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CHAPITRE IV

Sommaire : La prostitution dans le passé. — Ses vertus et ses vices. — La prostitution à travers l'histoire et chez les modernes. — L'Islam et la prostitution. — Des dangers de cette dernière. — Résultats d'un coït impur. — De la gonorrhée simple et de la gonorrhée syphilitique. — Avertissement aux fidèles et^ttx infidèles. — Effets physiologiques et salutaires des mouvements qu'impose la prière de l'Islam. — Notes : nos Maisons de tolérance et le D' L. Fiaux. — Résumé.

Au nom du Dieu dément et miséricordieux !

î — Je vous ai déjà parlé, ô hommes ! de la K'ah'ba ou prostituée; je vais maintenant vous parler de la prostitution considérée en elle-même.

v^j — Pour aussi loin que la pensée puisse s'étendre dans le chemin du passé, pour aussi profondément que Ton puisse fouiller dans les ténèbres de l'antiquité, la prostitution se présente à nous comme une chose tour à tour condamnée et honorée, frappée d'anathème par les uns et érigée par les autres en cérémonie sacrée et religieuse.

c^ — Cette dualité n'est-elle pas, en vérité, bien faite pour plonger notre entendement dans la surprise? Comment une chose, ou plutôt une action, peut-elle être tour à tour bonne et mauvaise, justifiée ou condamnée, utile ou méprisable?

v^ — Est-ce que cette double manière d'envisager l'aban-

don volontaire que la femme fait de son corps à l'homme^ soit gratuitement, soit en vertu d'un marché quelconque^ ne vous fait pas reconnaître, une fois de plus, la double action du bien et du mal, des mauvais et des bons esprits ?

^ — Certainement les choses ne sont qu'en raison de la nature du prisme à travers lequel notre imagination les considère et les étudie. Elles n'ont de valeur que celle que nous avons l'habitude de leur donner et n'existent, souvent, que par la vitalité que nous leur accordons. Mais, en dehors de ces principes, il est des faits qui, bien ou mal observés, s'imposent à nos méditations par leur propre force, leur puissance intrinsèque et leur action sur le milieu dans, lequel nous vivons. ^

^ — La prostitution est un de ces faits. *

Elle a été, elle est et elle sera tant que l'Islam ne l'aura pas fait disparaître, en ramenant dans le droit sentier, dans le chemin de l'honnêteté et de la justice, les relations de l'homme et de la femme.

Dieu est savant, puissant, juste et miséricordieux !

^ — 0 vous qui croyez ! écoutez ceci, une parole de vérité et de sincérité!

Cette parole, c'est l'histoire de la prostitution avant la venue de notre saint Prophète, pendant sa prédication et à travers les siècles qui se sont écoulés jusqu'au jour où, avec la volonté de Dieu, j'écris ce chapitre d'El Ktab.

^ — Qu'est-ce que la prostitution ? Est-ce le fait même de la copulation? de la pénétration du principe actif dans le passif? du fonctionnement du Dkeuri^our produire ce grand acte qui s'appelle la procréation ?

i — Croire cela, ce serait profaner l'accomplissement de la mission que Dieu nous a donnée, quand il a dit à nos pères :

« Goïtez et multipliez-vous ! »

j — Les filles babyloniennes, phéniciennes, lydiennes et autres se prostituaient-elles donc, quand elles livraient leur virginité en hommage à la divinité qu'elles adoraient ? Et les femmes qui, vivant en communauté, vendaient leur pucelage à celui qui en payait le plus haut prix au clergé, étaient-elles donc aussi des prostituées?

', — Certes non : en se conduisant ainsi, toutes ces filles accomplissaient une action louaiole, pour leur temps, dont ■elles tiraient la récompense de leur conscience et de l'estime des personnes qui les entouraient.

^ — Ce n'est donc pas le fait, môme de se donner ou de recevoir un homme dans l'intimité qui constitue la prostitution : ce qui la caractérise, c'est la cession momentanée du corps, sans la participation du cœur et de l'esprit, contre un paiement convenu d'avance, comme dans un marché public. C'est, en un mot comme en cent, le trafic, contre espèces, de la chair féminine ou mâle et des voluptés feintes de l'amour.

