‹ Élections provinciales de 1892 [microforme]Chapitre 4 sur 47 · AL À VAE · texte numérisé non relu

AL À VAE

limitées ; de désappointement et de regret, de voir que c’est le parti politique avec lequel je suis généralement en sympathie d'idées qui soit celui-1à même qui engage la province, sans nécessité, dans une voie de dépenses qui Jevront inévitable. ment rendre obli( 1toire l'augmentation du fardeau qui pèse sur le peuple, soit directe. ment soit indirectement, car il faudra trouver les moyens de payer ces dépenses. Ce n’est pas avec l'intention de créer des embarras au gouvernement qne je fais ces remarques sur la situatiou de la province, mais je prétends que l'intérêt du Pays exige que nous connaissions complètement la position que nous occupons et que cela primé par son importance les simples intérêts de parti. Je crois que JE Mmanquerais à mon devoir si jé ne m'efforçais au moins de dire ce que je considère être notre devoir dans la crise actuelle,

‘* Il n’y a pas de doute que notre dette consolidée est maintenant plus considérable que ne l’ont jamais supposé ceux qui connaissent les affaires de le province, ses ressources et sa richesse, Cependant on se propose de l’accroiître da. vantage, certe dette, par des emprunts additionels. Z7 est clair que nos dépenses contrôlables augmentent tous les ans plus rapidement que ne le font nos ressources, à Moins toutefois que nous ayons recours à l'impôt sur le peuple, soit directement soit indireclement, dans une plus grande mesure que nous ayons eu jusqu’à présent et dans une proportion Plus considérable que la Population consentira à payer, sans qu’il ÿ ait nécessité absolue, Je n’ai que faire de fournir des preuves pour établir l’existence de ces faits qui sont très bien connus et admis de tons. Les comptes publics d’années en années nous donnent des preuves suffisantes de laugmentation de notre dette publique et de l'accroissement constant du chiffre de l'intérêt à ètre payé, et je suis chagrin de dire que la dépense annuelle pour des objets que l'exécutif de cette province et cette Chambre pourraient et devraient contrôler et diminuer, s'accroît annuellement sans QU'il y ait dans mon humble opinion, aucune nécessité de le faire, et que le service Public ne l'exige pas. Si le désir de notre peuple est d'augmenter les dépenses dans toutes les branches du service public et s'il est consentant dêtre taxe pour pourvoir les Jonds nécessaires à cenouveau Système, parfait ! mais il est trés bien connu que la population est hostile à l'accroissement des impôts ; or sans ce revenu additionnel nous devons éconemiser ou bien consentir d'arriver à une ruine éventuelle, mais certaine. \

“L'une de nos sources de revenu, la principale partie ne notre actif, est sortie de nos mains pour un retour bien petit, en vérité, considérant ce que nous avons dû dépenser et la dette qui en est résultée pour le pays et qui pèse encore sur notre budget. Je veux parler de notre voie ferrée provinciale. Ceux qui, avec moi, ont repoussé la vente, sont maintenant complètement justifiés par le fait que des particuliers ont obtenu un bénéfice élevé aux dépens de la province. Nos terres du dumaine public sont dénudées tous les jours de leur bois de construction, sans qu’il n’y ait d'autres ressources pour les remplacer, . Notre dépense annuelle pour le service de la dette, pour l'administration de la justice, pour les asiles d’aliénés et pour l'instruction publique, afin de fournir à la population les moyens de faire face aux exigences de la vie, tout cela nécessite une augmentation Qui tend à s’accroître tous les Jours, et d'un autre coté, nos ressources diminuent constamment. Ceci nous oblige, soit de diminuer la dépense, soit d'augmenter la taxe, où peut être de faire les deux à la fois, afin d'élever le revenu au niveau des déboursés,

“ Il est effrayant de penser que nous avons à payer pour intérêt et amortissement sur la dette consolidée et sur les emprunts temporaires quelque chose comme $75,000 par année, de plus que ce que nous recevons sous forme de subside fédéral, du gouvernement du Canada et d'intérêt sur les fonds dont ce dernier a la garde. Combien longtemps cet état de choses peut-il durer ! : Nous sommes en face d'une situation bien alarmante : nous voyons nolre seul revenu certain, sur lequel on peut compter avec certitude sans qu’il soit exposé à être entamé par les fluctuations, complètement absorbé par les intérêts sur la dette, laissant toutes les autres dépenses des nombreuses branches du service public à être pourvues au moyen de nos ressources limitées de revenu.

“ J’aborde maintensnt le chapitre des‘travaux publics. Le montant que l’on nous demande, je suis vbligé de le dire, est bien trop élevé pour nos moyens. Je ne vois aucune nécessité de bâtir un autre palais législatif, tant que nous avons celui-ci, qui fait très bien l’affaire. Emprunter de l'argent pour cette fin, avec notre dette publique, me paraît très imprudent et sans nécessité aucune, Nous ne devrions pas faire ni entreprendre aucuns travaux avant Que nous pouvions les payer à même les économies que nous pourrions réaliser.

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SPL 5 CAS

AR) à A

‘* Natre subside fédéral est malheureusent absorbé etau delà, par l'intérêt et les frais relevant du service de la dette publique. Nos terres publiques ne peuvent produire ce hs l’on en espère, à moins que l’on fasse la concession de nombreux cantons forestiers aux marchands de bois, ou qu’il y ait une grande quantité de bois coupé, ce qui, tous les ans, réduit le capital de la. province et mettra, à une date rapprochée, notre revenu dans une bien grave situation.

. ‘Je ne suis pas l’un de ceux qui discutent inutilement la situation financière de notre province. Bien que je ne considère pas, tant s’en faut, la position comme désespérée, en même temps, je ne puis m'empêcher de dire qu’elle est très critique et va s’empirant d'année en année, au lieu de s'améliorer, puisque nos dépenses augmentent plus A Ce que nos revenus.

‘ Si nous voulons équilibrer nos dépenses avec nos ressources, nous devons diminuer les premières ou augmenter les dernières, en frappant à la porte des eontribuables En 1867, nous avons commencé À faire les choses surun trop grand pied, et à quelques rares exceptions, nous avons été en augmentant, en élargissant les bases de ce systême, jusqu’à ce que enfin nous ayons atteint la pénible, je: Pourrais même dire LA H@NTEUSE NÉCESSITÉ D'EMPRUNTER DE L'ARGENT POUR PAYER NOS DÉPENSES COURANTES. . Le pays ét justementalarmé au sujet de notre situation financièreet a les regards tournés vers les honorables ministres et les membres de cette Chambre et les supplie d'opérer les retranchements possibles dans tous les départements du service public. Le peuple ne corsentira pas à l'imposition de nouvelles taxes et Je ne vois pas comment cela peut être évité, à moins que le gouvernement change de conduite et se contente de dépenser moins.

‘‘ Notre revenu s’est accru beaucou depuis 1867, etle seul effet que nous avons vu, Ça été de nous faire dépenser avantage et plus rapidement pour des objets qui n'étaient pas nécessaires quant à ce A concerne l’administration générale des affaires du pays. Nous devons adopter un systême en rapport avec no8 moyens, et il faut autant que nous commencions dès à. présent que de nous enfoncer de plus en plus dans Ta dettes.

‘‘ Je croîs avoir démontré clairement que notre dette augmente teus les ans, que nos dépenses, proportionnellement à notre revenu, s’aecroissent aussi, et, prenant le point de vue le plus favorable de nos ressources budgétaires, elles n’augmentent pas aussi rapidement qu’elles le devraient, du moins autant que nos découverts annuels que nous devons, si nous voulons éviter une taxe additionnelle sur notre peuple, retrancher de nos dépenses beaucoup de ce qui n’ast pas nécessaire, Et il est évident que la responsabilité de la protection des intérêts publics repose sur les membres de cette Chambre, et plus spécialement sur ceux qui appuient le gouvernement.

‘S'ils le veulent, ils peuvent faire cesser les dépenses inutiles. Si, pour appuyer le parti auquel ils appartiennent, ils manquent à leur devoir en ne s’efforçant pas au moins de 1amener les dépenses au chiffre de nos revenus, "et ainsi éviter l'augmentation de la taxe, qu’ils soient responsables pour cette conduite, pour moi je ne puis l’approuver et, quand son tour viendra, le peuple qu demandera compte de no8 actes, comme c’est son privilège et son droit de

c faire.

