Append. I, n
EXPLORATION DES RUINES
avons eu recours après eux, est plus explicite et plus précis, mais nous n’avons pas réussi cependant à fixer sans conteste la place des édifices qu'il signale, l’agora, le théâtre, le temple d’Asclépios; pour les statues d’Élatos, d’Athéna, du coureur Mnésiboulos, il était trop évident qu’elles n’existaient plus, et que des fouilles même avaient peu de chance de les retrouver.
Quelques habitants de Drakhmani nous ont indiqué, sur la rive gauche du ruisseau qui descend vers la plaine au Nord-Est de l’acropole, à la hauteur de l’aqueduc moderne, un emplacement que la tradition, venue peut-être des propos de quelque ancien voyageur, désigne comme celui de l’agora. Des sondages ont en effet révélé en cet endroit, sous une mince couche de terre, un dallage formé de quelques plaques de marbre; mais ce dallage couvre une superficie très restreinte, et rien ne prouve même, bien que les matériaux soient antiques, l’antiquité de la construction, et nous pensons que l’agora, si elle avait été située en ce lieu, aurait été bien loin du centre de la ville. Dans la petite chapelle d’Hagios-Joannès, de l’autre côté du ravin, nous avons découvert un fragment de l’édit de Dioclétien sur l’établissement du maximum, et cette inscription provenait très probablement de l’agora; mais la proximité du dallage et de la chapelle, bien que la pierre inscrite soit très lourde, est un indice insuffisant. Peut-être faut-il voir dans cette sorte de pavé le débris d’une route, de ce chemin montant, par exemple, que Pausanias a suivi en arrivant à Élatée.
Le théâtre se trouvait, dit Pausanias, « im t£> irépan tô èv §s<; ia ttk -Koki à l’extrémité de la ville, à droite. » Pausanias arrivait de la région du Parnasse; les dernières villes dont il parle avant Élatée sont Amphicleia, Tithronion et Drymæa; il avait donc en face de lui le Gnémis et l’acropole de la ville, à sa droite ce que l’on appelle aujourd’hui Leuta, et c’est de ce côté que nous avons tout d’abord dirigé nos recherches. Mais en vain; aucun accident, aucune cavité, aucun renflement du sol ne semble dans toute cette région accommodé à la forme d’un théâtre; vers le Sud-Est seulement, sur le flanc de l’acropole, une dépression de forme légèrement arrondie a attiré notre attention, mais les sondages n’ont amené la découverte d’aucun indice invitant à poursuivre des recherches en ce lieu. Il faut donc admettre que si le théâtre se trouvait de ce côté, on n’avait profité, pour le construire, d’aucun accident naturel du terrain, et qu’il s’élevait directement hors du sol, sans aucun appui contre
les collines environnantes. Mais ce serait là un cas bien exceptionnel; aussi pensons-nous que Pausanias s’est orienté différemment; la droite doit être le côté de la ville qui se trouve à droite lorsque l’on contemple Élatée du haut de l’acropole, c’est-à-dire toute la partie qui borde le ravin du Nord. Là, un enfoncement en forme de fer à cheval, au Nord-Est de l’acropole, semblait tout indiqué; mais à une petite profondeur, sous la terre meuble, nous avons rencontré le tuf, sans qu’il nous ait été possible de reconnaître si ce tuf avait jamais été taillé en gradins ou de façon à recevoir des gradins.
La place du temple d’Asclépios n’est pas non plus absolument certaine; mais il est probable que l’église de la Panhagia, dont nous avons fouillé les ruines déjà enterrées, et qui a été construite presque entièrement avec des matériaux antiques, retaillés ou non, a succédé à ce temple. Le mur occidental était bâti sur une plate-bande de marbre assez étroite et plus longue que le mur lui-même, ce qui prouve qu’elle est antérieure à l’église. Des travaux de déblaiement faits à la suite de nos fouilles par les ordres du gouvernement hellénique ont confirmé cette hypothèse. Dans les décombres de l’église nous avons trouvé cette inscription, sur un mince liteau de marbre 1 :
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Il faut certainement lire ’AraVjvjmô, Tyi[eia; mais ce texte, non plus que la proximité du lieu où a été recueillie la tête de serpent en terre-cuite mentionnée plus haut, ne prouve rien d’absolu, puisque des marbres provenant du temple, comme celui où sont gravées des consécrations d’esclaves au dieu (chapelle Llagios-Georgios) ont été transportés beaucoup plus loin.
En somme, il ne reste rien de l’Élatée antique; tous les monuments en sont perdus, et jusqu’à la place qu’ils occupaient; les ruines mêmes que des voyageurs avaient vues au commencement de notre siècle ont disparu; la dévastation est complète. Une éminence, l’acropole, où des murailles pélasgiques il ne subsiste que deux pierres, dominant une plaine déserte, deux chapelles debout, trois en ruines, voilà toute l’aubaine de qui visite maintenant la plus grande ville de la Phocide.
Nous devons cependant signaler les traces d’un ancien mur d’enceinte, visibles sur une assez grande longueur suivant une