‹ El Ktab des lois secrètes de l'amourChapitre 40 sur 85 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Sommaire : Le Christianisme et l'Islamisme. — Adultère ou polygamie. — Moralité et avantages de la polygamie. — La pluralité des femmes au point de vue de la fécondation. — Le coït naturel impose la pluralité des réceptacles. — Vices qui sont engendrés par la monogamie. — Résumé et conseils pratiques.

Au nom du Dieu dément et miséricordieux !

! — La religion des chrétiens modernes, grecs, russes, romains, allemands, italiens, espagnols, autrichiens, anglais et autres peuples du nord de l'Europe, dérive encore plus de l'ancien paganisme que du prophète Jésus. Que son nom soit béni! Tous ces peuples, même ceux qui se disent protestants, ont quitté le sentier de la vérité, le sentier de Vunité de Dieu, pour suivre celui qui avait été tracé aux Indiens par le prophète Bouddha. Sur Vunité de Jésus, de Moseh et d'Abraham, ils ont juxtaposé la trimourti indoue, dont ils ont fait : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. De Jésus, ils ont fait le Christ ou ChristJia, et ont ainsi autorisé des docteurs indiens à dire que Jésus était une nouvelle incarnation de Bouddha. Leur Christ n'est-il pas en effet, ô hommes ! une incarnation de la Divinité descendue ici-bas, comme Bouddha, pour sauver l'humanité ? .

v j — Après avoir ainsi défiguré la loi primitive des saints prophètes Abraham, Moseh, Elie et Jésus, les nouveaux disciples de Christna ont emprunté au bouddhisme Feau bénite ou lustrale, la confession, la communion, les jeûnes, l'adoration des statues et des images, les vœux de chasteté, les cloches pour appeler les fidèles à la prière, les principales cérémonies de la Messe et même, en opposition aux commandements de Jésus, la défense absurde de manger certains jours ce qui a vécu, comme s'il y avait quelque chose à l'état de djifa * sur cette terre, dans ce monde où tout palpite, éjacule^ vit, meurt et se transforme.

. vO — Mais, vous qui croyez ! n'oubliez pas que Mohammed, gloire à son saint nom ! nous a ramenés à Vunité 4es prophètes, à l'unité du glorieux fils de Marie, par ces paroles sacfées, inspirées directement par la volonté du Dieu unique et miséricordieux :

« Infidèle est celui qui dit : Dieu c'est le 'Messie^ fils de Maine. Le Messie n'a-t-il pas dit lui-même : « 0 enfants d'Israël, adorez Dieu qui est mon Seigneur et le vôtre ! Quiconque associe à Dieu d'autres dieux. Dieu lui interdira l'entrée du jardin, et sa demeure sera le feu. Les pervers n'auront plus de secours à attendre » .

« Infidèle est celui qui dit :. « Dieu est un troisième de la Trinité ». Il n'y a point de Dieu si ce n'est le Dieu unique. S'ils ne désavouent ce qu'ils avancent, un châtiment douloureux atteindra les infidèles ^ ».

[jij — Comment donc les chrétiens, protestants ou autres,

* Djifa, le mot qui se trouve dans le manuscrit du Khôdja, manuscrit écrit partie en arabe littéral, et partie en arabe vulgaire, tel que celui qui est parlé à Alger, indique le cadavre des animaux, la charogne. Celui des hommes est appelé: Djênâiz. Dire à un homme, à un musulman: djifa! c'est l'insulter gravement; encore plus gravement que nous le faisons en appelant un des nôtres : charogne!

a Koran, chap. v, v. 76 et 77 (P. de R.).