‘Je me suis efforcé d'apprécier impartialement et honnêtement notre situation. Je n'ai pas le moindre doute que si la Chambre voulait se mettre sérieusement à l’ouvrage et diminuer les dépenses dans toutes les branches du service publie, non seulement nous réussirions À éviter /a nécessité d'augmenter I taxe d’une manière appréciable, mais que nous pourrions amplement suflire à toutes les demandes raisonnables qui seraient faites À la province, tant pour le service de nos obligations À l'étranger que pour les améliorations dans la province même.

‘‘ Si, d’un autre côté, le gouvernement et cette Chambre croient que nous pouvous continuer de dépenser autant sans demander de nouveaux sacrifices au peuple, V’heure n'est pas éloignée où ü faudra avoir reeours à des impôts additionnels

ou à la répudiation de nos obligations et peut-être la disparition de notre système d'administration locale.”

Etait-il possible de constater uue position plus alarmante et plus désespérée ? Etait-il possible d'établir d’une manière plus positive et plus irréfutable que nous étions réduits à l'alternative ou de la taxe

directe ou de la perte de “ notre système d'administration locale,” c’est-à-dire à l’union législative ? Or, qu’on le remarque bien, ce ne sont pas les paroles d’un libéral qui établissent tout cela, mais celles du trésorier du gouvernement Ross, M. Robertson, que les conservateurs regardent comme l’homme le mieux renseigné sur la situation financière de la province! Enfin, ce sont les paroles d'un homme qui a rempli la position de trésorier de la province dans tous les gouvervements conservateurs que nous avons eus depuis la confédération, excepté le gouvernement Moussesu. Il serait difficile, assurément, de trouver un témoignage plus irréfutable et plus incontestable pour les conservateurs !

“ Voici, en résumé, notre situation. Vos déficits annuels dépassent de $400,000 le montant de nos revenus ordinaires Si nos recettes ne sont pas augmentées en retirant d'une manière ou de l'autre, l'argent du Peuple, nous devons arrêter nos dépenses on J'aire danqueroute. Cette dernière alternative ne doit pas et née peut pas entrer et n'entre pas dans notre pensée : done, lu gouvernement doit inaugurer et poursuivre jusqu’au bout un système de rétranchement RADICAL, ou bien taxer le peuple. C’est au peuple à choisir.

Quelques mois plus tard, le 2 mai 1884, M. Robertson disait à la Chambre, dans son discours sur le budget :

‘‘ Ilest impossible de nicr le fait que Gepuis plusieurs années notre revenu ordinaire, à part le revenu extraordinaire sur lequel nous ne comptions pas et, je pourrais ajouter, même avec ce revenu sur lequel nous ne comptions pas, n’a pas suñi à couvrir le: dépenses encourues, {1 y à eu Chaque année, depuis plusieurs années, des déficits plus ou moins forts, selon ia manière dont on a mani.

ulé les chiffres ; mais il est hors de conteste qu’il y a eu des déficits variant de 00,000 à $500,000 par année. (page 4).

‘* I] est impossible de permettre qu’un pareil état de choses continue plus longtemps, à moins que nous soyons déterminés à rester dans les embarras perétuels et dévant aboutir pratiquement à l’'insolvabilité, à une date peu éloignée. Prendre une pareille déterminaticn, ce serait ruiner notre crédit dans le pays et à l'étranger, couvrir de déshonneur notre provinée et tous ceux qui sont concernés dans l'administration de nos affaires publiques. (page 5.)

k ‘* Toute notre dette fondée, dette dont les intérêts et le fonds d’amortisse. ment obèrent tant le trésor chaque année, a été contractée pour des fins de chemins de fer. On me permettra de constater en même temps que nous avons dépensé avee extravagance pour les autres branches du service public, et qu’en vu de nos fortes dépenses pour les chemins de fer, nous aurions dû réduire les autres dépenses, au lieu que nous les avons maintenues au-dessus du montant que justifiait notre revenu annuel. (page 5.)

‘ Je dois admettre que j'ai éprouvé beaucoup d’embarras pour trouver les meilleurs moyens à adopter pour faire correspondre le montant de la dépense avec celui du revenu. ous se joindront à moi pour trouver et expliquer les moyens propres à mettre nos finances dans une position normale et solide. Pour en arriver là, il me semble qu’il faut ou augmenter notre revenu annuel d’une manière très considérable, de façon à pouvoir faire face à une dépense aussi forte

us celle des années passées, où bien réduire sensiblement le montant de nos Dani, si nous ne trouvons à notre disposition aucun moyen convenable d'augmenter nos revenus.

Les revenus ne peuvent pas être augmentés. Cette proposition, je pense; s'impose à l’asprit de tous comme saine et judicieuse, Quant à l'augmentation du révenu, il doit être évident à quiconque est au courant de notre position financière que, à part le montant recevable du gouvernement du Canada, il serait ex. cessivement diffieile d'augmenter la recette provenant des sourees ordinaires de revenu sur lesquelles nous avons compté jusqu’à présent. Nous ne pouvons pas nous attendre qu’à l'avenir le revenu des terres de la Couronne atteigne un chiffe

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ME 7. du

aussi élevé que celui auquel il est arrivé en 1882.83 ; au contraire, ce revenu devra, ar la force des choses, diminuer graduellement à mesure que nos forêts seront

dépouillées des bois précieux qu’elles renferment. Le revenu provenant des

timbres judiciaires n’augmentera pas. Nos autres sources de revenu sont peu

nombreuses, elles sont exposées à des fluctuations et l’on ne saurait raisonnable.

ment emprunter le revenu provenant de ces sources. Telle est notre situation,

ee ce qui regarde les revenus généraux que nous avons prélevés jusqu’à ce our.

C'EST LE PAUPLE QUI PAIE LES TAXS8:, Il ne faut pas oublier, lorsque nous parlons des revenus de la province, que c’est le peuple qui doit fournir directement on indirectement ces revenus... Le peuple doit fournir le revenu d’une façon ou d’une autre,

‘{ Done, si nous continuons à dépenser autant que nous l'avons fait jusqu'à présent pour les fins du gouvernement 11 nous faut, d'une manière ou d’une autre, imposer au peuple des charges additionnelles, et l’on a proposé ie recours à la taxe directe comme étant le meilleur moyen de prélever les fonds nécessaires à l’administration du service public.

“ Telle est donc notre position. Nous nous accordons tous à dire qu’il faut ou mettre fin aux fortes dépenses que nous avons faites dans le passé ou imposer de nouvelles charges au peuple. \e ne saurais concevoir, pour un instant, qu’un membre de cette Chambre fût prêt à se déclarer favorable à la continnation du système qui aurait pour résultat des déficits annuels, dans les finances de la porte et la question 8e présente naturellement de savoir quelle est la meileure ligne de conduite à suivre, c’est-à-dire, est-ce d'augmenter les contributions fournies par le peuple, ou bien est-ce de diminuer considérablement les dépenses ? (pages 6, 7, 8 et 9).

