‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 7 sur 186 · Strab., IX, p · texte numérisé non relu

Strab., IX, p

LA VILLE D’ÉLATÉE.

nous pas que la ville d’Élatée ou que des héros élatéens aient jamais tenu quelque place. Il faut arriver en pleine histoire, à l’époque de la seconde guerre mêdique, pour établir un premier fait précis.

Cependant il est une guerre certainement historique, mais entremêlée dans Hérodote et Pausanias1 , qui nous l’ont racontée, de récits légendaires, où nous croyons que grâce à une inscription découverte à Élatée on peut retrouver la trace d’une action sinon prépondérante, du moins très efficace des Élatéens.

Par antagonisme de race, plus encore sans doute par une de ces haines subites et implacables, naturelles entre deux peuples limitrophes dont les intérêts et l’ambition se heurtent chaque jour par-dessus des frontières indécises, les Phocidiens et les Thessaliens étaient ennemis héréditaires 2. La Phocide, plus faible ou moins prompte à l’offensive, dut subir plus d’une invasion malgré le mur dont elle avait barré les Thermopyles; mais jamais elle ne courut de plus grand danger que dans la lutte que Pausanias rapporte ainsi :

« Voici les principaux événements de l’histoire des Phocidiens. D’abord ils prirent part à la guerre de Troie; ensuite, avant l’invasion des Mèdes en Grèce, ils combattirent contre les Thessaliens. C’est alors qu’ils accomplirent des exploits mémorables. Près d’Hyampolis, où ils s’attendaient à voir leurs ennemis envahir la Phocide, ils enfouirent des hydries de terre cuite, les recouvrirent de terre, et guettèrent la cavalerie des Thessaliens. Eux, sans soupçonner la ruse, lancèrent leurs chevaux, et donnèrent sur les vases cachés. Les chevaux, en tombant dans les hydries, se cassèrent les pattes ; les cavaliers furent démontés ou tués. Mais les Thessaliens, plus irrités que jamais contre les Phocidiens, levèrent des contingents dans toutes leurs villes, et marchèrent de nouveau sur la Phocide. Les Phocidiens, remplis de crainte par tous ces préparatifs, surtout par la masse de cavalerie, et, en même temps que par le grand nombre, par la valeur guerrière des cavaliers, envoyèrent à, Delphes demander au dieu les moyens de conjurer ce péril. On leur rapporta cet oracle : « Je mettrai aux prises un mortel et un immortel, et je donnerai la victoire à tous deux, mais surtout au mortel. »

Page 1