‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 36 sur 186 · Voici l’indication de tous ceux qui nous sont connus · texte numérisé non relu

Voici l’indication de tous ceux qui nous sont connus

1° Dans une église sur la route qui mène de Draldiinani au village de Bogdano, l’ancienne Hyampolis, en Phocide.

To xoijvbv twv $toxéiov ....]ûV 3SVOXSC0SOÇ, àpSTCtÇ svexa] xal Ecvolaç va; èv aùroôç.

Pioss, n° 85. — Le Bas et Waddington, Inscript, de la Grèce du Nord, n° 813. — Rhangabé, Antiquités helléniques , n° 1226. — Bechtel, Die lokrischen und phokischen Inschriften, n° 1534.

2° A Delphes; M. Haussoullier a publié ce texte, dans le Bulletin de Correspondance hellénique (1882, p. 448) d’après un estampage qui avait été communiqué à M. Foucart.

To] XOIVOV TCÜV <l?6ûxlco[v] Koivtov Ko[vx]côviov Kotvxou uiov Trp£ffësurr|V 'Ptop.a!tx) [v àpsrqç evexev xal EÙvosaç Tr,ç e]îç aùxb ’AxôXXiovi Ilu0£(o:

3° Pacte conclu entre les Béotiens et le xoivbv phocidien au sujet des dépôts en temps de guerre, trouvé au temple d’Athéna Granaia par M. Lolling, ( Mitheil . d. arch. lnstit. in Athen, 1878, p. 19. — Append. I, n° 56).

4° Sept actes trouvés par nous au temple d’Athéna Granaia ( Append . I, n°3 58 — 64).

5° Un décret de même provenance en faveur des Téniens {Append. I, n“57).

LA VILLE D’ÉLATÉE.

ce détail, d’autant que les deux inscriptions d’Élatée, dont la date peut être avec certitude fixée aux dernières années du me siècle avant notre ère \ jettent quelque lumière sur le fonctionnement du '/.oivov à cette époque.

Nous pouvons établir très exactement que vers l’année 200:

1° Le aoivôv des Phocidiens était quelquefois désigné tout simplement par le mot $ü)/.eï; (n° 7, 1. 1).

2° 11 était gouverné par des magistrats du nom de Phocarques, au nombre de trois, choisis dans différentes villes, et formant un conseil pourvu, naturellement, d’un greffier (n° 7, 1. 3, 4, 5). Ces Phocarques étaient non seulement les éponymes, mais ils étaient chargés d’exécuter les décisions du aoivov. Ces décisions étaient prises dans une assemblée qui portait le nom de syllogue, cruXXoyo^ou peut-être de synédrion, cuvé§piov,car Pausanias dit que les habitants de Phanotée, dans une certaine circonstance, envoyèrent cuvéSpouç slç tov cruAXoyo v tgv $o>/-u6v (Paus., X, 5, 1). Ici les Phocarques ont à s’occuper de l’image de bronze votée au bienfaiteur.

3° A côté des Phocarques apparaissent, pour la première fois, des fonctionnaires portant le nom d’àpicT^psç (n° 10, 1. 7). Ce mot est nouveau pour désigner des magistrats, mais n’est pas douteux; nous l’avons retrouvé dans un texte épigraphique du temple d’Athéna Granaia. Ces magistrats y apparaissent, comme ici, avec des attributions financières; Oécôoa (èv toîç Xoyoïç) signifie en effet qu’ils porteront les frais de la stèle au compte des dépenses faites en vertu d’un décret régulier. Le sens exact et l’étymologie du mot àptoryjp sont difficiles à établir; peutêtre faut-il le rapprocher du mot GcpscT/jp qui signifie, selon les lexicographes, une sorte de gâteau que l’on offrait aux dieux dans les sacrifices, et du mot àpÉcp.iov (qui se trouve aussi au pluriel

1. « La Sociélé archéologique a découvert à l’Amphiaraion d’Oropos trois décrets de proxénie gravés sur une même base, et qui sont encore inédits. Les deux derniers sont rendus sur la proposition de Cléomachos, fils de Meilichos ; c’est le nom du personnage que nous avons restitué avec une complète certitude à la ligne 2 de l’acte n° 8. Sur sa proposition, les Oropiens conférèrent la proxénie à Gennaios, d’Élatée, qui est le même que l'archonte du décret d’Élatée ; il y eut entre les deux personnages un échange de bons procédés. Probablement c’est le même Cléomachos qui figure comme prêtre d’Amphiaraos dans une autre inscription d’Oropos datée par le nom de l’archonte des Béotiens Caphisios. Celui-ci exerça sa charge dans la période qui va de 223 à 197 ; ainsi se trouve fixée ladate des quatre décrets d’Élatée. Nous devons ces renseignements, précieux pour nous, à la bienveillance de M. Paul Foucart. >» (Bull, de Corresp. liellén., 1886, p. 361).

LES INSCRIPTIONS

àplcp.a). Dans une inscription de Stiris on lit: Xap,ëav£T(j>[S]è 6 tepora|j.ta<; àpécpuov o t[oî ajp^ovxsç ëÀà'j'.êa.vov. M. Baudoin, qui a découvert et édité ce texte, traduit ainsi : <$, Le hiérotamias recevra le gâteau (?) que les archontes recevraient », et il rattache le mot à la même racine que àp égym et àpscTvip h II n’est pas impossible que le mot, du sens de gâteau religieux, soit passé au sens de fonction religieuse de celui qui consacre ce gâteau, et soit arrivé de là à désigner une magistrature n’ayant plus rien de religieux.

