Hoin., Odyss., XXII, 2C
G. Apollod., Il, 54.
7. Hyg., f. 14 ; Qv., Melam., XII, 497, etc. Voy. Roscher, Ausführl. Lexicon, art. Elatos.
LA VILLE d’ÉLATÉE.
fille d'Antippos, et fut le père des Argonautes Kaineus et Polyphénie; mais ni le Centaure ni le roi des Lapithes n’avait la célébrité du fils d’ Areas, et leur origine thessalienne était peutêtre pour l’un comme pour l’autre un obstacle au choix des Élatéens de Phocide qui n’eurent jamais de pires ennemis que les Thessaliens. S’ils donnaient une entorse à l’histoire en se déclarant de souche arcadienne, du moins se rattachaient-ils ainsi à un peuple qu’ils n’eurent jamais comme adversaire direct. Et même n’était-ce pas là un moyen d’établir l’antiquité de leur race et la pureté de leur sang hellène.. puisqu’Élatos l’arcadien descendait de Pélasge, et de se distinguer parmi les autres villes confédérées de la Phocide, ce pays de passage où les invasions mêlèrent et confondirent tant de tribus diverses?
Pour nous, frappé avant tout de la forme du nom d’Élatée, et voyant qu’il est plusieurs fois employé pour désigner des villes dans cette même région, nous sommes d’avis que la ville de Phocide, comme celle de Thessalie, comme celle de Thesprotide l, dut son nom à l’arbre que les Grecs appelaient èlâzr,, aux pins qui couvrent encore les flancs du Parnasse, du Corax et de l’Œta, qui ont disparu, il est vrai, des environs immédiats d’Élatée, mais croissent en abondance dans les gorges du Cnémis. Cette étymologie, si elle a le défaut de ne rien nous apprendre de particulier sur l'origine ethnique de la ville, a la grande qualité d’être simple 2.
Quoi qu’il en soit, l’emplacement d’Élatée était des mieux choisis. Établie sur les premières pentes du Cnémis, la ville n’était pas cependant une ville de montagne; la plaine de Phocide atteint à la hauteur d’Élatée sa plus grande largeur, et le Céphise, qui peut à son aise dérouler comme un serpent son cours sinueux3, répand alentour une fraîcheur fertile, célébrée par les anciens : « La terre phocidienne, ditPausanias, est particulièrement féconde le long du Céphise, bonne pour les planta-
1. Dans l’inscription bien connue de Delphes (Corp. lnscr. Græc., 1711 A), relative à un bornage entre le territoire delphien et celui d’Amphissa, une source nommée ’EXàrsia (xp-An ’EXaTsca) sert de point de repèrp. Le nom est évidemment le même que celui des villes, et l'étymologie ne semble pas ici douteuse ; c’est bien la source des pins.
2. Nous trouvons cette étymologie indiquée dans un curieux volume, Onomatologie de la Géographie grecque, par l’abbé J. Fabre d’En vieil, p. 104.