** Maintenant, je désire faire bien comprendre à la Chambre que tout en ayant reçu du gouvernement fédéral une aide qui nous appartenait, nous ne devons pas à cause de cela supposer que ce surcroit de revenu nous libère de la nécessité de retrancher et d'économiser dans nos dépenses de toutes les manières possibles. JEn effet, ce surcroît de revenu ne s'élève pas à la moitié du chiffre normal des déficits que nous avons eus depuis plusieurs années et il nous faut ausei pourvoir chaque année au fonds d'amortissement, puis nous avons fait les choses sur un pied trop large, trop dispendieux, et la nécessité d'économiser n’existe pas moins maintenant qu’elle existait auparavant. Si l’aide que nous avons reçue a

pour effet de nous porter à croire que nous pouvons continuer à dépenser comme auparavant, sans retrancher ni économiser à l'avenir, il eût été mieux pour la province de ne pas resevoir un dollar du gouvernement fédéral, car dans ce cas il nous serait impossible d'éviter la tae directe qu est éminente, et:alors le pouple serait forcé de prendre l’affaire en mains et de ne confier le pouvoir qu’à des hommes

qui poseraient le principe, et insisteraient pour le mettre en pratique, de maintenir les dépenses à un chiffre égal à celui du revenu. J'ai entendu des gens dire : ‘‘ Eh bien, avec un sifort montant venant d'Ottawa—estimanrt toujours ce montant à un chiffre pius élevé qu’il ne l’est en réalité—il n’y aura pas besoin de diminuer les dépenses ; nos pouvons continuér, comme avant, à dépenser à droite et à gauche ; nous pouvons continuer les crédits ordinaires, etc., etc.” : Mais ces one oublient ou ignorent le fait qu'après avoir retranehé du montant additionnel que nous aurons à recevoir d'Ottawa, le surcroît d'intérêt que nous aurons d Payer l'an prochain sur une partie du dernier emprunt, il ne restera pas assez pour couvrir la moitié des déficits que nous avons eus depuis un grand nombre d'années, c’est-à-dire que pour faire joindre les deux bouts il nous faudra, après avoir payé le surcroît d'intérêts que je viens de mentionner, rctrancher sur les dépenses ordinaires au moins la moitié du montant de nos d'ficits ordinaires.

“ Maintenant, je vais donner un résumé de la position de la province.

‘* J'ai démontré que notre dette, déduction fsite du prix de vente de notre c'emin de fer, et en calculant l'intérêt sur ce prix de vente, comme réduisant leg intérêts que nous avons à payer, et enfin, déduction faite d’une certaine partie du capital de notre dette en sus de ce que nous pourrons recevoir provenant du prix du chemin de fer, s'élève à onze ou douze millions, somme à laquelle il nous faut

ourvoir à tout évènement, à même nos recettes ordinaires, pour le service des intérêts et du fond d'amortissement pour l'extinction graduelle de cette dette,

“ Dans tous les cas, ii est évident que depuis plusieurs années nous avons dépensé plus que notre revenu nous justifiait de le faire, ce qui avec notre forte dette contrastée pour les chemins de fer, a mis 18 province dans la position financière

où eile se trouve. Il est pareillement évident que nous devons mettre un terme à cet état de choses si nous voulons meintenir le crédit de la province dans le pays et à l'étranger, Nous ne pouvons dr continuer le système que nous ayons suivi jusqu'à présent sans nuire au crédit de la province et imposer au peuple des charges qui l'obèreront au point de retarder sérieusement l'établissement du pays, d'induiré et de forcer nos citoyens à rechercher uelqu'autre pays où les taxes sont moins fortes, à paralyser toutes les branches d'industrie au és d'amener la ruine d’un grand nombre de gens et à faire de notre population un osjet de risée et de mépris chez les populations des provinces voisines.

‘{ On dira de nos hommes publics et de nous que nous sommes incapables de nous gouverner nous-mêmes, que nous avons volontairement et de propos délibéré contracté des obligations et emprunté de l'argent que nous n'avions ni l'honnêteté ni la volonté de rembourser.

‘ Nous pouvons faire face à une dépense is à celle des années passées et faire aussi faee à tontes nos obligations si la Chambre et le pays veulent consentir à #mposer de nouvelles taxes au peuple. Si le pays veut d'un certain percentage sous forme de taxe, soit sur l'étendue de la propriété foncière, où sur la valeur estimée telle que portée aux rôles d'évaluation, soit sur le revenu, soit sous toule autre mode de prélever directement des taxes sur le peuple, à un montant suftisant pour payer nos dépenses, cela peut se faire ; mais n'importe qui peut facilement prévoir et prédire le résultat d’une pareille manière de procéder. ” (pages 59, 60 et 61.)

Telle était, d’après M. Robertson lui-même, la position financière de la province en mai 1884, A-t-il été fait quelque chose nar le gouvernement Ross pour améliorer cette épouvantable position ? Non, il n’a été fait rien, absolument rien, car le subsideadditionnel de $247,- 200 accordé par le gouvernement fédéral était déjà obtenu à cettedate, puisque M. Robertson déclare en propres termes que ce subside ne couvrait pas la moitié des déficits que nous avions depuis plusieurs années. ÆEn 1885, les recettes ordinaires ont éié moindres qu’en 1883, et les dépenses ordinaires ont été plus considérables, en sorte qu'au lieu de s'améliorer, la position a empiré sous l'administration Ross.

Les comptes publics pour 1885, page 10, portent le chiffre des recettes ordinaires, c’est-à-dire de toutes les recettes, moins le produit des enprunts et le revenu des chemins de fer, à $3,133,968.89. Or cette somme comprend $187,310.68 retirés à compte de l’augmentation de subside accordée par le gouvernement fédéral et le produit des trois quarts des obligations du palais de justice de Québec, ou une somme de $150,000. Cette dernière somme n’est certainement pas une recette ordinaire, puisqu'elle provient d’un emprunt, et l'autre ne l’est pas non plus, comparativement aux opérations des années précédentes, puisqu'elle ne représente pas une recette provenant du développement de nos sources de revenus, mais un secours donné par le gouvernement fédéral pour empêcher son congénère de Québec de crouler immédiatement sous le poids de sa mauvaise admi. nistration. En défalquant ces deux sommes, on reste avec un revenu ordinaire de $2,796,658.2] et en établissant une comparaison avec l’année 1883, on trouve le tableau suivant :

Recettes ordinaires 1883 Dépenses ordinaires 1883 1883-—5$2,828,163,87 $3,077,006.24 1885— 2,796,658,21 3,155,652.79

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De ce tableau, dont les chiffres sont pris dans les comptes publics, il ressort incontestablement que les recettes ordinaires de 1885 ont été de 831,505.66 moindres que celles de 1883, que les dépenses ordinaires de 1885 ont été de #7 8,946.65 plus considérables qu'en 1883. Enfin le déficit de 1883-—toujours d'après les comptes

ublics—n été de $148,842.37 sur les opérations ordinaires, et de 8308 004 58 en 1886, ou de $210,152.21 plus considérable qu’en 1883

Au lieu de s'améliorer, la situation s’est donc empirée sous le régime Ross, nous avons augmenté les dépenses au lieu de les diminuer : or, en parlant de la situation en 1883, M. Robertson disait en termes formels : “ Si le gouvernement et cette Chambre croient que nous pouvons continuer de dépenser autant sans demander de nouveaux sacrifices au peuple, L'HEURE N’EST PAS ÉLOIGNÉE OU IL FAUDRA AVOIR RECOURS A DES IMPÔTS ADDITIONNELS OU A LA RÉPUDIATION DE NOS OBLIGATIONS ET PEUT-ÊTRE LA DISPARUTION DE NOTRE SYSTÈME D’ADMI- NISTRATION LOCALE.”

Telle était à cette é ministre conservateur !

poque la situetion, de l'aveu même d’un

Qui est responsable ?

Qui est responsable de cette situation épouv ercier trouva en arrivant au pouvoir ? Le pa C'est lui qui a dépensé avec extravagance service puhlic ; c’est lui qui nous a impos alors sur la province et qui fut encore au millions par la législation de 1886 sur les qui a sacrifié notre chemin de fer provincia c’est lui qui a creusé l’abîme dans lequel

Pour compléter notre ruine, la majorité de ce parti, dans la législature de Québec, s'est mise à la disposition des ministres fédéraux et elle les aide à nous faire accepter de force l'union législative, qui consommera bientôt notre anéantissement comme province indépen- : dante, si le peuple, ouvrant enfin les yeux, ne se lève pas en masse Pour conjurer ce malheur en chassant du pouvoir les hommes qui achèvent de nous perdre par le brigandage politique, le pillage et la rapine qu’ils ont érigés en système pour se maintenir au po:voir.

Au peuple de choisir: s’il ace vateur, il faut qu’il se prépare ou à lative ; s’il ramène les libéraux au heurs en s’assurant un gouvernement les finances, l’économie dans l’admini fera définitivement entrer la province

anfable que M.

rti conservateur, dans toutes les branches du é l’énorme dette qui pesait gmentée de plus de quatre chemins de fer ; c’est lui 1 pour une bugatelle ; eufin, nous sombrions rapidement,

orde ses faveurs au parti conserla taxe directe ou à l'union légis-

pouvoir, il évite tous ces rralqui finira de mettre l’ordre dans stration, réduira les dépenses et e dans une ère de prospérité qui

DNA

Me TO ST la rendra assez forte et assez riche pour supporter victorieusement toutes les tentatives qui pourront être faites pour lui enlever son

autonomie.

