‹ El Ktab des lois secrètes de l'amourChapitre 70 sur 85 · LA BESTIALITÉ CHEZ LES CHRÉTIENS ET EN PARTICULIER CHEZ LES RUSSES · texte numérisé non relu

LA BESTIALITÉ CHEZ LES CHRÉTIENS ET EN PARTICULIER CHEZ LES RUSSES

Le vice de bestialité, dont parle le Khôdja, n'est pas un vice inhérent seulement aux partisans de l'Islam, ainsi que veulent bien le dire les personnes qui n'ont fait qu'une étude superficielle de cette triste question.

La bestialité remonte à la nuit des temps ; elle se rencontre de nos jours un peu partout, mais plus encore chez les chrétiens que chez les musulmans. On en trouve des traces non équivoques dans la Bible.

Ce crime, qui n'était pas rare chez les anciens, ne se bornait pas au commerce des hommes avec les femelles des animaux, ainsi que pourrait le faire supposer le groupe de marbre de Paros — le Satyre et la Chèvre, — trouvé dans les ruines d'Herculanum ; il s'étendait encore, au dire d'Hérodote, à celui des femmes avec les mâles.

Cet historien nous apprend en effet que, de son vivant ' un bouc eut publiquement commerce avec une femme en Egypte, et que cette aventure fut connue de tout le monde, sans amener pour la femme des conséquences fâcheuses. Les Egyptiens excusèrent-ils ce crime dans la persuasion où ils étaient que le dieu Pan se métamorphosant en bouc, il n'y

' Hérodote, liv. Il, § xlvi.

avait rien d'extraordinaire à ce que ce dernier ait accordé ses faveurs à la femme en question?

La chose peut d'autant plus se soutenir que, dans la langue de l'époque, le dieu et l'animal se nommaient Mendès.

Quoi qu'il en soit du fait rapporté par Hérodote, il faut bien convenir qu'une simple visite au musée de Naples suffirait pour nous édifier sur cette question de la bestialité chez les anciens, si nous pouvions avoir le moindre doute à cet égard.

Sans parler de ce qui arrivait aux bergers du temps de Virgile, cet admirable poète de la nature dont Delille a traduit ainsi un passage plus que suggestif :

On sait... les boucs jaloux près de la grotte obscure Te lançaient de travers des regards de courroux, El les nymphes dans l'ombre en riaient comme nous.

Je citerai le passage si affirmatif de Plutarque :

« Là où en vous la nature, encore qu'elle ait la loy à son aide, ne peut contenir votre intempérance dedans les limites de la raison, ainsi comme si c'estoit un torrent qui l'emportait à force, elle fait bien souvent et en plusieurs lieux de grands oultrages, de grands désordres et scandales contre la nature, en matière de cette volupté de l'amour ; car il y a eu des hommes qui ont aimé des chèvres, et des truies, et des juments, etc. »

Qui ne sait que les choses se passent encore, parmi les pâtres à demi-sauvages de la Sicile et de la Galabre, comme

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