— mais les protestants sont encore les moins coupables, car ils n'ont ni messe, ni idoles, ni confessions, ni vœux de chasteté, ni défense de se nourrir de ce «y?^? a vécu — peuventils dire que Jésus est le Christ, c'est-à-dire le Christna du bouddhisme? une partie de la Trinité, un Dieu fait homme pour sauver l'humanité??? Ne savent-ils donc pas que Dieu a envoyé Jésus, après les autres prophètes, pour confirmer le Pentateuqle ? Ne savent-ils donc pas que l'Evangile, qui contient la lumière et la direction^ qui sert d'admonition à ceux qui craignent Dieu, a été envoyé pour confirmer le Pentateuque^^ et que le Livre- renfermant la vérité confirme les Ecritures qui l'ont pi;écédé et les met à l'abri de toute altération ?

- — Mais les chrétiens ne se sont pas contenté d'altérer le dogme de l'unité de Dieu et tous les préceptes qui en découlent ; ils ont aussi changé les usages des premières communautés chrétiennes : au communisme primitif ils ont fait succéder l'esprit de caste et de particularisme. Ils ont mis le tien^ le mien^ à la place du nôtre ^ et ont créé des aristocraties civiles et religieuses, destinées à maintenir les autres parties des peuples dans un état pire que l'esclavage.

^ — Conformément à ces altérations de la vérilé, ils ont considérablement modifié l'état de la femme et ont adopté la monogamie des juifs dissidents, sous le prétexte fallacieux de relever le caractère moral de l'union des sexes. En réalité ils ont ouvert à deux battants la porte du logis à l'adultère ; car l'homine qui tombe sur une épouse acariâtre, désagréable, infidèle ou stérile, va chercher au dehors la paix, la satisfaction et le bonheur de la paternité. Et ce qui donne bien raison à ce fait, c'est le nombre considérable d'adul-

< Ceci est une reproduction assez exacte des v. 50 et 51 du chap. v du Koran (P. de R.).

a C'est-à-dire le Koran (P. de R.).

tères qui se rencontre chez les juifs et les chrétiens de toutes les sectes. Où trouve-t-on, en effet, plus d'adultères et de mauvais ménages que chez les idolâtres et les juifs ? Est-ce que beaucoup de chrétiens n'ont pas un ménage irrégulier en dehors de leur foyer vide d'amour et d'enfants ? Est-ce que tous, juifs et idolâtres, ne donnent pas raison à la polygamie par leur conduite ? Et alors, où est donc cette supériorité de la monogamie ? Où est cette moralité, dont se vantent les peuples qui mettent sous la protection des lois leurs temples de débauches et leurs maisons de prostitution ? 0 vous les infidèles ! vous les détournés du droit chemin ! où avez-vous vu qu'il en soit ainsi chez nous? Et pourtant vous nous taxez d'hommes sensuels, de libertins, de fan^Iiques et d'infidèles ? vous dites que nous suivons un mauvais chemin, un chemin qui conduit à l'abîme . et vous êtes

adultères, sodomistes et onanistes chez vous et hors de chez vous !

^ — Mais Dieu efet juste, puissant et miséricordieux !

i — Certes la polygamie est préférable à la monogamie. Avec la pluralité des femmes, l'homme est assuré d'avoir un certain nombre d'enfants et de mettre en fuite de son logis la stérilité, la discorde et les tempêtes de la raison affolée par les extravagances d'une femme isolée, seule et toute-puissante !

j — Qui, d'entre les hommes, ignore que la diversité, sans abus, augmente la puissance du coït par V enchaînement raisonné et physiologique du Dkeur? Qui ne sait qu'une femme, stérile avec une liqueur spermatique, peut voir sa 'stérilité cesser sous l'action d'une autre liqueur? Et comment peut-on savoirs! deux sangs s'harmonisent, sans avoir pratiqué plusieurs copulations ? On juge le maçon à son mur et la femme à son travail ! Est-ce par des paroles que les êtres se forment? Est-ce par le désir seulement que la fleur, la pous-

sière fécondante du dattier, va fructifier le dattier femelle à plus de dix lieues de distance ? Si donc on ne peut juger Tarbre qu'à son fruit, le maçon qu'à son travail et la fécondité de la femme qu'à ses œuvres, comment, à première vue, pourrez-vous savoir si une femme est féconde ? Et, si vous rencontrez une femme stérile, dont le sang ne s'harmonise pas avec le vôtre, qui est antipathique à votre sperme, vous faudra-t-il donc subir toute votre vie les conséquences d'un choix malheureux ? Vous faudra-t-il toujours coïter sans résultats ? désobéir au commandement qui a dit :