C’est là tout le problème qu'il s’agit de résoudre dans les pré- | sentes élections : le peuple a son sort en mains.

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Administration financière LE | ReGime DE BoucHrRviLLEe-ANGERs 1874-1878

Le meilleur moyen de juger d’un homme, de ses promesses et de ses capa- 1 cités, c’est de le juger par ses actes. Or, pour son malheur, M. de Boucherville a déjà été premier ministre et son dossier est la contradiction flagrante de ses promesses, C’est lui qui a lancé la province dans toutes ces extravagantes entreprises de chemins de fer qui ont conduit le pays au bord de la ruine, c’est lui qui a créé la plus grande partie de la dette publique, c'est lui qui a inauguré l’ère des déficits, c’est lui a donné naissance aux rings de chemins de fer, et c’est de son court, mais triste règne, que datent tous les embarras financiers de la

province.

De 1867 à 1874, les administrations conservatrices de M. Chauveau et de M. Ouimet nous avaient donné le spectable d’un F assez bon nombre de brigandages administratifs, notamment la fameuse affaire des tanneries ; mais elles avaient maintenu l’équilibre dans le budget de la province et même accu.aulé tous les ans des excédants de recettes, ainsi que le fait voir le tableau suivant :

Annés Recettes Dépenses Surplus

1867-68... #1,386,837.29 $1,183,238.44 $203,598.85 1868-69... 1,676,152.08 1,325,238.67 350,913.41 1869-70... 1,663,236.36 1,585,145.05 79,091.31 1870-71... 1,651,287.09 1,593,307.84 57,979.25 LA 1871-72... 1,746,459.54 1,639,703.48 106,756.06 a | 1872-73... 1,999,942.57 1,731,838.01 268,104.56 4 1873-74... 2,041,174.71 1,924,985.69 116,189.02 1

Il est bien vrai que durant ces six ans, les conservateurs avaient augmenté les dépenses de $741,747.25, ou plus de 627 ; mais, enfin, ils avaient maintenu l'équilibre entre la recette et la dépense et même accuwulé un montant assez respectable de surplus. Le 30 juin 1874, la province, qui n'avait aucune dette, avait en banques $1,051.- 404.10.

Grâce à l'affaire des Tanneries, M. De Boucherville, qui posait alors comme aujourd’hui pour la vertu et la bonne administration, réussit à escamoter le pouvoir à M. Ouimet, au mois de septembre 1874. Il arriva par la fenêtre, comme le 16 décembre dernier, en se donnant comme le sauveur du peuple, le régénérateur du parti bleu, le réformateur des extravagances et des abus.

DÉS Le

mn 17

Jamais homme public n'avait fait de promesse plus mensongères, jamais aussi un politicien trompa plus odieusement son pays,

| DeBoucherville et Angers augmentent les dépenses

Lu contrôlables de $774,055.39 1a En moins de quatre ans le “ grand incapable,” comme l'a appelé ) La Minerve, lanqué de son digne acolyte Angers, augmenta la dépense é contrôlable de $774,055.39, c’est-à-dire de $1,937,772.04, en 1874, à. $2,711,827.43 en 1878. Voici le tableau des principales augmentax tions :

| Dépenses. 1874 1878 Date publions Se re 8480,661 92 LOMIRIHTON ET an aie brenute ei $173,292 98 218 587 97 Gouvernement civil..,,.,,.,,.,,,.,.,... 146,766 41 175,108 21 | \ Administration de la justice. ..,...1.,.., 364,555 29 422.624 77 Police. biere onde lee 63,292 20 38,457 16 Institutions de réforme ..,,,......,,,,.,.. 38,000 00 74,560 81 Instruction publique ............,..,,... 320,166 07 376,261 19 Agriculture, colonisation et immigration. 242,072 75 157,018 83 Travaux et édifices publics.....,,.,.... . 161,147 42 969,828 Su Institutions de bienfaisance .....,...,.., 218,254 85 240,298 ::2 4 Gurctte Officrelle ...,..,.,..,,. ist ders 10,147 28 17,58$ 18 Dépenses diverses....,...,.,.. NRC 13,304 36 19,797 22 CATASTTADO 0 teen eo cordes cn 26,148 95 100,009 00 ATPONTATON Se ere RU Es véto pe vues 22,000 00 22,861 13 Divers, département des terres ....,...... 51,425 87 53,100 00 Fe

Ce tableau accuse donc les augmentations suivantes en quatre

ans :

Dépenses Augmentation “$ msseininennsnninenmsse s

Montant Pour 104

Dette publique.............. RP ..... $482,661 92 100 o7o

Législation .........: Fhitéimrvimtieu 45,294 99 26 070

Gouvernement civil........,,....:....,.. 28,941 80 19.7 o7o

Administration de la justice... Vorteter 58,069 48 15.9 070 ;

Institution de réforme........, ion 86,560 81 96.2 070

Instruction publique ........ GÉTR NON UN 56,095 12 17.5 070

Travaux ct édifices publics. ....,. opaeiie 99,681 38 65.8 oo

Institutions de bienfaisance.........,.... 22,073 67 10.1 o7o

Guzette Officielle. ....... Trees LG NET 7,440 90 73.8 070 .

Dénenses diverses ........., APN TEE re 6,492 86 48.8 070

On tra go a nes us coietan eva 73,851 05 282.4 070

Arpentages ........ Rs A terre ue 361 13 1.6 oo

Diverses dépenses, département desterres 1,614 13 8.2 070

Si, sous les deux administrations précédentes, on avait augmenté les dépenses, on avait aussi augmenté les revenus. M. DeBoucherville, qui n'a que des qualités négatives, dont l’incapacité et la torpeur sont de notoriété publique, fit tout le contraire : il augmenta les Æ dépenses et diminua le revenu, qui, de $2,041,174.71 en 1874, tomba à $2,026,324.19 en 1878.

Les déficits de M. DeBoucherville

La conséquence naturelle fut un déficit qui augmenta d'année en année, pour atteindre en 1878 Je chiffre énorme de $685,ñ14.71.

Voici le bilan de son administration, tel que donné par M. Würtele, :|l, trésorier du gouvernement Chapleau, dans un état annexé à son {11 discours sur le budget, prononcé le 15 mai 1882 : Lo” Années Recettes Paiements Déficits y 1874-75... $2,296,451,12 82,364,360.39 $67,909.27 1875-76.., 2,340,151.63 2,355,050,00 14,898.37 1876-77... 92,433,111.65 2,514,147,30 81,035.65 1er

… C'est-à-dire qu’en quatre ans ce bon M. DeBoucherville,avec ses airs

de sainte-nitouche et de sauveur du peuple, avait trouvé moyen d’accumuler des déficits se chiffrant en totalité à $8847,358.00, ou en moyenne, $8211,837.00 par année,

En réalité, le déficit a été bien plus considérable, Comme nous le verrons un peu plus loin, pour faire face à ses extravagances et à sa néfaste politique des chemins de fer, M. De Boucherville fit deux emprunts s'élevant à $7,882,416.66. En attendant qu'il fût dépensé, il perçut l'intérêt sur ce montant, ce qui lui permit d’ajonter aux recettes ordinaires $854,742.97, en 1875, $124,871.41, en ‘276, 8199.- 102.64, ea 1877, $24,191.31, en 1878, faisant en tout 6580,908.33, qui pourraient être ajoutés au déficit que nous avons vu plus haut,

Non content d'augmenter les dépenses ordinaires dans une mesure hors de proportion avec le revenu et de laisser diminuer ce dernier, M. De Boucherville; pour réchauffer le zèle de son parti par l’appât de la corrupiion, se lança dans une politique de chemins de fer absolument au-dessus des moyens de la province,

Par la législation de 1874 et des sessions précédentes, la province avait déjà contracté des engagements de plusieurs millions envers les compagnies de chemins de fer, et tous les hoinmes prudents, même parmi les conservateurs, conseillaient de ne pas dépasser

' cette limite. M. De Boucherville, qui se croit au-dessus des règles du bon sens comme du reste des mortels, ne tint aucun compte de ces sages recommandations et dès la première session après son arrivée au pouvoir, il fit voter par le statut 38 Victoria, chapitre 2, pour $1,107,000 de nouveaux subsides à des compagnies déjà subventionnées. A la session suivante, dans la même année, il fit passer le fameux statut À 39 Victoria, chapitre 2, mettant à la charge de la province la cons- ÿ truction du chemin de fer Q., M. O. & O., qui nous a coûté plus de

treize millions. En 1876, par le statut 40 Victoria, chapire 5, il

ajouta encore $171,000 aux subsides de trois compagnies.

