C. 1. Gr
Dès la fin du ive siècle, on conservait en Palestine plusieurs de ces monuments. A Jérusalem on montrait, dans la chapelle du sépulcre, la dalle que Joseph d’Arimathie avait roulée devant le tombeau du Christ et que l’ange avait enlevée au moment de la résurrection 1 ; ailleurs on voyait la colonne de la llagellation, encore teinte du sang du Sauveur2, et la roche fendue sur laquelle la croix avait été dressée. A Sichem, une église construite tout exprès abritait le puits auprès duquel Jésus rencontra la Samaritaine3; à Béthléem, dans l’église Notre-Dame, on trouvait la crèche où fut couché le Seigneur, « et ses oreillers d’une dure pierre4 5 6. » Plus loin, c’était la dalle sur laquelle fut versée l’eau qui servit à laver le Seigneur nouveau-né 5, et depuis ce jour la vasque creusée dans la pierre était remplie d’une eau pure qui ne tarissait point0. A Gethsémané on montrait une pierre où les Juifs avaient lié le Sauveur prisonnier7 ; sur la montagne de Sion, dans l’église Notre-Dame, les tables où Jésus-Christ célébra la Cène avec ses disciples, et la vasque de pierre où il puisa l’eau pour leur laver les pieds 8; ailleurs, dans un monastère, on voyait le berceau du Christ9; et dans l’église du Saint- Sépulcre la pierre, centre de la terre, appelée le Compas , « que Dieu mesura de sa main au milieu du monde10 11 » et sur laquelle Joseph d’Arimathie et Nicodême lavèrent le corps du Christ descendu de la Croix n. Enfin, dans le temple, une autre pierre rappelait les plus illustres souvenirs de l’ancien et du nouveau Testament: c’était le quartier de rocher sur lequel avaient été placés jadis l’arche d’alliance, la verge d’Aaron et les livres de Moïse: Jacob s’y était endormi quand il eut sa vision miraculeuse, l’ange y avait annoncé à Zacharie la naissance de son fils ; mais un miracle du Christ la rendait surtout illustre. Quand le Seigneur eut pardonné à la femme adultère, il y trouva un refuge contre la fureur des Juifs : « la ro-
1. Lapis resurrectionis. Saint Jérôme, lettre 86. Cf. Antonin martyr, De locis
sanclis, dans Itinera hierosolymita latina linguaexarata, éd.T. Tobleret A.
Molinier, I, p. 101, (a 670), Arculf, (a. 070) ibid ., I, p. 150, et la Chronique d'Ernoul, dans Guillaume de Tyr, éd. P. Paris, II, p. 478.