AVANT-PROPOS XIII
qui la porte à cacher son visage devant un étranger, ne fûtelle vêtue que d'une simple chemise, et dût-elle, pour en arriver à se voiler, abandonner à la vue de l'indiscret toutes les autres parties de son corps, même et y compris ce que nos filles et femmes ne montrent que sous l'empire de rivresse amoureuse, dans l'ombre discrète de l'alcôve, alors qu'elles lancent leur bonnet par-dessus les moulins ' . '
Nudité des mots, nudité de la forme, nudité des êtres, rien de tout cela ne compte dans la morale musulmane. Sa pudeur est celle de l'antique morale indienne. Et pourtant, comme dans la théologie de Zoroastre, mais avec moins de sévérité dans sa généralité, la philosophie de l'Islam, très large dans tout ce qui est naturel, place après le crime du mensonge ceux de l'onanisme et des dérèglements sensuels, légitimes ou illégitimes.
Dans ces deux théologies, tout ce qui touche aux relations sexuelles est largement traité. L'homme et la femme, ne for-
' C'est à cette pratique, à cette pudeur de tiaule moralilé que les Turcs font allusion en donnant à la sultane Validé le titre honorifique de TATCH-UL-iMESTOURAT, OU Couronnc des têtes coilées. Ce qui sii^nifie qu'on honore en elle la première parmi les femmes voilées et pudiques, par opposition aux chrétiennes qui, ne portant pas de voiles, sont considérées comme impudiques. Voir Turquie officielle, par Paul de lîcgia, quatrième édition, 1891, page 269.