droit de reconnaissance même après avoir disposé du sort dQ l'enfant, après l'avoir donné ou vendu. Il pont également reconnaitre l'enfant de l'esclave qu'il aurait déjà vendue, si l'accouchement a lieu dans les six premiers mois de la vente ; dans ce cas, cette reconnaissance opère tout à la fois la légitimité de l'enfant, l'affranchissement partiel de la mère et la riji^ia^tion de la ventée ,

ÔJ — Le maître est libre d'épouser son esclave après l'avoir affranchie ; mais, si la nouvelle affranchie refuse le mariage, il ne peut ni la faire rentrer sous sa puissance, ni la contraindre à accepter sa main.

^ — Seuls, sont réputés bâtards les enfants nés du commerce illégitime d'un homme avec l'esclave' d'autrui.

J'ai déjà dit ^ que le maître qui acquiert une esclave ne peut coïter avec elle immédiatement; quitte à me répéter, je vais indiquer quels sont, dans cette circonstance, les devoirs du maître et les droits de l'esclave : si l'esclave n'est pas nubile, il faudra attendre un mois avant de pouvoir lui ravir sa fleur ; si elle l'est, on attendra qu'elle ait eu au moins une fois ses menstrues, et si sa santé laisse à désirer, l'attente devra être de trois mois lunaires.

^ — Ces différents termes devront se compter du jour de

< Il y a deux airranchissements chez Ips musulmaos : l'affranchissetnent dit d'habilitation et l'afFranchissement complet, faisant de l'esclave un homme libre. Quant à la résiliation de la vente, elle oblige le vendeur à rembourser le prix de l'esclave à l'acheteur.

2 Voir chap. vi, livre 1". (P. de R.)

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