AVANT-PROPOS XI
dite des mots, pour laquelle aucune partie du corps humain ne renferme de secret, qui, dès l'âge de six ans, assiste aux dévergondages obscènes et aux extravagances ithyphalliques de l'illustre Karagheuz ou Garaguse, se froissera-t-elle, quand elle sera femme, d'un mot matérialiste ou d'une démonstration orale de tout ce qui touche aux rapports de l'homme et de la femme ? Dans ces conditions, le sentiment que nous nommons pudeur peut-il s'appliquer à la morale orientale? A cette morale, dont la linguistique a, plus que tout autre, le droit de s'approprier le fameux vers de Boileau :
J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon,
et dont la pudeur n'existe ni aux épaules, ni aux seins, ni au ventre, ni.... plus bas, ni sur la façade, ni sur l'arrière du logis, mais, tout simplement, sur la figure, sur les traits du visage ?
Si donc la morale et la pudeur diffèrent suivant les pays, les institutions et les mœurs, que dirons-nous des mots, de leur valeur, de leur sens et de leur pudicité, quand nous aurons à envisager tout ce qui touche aux lois de l'amour,