I . Appencl. I, n
LA. VILLE D’ÉLATÉE.
prix de la livre d’or inscrit au tarif d’Élatée devient possible, sinon facile.
Sans vouloir reprendre toute la question, rappelons seulement que selon M. Waddington le denier valait O fr. 0625; d’après MM. Marquardt et Hultsch 2 pfennige 1/2, soit 0 fr. 03125 ; d’après M. Christ 1 pfennig, soitO fr. 0125. M. Mommsen, à qui nous empruntons ces renseignements, étudiant à son tour la question, avait prouvé que dans l’état de nos connaissances elle était insoluble. A peine avions-nous publié la table d’Élatée que M. Émile Lépaulle, qui s’occupait justement de faire une édition d’ensemble du tarif, signala le haut intérêt de notre découverte, et arriva, en étudiant notre texte, à cette conclusion que la valeur du denier sous Dioclétien était deOfr.02121. Mais, dans un mémoire récent M. Mommsen a démontré d’une façon qui nous semble péremptoire que M. Lépaulle est parti de données inacceptables, et fait par suite fausse route. D’après Mommsen il faut admettre que la livre pesait, au temps de Dioclétien, 327 grammes 27, ce qui représente une valeur de 913 marks 65, soit 1141 francs 90 ; or le prix d’une livre d’or pur étant de 50000 deniers — la lecture du chiffre est certaine — on en déduit de la façon la plus simple que la valeur du denier d’or était exactement 0 fr. 022841 2.
Du reste, l’or brut, désigné dans l’Édit par le mot Ppu£/), se vendait sous deux formes, ev pYiyXt'otç, c’est-à dire en barres (transcription du latin in regulis), ou êv o^oxttîvoiç, en or monayé, c’est-à-dire identique à celui qu’on employait pour les monnaies qui portent le nom d’oXoxoTTivoi, et sous ces deux formes le prix en est le même.
Il est extrêmement fâcheux que la dernière ligne de la colonne G soit indéchiffrable, car elle commençait un nouveau chapitre, le chapitre de l’argent, qu’aucune partie du texte, ni latine ni grecque, ne nous a encore conservé; si l’on connaissait le prix d’une livre d’argent pur on pourrait établir d’une manière certaine le rapport de l’or à l’argent, et par suite on pourrait fixer la valeur de toutes les monnaies ayant cours à l’époque de Dioclétien.
Laissons de côté, parmi les documents qui datent de l’indépen-
1. E. Lépaulle, L’Édit de Maximum et la situation monétaire de l'Empire sous Dioclétien (Paris et Lyon, 1886).
2. T. Mommsen, Hermes, XXV, p. 25 ; cliap. intitulé: Das Goklpfund undder dioeletianiseher Denar.
LES INSCRIPTIONS
dance hellénique, tous les menus textes qui sont rarement instructifs, dédicaces, épitaphes, inscriptions votives — une seule de ces dernières, liste de dévots qui, cédant aux suggestions de leurs rêves, ont consacré des offrandes propitiatoires à Zeus Apotropaios, mérite d’être signalée (. Append . I, n°l) ; — rappelons seulement la belle dédicace à Poséidon que nous avons étudiée en son lieu ( Append . I, n° 25), et arrêtons-nous aux décrets de proxénie et aux actes d’affranchissement d’esclaves; l’une et l’autre série est assez riche, et nous apprend plus d’un détail sur ces institutions à Élatée et même dans toute la Phocide.
Quatre décrets de proxénie sont gravés sur le même marbre; cependant ils n’émanent pas de la même autorité. Si Cléomachos et l’Œtéen Alexon reçoivent le privilège de la ville d’Élatée, c’est la confédération des Phocidiens, le xoivov, qui en a gratifié trois citoyens de Larissa, Ménépheidès, Luson et Agémachos, et c’est le xotvôv 1 aussi qui décerne des honneurs à un bienfaiteur des Phocidiens habitant le Péloponèse. Les actes du zoivôv phomdien sont assez rares 2 pour que nous signalions
1. Il faut donc ajouter le xoivbv 3>oxé(ov à la liste des associations fédérales qui conféraient la proxénie, liste dressée par M. Salomon Reinach [Traité d’Épigraphie grecque, p. 361). Le fait était d’ailleurs connu par un texte de Pausanias (VI, 6, 2).