Un dernier point mérite l’attention dans le décret n° 10. Il y est dit que l’image du bienfaiteur sera placée ëv tô xoivô ëv ’EXaTsîa. Cette expression est sans doute l’équivalente de celle que nous trouverons plus tard dans un acte du xotvôv Phocidien découvert au temple d’Athéna Cranaia, et où il est dit qu’une stèle sera exposée év rai àyopat ëv ’EXaxsîfai] ; elle n'en est pas moins étrange, car on sait par Pausanias que les Phocidiens avaient édifié un monument, appelé «bomxov, où se trouvait le centre de leur confédération et le rendez-vous des délégués à l’assemblée commune. Cet édifice se trouvait sur la route de Daulis à Delphes, à gauche en sortant de Daulis. « C’est un vaste édifice; à l’intérieur, se dressent des colonnes dans le sens de la longueur ; du pied des colonnes des gradins s’élèvent contre les murs et sur ces gradins s’assied l’assemblée des Phocidiens. Au fond de la salle, il n'y a ni colonnes ni gradins, mais des statues de Zeus, Athéna et Héra ; le dieu est assis sur un trône, ayant à sa droite Héra, à sa gauche Athéna2. » C’était là, sans aucun doute, le véritable xotvov des Phocidiens; mais Élatée, vu son importance, joua probablement, le rôle d’une capitale, et l’on prit l’habitude d’y déposer les archives comme d’y accomplir certains actes ou certaines cérémonies intéressant la communauté phocidienne 3.

1. M. Baudoin, Convention entre deux villes de Phocide, dans Bull, de Corresp. hellén., 1881, p. 42. Le texte cité se trouve aux lignes 24 et s. ; l’interprétation en est donnée p. 48 et 49 (et note 1).

2. Paus., X, Y, 1 et 2 : « ’E; 8à x-i)v stù AsXçoiv eôôsîav àvatxxps'lavxt sx AauXt-

So; y.ai tovxt êicl xo npoa'ü), eniv oîxo8ô[/.v][xa év àpiarepà xr|ç 660O xaXoôp.svov 4>(jû'/Ux6v, iç o àn'o sxâarriç ttôXecoç cruviauiv cd |i.SYÉ0st p.'ev (j.Éya xb

êvxoç 8s aùxoü xÎoveç xaxà p.7}x6ç siciv t<7Xï]xôx£Ç - àvaëa<7p.oi os àxb xôiv xtôvûv àv-/)Xou<7tv sç èxâxEpov xoï^ov, xat sit't xàiv àvaëao'fJ.üi'J xouxtov ot (juvtbvxsç xüv <I>o)xs(»v xaôÉÇovxat. Ilpbç 8s tü uépaxc xioveç p.sv oéx sluiv oèSs àvaêaop-o!, Acbç 8s ayaXpta xat ’A0ï]va; xat "Hpaç, xb pt-sv sv Spôvco xoO Atoç, IxaxsptoOsv 8s ï) (xsv 8s?tâ, v) 8s xaxà àptcrxspà itapsarcoixa ’AQyjvâ 7tS7totr|xat. »

3. C’est ainsi que dans la convention publiée par M. Lolling ( Append . I,

LA VILLE d’ÉLATÉE.

Enfin., nous devons remarquer que le nom de xounv twv $wxéwv n’était pas seulement employé pour désigner les Phocidiens confédérés, mais que les Phocidiens émigrés et réunis en assez grand nombre sur quelque point de la Grèce l’avaient adopté. L’acte 4 fait mention du xoivov ^wxéwv êv neXoTTovvàcwi ; M. Salomon Reinach a publié une inscription de Méthymna qui est un décret du xoixov rüv «îw.émv. Le vrai sens du mot xoiv5v, dans les deux cas, est communauté, et non confédération l.

Qu’ils émanent du reste delà confédération ou de la ville, ces décrets de proxénie sont les premiers que l’on ait recueillis à Élatée. M. Monceaux a remarqué que jusqu'ici cinq villes de Phocide, Anlicyre, Stiris, Ambrysos, Daulis et Tithronium (sans parler de Delphes qui tient une place à part) en ont seules donné2, et encore en petit nombre ; il y a là une première source d’intérêt.

Les formules sont d’ailleurs variables, et les privilèges qu’entraîne avec elle la proxénie ne sont pas toujours les mêmes. L’acte 7, rédigé dans la forme la plus simple, se contente de mentionner la proxénie telle qu’elle est réglée par la loi : xpo^evta xarà tov v6[xov, accordée à trois citoyens de Larissa et à leurs descendants.

L’acte 8, un peu plus explicite, indique que le proxène, l’Oropien Gléomachos fils de Meilichos, ainsi que ses descendants jouiront: l°de 1’àrO.eta, ou exemption d’impôts; ce privilège est le plus fréquemment accordé dans toutes les villes grecques, et sans doute le plus agréable aux proxènes comme le plus utile, car il les favorisait en tant qu’hommes privés et en tant que commerçants; 2° l’àctpàXsia, ou sécurité personnelle, et l’àcuXîa, ou droit d’asile, en temps de paix comme en temps de guerre, sur terre et sur mer. M. Monceaux, dans son livre récent sur les proxénies grecques, a remarqué que ces garanties de sécurité et de liberté sont très souvent accordées par les villes de la Grèce centrale. L’exemple d’Élatée vient confirmer cette assertion. Du moins la ville, qui était importante, n’ajoute-t-elle pas, comme d’autres petites cités, qu’elle protégera ses proxènes « du moins en ce qui dépend d’elle3 » ; 30l’eyxr»ici;, ou droit de posséder

n° 56), aux lignes 11 et 12, il est dit que certaines cérémonies intéressant le y.0 ivov auront lieu à Élatée (tàSè «hcoxÉtiiv êv ’EXareta).

1. S. Reinach, Bull, de Corresp. hellén., 1883, p. 35 (Inscr.de Méthymna).

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