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CHAPITRE PREMIER

LES MYSTERES DE L AMOUR

Sommaire : La clef qui ouvre toutes les portes. — La science vulgaire et la science cachée. — L'amour comme seul principe de vie et de mouvement. — Ce qu'il faut savoir, couloir, oser et taire. — Retour sur la copulation et la fécondation. — La vie universelle et individuelle. — Les paroles sacrées et mystérieuses. — L'art de coïter divinement. — Résumé de celte porte ou chapitre.

I — C'est ici la clef qui ouvre toutes les portes ' de ce Livre des lois secrètes de C amour !

Que Dieu fasse paix et miséricorde à son humble et fidèle serviteur !

v j — Vous avez entendu, ô hommes ! tout ce que l'histoire, la science vulgaire, la philosophie et la religion enseignent de principal sur l'homme et la femme, et sur les relations qui, en les unissant, les ramènent à Vunité primitive.

vji^ — Vous allez entendre maintenant, ô vous les croyants ! ce que la science secrète, la science qui se transmet de bouche en bouche, celle dont tout le monde parle et que peu de personnes possèdent, celle qui fut inspirée à Adam, à Abraham, à Elie, à Moseh, à Jésus, fils de Marie, à Mohammed et à

^ Les Arabes appellent portes les chapitres principaux qui sont à un livre ce que la porte ordinaire est à une maison ; les portes sont donc les chapitres qui contiennent les principaux passages de l'ouvrage.

tous les prophètes, révèle sur cette essentielle question de la VIE et de Vamour.

sjij — Mais, allez-vous me dire, ô vous qui écoutez mes paroles ! existe-t-il donc deux sciences ?

Non. Il n'y a qu'une science, comme il n'y a qu'un Dieu.

Mais il y a dans cette science, comme dans toute la nature, l'essence et le parfum : le parfum qui se répand dans l'air et perd de sa force en se diluant, en se fractionnant à l'infini.

— Tous les cerveaux ne peuvent porter et contenir le même degré de connaissances : les uns restent toute la vie, comme ceux des enfants, plus enclins au mal qu'au bien, curieux des choses terrestres et nullement portés vers celles de la science ; d'autres arrivent à un certain degré de développement et sont aptes à acquérir la connaissance de quelques parties de la vérité ; d'autres, enfin, ceux-là en très petit nombre, parviennent à un développement qui leur permet de s'élever aux puissantes conceptions de V Intelligence suprême.

^ — Quant à la masse de l'humanité, elle constitue un fond vaseux, mauvais, capable de corrompre les nobles essences qui le pénétreraient ; transformant en vinaigre le jus pur du raisin et changeant le bien en mal !

^ — Il faut donc être prudent dans la divulgation des secrets de la science, afin de ne pas mettre entre les mains des hommes méchants des armes dont ils pourraient se servir au détriment des autres hommes.

C'est ce commandement auquel Jésus, fils de Marie, fait allusion, quand il recommande de ne ^^omi jetei' les perles aux pourceaux.

^ — Et c'est parce que les perles ne doivent pas être jetées aux pourceaux, que la science s'est, de tout temps, divisée en deux parties : la première, considérée, en son

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essence, comme secrète ou occulte; la seconde, comme vulgaire ou exotérique.

L'une de ces parties est pour les sages, les hommes de bonne volonté, les travailleurs du cerveau, les initiés.

L'autre est pour le vulgaire, la masse des demi-savants, et pour tous les cerveaux n'étant parvenus qu'au second degré de leur épanouissement.

Dieu seul est savant, tout-puissant, sage et miséricordieux !

j — Si donc j'ai consacré une partie de mes veilles à écrire cette troisième partie de mon ktab général de la grande science humaine ^, c'est qu'il y a dans l'amour et dans son action fécondatrice une puissance tout à la fois occulte et vulgarisée. Ce qui en a été vulgarisé, vous le savez maintenant. C'est ce qui a fait le fond des deux premières portes ou parties de ce livre. Ce qui est resté occulte, vous allez en avoir la connaissance.

Est-ce à dire que je vais tout vous dévoiler?

Certes non ! Il est des choses que je ne puis confier à la plume et à l'indiscrétion de ces feuilles de papier.

Ces choses-là ne se communiquent que de bouche à bouche, après les longues épreuves et cérémonies d'usage ~. Mais tout ce qu'il est permis de révéler aux savants et aux sages vous allez le savoir.

1 — Les hommes ne voient dans Vamour que cet acte auquel les poussent les fonctions de leur cervelet, cette partie du cerveau dans laquelle résident les esprits ou les forces de la conservation et de la vie organique ; car les esprits sont des forces, des puissances, et non des individualités, des entiiéSy

< Le Khôdja parle ici du manuscrit dont le Livre des lois secrètes de Vamour n'est que la troisième partie.

- C'est à l'initiation de certaines sociétés secrètes que le Ktiôdja fait allusion dans cette phrase.

ainsi que le croit le public. Ils ne voient dans ce grand acte, dans ce moment suprême, qui fait d'eux des êtres semblables à Dieu, que le plaisir et la volupté qui en découlent. Quand ils recherchent le coït, ils ne le font que pour satisfaire leurs passions, leur vanité et leur soif des jouissances corporelles. Ils coïtent comme les animaux boivent, mangent et fonctionnent, c'est-à-dire sans intelligence, sans la connaissance de l'acte qu'ils accomplissent. Ce n'est pas l'ange qui est actif en eux ; c'est l'animal, c'est la bête ! Ils vont à la femme comme les quadrupèdes vont à la femelle. Au lieu de retremper leur âme dans les splendeurs de la procréation, de la dispensation de la vie, de son principe, de sa raison d'être, de son prmtemps embaumé, ils se souillent dans les fanges de l'ignorance et de la bestialité; d'anges qu'ils étaient ils deviennent démons !

