‹ Élatée; la ville, le temple d'Athéna CranaiaChapitre 83 sur 186 · Catalogue, Figurines grotesques, n° 3, PL IX · texte numérisé non relu

Catalogue, Figurines grotesques, n° 3, PL IX

3. S. Reinach, Chronique d’Orient, Rev. archéol., 1888, I, p. 73. M. S. Reinach rapproche nos figurines de figurines carthaginoises et renvoie à ses Esquisses archéologiques (Leroux, 1888).

même à ces motifs d’importation orientale, qui n’avaient plus pour eux qu’un intérêt bien vague et bien lointain, à ces vieilles femmes grotesques, à ces caricatures, à ces obscénités, les coroplastes tanagréens ou locriens, lâchant la bride à leur verve humoristique, ont su donner un cachet original; cette grosse et lourde femme obèse (Pl. XI, 1), pour ne citer qu’un exemple, difforme et monstrueuse, bouffie de chair vieillie et de graisse molle, dans son réalisme abject, ne mèrite-t-elle pas une place bien à part dans la série des Baubo hideuses où s’est complu le cynisme des modeleurs grecs ?

Nous ne voulons plus signaler qu’un fragment, mais avec insistance, parce qu'il se rapporte à un curieux problème. Dans les récentes fouilles de l’Acropole d’Athènes, on a découvert un bas-relief qui, du premier jour, a fort intrigué les archéologues b Ce bas-relief provient de l’en-tête d’une stèle, où était gravé quelque traité d’alliance ou quelque décret honorifique ; on y voit représentée la déesse Athéna debout, appuyée sur sa lance, la main droite posée sur la hanche et baissant la tête dans une attitude de mélancolie profonde.

Ce type n’est pas absolument nouveau; on a déjà signalé des bas-reliefs où la déesse apparaît avec un mouvement semblable1 2, parcourant la série des statues d’Athéna qui remplissent les musées, et pour nous en tenir à l’ouvrage de Glarac 3, nous pourrions citer plus d’une Pallas à la tête pensive, comme l’Athéna mélancolique de l’Acropole, la main posée sur la hanche ; mais jamais encore, il faut le dire, la tête inclinée de la déesse, ses traits attristés, n’avaient exprimé la même affliction.

Gomment expliquer cette représentation, que ne semble motiver aucun trait de son caractère, aucun mythe de son histoire? C’est peu de dire « qu’à en juger par l’attitude du corps et surtout de la main droite qui soutient le flanc, on dirait une Pallas blessée plutôt qu’une Pallas pensive 4 ; » ou qu’elle est apparen-

1. AeXxcov àpxaioX., juin 1888, p. 103, p. 123, fig. I. — S. Reinach, Chron. d’Orient (Rev. archéol., 1888, t. II, p. 217; 1889, t. II, 82, p. 98). — Théod. Reinach, Rev. des Études grecques, Ier fasc., juillet-sept. 1888, p. 348, p. 404. — E. A. Gardner, Journal of hellen. Studies, 1889 p. 268, üg. D.

2. Voy. par exemple Schône, Griech. Reliefs, pl. XXII, n° 94, et Bull, de Corresp. hellén., 1878, p. 560, Pl. XII (Bas-relief datant de l’année 373) ; cf. Pl. XI).

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