« Allez, croissez et multipliez ! »

Et perdre ainsi vos droits au travail universel de la nature * ?

j — La monogamie n'est juste et raisonnable que si votre position de fortune ne vous autorise à n'avoir qu'une femme. Dans ce cas, soyez-lui fidèle et ne commettez l'adultère sous aucun prétexte : si votre femme est stérile, et qu'il soit bien prouvé qu'il vous est impossible d'avoir un enfant d'elle, prenez une esclave, qu'elle-même devra vous choisir, etcoïtez avec elle dans le seul but de l'engendrement^. Quand elle vous aura donné un enfant, traitez-la avec égard, mais sans

^ C'est ici à la Bible que le Khôdja se réfère.

2 Voici une statistique des plus curieuses qui, au point de vue du mouvement croissant ou décroissant des naissances, donne complètement raison aux pages que l'on vient de lire.

Le savant professeur Kœslner, de Leipzig, bien connu par ses travaux de démographie, a été amené, par ses recherches sur la puissance prolifique des divers peuples de l'Europe, à établir, dans son dernier ouvrage, une statistique quelque peu bizarre, qu'on serait tout étonné de rencontrer parmi les graves considérations d'un livre purement scientifique, si on ne savait pas combien cette question des naissances intéresse nos voisins d'oulre-Rhin.

Après avoir établi, avec chiffres à l'appui, le mouvement croissant ou décroissant des naissances dans les divers pays, — non sans répéter triomphalemenl le cliché conn'j, que la pop dation de l'empire sera dans quelques années double de celle de. la France, — notre auteur étudie les causes de ces mouvements contraires et, d'une longue série d'observations,

oublier ceux que vous devez à votre femme légitime. Et encore, dans cette voie, souvenez-vous c!e l'histoire d'Abraham et d'Agar ; rappelez-vous que Dieu peut faire naître des enfants de la femme qui, par son âge et l'état de ses règles, semble ne plus pouvoir être mère !

Soyez donc patient et miséricordieux !

i^ — En dehors de cela, la monogamie est contraire à la loi de Dieu.

Elle est contraire à sa loi :

1° 1 Parce qu'elle pousse à l'adultère par la satiété, par

curieuses et de raisonnements pleins de logique, il conclut que les nations les plus prolifiques sont celles qui s'offrent " l'amour le plus varié ».

Cette apologie de l'adultère serait odieuse, si elle n'était malheureusement pas liée à des intérêts sociaux, dont on ne peut nier ni l'importance ni la valeur morale. Mais le tableau de l'adultère comparé, dressé par le professeur Kœstner, n'est point pour nous déplaire : établi sur des données recueillies à force de temps et de patience par le savant de Leipzig, ce curieux document, qui eût fait la joie de Molière, est, dans ses mathématiques constatations, aussi rassurant pour les maris français que terrible pour les Sganarelles d'outre-Rhin.

Les observations et les calculs du professeur Kœstner prouvent péremptoirement que, d'après la moyenne établie :

Le mari allemand est trompé 7 fois ;

Le mari belge 6 fois et 4/3 (nous donnons les chiffres dans toute leur bizarre et ridicule exactitude);

Le mari anglais, S fois ;

Le mari autrichien, 4 fois 1/2;

Le" mari hollandais, 4 fois ;

Les maris suédois et danois, 2 fois;

Le mari italien, i fois 3/6 ;

Le mari français, 1 fois ;

Le mari espagnol, 7/8 de fois.