1^ — Ce trafic, condamnable en son principe, pourrait, à la rigueur, être toléré-, s'il avait pour but de faire une œuvre de charité, en venant en aide à de pauvres parents, rendus incapables de travailler soit par les effets de l'âge, soit par les nombreuses infirmités de la vie ; mais, étant donné qu'il n'est, le plus souvent, que le résultat des mauvais conseils ou des vices accumulés dans certaines natures, on doit considérer l'usage de la prostitution comme une chose vile et coupable, «n dehors des lois de l'universelle vie et de l'universelle fécondation !

j^ — Quoiqu'il soit bien de distinguer ce qui est du ressort de la véritable prostitution, de ce qui est du ressort des coïts ayant pour but de satisfaire à des besoins urgents, tels que ceux qui se rattachent aux nécessités matérielles de la vie •ou à de fausses pratiques religieuses, on ne doit pas moins

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chercher, par tous les moyens légaux et moraux, à combattre la prostitution, car c'est d'elle que découlent beaucoup de ces maladies physiques et cérébrales ^ engendrées par l'onanisme, le saphisme, la pédérastie et toutes ces pratiques honteuses, épouvantables, que la véritable prostitution traîne à sa suite, qu'elle provoque, vivifie et répand partout, au détriment de l'augmentation des populations et de la fécondité des femmes et des hommes -.

* C'est morales qu'il faut liro (P. de R.).

2 A l'appui de ce passage du Ktab d'el Khôdja Omer Haleby, Abou Othmân, j'emprunte les pages suivantes à l'ouvrage du D'' Louis Fiaux, les Maisons de tolérance, édité en 1892 par la maison Georges Carré :

« Il nous semblait invraisemblable que le vice de la pédérastie trouvât hospitalité publique et gîte protégé dans des établissements soi-disant surveillés par la police. C'est cependant simplicité pure que d'exempter de la délictueuse pratique les clients de maison pour en faire l'attribut des seuls débauchés de hautes et basses couches opérant librement ailleurs, dans les maisons de rendez-vous, les garnis, dans nos jardins publics, sur les bancs de nos avenues, se rencontrant dans les fiacres, sur les bas-quais et sous les ponts de la Seine *.

« Les maisons publiques sont, au contraire, grâce aux tenancières, un centre actif de pédérastie.

« Très inutilement les règlements prescrivent de ne recevoir aucun client mineur, de ne conserver dans la maison aucun petit entant âgé de plus de six ans, la tenancière fùt-elle sa mère; ces défenses sont quotidiennement élucjées de la façon la plus ostensible (nous y reviendrons pour les mineurs), et, d'autre part, les pédérastes n'ont pas de plus dévouées pourvoyeuses que les maîtresses de maison. Tardieu, qui n'était point opposé à la police dés mœurs, a dénoncé en ces termes les tenancières

* M. le professeur Mantegazza, dans son livre V Amour dans l'hurnanilé, a écrii quelques pages intéressantes sur ce vice. Sans êirc la patrie classique de la sodomie, l'Italie contemporaine contient, d'après Maolegîizza, tout un monde de sodomistes. Si l'on en croit les divers mémoires et chroniques parus au cours des derniers siècles, il en a toujours été de même : les mémoires de Benvcnuto Cellini sont curieux à consulter à cet égard, notamment à propos de son procès avec sa concubine Callierine el de sa querelle avec le sculpteur Bandinelii devant le duc Cosme : les mœurs sont prises là sur le vif. Mantegazza a étudié les sodomistes contemporains, « leur langage par signe,» selon qu'ils sont cucedi ou palici, actifs ou passifs. « Ce vice infâme, ajoute-t-il, n'est point conflué dans les basses classes de noire société; il se retrouve jusque dans les plus riches et plus intelligentes classes. Dans le cercle étroit de mes relations, j'ai connu un publiciste français, un po3le allemand, un homme politique italien et un jurisconsulte espagnol atteint» de cette aberration. Tous étaient des hommes d'un goût exquis et d'un esprit trè» cultivé ».

^Js — Il en est, ô hommes! qui vous diront qu'il n'y a pas dans le Koran un verset s'appliquant directement à la défense

comme favorisant l'inversion : « L'une d'elles, écrit-il, dut avouer dans une enquête que les deux tiers des hommes qui se présentaient chez elle y venaient uniquement pour lui demander des petits garçons ». Le même médecin-légiste, signalant avec Casper le goût des pédérastes pour les images licencieuses, les vêtements éclatants, les mascarades endossées dans le quart d'heure d'aberration sexuelle, cite une maison de la banlieue parisienne, sur les derrières de laquelle étaient installés de petits cabinets tapissés de dessins obscènes et d'inscriptions qui ne laissaient aucun doute sur la nature des vices que cachaient les murs ; dans quelques-uns d'enlre eux on trouva des chemises de tulle, des voiles en tissu doré, des guirlandes, des couronnes de fleurs artificielles qui servaient de parures dans ces étranges moments ».

