Voy. V. Laloux, L’architecture grecque, üg. 31 et p
tournée vers le haut; nous n’osons dire si c’est là une circonstance fortuite ou l’effet de combinaisons savantes, comme celles qui ont guidé l’architecte du Parthénon.
Quant au stylobate, il est large de 0m,80 ; nous y avons retrouvé les bases de huit colonnes; celles au nombre, de cinq, qui sont marquées en blanc sur la planche IY occupaient la place exacte qui leur est assignée; les trois autres, marquées en noir, étaient renversées ou tombées hors du stylobate, mais ont été redressées par nos soins. On se rappelle qu’au commencement de notre siècle Dodwell avait vu « les parties inférieures de quatre colonnes encore debout à leur place »; ce sont évidemment ces mêmes fragments que nous avons retrouvés; on voit qu’il suffit de peu d’années pour que la terre s’amoncelle dans les ruines helléniques, même au sommet d’une montagne.
On peut à première vue, étant donné l’état de destruction du temple, se demander si vraiment ces colonnes sont à leur place. La chose est pourtant certaine. D’abord, quand on examine attentivement les colonnes, on s’aperçoit que l’une d’entre elles, la dernière à droite du plan, est incomplètement cannelée. Les cannelures n’étaient tracées et évidées qu’une fois la colonne entière dressée, car autrement il eût été bien difficile de faire coïncider les lignes verticales des arêtes. Or ici, comme la colonne est presque exactement appuyée contre le mur, l’ouvrier n’a pas eu la place de passer son outil entre le mur et le tambour de la colonne pour conduire la cannelure jusqu’au stylobate ; l’évidement s’arrête au niveau du mur d’appui, ce qui prouve aussi que ce mur ne s’élevait pas autrefois plus haut qu’aujourd’hui.
Ensuite, si l’on compare l’espace compris entre les centres de la première et de la troisième colonne en place à gauche, et celui qui est compris entre les centres de la troisième et de la cinquième, on constate une différence de quelques centimètres en faveur de ce dernier. Or, on sait qu’aux angles des temples doriques — nous verrons que le temple d’Athéna Granaia est construit selon ce mode — les entre-colonnements sont plus étroits, pour permettre aux métopesd’angles d’avoir, comme les autres, une forme carrée.
Enfin, si l’on suppose le stylobate prolongé jusqu’à l’extrémité de la première plate-bande rocheuse (petit côté Nord), et la colonnade continuée, on trouve exactement la place de cinq colonnes, c’est-à-dire, pour toute la rangée, treize colonnes, nombre
canonique pour la catégorie de temples doriques parmi lesquels celui-ci doit être rangé.
Les colonnes sont en pierre poreuse ; maïs cette matière, parfois très friable et légère, a ici une certaine densité. Elles ont à la base 0m,75 de diamètre; elles comptent vingt cannelures, dont l’arc est, contre le stylobate, de 0m,13.
Nous avons marqué sur le plan de l’état actuel, en avant de la première colonne, une légère saillie du stylobate débordant sur la ligne intérieure ; une autre saillie, un peu plus large, se trouve entre la seconde et la troisième colonne, une troisième, plus large de beaucoup, commence un peu après la quatrième colonne, et finit après la cinquième; enfin, en face de la huitième colonne on voit une dernière saillie, à peu près de la même largeur qu’en face de la première ; ces accidents qui ne sont pas sans doute de pur hasard, sont formés simplement par quelques pierres plus larges que les autres.