Les maris portugais et hellène, 3/6 de fois ;

Les maris serbe, bosnien, monténégrin, bulgare, 2/3 de fois ;

Enfin le turc a, paraît-il, neuf chances contre une de voir son turban intact.

Voilà certes une statistique bien faite pour sanctionner la polygamie, si reprochée aux musulmans par des écrivains à courte vue.

L'importance de l'ouvrage dont elle fait partie et la gravité de son auteur attestent, une fois de plus, l'importance des questions qui, de près ou de loin, se rattachent à la copulation. Le professeur Kœstner vient d'être tout récemment décoré de l'ordre de l'Aigle Noir, que Guillaume II lui a envoyé pour ce dernier livre de démographie (P. de R.).

la monotonie, par le peu d'égard que la femme a pour son époux qui devient trop souvent son esclave ;

2° r Parce qu'elle ne favorise pas les naissances et la diffusion des croyants ;

3° r Parce qu'elle engendre les folies ithyphalliques, à peu près dans les mêmes termes que la continence absolue, et qu'elle est contraire aux lois de la nature qui a créé tous les mâles polygames; exemple : le coq, le cheval, le chien, le taureau, etc., etc.

ij^ — Tels sont les principes de la monogamie et de la polygamie. Mais, en pratique, il faut faire la part des constitutions, des tempéraments, des professions et de tous les modificateurs des fonctions du cerveau. Certes vous êtes libres de n'avoir qu'une femme, si cette femme suffit à vos besoins et si elle est féconde ; mais vous pouvez en avoir jusqu'à quatre^ si votre fortune vous y autorise et si vous pouvez donner à toutes les mômes soins, les mômes égards, le même train de maison et la même somme d'argent pour leurs dépenses particulières.

^j> — Avec la polygamie vous n'aurez pas besoin d'aller chercher hors du logis ce que vous y avez. Trouvant chez vous toutes les jouissances, celles de la vue, du toucher, de l'ouïe, de l'esprit et des sensations corporelles, qu'aurezvous besoin d'aller ailleurs ?

ij^ — Avec la monogamie, à part quelques exceptions des plus honorables, vous êtes assurés de tomber dans l'adultère et, de celle-ci, dans l'onanisme buccal et, plus tard, dans la pédérastie, car les vices vont par troupes comme les malheurs, et s'engendrent les uns les autres.

■o — Si, croyant avoir pris pour femme une vierge, vous constatez qu'il n'en est pas ainsi, vous faudra-t-il subir en silence votre honte et garder pour vous l'impudique déflorée? Si, tout en réunissant les qualités physiques que vous aimez

et qui répondent aux exigences de votre épiderme, celle que vous aurez épousée se trouve moralement en opposition formelle avec vos goûts, vos idées et vos sentiments, vous faudra-t-il vivre constamment dans une complète désharmonie intellectuelle? Vous faudra-t-il passer toute votre vie au milieu des mille coups d'épingles, des querelles et des souffrances morales qui résultent du contact continuel de deux êtres qui ne peuvent ni se comprendre, ni s'entendre ? C'est pourtant ce que les époux sont obligés de faire s'ils veulent rester honnêtes dans la monogamie.

Jb — Vous donc qui croyez, ne suivez en rien les conseils et les principes des idolâtres, car ils se disent faussement les disciples de Jésus. Ils prétendent le reconnaître comme maître, comme Dieu, et ils ont fait de sa pure doctrine le temple de Satan et du polythéisme !

& — Je me résume : >

Avec la polygamie, vous êtes dans le droit chemin de la fécondation et de la vie universelle ; avec elle, vous introduisez chez vous l'harmonie par la pluralité et vous assurez la continuité des espèces et des variétés.

Avec la monogamie, vous ne savez jamais où vous allez, et rien ne vous assure qu'en prenant une jeune fille ou une veuve, ce n'est pas le diable que vous introduisez dans votre logis.

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