‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 8 sur 186 · Paus., X · texte numérisé non relu

Paus., X

ORIGINE ET HISTOIRE d’ÉLATÉE.

A cette réponse, les Phocidiens envoient contre les ennemis trois cents soldats sous la conduite de G-élon, à la tombée de la nuit, avec mission d’épier le plus secrètement possible les plans des Thessaliens, puis de rentrer au camp par*le chemin le plus caché, et de n’en venir aux mains qu’à la dernière extrémité. Tous ces soldats, avec leur chef, périrent en masse, les uns foulés aux pieds des chevaux, les autres sous les coups des Thessaliens. Ce désastre jeta une telle épouvante dans le parti pliocidien que leurs femmes, leurs enfants, tout ce qu’ils pouvaient traîner ou porter, vêtements, or, argent, statues îles dieux, ils rassemblèrent tous leurs biens, élevèrent un grand bûcher, et le laissèrent à la garde de trente hommes, avec l’ordre, si les Phocidiens avaient le malheur d’être vaincus, de tuer d’abord les femmes et les enfants, de les jeter comme des victimes, ainsi que leurs richesses, sur le bûcher, et d’y mettre le feu; alors seulement eux-mêmes chercheraient la mort; ils s'entretueraient, ou se jetteraient sur la cavalerie ennemie. C’est pour cela que les Grecs appellent fureur phocidienne toutes les résolutions désespérées. Aussitôt fait, les Phocidiens marchèrent contre les Thessaliens; ils avaient pour généraux Rhoios d’Ambrossos et Daïphantès d’Hyampolis; ce dernier commandait la cavalerie, l’ambrossien l’infanterie. Auprès d’eux, en bonne place, se trouvait le devin Tellias, d’Élée, en qui les Phocidiens mettaient tout leur espoir de salut. Dès qu’on fut aux [irises, les Phocidiens qui ne cessaient d'avoir sous les yeux ce qu’ils avaient décidé de leurs femmes et de leurs enfants, voyant d’ailleurs leur propre salut ainsi mis en suspens, poussèrent à l’extrême l’audace et le courage ; comme d’ailleurs les dieux leur étaient propices, ils remportèrent une victoire éclatante. Alors seulement tous les Grecs comprirent le sens de l’oracle d’Apollon. Thessaliens et Phocidiens, dans le combat, avaient reçu de leurs chefs un mot de ralliement, les Thessaliens Athéna Itonia, les Phocidiens Phocos, le nom de l’auteur de leur race. En souvenir de ce haut fait, les Phocidiens envoyèrent en offrande à Delphes les statues du devin Tellias et des chefs qui les avaient conduits au combat, avec celles des héros nationaux; ces statues étaient l’œuvre de l’argien Aristomédon l. »

Il n’y a pas, on le voit, dans cette longue page, un seul mot qui donne en ces faits mémorables le moindre rôle aux Élatéens ;

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