X AVANT-PROPOS
formulées par l'usage d'une morale plus ou moins austère, ou par l'éducation et le milieu familial et instructeur, auxquelles nous avons donné le nom générique de pudeur?
La pudeur, comme la morale qui l'engendre, est-elle donc la même partout ? Est-elle en France ce qu'elle est en Angleterre, en Allemagne, en Russie, en Turquie, en Asie, en Chine, en Amérique, en Afrique et en Océanie ?
Poser cette question, n'est-ce pas la résoudre?
Pendant que l'Anglaise se trouble, rougit et se fâche quand un malappris prononce le mot de chemise, la Française, indifférente au mot, ne reste-t-elle pas froide et impassible ? Alors que la première, toujours prête à se fâcher à l'itàdition de certain récit grivois, est plus que pratique quand on arrive aux actes de l'amour, la seconde, rieuse et folâtre, qui écoute en riant ce qui choque la fille d'Albion, ne se montret-elle pas très réservée quand, en tournant les feuillets du flirtage, on en arrive au chapitre de l'amour actif?
Pour ne pas allonger indéfiniment ces comparaisons, ce qui nous donnerait trop beau jeu, arrivons d'emblée à la femme turque, à la fille de l'Islam. Croit-on que la pudeur soit chez celle-là ce qu'elle est chez ses sœurs de l'Occident? La musulmane, habituée dès sa plus tendre enfance à la cru*