PROVINCE DE QUEBEC
Québec, 28 février 1891.
Monsieur,
Je viens de recevoir votre lettr:, en date de ee jour, me demandant de vous faciliter les moyens d'obtenir des banques les avances nécessaires pour vous permettre l'exécution de votre contrat, comportant l’approvisionnement de tout le papier nécessaire aux bureaux publics sous notre contrôle. Je n’ai aucune objection à me rendre à votre désir.
# Prenant en considération l'importance de ce contrat, ainsi que la moyenne des sommes payées pour cette fin dans le passé, je puis vous dire que le gouvernement paiera à vous ou à votre ordre la somme de trente mille piastre (#36,000) dans six mois de cette date, c’est-à-dire du premier mars prochain. J’ai l'honneur d’être, Votre tout dévoué, HONORÉ MERCIER
Premier ministre.
M.J.A. LANGraïs, Libraire—Québec,
I] était bien clair qu’au mois d’aôut, le gouveruement aurait reçu pour le moins $30,000 de marchandises de M. Langlais, en sorte qu’il n’y avait pas grand mal à dire que le gouvernement lui paierait $30,000 à cette dernière date.
M. Langlais, ne trouvant pas cela suffisant, écrivit au Premier ministre la lettre suivante :
x Québec, 23 février 1891.
L'honorable HONORÉ MERCIER,
Premier ministre de Québec.
Monsieur le premier ministre,
Je viens de recevoir votre lettre, par laquelle vous êtes assez bon de me dire que le gouvernement me paiera une somme de trente mille piastres dans six mois, à partir du premier mars prochasn, pour lapprovisionnement de tout le papier nécessaire aux bureaux publics. Je prends la liberté de vous faire remarquer qu’à l'expiration des six mois, il me sera certainement dù par le gouvernement une somme beauroup plus considérable que les trente mille piastres promises. Il me semble que vous pourriez, sans compromettre les intérêts du gouvernement, promettre de me payer à cette époque une somme d’au moins soixante mille piastres.
Espérant que vous vous rendrez à ma juste demande,
J'ai l'honneur d’être, Votre tout dévoué, J. À. LANGLAIS,
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Le Premier Ministre ne voulut pas se rendre à cette demande et informa M. Langlais que le gouvernement ne voulait pas s'engager à lui payer une autre somme de trente mille piastres avant un an, c’està-dire quand M. Langlais aurait fourni pour plus que ce montant de papeterie. Voici la lettre de M. Mercier :