; — Des recommandations des prophètes et de Mohammed, ils n'ont rien compris. Ils ont matérialisé l'esprit des lettres et de la loi. Ils ont mis le corps avant l'âme, la charrue avant les bœufs ; le ïa avant Valif '.

^ — Ils n'ont pas compris, ou ils n'ont pas vu que l'amour c'est le fiât lux du livre de Moïse ; la loi divine de la vie et de sa conservation à travers les espèces, les variétés, les continents, les mers, les mondes et les espaces ; l'acte supernaturel par excellence ; une réminiscence paradisiaque ; le plus beau des cantiques adressé par la créature au Créateur; la raison d'être de la vie dans ses manifestations à travers les êtres et les choses. Le pourquoi et le comment de toute la création !

^U — Et c'est parce qu'ils n'ont rien compris de toutes ces

< 7a, dernière lettre de J'alphabet arabe; a^//, première lettre du même alphabet (P. de R.).

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vérités, que les hommes se sont livrés aux passions déréglées de leur sens génésique ; qu'ils se sont abandonnés à la prostitution, à la sodomie, à l'onanisme, à la pédiérastie avec les femmes, les hommes, les enfants, les animaux mâles et femelles, et à toutes ces folies de la chair révoltée dans le feu des tentations révolutionnaires allumé dans leur cerveau, mal équilibré et enfantin, par le Malin, le Ghitan, l'esprit de la mort et de la décomposition, toujours en hostilité avec l'esprit de vie et de procréation.

^ — Ils n'ont rien entendu des prophètes, et ils ont péché.

ija — Ils ont péché, car ils n'ont pas compris les recommandations de Mohammed; ils ont écouté, sans garder et sans comprendre la valeur de ces paroles :

« Nous avons créé l'homme de l'argile fine » .

« Ensuite nous l'avons fait d'une goutte de sperme fixée dans un réceptacle solide ».

« De sperme, nous l'avons fait un grumeau de sang ; le grumeau de sang devint un morceau de chair, que nous avons formé en os, et nous revêtîmes les os de chair ; ensuite nous l'avons formé par une seconde création. Béni soit Dieu, le plus habile de tous les créateurs » !

« Après avoir été créés vous mourrez ».

« Vous serez ressuscites ensuite au jour de la résurrection ^ ».

Ces mêmes hommes savent que le Koran, pour mieux indiquer tout ce qu'il doit y avoir de chaste, d'élevé et de pur dans le véritable coït, pratiqué au nom de Dieu, a ainsi formulé, dans le chapitre xxiv, la manière dont doivent se tenir les véritables croyants et croyantes :

« Commande aux croyants de baisser leurs regards et

^ Koran, chap. xxiii, v. 12, 13, 14, 16.

d'être chastes. Ils en seront plus purs. Dieu est instruit de tout ce qu'ils font » .

« Commande aux femmes qui croient de baisser leurs yeux et d'être chastes, de ne découvrir de leurs ornements que ce qui est en évidence, de couvrir leurs seins d'un voile, de ne faire voir leurs ornements — charmes — qu'à leurs maris ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, à leurs Mis ou aux fils de leurs maris, à leurs frères ou aux lils de leurs frères, aux fils de leurs sœurs ou aux femmes de ceuxci, ou à leurs esclaves, acquis de leurs mains droites ou reçus en cadeaux, ou aux domestiques mâles qui n'ont point besoin de femmes <, ou aux enfants qui ne distinguent pas encore les parties sexuelles d'une femme. Que les femmes n'agitent point les pieds de manière à faire voir les charmes cachés. Tournez vos cœurs vers Dieu, afin que vous soyez heureux ».

« Mariez vos serviteurs probes à vos servantes ; s'ils sont pauvres. Dieu les rendra riches, car Dieu est immense et il sait tout ».

« Que ceux qui ne peuvent trouver un parti à cause de leur pauvreté, vivent dans la continence jusqu'à ce que Dieu les ait enrichis de sa faveur. Si quelqu'un de vos esclaves vous demande son affranchissement par écrit, donnez-le lui si vous l'en jugez digne. Donnez-leur quelque peu de ces biens que Dieu vous a accordés. Ne forcez point vos servantes à se prostituer, si elles désirent se prémunir contre la prostitution, en vue des biens de ce monde. Si quelqu'un les y forçait. Dieu sera indulgent et aura pitié d'elles, de ce qu'elles n'ont fait le mal que par contrainte ».

]s — Qui ne voit, à l'audition de ces paroles et à beaucoup

< Celte phrase du Koran doit s'appliquer aux vieillards comme aux eunuques (P. de R.)«

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d'autres que je pourrais citer, si elles ne devaient me conduire trop loin, que notre saint Prophète, Mohammed, a voulu ramener à son principe de pureté divine les relations sexuelles entre l'homme et la femme.

S'il avait dit le secret de ses recommandations, si V Inspirateur du Koran avait expliqué le mystère de l'amour, les peuples auraient encore bien moins compris et se seraient laissés aller davantage à tous les délits sexuels condamnés par le saint livre.

h> — Il est donc bon que nous autres, Khôdjas, nous sachiojîs^ nous voulions, en tant que ce que nous voulons soit conforme à la vérité et à la justice, et que nous- osions faire et dire ce qui doit être fait et dit, tout en nous taisant sur l'origine et la valeur réelle de certaines pratiques.

Il faut, en un mot, comprendre ce quaternaire de la véritable science, de la science des prophètes et des initiés :

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