« Tardieu n'avait fait qu'effleurer la question, en ce qui concerne la maison publique.

« Nous voudrions pouvoir mettre ici sous les yeux de nos lecteurs la série des indications précises qui nous ont été données, avec les noms des tenancières, l'adresse des établissements, les heures où ce genre de commerce bat son plein pour cinq ou six des grandes tolérances des quartiers centraux ; on verrait stationner dans les cafés et chez les marchands de vin de l'entour nombre de jeunes gens à faciès plus ou moins raviné, en complet de coupe douteuse; on verrait aller, venir, entrer, sortir, sous prétexte de livraisons diverses, de service intérieur, des garçons ' coiffeurs, des garçons de café, des garçons brasseurs (aux mains peu fatiguées), des petits marchands de plaisir qui ne sont rien moins que des Jésus et des petits Jésus retenus ou appelés sur l'invite expresse des matrones ♦.

« Le Jésus, le petit Jésus, a succédé dans la terminologie spéciale au Ganymède de l'antique Olympe, à propos duquel Junon, selon Lucien et Martial, querellait son époux, non sans motif. La pédérastie contemporaine va chercher impudemment ses vocables dans la mythologie judaïcochrétienne. Pour avoir et livrer des enfants, car « on a tout ce qu'on veut », la tenancière du centre a recours aux plus grossières comédies. Celle de telle maison, afin de tromper l'œil des boutiquiers voisins devant lesquels il faut faire passer enfants et adolescents, tantôt les travestit en femmes, tantôt les vieillit par l'application de petites barbes postiches. Il y a trois ans, une maison parisienne de second ordre nous était signalée comme recevant plusieurs fois par semaine un pauvre garçonnet de onze ans, « complètement abîmé », nous dit la note remise. Les amateurs mondains — les « riveltes », en argot — trouvant dans la maison publique une sécurité et une discrétion que n'offrent pas les appartements de passe, dont la porte est moins bien gardée et où le change peut être moins facilement donné en cas de sérieuse alerte, se passent d'ailleurs fort bien de

* Notes remises par un inspecteur du service des mœurs.

de la prostitution. Répondez à cette assertion que le saint Livre, en condamnant l'adultère, la fornication et la perte de

l'intermédiaire de la tenancière pour se procurer des jeunes gens. Sous prétexte de parties carrées, deux hommes entrés ensemble (ce qui ne saurait donner l'éveil) clioisissent cliacun une pensionnaire, demandent la chambre à deux lits dont nous parlerons et, après quelque menue débauctie naturelle, renvoient les femmes pour rester seuls. Le truc — qu'on nous passe l'expression — est usuel dans les tolérances. Personne ne s'en étonne. La tenancière prélève seulement un surcroît de passe, comme bien l'on pense.

« Dans les tolérances périphériques, la tenancière connaît toujours dans les ateliers voisins, dans les écuries du plus prochain loueur, chez les marchands de vin, quelque petit apprenti, quelque petit palefrenier vicieux, quelque jeune souteneur grandi à l'ombre de la maison publique; à la première réquisition, elle envoie chercher « le jeune garç:i5i ». Ces faits ne seront niés que par une administration aveugle ou rendue indifférente par son impuissance même.

