DISTRICT DE MONTRÉAL
Je, Joseph Alexandre Mercier, courtier d’affaires de Montréal, déclare solennellement :
Que je suis le procureur et l'agent d’affaires de mon frère, l'honorable Honoré Mercier ;
Que je fais ses affaires de banque et que, quand il voyage, il me laisse des chèques signés en blanc, que je remplis suivant le besoin ; ,
Que durant les élections fédérales de mil huit cent quatre-vingt-onze, j'ai été informé, le vingt-quatre février dernier, par une personne dont j'ai oublié le nom mais qui n’est certainement point mon frère, qu’une somme de vingt-cinq mille
iastres avait été déposée à son crédit, à la banque Jacques- Cartierici, pour l’usage du.comité libéral ; ;
Que mon frère était alors absent de la ville et que j'ai préparé deux chèques de douze mille cinq cents piastres chacun, formant le dit montant des vingt-cinq mille piastres, à même les blancs laissés À ma disposition sur la banque Jacques- Cartier, et que j'ai remis à C. Alphonse Geoffrion, de Montréal, avocat et conseil de la Reine, pour les fins ci-dessus, le vingt-cinq du même mois ;
Que c’est moi qui suis dépositaire et qui l’étais alors des livrets de banque de mon frère, qui n’a eu aucune connaissance, dans le temps, de cette transaction ;
Que lundi, le 18 février courant, mon frère me téléphona de Québec quil venait d’être établi par M. Webb, caissier de la Banque Union du Canada, que ce dernier avait dépot. le vingt-quatre février dernier, au crédit de mon frère à la Banque Jacques-Cartier la dite somme de vingt-cinq mille piastres, et me demanda de venir immédiatement à Québec par le train de nuit, avec le livret de hanque et les souches des chèques, pour lui expliquer l'affaire ;
Que je me rendis à Québec dans la nuit, suivant le désir de mon frère, et que je lui montrai les entrées dans le livre de banque, faisant vuir le dépôt de vingt.vinq mille piastres, le vingt-quatre février mil huit cent quatre-vingt-onze, et les deux paiements de douze Mille cinq cents piastres chacun, le vingt-cinq du même mois :
Que je dis alors à mon frère, qui paraissait tout surpris de cette opération, que je n'avais pas cru devoir l’en informer dans le temps, parce que .a chose me paraissait inutile.
J'ai en ma possession les deux chèques ci-dessus mentionnés, ainsi que le He des blancs de chèques, avec les souches correspondantes, le tout de mon
criture.
Et je fais la présente déclaration, la croyant consciencieusement vraie, en vertu du statut pour la suppression des serments volontaires etextra-judiciaires.
Et j'ai signé,