Enfprunts de M. DeBoucherville

Pour faire face à toutes ces obligations, puisque les revenus de la province, sous cette abominable administration, ne suflisaient pas à payer les dépenses ordinaires. Il n’ alla pas de main morte, Après avoir englouti le produit de l’emprunt de 1874-—$3,697,083,33il se fit autoriser en 1875, par le statut 39 Victoria, chapitre 2, section 25, à emprunter $a,000,000 pour le Q., M., O. et O., et par le chapitre 4 des mêmes statuts, à faire un autre emprunt de 860,000 livres sterling, ou #4,179,600 00.

Comme on le voit, cet économe M. DeBoucherville ne se gênait

pas : dans une seule session, il se faisait autoriser à emprunter $7,179,600.00 !

il fallait bien emprunter,

Il puisa à pleine main dans cette mine d’or ; ans, il avait consommé la balance laissée en caisse ler juillet 1874-—$1,051,404.10 ; le produit de l'emprunt de 1874,— $3,697,083.33 ; le produit de l'emprunt de 1876,—$4,185,333.33, puis celui d’un emprunt temporaire de $800,900 00, faisant en tout $9,733,820.76, A part cela, il avait englouti $290,993.06 de revenu extraordinaire, provenant du fonds d'emprunt municipal, de la taxe sur les primes d'assurance et de la contribution de la cité de Montréal pour la prison des femmes. C'est-à-dire qu'en moins de quatre ans, ce brave M. De Boucherville avait coulé $10,024,813.82 d’emprunts et de recettes à compte du capital, en sus des revenus ordinaires de la province, formant poür ces quatre ans $9,945,396.59.

$19,970,210.31 de dépenses ordinaires et extraordinaires en quatre ans, cela fait une moyenne de #4,992,552.60 par année |

N'est-ce pas que M. Angers, son copain dans toutes ces dépenses extravagantes, a bien raison de nous représenter ce bon M, De Bou-

cherville comme le sauveur du peuple, le type de l'administrateur prudent et modéré.

en moins de trois par M. Ouimet le

DeBoucherville et Angers endettent, la province de $11,165, 164.88

Comme, durant ces mêmes quatre années, le revenu ordinaire n’a été que de $8,805,045.45, le gouvernement de Boucherville-Angers a dépensé $11,165,164.88 de plus que le revenu ordinaire, c’est-à-dire qu'il a endetté le pays de ce montant,

Ont:ils bien le droit de se donner comme les sauveurs du pays et de critiquer l'administration de M. Mercier, ls brigands qui ont plongé la province dans cet abîime de dettes ?

Quelle confiance peuvent inspirer au peuple des hommes qui ont un pareil passé ?

Diminution du revenu, augmentation de $774,055.39 dans les dépenses ordinaires, augméntation de $11,165,164.88 dans la dette,

tel est le bilan des quatre ans d'administration de cet homme que le fonctionnaire de Spencer: Wood tente d'imposer au pays, sous prétexte de rétablir le bon ordre dans les affaires de la province. Mais il faut cor.sidérer le peuple comme une tourbe d’idiots pour essayer de lui faire avaler pareille couleuvre ?

Les brigandages de l'administration DeBoucherville- Angers

Ce régime néfaste, c’est de notoriété historique, a été le règne par excellence du boodlage et des rings de chemins de fer, M. De- Poucherville l'a admis lui-même au lieutenant-youverneur Letellier, ainsi que le fait est constaté dans un document ofliciel.

M. Angers, q i à mis ses ministres à la porte sur un Lt réple de deux juges qui ne concluait contre aucun des ministres, at-il done oublié que de son temps des ministres se faisaient payer grassement pour accorder des subsides exagérés aux chemins de fer ? A:t-il oublié l'incident Goff-Baker, où ses collègues étaient représentés comme sollicitant et obtunant du stock de chemin de fer en échange de leurs votes, et même se contentaient d'accepter en place d'argent comptant des harnais, des voitures, des bagues et des diamants ? Se souvient-il qu’un jour de février 1878, M. Bellingham, un député, accusa de son siège à la chambre M. Chapleau, secrétaire provincial, d'avoir reçu #7,000 d'actions dans la compagnie du chemin de fer des Laurentides, et que lui Ÿ Avgers, si friand d'enquêtes con‘re M. Mercier, fut le premier à voter pour empêcher que la lumière se fit sur une accusation aussi catégorique et aussi précise ?

Le règne par excellence des boodlers, ça été la période comprise entre septembre 1874 et mars 1878. C’est sous ce régime à jamais exécrable qu'est né le senécalisme et que l’homme qui a donné son nom à ce genre de brigandage commença ses incursions dans le trésor public au moyen des projets et des entreprises de chemins de fer. Ce pauvre Senécal avait toujours été libéral ; mais en voyant le pillage qui se pratiquait sous le régime De Boucherville Angers, il s’aperçut bien vite que pour réussir à thésauriser au détriment du peuple, il fallait entrer dans le giron ministériel et en conséquence il abandonna le parti libéral. M. De Boucherville, pour le récompenser, lui fit voter tout ce qu'il voulut de subsides pour le chenin de fer de Richelieu, Drummond et Arthabaska, Et ces subsides lui étaient payés de la manière la plus facile. Ainsi, avec les mêmes lisses, M. Senécai a pu faire accepter par le gouvernement trois ou quatre fois plus de chemin qu'il n’en avait fini. Quand il avait fini les terrassements sur un certain bout, il posait les lisses, faisait accepter ce bout de chemin par Je gouvernement, qui lui payait le subside. : Il faisait alo’s ut autre bout de terrassement, posait dessus les liises qu’il enlevait <: le bout précédent, puis obtenait encore son certificat de l'ager! De Boucherville et se faisait payer le subside. Le premier ministre se prêtait à cette manigance avec la meilleure grâce du monde, de sorte qu'avec des lisses pour une dizaine de milles, M. Senécal a pu toucher tout le subside pour quatre ou cinq fois cette longueur.

Toutes ces fraudes #+ commettaient dans ie département même de M, De Boucherville, car c'est lui qui était commissaire des Travaux Publics. On peut juger par là des garanties que peut offrir cet homme au point de vue de l'honnêteté dans l'administration des affaires publiques.

$160,000 payées en violation de la loi à des compagnies de chemins de fer

Malheureusement, il y a bien d’autres cas de ces paiements véreux. Ce M, De Boucherville, qui affecte aujourd'hui des airs de scrupuleux, ne se gênait pas du tout de payer des centaines de wnillo piastres aux compagnies de chemins de fer, sans rapports ou certificats d'ingénieurs et en violation flagrante de la loi, qui lui prescrivait de prendre toutes ces garanties. C’est ainsi qu’en 1875 il paya 880,000 à la compagnie du chemin de fer,de la rive Nord et une égale somme à celle du chemin do fer du Nord de Montréal en violation directe du statut,

Par le statut 37 Victoria, chapitre 2, le gouvernement était autorisé à faire à la compagnie du chemin de fer du Nord de Montréal, un prét de $8731,366.00, et à celle du chemin de fer de la rive Nord, un prêt de $1,248,634.00, Ces prêts, d’après le statut, ne pouvaient être faits qu'aux conditions suivantes :

l° Le paiement de ce prêt devait se faire en bons ou débentures de la province (sections 9 et 15) ;

20 Aucune avance ne pouvaient être faite tant que les chemins ne seraient pas terminés (sections 10 et 16) ou que certaines garanties ne seraient pas données ;

3° Les compagnies devaient souscrire un certain montant de stock et avoir versé 107 sur ce stock (section 10, paragraphe 6, et section 16, paragraphe 4) ;

49 En recevant ces avances, les compagnies devaient remettre au gouvernement, pour les garantir, un égal montant de leurs débentures (sections 13 et 16, paragraphe 3.)

