‹ Élections provinciales de 1892 [microforme]Chapitre 36 sur 47 · CABINET DU PREMIER MINISTRE, PROVINCE DE QUÉBEC · texte numérisé non relu

CABINET DU PREMIER MINISTRE, PROVINCE DE QUÉBEC

Québec, le 23 février 1891.

Monsieur,

Je viens de recevoir votre lettie par laquelle vous mé dites que vous trouvez insuflisante la promesse d'un paiement de trente mille piastres ($30,000.00) dans gix mois, en accompte surle contrat, et vous me demandez de doubler le montant.

Je regrette d'avoir à vous dire que je ne pois me rendre à votre demande, Dans mon opinion, cette somme de trente mille piastres serait suffisante pour acquitter ce que vous auriez alors fourni au gouvernement. Je n’ai pas d'objection, cependant, à vous dire que le gouvernement paiera, à vous ou à votre ordre, une somme additionnelle de trente mille piastres (830,000.00), dans un an, à compter du premier mars prochain.

ans l'espérance que ceci sera suffisant pour vous permettre d'exécuter fidè. lement votre contrat, je vous prie de me croire.

Votre tout dévoué, HONORÉ MERCIER,

in . Premier-Ministre, M. J. À. LANGLAIS, libraire, Québec.

Eh bien ! nous le demandons à tout homme impartial : quel mal ÿ a-t-il dans tout cela ? En quoi les intérêts du public ontils été sacrifiés ? Toute l'affaire se résume à ceci : le gouvernement dit à M. Langlais, fournissez-nous le papier et les autres articles dont nous avons besoin et nous les paierons quand ils auront été livrés.

Le gouvernement a-t-il payé avant d’avoir les effets ?

Non ! Wous l’affirmons de la manière la plus positive et nous défions les bleus de prouver le contraire. Le gouvernement n’a payé que ce qu'il a eu de M. Langlais et pas autre chose. D'après une lettre de M. Langlais à l’assistant secrétaire de la province, du 28

décembre dernier, il avait fourni au gouvernement, jusqu'à cette date, 811,705.93.

Le gouvernement doit-il quelque chose à la Caisse d'Economie

Au moyen des deux lettres du Premier Ministre, M. Langlais a obtenu de la Caisse d'Economie Notre-Dame une avance de $60,000.00.

Le gouvernement est-il responsable de cette avance ? Pas le moins du monde. Il ne s’est jamais engagé à rien payer à la Caisse d'Economie, il n’a jamais eu connaissance des transactions de M. Langlais avec cette institution et il n’en est aucunement responsable. Il s’est engagé à payer à l’ordre de M. Langlais, quand les marchandises seraient livrées, et tant que cette condition n’aura pas été accomplie,

il nest tenu à rien. Cela se voit tous les jours. Un entrepreneur prend un contrat considérable. Pour se procurer les fonds dont il a besoin, il transporte son contrat en garantie à une banque. Que Ja banque fasse n'importe quelle avance, elle n’a pas droit de se faire rembourser par le bailleur tant que le contrat n’est pas exécuté.

Contrat pour le manuel de Sylviculture de J. C. Chapais

Depuis quelques années, on s'occupe beaucoup de sylviculture et de plantation des arbres. Tous les ans, le gouvernement fait voter un crédit à cette fin. M. J. C. Chapais, frère du réacteur du Courrier du Canada, a publié sur cette question un livre dont les gouvernements conservateurs ont acheté un certain nombre d’exemplaires à plusieurs reprises. Ainsi le gouvernement Ross en a acheté pour $262.00 en 1884, pour $70 en 1885 et 850, en 1886. C’est M. Thomas Chapais lui-même qui a reçu le prix de la vente de 1885. Dans le but d'encourager la culture des arbres, le gouvernement Mercier a acheté de M. Langlais 50,000 exemplaires de cet ouvrage, à 50 cents l’exemplaire, prix auquel le livre s’est toujours vendu, pour le distribuer gratuitement dans toutes les campagnes. Comme c’éta.$ après la session, le gouvernement s’est contenté de donner une lettre à M. Langlais, sauf à faire voter le montant nécessaire à la prochaine réunion des Chambres

Comme on le voit, il n’y a pas grand mal dans tout cela.

Souscription au fonds électoral

A même les argents obtenus de la Caisse d'Economie sur son billet et le transport des contrats mentionnés plus haut, les bleus prétendent que M. Langlais a souscrit 825,000 au fonds électoral, pour les élections fédérales du mois de mars 1891.

Que M. Langlais ait souscrit ou non au fonds électoral, c’est son affaire, car il est bien maître de faire ce qu’il veut de son argent, Mais, pour jeter de la poudre aux yeux du peuple, ils s'efforcent de mêler le nom de M. Mercier, à cette affaire et disent que c’est lui qui a reçu ces 525,000.

Voici la réponse à ces mensonges :

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