Clarac, Musée de Sculpture, n°* 848e, 867, 871, etc
4. Théod. Reinach, Rev. des Études grecques, I, fasc. 4, p. 464.
LES EX-VOTO
tée à la Pallas de Yellétri; c’est une pure hypothèse aussi de prétendre, comme l’a fait M. E. A. Gardner, qui du reste n’insiste pas, que « cette représentation semble particulièrement appropriée aux désastres des dernières années de la guerre du Péloponèse'. » Nous croyons, plus simplement, que l’Athéna mélancolique n’est qu’une variante de l’Athéna pensive : de la pensée profonde, qui absorbe et donne à l’attitude comme au visage un air de gravité triste, de la pensée à la mélancolie, il n’y a qu’un pas à franchir, et le sculpteur du bas-relief de l’Acropole n’y a pas hésité.
Mais si l’on peut, sans trop de peine, comprendre l’Athéna pensive, voire l’Athéna mélancolique, il est un autre type, plus caractéristique encore, qu’il est plus difficile d’expliquer, le type de l’Athéna douloureuse, dont la planche IX (n° 1) nous représente la tête, et dont plusieurs spécimens ont été offerts en ex-voto à Athéna Granaia. Tandis que l’Athéna de l’Acropole baisse la tête d’un air simplement morose, la déesse ici, levant les yeux au ciel, inclinant la tête sur l’épaule gauche, pleure vraiment et se désole. Ce n’est pas non plus un type absolument nouveau, bien que nulle part nous ne l’ayons vu étudié ou seulement signalé; nous en connaissons un autre exemple, une statue des Offices, à Florence, du plus beau style grec2. La déesse est debout, la jambe droite légèrement infléchie, la main droite tenant la lance, la main gauche posée sur la hanche ; un grand manteau l’enveloppe, faisant écharpe sur sa poitrine ; une chouette est tapie sur le sol à côté de son pied gauche. Mais, ce qui nous intéresse surtout, la tête coiffée du casque corinthien, est relevée, rejetée légèrement en arrière et penchée sur le côté gauche; les yeux, qui regardent le ciel, et la bouche entr’ouverte, expriment un sentiment profond de douleur.
Nous ne voyons pas que cette image d’aspect si rare ait arrêté l’attention des archéologues; elle devait nous frapper, car la tête en ressemble, à s’y méprendre, à celles que nous avons trouvées; le mouvement, l’expression sont identiques, et pour nous il est absolument certain que la statue de marbre et les