Qu'’à fait le gouvernement De Boucherville ?

Sans s'occuper le moins du monde de ces conditions, sans même avoir le rapport de l'ingénieur du gouvernement sur la quantité et la valeur des travaux faits, sans exiger des compagnies qu’elles lui remissent un montant correspondant de leurs débentures, enfin en violation flagrante de la loi, il a payé en 1875 à ces deux compagnies $160,000.00 ! Ce fait est constaté par le trésorier du gouvernement DeBoucherville, dans son discours sur le budget prononcé le 2 février 1875. Voici ses propres paroles :

‘ On a dit ici que le gouvernement avait violé la loi en faisant les paiements en question. Les contracteurs ayant fait de grandes

PORN 7 NI

dépenses, les compagnies n’syant à leur disposition aucun moyen de continuer les ouvrages cominencés, le gouvernement eut à se demander s'il devait venir en aide aux compagnies ou les laisser arrêter leurs

travaux. Considérant la position critique des compagnies et des contracteurs, je soutiens que le gouvernement aurait été blâmable de ne pas leur accorder une partie de l'octroi fait par la législature afin de leur permettre de continuer les travau..,”

C’est ainsi que ces messicurs se vantaient, se glorifiaient d’avoir violé les dispositions d’une loi destinée à protéger le trésor et le publie coutre les rinys de chemins de fer. Si M. Mercier avait fait seule. ment la dîme de cela, les bleus monteraient sur les toits pour le pro-

clamer voleur public ! Ils diraient tout bonnement qu'il a mis les $160,000 dans sa poche.

DeBoucherville et Angers donnent des contrats de chemins de fer pour plus de $8,000,000 sans soumissions et sur de fausses estimations

Les bouchervillistes essaient de faire un crime à M. Mercier de ce que, sans demander de soumissions ou consulter les Chambres, il ait donné quelques contrats sans importance aucune, pour de la papeterie ou des meubles à fournir.

Nous avons là une preuve tangible de la canaillerie de cette bande à M. Angers. Ces charlatans, qui se morfondent pour faire croire aux badauds que c’est une affaire grave de ne pas consulter la Chambre pour des bagatelles, ont donné en 1875 des contrats de chemins de fer pour plus de Hurr MILLIONS, sans demander de soumissions, sans consulter la législature et sans aucune autorisation légale. Tout cela a été constaté par M. Chapleau. Voici ce qu’il disait en 1882 :

‘ En 1875 le gouvernement (De Boucherville-Angers), avant d'exposer sa politique devant les Chambres, décida, sans demander de soumissions, de donner deux contrats, dont l’un de quatre millions et quelques cent mille piastres et l'autre de $3,600,000, c’est-à-dire environ $8,000,000, à être jetés dans cette entreprise, sans aucune autre garantie pour le gouvernement que la solvabilité des entrepreneurs. Ces deux contrats furent soumis à la Chambre et L’oN pur CONSTATER QUE LA CONTINUATION DES TRAVAUX PAR LES ENTREPRENEURS ÉTAIT AUTORISÉE AVANT QUE LE CONTRAT EÛT REÇU LA SANCTION DE LA CHAMBRE.” (Débats de la Législature, 1882, page 610).”

Ça, c'était la manière de faire de M. DeBoucherville et de son Cupain Angers. Et dire que ces mêmes gens qui, d’un trait de plume, en fumant la pipe en petit comité, engageaient la province pour plus

de huit millions, sont assez canailles pour feindre aujourd’hui de se scandaliser, parce que M. Mercier aurait écrit à un libraire que le

gouvernement achettera son papier de lui, Parce qu'un autre ministre

Le 40

aurait écrit à un pauvre homme, auquel il faisait faire dé la transcription pour l'empêcher de crever de faim, que son ouvrage lui serait payé sur le prochain crédit qui serait voté par la législature.

Franchement, il est impossible de porter plus loin l’effronterie et la canaillerie ! C’est de force à renverser le cap Tourmente !

Ce n’est nas tout.

Quoique donnés irrégulièrement, en violation de la loi et des usages constitutionnels, si ces contrats avaient été faits honnêtenent, franchement et avantageusement pour la province, on pourrait excuser plus ou moins le gouvernement De Boucherville-Angers. Mais c’est tout le contraire qui à eu lieu. Cette transaction véreuse est 4 sa face même entachée de fraude et de corruption, basée sur des chiffres faux, supposés et non réels, pour ouvrir la porte aux extra et au bood/age. Tout cela est constaté par M. Chapleau, par les commissaires bieus nommés par M. DeBoucherville et par l'ingénieur Shanly, ex-député tory à la chambre des communes. Ainsi M. Chapleau, alors premier miuistre, disait à l'assemblée législative en 1882 :

“ Ces contrats, il est vrai, n'étaient pas irréprochables, car ils ont été déclarés mal faits par les commissaires et les inuénieurs du gouvernement, et j'en trouve la preuve dans deux rapports officiels, le premier publié par les commissaires du chemin de fer, messieurs Malhiot, Chinic et frvine portant la date du 31 décembre 1877. Je lis dans ce rapport ce qui suit : “ Cependant il ne faut pas oublier ‘ que le chemin ne pouvait pas être construit pour le prix porté au “contrat entre le gouvernement et les entrepreneurs ; aussi, en ‘“ décembre 1876, les divers subsides accordés par la législature pour “les dits chemins étant épuisés, à l'exception de $19,500, et les “ municipalités ayant jusque là refusé de payer leurs souscriptions, ‘ les commissaires ont obtenu du gouvernement diverses avances qui “ s'élevaient au ler décembre courant, à la somme de $2,345,000.”

“C'était là le déficit que les commissaires constataient dès 1877 sur les contrats qui avaient été donnés par le gouvernement. Dans le second de ces rapports, celui de M. Shanley, on trouve les observa. tions suivantes faites par lui sur l’un des contrats en question :

“ On peut répondre de suite et négativement à la question de ‘savoir si cette somme était suffisante pour terminer les travaux. Il “ fallait au moins $700,000 de plus pour terminer les travaux lorsque ‘“ le gouvernement à passé le contrat le 16 novembre 1875. Le fait ‘est que les quantités des excavations, de la maçonnerie, etc, qui ont “servi de base au contrat étaient fausses suyposées et non réelles.”

Voilà un échantillon de l'honnêteté de MM. Angers et De Boucherville, ces deux pillleurs qui posent aujourd'hui pour la vertu, dans le seul but d’assouvir leur haine et de satisfaire leur ambition, de ces incapables qui tentent d’escamoter par la diffamation ce pouvoir

ot

qui leur a été refusé, même par leur parti, après la crise de 1879. On les a repoussés avec mépris parce qu’on les connaissait pour des incapables, des gâte-pâte et des souillés.

Origine du fonds de corruption

On a bien parlé des brigandages commis par M. Chapleau au moyen de ce chemin de fer Q. M. O. & O. Pourtant, ils n’ont pas été pires que ceux du régime De Boucherville-Angers. Si incapables qu’ils fussent, ces deux escogrifires auraient pu se renseigner exactement sur la nature et la quantité des travaux à faire Mais cela aurait fermé la porte aux extra et aux pots-de-vin, ressources que ces messieurs tenaient à se ménager. Si M. McGreevy voulait parler, il nous dirait que c’est sous ce régime qu’il a commencé l’organisation du fonds de corruption du parti bleu. Langevin, De Boucherville et Angers, qui à cette époque comme aujourd'hui s’entendaient comme larrons en foire, arrangeaiènt ensemble les extra, et quand ils décidaient d’en payer pour $100,000 à M. McGreevy, c'était à la condition expresse d'en avoir la moitié pour mettre dans leurs poches et dans la caisse du parti. C’est avec l’argent ainsi volé à la province qu'on a formé les fonds de courruption au moyen duquel les bleus ont volé le pouvoir aux libéraux dans les élections fédérales de 1878.