« La présence du pédéraste dans les maisons publiques, et le racolage des petits mineurs ou des jeunes adultes par les tenancières s'expliquent d'autant mieux que le pédéraste n'est pas absolument misogyne. C'est une opinion généralement accréditée, il est vrai, que l'individu en proie au vice des amours masculines ne recherche en aucune façon la possession des femmes, mais c'est une erreur manifeste. En dehors des réalités qui prouvent quotidiennement la fausseté de cette assertion communément répandue, il est une raison péremptoire : c'est que le fond de la pédérastie est tout simplement la sodomie et que la presque totalité des femmes de maison s'adonnent et, plus justement, sont forcées de s'adonner aux pratiques sodomistes. Les classifications des faiseurs de livres et des bureaucrates policiers coupant autant de chapitres ou de paragraphes dans leurs traités el rapports qu'ils prétendent trouver de vices soi-disant distincts et exercés à part, sont des vues absolument arbitraires de l'esprit que bouleverse la réalité brutale des faits. La vérité est que tous ces vices s'empiètent, se chevauchent, s'engrènent, se fusionnent, et que le pédéraste instinctif, absolument pédéraste et anthropophile, tel qu'il a été étudié par Tardieu et Casper, et dernièrement par Charcot, Magnan, Bail, Krafft-Ebinget Westphal, est un idéal morbide, nous allions dire une entité pathologique. Son aberration génésique, en tout cas, est incontestablement l'épisode capital de la dégénérescence héréditaire de son système nerveux, une monomanie, comme disaient les anciens aliénistes, un délire partiel, comme dit l'école contemporaine.

« Le pédéraste ordinaire, celui que pourchasse la préfecture de police avec sa sous-brigade d'inspecteurs particuliers depuis 1873', est arrivé à cet état par suite des abus de toute sorte qu'il a faits lui-même, ou qu'un

♦ Quelques chiffres d'arrestations ont été communiqués, en 1888, par la préfecture, a la commission municipale sanitaire.

la semence, condamne en fait la prostitution. Si celle-ci n'est pas formellement indiquée, c'est qu'elle ne peut exister dans nos mœurs et dans nos lois. Elle est le résultat de la monogamie, comme nous l'avons déjà vu dans le chapitre précédent, et ne peut concorder avec la polygamie, car cette dernière, conforme à la nature qui a créé tous les mâles polygames, donne à l'homme, puissant en œuvres, toutes les satisfactions compatibles avec ses besoins, sa nature, ses •droits et sej devoirs.

■î» — Fuyez donc, ô vous qui croyez ! tout ce qui touche de près ou de loin à la prostitution; fuyez-la, car elle est l'œuvre des idolâtres, des juifs et des chrétiens ; fuyez-la,

^utre a faits de son organisme sexuel, et, dans l'immense majorité des cas, c'est l'usage prématuré des femmes — dont il ne perd jamais absolument le goût — qui l'a lancé dans cette voie.

« L'exemple souvent cité, depuis Casper, du comte Caylus, si célèbre <ians les fastes médico-juridiques de la pédérastie, justifie ces considérations. Cet homme, qui appartenait à une des plus grandes familles de Prusse, s'adonna à la pédérastie à l'âge de trente-deux ans : il était non agens, sed patiens. Il avait des amants pour lesquels il éprouvait tous les sentiments d'une maîtresse ardente et jalouse; il leur adressait des lettres brûlantes — lues au cours du procès — et leur faisait des scènes de jalousie quand il croyait avoir à se plaindre de leur fidélité. Il avait fondé une société composée de sept pédérastes ; il donnait des soirées dans lesquelles des hommes se déguisaient en femmes et — in muliebrem naturam transfigurait — jouaient un rôle féminin. Dénoncé et traduit en justice, il se défeniit devant les tribunaux, en alléguant « qu'il ne croyait pas avoir viole les lois de son pays ». Grâce aux puissantes influences dont disposait sa famille, il fut acquitté comme aliéné. Mais, ce qu'il faut ajouter, c'est que, dès le début, ce personnage déclara qu'il avait très largement abusé des femmes jusqu'à l'âge de trente-deux ans. •C'était un désabusé du sexe. Le mot du grand Frédéric n'était donc, à proprement parler, point applicable à son compatriote, non plus qu'à ceux qui, sans distinction de frontières, agissent comme le comte prussien : « L'amour est un dieu perfide; quand on lui résiste en face, il se retourne ». Le grand Frédéric avait d'ailleurs un renom de compétence bien établie. Voltaire, qui avait habité Sans-Souci, disait son hôte atteint <ie : postdamie.

« La pédérastie acquise est donc bien la règle; c'est l'abus des femmes, •ce sont les habitudes féminines vicieuses, c'est l'alcoolisme, dont il ne faut point omettre le rôle considérable, qui y conduisent.

« La pédérastie congénitale est la rarissime exception ».

car elle comporte la perte de la santé, ouvre notre corps aux pernicieuses influences du démon et des courants désorganisateurs du mal; fuyez-la pour vous, pour vos amis et pour les vôtres ; fuyez-la comme une chose absolument contraire à l'enseignement des prophètes.

