E. A. Gardner, Journal of hellen. Studies, 1889, p
2. Le Musée archéologique de la Faculté des Lettres de Bordeaux possède une photographie de cette statue, qui ne se trouve reproduite dans aucun des ouvrages que nous avons pu consulter. — Peut-être la statue du Louvre (Frœhner, n° 121 = Clarac, n° 871) est-elle une Athéna douloui'euse ; la position de la tête l’indiquerait ; mais il est difficile de juger d’après le simple dessin au trait de Clarac.
LE TEMPLE d’aTHÉNA CRANAIA.
terres-cuites sont les copies d’un même original; cette coïncidence prouve d’ailleurs que l’original était célèbre.
Nous voudrions pouvoir citer ici le nom d’un maître, et dire en même temps quelles idées ou quelles raisons guidèrent son choix; mais, pas plus que pour l’Athéna mélancolique, nous ne connaissons rien, dans les traditions religieuses ou les mythes relatifs à la déesse, qui s’accorde avec une telle conception.
Fig. 10. — Athéna douloureuse de Florence.
Peut-être, — et nous ne présentons ici qu’une timide hypothèse, — peut-être faut -il croire, sans chercher plus loin, que l’Athéna douloureuse est dérivée de l’Athéna mélancolique comme l’Athéna mélancolique de l’Athéna pensive h Le premier sculpteur qui a figuré Athéna comme la divinité pacifique, protectrice des travaux de l’esprit, de la méditation et de la pensée, lui a donné, sans autre préoccupation, l’air grave et un peu triste dont s’accommode la réflexion profonde; de cette gravité
1. La parenté nous semble d’autantplus évidente que le costume de l’Athéna douloureuse est le même que celui des Athénas pensives ; elle porte le même casque corinthien et la lance; son bras, enveloppé dans le vaste péplos, a la même position, et la main repose de même sur la hanche.
LES EX-VOTO
pensive à la tristesse véritable il n’y a qu’un degré, comme de la tristesse à la douleur; de l’une à l’autre, le chemin est aisé et rapide; l’on peut sans effort concevoir qu’un ‘artiste amoureux des types rares et des expressions pathétiques, comme il s’en est trouvé plus d’un après Praxitèle, exagérant pour être original le caractère qui l’avait intéressé dans quelque image célèbre d’Athéna mélancolique, peu soucieux d’ailleurs de vérité mythologique, ait à son tour créé, non sans succès, le type de l’Athéna douloureuse.
Qdoi qu’il en soit, nous voudrions, puisque le bas-relief de l’Acropole occupe à juste titre les savants, que la statue de Florence, dont les figurines d’Élatée mettent l’importance en lumière, attirât au même degré leur attention.