4 Electeurs de la province de Québec, vous pouvez avoir dans ces faits, attestés par M. Chapleau, le chef du parti bleu, une idée de la vertu, de la moralité et de l'honnêteté de MM. DeBoucherville et Angers. Et le désintéressé M. Beaubien, de son trône d’orateur, approuvait tout cela des pieds et des mains, à titre d’intéressé et d’ancien directeur dans le chemin de fer du Nord de Montréal.

En entendant pérorer M. DeBoucherville et la bande qui lui fait chorus sur les prétendues extravagances de l'administration Mercier, op serait porté a croire que quand il a la clé du coffre public, le premier ministre à M. Angers ne laisse pas sortir un sou du trésor sans le serrer à s’en rompre les doigts. Malheureusement pour lui, l'étude de son administration conduit à une toute autre conclusion et quand on l’examine un peu, on arrive bien vite à la persuasion que cette administration n’a été qu’une série de gaspillages et de dilapidations sans précédents.

Signalons quelques-unes de ces dilapidations.

Bonus aux employés

Nous avons vu plus haut que l'administration DeBoucherville- Angers s’est soldée chaque année par un déficit et que pour faire face à cette situation désespérante, ce gouvernement d’incapables empruntait par millions. Or, dans le temps même où il empruntait ainsi près de huit millions, en 1875 et 1876, alors que la prudence la plus élémentaire lui commandait de diminuer les dépenses contrôlables,

il augmentait le traitement des employés publics, .et non content de cette augmentation, déjà très blâmable, il leur payait des bonus pardessus le marché. En 1875, il paya ainsi en bonus aux employés de l’assemblée législative $4,760.00 ; l’année suivante, il paya de la même façon $2,349.00 aux employés du conseil législatif et $9,471.38 à ceux des différents départements, en tout $16,580.38,

C’est ainsi que ce brave homme, qui parle aujourd’hui d'économie, jetait l'argent par les fenêtres.

Les $50,000 du Dr Landry

Il y a pis que cela encore.

Dans le temps même où ce gouvernement dilapidateur était obligé d'emprunter pour payer ses extravagances, il prenait sur le produit de ces emprunts des sommes considérables pour les prêter à ses mignons,

En 1875, une partie de la bâtisse des femmes de l’asile de Beauport fut endommagée par un incendie. Cette asile appartenait au Dr Landry, homme puissamment riche, qui a laissé une fortune de près d’un demi-million. Pour ne pas avoir le trouble de déplacer l'argent que le Dr Landry avait de prêté, ses amis, MM. De Boucherville et Angers, lui prêtèrent à même les fonds publics la jolie somme de $50,000.00. C'était tout simplement jeter de l’eau à la mer, car le Dr Landry était plus riche que le gouvernement, à cette époque, il aurait pu l’acheter et le payer comptant,

Ces messieurs poussèrent la complaisance encore plus loin. Sous prétexte que les employés de l’asile avaient perdu dans le feu une partie de leurs hardes, le gouvernement donna en pur don $945.75 au Dr Landry pour leur en acheter d’autres ou les indemniser, ainsi que cela est constaté à la prie 7 des comptes publics pour 1875.

Les $2,500 aux Thompson

La même année (p. 72 des comptes publies) M. deBoucherville, sous prétexte de les indemniser de dommages causés à une limite à bois, faisait un cadeau de $2,500 à MM. Andrewet D. C. Thompson, deux riches et bons bleus de Québec.

Les $1,398 à son cousin Taché

L'année suivante, M. deBoucherville payait à son cousin Eugène Taché, assistant-commissaire des terres, $1,398.92 pour services en rapport avec la préparation des plans des nouvelles bâtisses publiques, (comptes publics, 1876, p. 62.)

Le fameux train spécial

Au chapitre de dépenses diverses, dans les comptes publics pour 1877, nous trouvons à la page 71 l’article suivant, qui se passe de çommentaires :

Grand-Tronc,—train spécial de Montréal à Québec pour les honorables procureur-général (M. Angers) et secrétaire-provincial #344.00.”

Ces messieurs se payaient aux dépens de la province jusqu'au luxe des trains spéciaux.

La taxe sur les contrats

Pour suffire à toutes ces extravagances, À ces gaspillages sans nom, il fallait emprunter et emprunter encore. Mais, comme les emprunts ne suflisaient pas, on se rabattit sur les taxes directes. M. De Boucherville, qu’on appela pour cela le chef des tameux, s'attaqua d’abord aux compagnies et aux primes d'assurance. Par le statut 39 Victoria, chapitre 7, rédigé par M. Angers, tout assureur était obligé de payer au gouvernement une taxe de 3 pour 100 pour les assurances contre le feu et de L pour 100 pour les autres assurances, lors de l'émission de la police ou du reçu de paiement de chaque prime. L’adininistration De Boucherville, ainsi que nous l'avons vu, a extorqué par ce moyen $74,622.13. Mais les compagnies d'assurance ne voulurent pas se laisser ainsi déplumer pour subvenir aux extravagances d’un gouvernement dilapidateur ; elles portèrent l'affaire devant les tribunaux et après avoir payé les frais judiciaires considérables, la province fut condamnée à rembourser tout ce qu’elle avait perçu de cette source.

Cependant, MM. De Boucherville et Angers, qui sont évidemment nés taæweux, voulurent avoir leur revanche et à la session de 1877-78, ils soumirent aux Chambres un nouveau bill de taxes. Cette fois, ils s'attaquaient aux contrats ; par ce projet de loi, ils imposaient une taxe de 10 et 747 sur le montant mentionné dans les contrats. Ce bill fut soumis à l'assemblée législative le 19 février 1878. Voici ses principales dispositions :

1. Résolu, Qu'il soit accordé à Sa Majesté, pour subvenir aux besoins .du service publie, un droit de timbres sur tout contrat-memorandum, acte, instruments et procuration jour effectuer le transport des actions dans aueun fonds ou capital et débentures ec sur tous autres actes et instruments authentiques ou sousseing privé unilatéraux ou bilatéraux, exécuté en cette province ou bors de cette province, mais y devant recevoir leur effet, par lesquels ou-aucun desquels aucune personne, Corporation, société, association ou corps public quelconque, ayant le pouvoir de contracter, s’oblige... tels engagements et contrats ct obligations étant à titre de vente, échange, cession transport, bail à loyer ou à ferme, quittance, constitution d'hypothèque, cautionnement ou à aucun titre légal quelconque, capable de produire des obligations civiles.

‘2. Ce droit sera prélevé en timbres adhésifs frappés suivant les lois de cette province, qui doivent être apposés sur chaque tel contrat, acte, instrument et procuration.

‘°3. Le montant des timbres qui seront apposés et oblitérés sur chaque contrut-memorandum (contract note) acte, instrument, et procuration, exécutés en cette province ou en dehors de cette province, mais pour yavoir leur effet, ayant rapport à la vente ou transport de toute débenture ou actions dans le capital de toute corporation, compagnie ou institution financière, industrielle ou manufacturière, ou sur le livre de transport de teile corporation, compagnie ou iustitu-

an D

tion, si les timbres n’ont pas été au préalable, apposés sur le dit contrat.memorandum (contract note) acte, instrument ou procuration sera DE DIX CENTINS PAR CHAQUE CEN' piAsTrRes et fraction de cent piastres, du montant nominal de telle débenture du montant demandé sur telles actions.

‘ Le montant des timbres sur chaque autre acte où instrument, contenant aucune des autres obligations, engagements ou contrats mentionnés dans la première résolution ci-haut, sera de QUINZE CENTINS POUR CHAQUE DEUX CENTS : PIASTRES ou fra, tion de deux cents piastres, au dessus de la somme de deux cents: pisarés de la somme nominale ou de la valeur appréciable en argent de l’objet

e telles obligations engagements ou contrats,” » :

‘! Au moyen de cette loi, Les: faxeur comptaient arracher chaque année au peuple de quatre à cinq cent mille piastres, pour payer leurs dilapidations et masquer leurs déficits.