^ — - Ne faites pas comme les chrétiens qui disent beaucoup de bonnes choses, ont sans cesse de grands mots sur les lèvres et ne sont indulgents que pour leurs passions et leurs vices !

N'oubliez pas, ô vous qui marchez dans le droit chemin ! qu'il n'y a pas d'excuse pour un musulman parjure aux commandements de l'Islam. —

p — N'oubliez pas qu'il vous sera d'autant plus demandé qu'on vous aura donné davantage.

DE LA TEUS'FIA ou DE LA GONORRHÉE

i — Certes la gonorrhée — teus'fia — simple a existé de tout temps, car elle découle d'un coït trop ardent, souvent répété, accompli en grande sueur, quand on est fatigué, épuisé, un peu avant ou trop près de la cessation des règles; elle peut aussi résulter de l'absorption en trop grande quantité de certaines substances échauff'antes, telles que les pistaches, les amandes du midi de l'Europe, les oignons et les aulx, comme elle peut aussi accompagner des maladies générales ou de simples âcretés du sang ; mais il n'en est plus de même de la gonorrhée syphilitique, des ulcères ou chancres qui l'accompagnent, des bubons, des végétations en forme de crête de coq, de choux-fleurs et de lianes grimpantes. Cette

DE hX PROSTITUTION ET DE SES CONSEQUENCES 139

gonorrhée, qui constitue le 77îal français, mal que ces dernii s attribuent aux Napolitains, aux Génois et aux Espagnols, est véritablement issue de la prostitution et de la malpropreté physique qui existent chez ces peuples, ainsi que dans plusieurs de leurs sectes religieuses où règne le dogme absurde de l'abandon du corps à la malpropreté et aux insectes.

v^ — Mais que sont ces souffrances physiques, légitime punition des non croyants et des infidèles, à côté des souffrances morales qui incomberont aux parjures et aux infidèles au jour du grand jugement?

^ — • Fuyez donc encore une fois, ô hommes! tout ce qui, dans cette ville de Stamboulda, vous pousse vers les temples impurs que la fameuse civilisation des chrétiens et des juifs a installés, en nombre si considérable, dans les anciens faubourgs de notre ville : Galata, Has-Keuy, Péra, Yeni-Cher, etc.

Dieu est puissant et miséricordieux !

v^r — Car il arrive souvent que notre cerveau, hanté par les libidineuses idées de derrière la tête, idées rendues encore plus puissantes parles mauvais exemples, semble, pareil aux tempêtes qui poussent le navire sur les écueils malgré le pilote, nous entraîner vers les images lascives d'une prostitution habile et savante. C'est alors une hantise qu'il faut combattre par la conjuration des bonnes actions, de la prière et de la soumission à Dieu.

J — Il est également bon dans ce cas, conformément à l'opinion des savants traditionnistes, d'avoir recours à la médication religieuse et à la conjuration ou Nathrph de l'eau : pour cela, on prononce l'adjuration en étendant les deux mains sur le liquide qui doit servir aux ablutions générales, en disant : « Par toutes les paroles de protection révélées dans les deux derniers chapitres du Koran, je demande à Dieu de me mettre à l'abri de sa colère, de ses vengeances,

du mal qui peut arriver à ses serviteurs et des méchancetés du démon ».

> — Quant à la médication religieuse par la prière, écoutez maintenant, ô vous qui croyez ! ces paroles que j'emprunte à l'uléma, le savant Djélàl-ed-din, Abou Soleiman Dâoud :

« La prière a certainement des effets matériels salutaiçes ; car, en outre du contentement intérieur qu'elle nous donne, elle facilite le bien-être du corps par l'exécution des positions et postures diverses qu'elle réunit: se mettre debout, s'incliner, se prosterner, se tenir en repos, se ramasser en faisant la déclaration de l'unité divine, en accomplissant les actes d'adoration et d'humiliation devant Dieu, facilite le jeu des articulations, assouplit la plupart des organes et provoque avec la rapidité de la digestion l'élimination des deux grandes déjections du corps, l'urine et les matières fécales ».

Priez donc pour vous maintenir en santé et pour recevoir les secours qui vous empêcheront de tomber dans les tentations démoniaques delà prostitution ^

' Voir, au sujet des propriétés physiologiques et curaiices de la prière niusulmaiie, l'appendice A, page 243.

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