DeBoucherville et Angers prennent les municipaiités à la gorge

Ces $500,000 de taxes directés ne suffisant pas à combler le gouffre, le gouvernement DeBoucherville- Angers résclu de prendre les municipalités à la gorge pour leur arracher de argent. Une d'zaine de municipalités de la rive nord avaient voté des sommes considérables en faveur du chemin de fer Q., M. 0. & O., pour aider aider au. succès de cette entreprise. Mais, en hommes prudents, les membres des conseils de ces municipalités avaient mis des conditions au paiement de leurs souscriptions, pour bien s'assurer les avantages qu’ils avaient en vue en s'imposant ces sacrifices. Certaines municipalités refusant de payer, et avec raison, tant que ces conditions ne seraient pas remplies. Cla ne faisait pas l’affaire de ce gonvernement dilapidateur qui à l'instar de tous les dissipateurs, était prêt à se porter à n'importe quel excès pour se procurer de l'argent, quand la rage de dépenser et de piller les prenaient pour de bou.

Pour vaincre cette résistance bien légitime des municipalités, M. Angers imagine un moyen bien simple, prendre les municipalités à la gorge et s'emparer sans aucune formalité judiciaire des propriétés des citoyens. A cette fin, il soumit à l'assemblée jégislative, le ler février 1878, un projet de loi renfermant, entre autres dispositions infâmes, les suivantes :

‘t4 Que le Licutenant-Gouverneur en conseil, sur Je rapport assermenté d’un: ingénieur compétent, établissant jusqu’à quel point les conditions de souscriptions des differentes municipalitésjont été remplies, quant à l’avancementet à la qualité des travaux aussi bien qu’à la localisation du Chemin, POURRA DÉTERMINER LA DATE DE L'ECHÉANCE D'UNE PARTIE OU DU TOUT Dà C£S SOUSCRIPTIONS suivant le cas ; copie du dit rapport devant être transmise aux municipalités intéressées

au moins quinze jour avant la prise en considération du dit rapport par le Lieutenant-Gouverneur 6: conseil,

“5. Nulle objection, exception, raison, défense ou opposition ne saura justifler aucune des municipalités ou corporations mentionnées à la dite cédule À, de refuser de signer, exécuter et livrer au Tresoricr de la province, ses débentures appropriées pour la construction du susdit chemin par la 39 Vict., chap. 2, où de lui payer en argent, au cas où eile le préfèrerait, le dit montant ou la dite balance, et ce, aussitôt que le Lieutenant-gouverneur en conseil aura déclaré que ces débenturns sont exivibles.

«6, Si aucune de ces municipalités eu corporations refuse ou néglixe de payer sa souscription, ou de signer et exécuter ses dites débentures pour le montant ou la balance due, nonobstant toutes choses à ce contraire, le maire ou le préfet de cette municipalité ou «oi poration, selon Le cas, est par les présentes autorisé à siwner et à exécuter les dites débentures, sans responsabilité personnelle de sa part én ce faisent, pour le montant ou la balance de la souscription de la municipalité du corporation dont il est le principal officier ou le chef ; et ces débentures ainsi signées et exécutées par le maire ou préfet, auront les mêmes effets que si elles eussent été signées et exécutées du consentement ct sur l’ordre de la municipalité ou corporation elle-même ; et tel maire ou préfet devra remettre les dites débentures au trésorier de la province à sa demande, conformément aux échéances décidées par le Licutenant-Gouverneur en conseil, et ces débentures formeront païtie du fonds consolidé des ehemins de fer.

7, Sur le défaut d'aucune de ces municipalités ou corporations, ou de son maire ou préfet, selon le cas, de signer et exécuter les dites débentures, pour Île montant ou la balunce de la dite souscription, et de les remettre au trésorier de la province eomme ci-haut dit, Le LIEUTENANT-GOUVERN EUR EN CONSEIL POURRA AUTORISER UN SYNDIC A SIGNER ET A EXÉCUTER LES DITES DÉBENTURES DE LA PART DE LA DITE MUNICIPALITÉ OU CORPORATION ; et ces débentures ainsi signées et exécutées par le syndic auront les mêmes effets que si elles eussent été signées et exécutées par les personnes ou officiers autorisés de la dite municipalité ou corporation,

“8. Le Lieutenant-Gouverneuren conseil nommera, pour mettre à exécution les dispositions de la résolution ci-haut, s’il y a lieu, un syndic qui sera décrit sous le nom de : € Syndic de (nom de lu cité, ville, comté, paroisse ou village pour lequel il siynera) nommé eu vertu de la 41 Vict., chap. ” Chaque fois que ce syndic signera ou exécutera aucune débenture én vertu des présentes, il devra le faire en énonçant après sa sisnature, la qualité spéciale et l'acte en vertn duquel il siyne ; et en agissant ainsi il n’enccurra aucune responsabilité personnelle.

“9, Les débentures signées sous l’antorité des présentes par un maire, un préfet ou un syndic, selon le cas, tiendront ïieu et place des débentures que la municipalité ou corporation était tenue d'exécuter et de rernettre au trésorier de la province, pour le montant ou la balance due de sa souscription appropriée à la construction du dit chemin par lu 89 Vict. ch.2.

‘10. La forme des débentures exécutées sous l’autorité des présentes par un maire, un préfet ou un syndic, suivant le cas, et le montant de chacune de ces débentures, en sterling ou en courant, POURRONT ÊTRE DÉTERMINÉES PAR LE LIEUTENANT-GOUVERNEUR EN UONSEIL, lequel pourra prescrire le mode d'exécuter les coupons qui doivent être attachés à ces débentures.

‘11. Si, en aucun temps, aucune des municipalités sou-corporations mentionnées en la susdite cédule A, dont les débentures auront été signées et exécutées pur son maire ou préfet ou par un syndic, en vertu des présentes, — héglige pendant trente jours de payer les intérêts sur iceiles ou partie d’icelles, selon qu’elle y sera tenue, LE SHÉRIF DU DISTRICT DANS LAQUELLE TELLE MUNICI- PALITÉ OU CORPORATION SERA SITUÉE, H8T ET SERA TENU, SUR LA SIMPLE DÉCLA- RATION ÉCRITE D'UN PORTEUR DE CES DÉBENTURES OU de son agent, appuyé“ d'un affidavit établissant le fait que les dits intérêts sont dûs, de donner dans la Gazette Officielle de Québec, avis pendant quinze jours que telle municipalité ou corporation a négligé de payer les intérêts dûs sur ses dites débentures ou partie d’icelles, et de requérir les porteurs des dites débentures de produire à son bureau un état assermenté de ce qui leur est dû pour intérêts.

“ À défaut de paiement à l'expiration de cet avis, LE SHÉRIF £MANERA SON WARRANT POUR LE MONTANT TOTAL DES RÉOLAMATIONS AINSI PRODUITES, et il rocèdera de suite à imposer et à prélever, sur les biens imposables situés dans elle municipalité ou corporation en proportion de la valeur telle que portée au rôle d'évaluation, une somme suffisante pour payer le montant dû avec intérêts et frais de remise et de prélèvement.

00 de

19, Si aucune de ces municipalités où corporations, teuue de faireun fonds, d'amortissement pour le rachat de ses débentures signées et exécutées.en vertu des présentes, par son maire ou préfet ou par un syndic, selon le cas, néglige de pourvoir annuellement au dit fonds d'amortissement, le shérif du distriet eomme susdit, sur la déclaration écrite d’un porteur de ces débentures ou de son agent, appuyée d'un affidavit établissant le fait, devra informer telle municipalité ou corporation que telle déclaration a été faite ; et à défaut par elle de prouver au dit shérif DANS UN DÉLAI DE QUINZE JOURS, qu'elle a pourvu au dit fonds d'amortissement, LE SHÉRIF ÉMANERA SON WARRANT POUR LE MONTANT REQUIS POUR POURVOIR AU FONDS D'AMORTISSEMENT ÉCHU, ET PROUÈDERA DE SUITE À IMPOSER ET À PRÉLEVER, SUR LES BIENS IMPOSABLES SITUÉS DANS TELLE MUNICIPALITÉ OU CORPORATION à proportion de la valeur telle que portée au rôle d'évaluation, une somme suffisante pour pourvoir au dit fonds d'amortissement, avec intérêts et. frais de prélèvement.

«13. Le shérif aura libre accès aux registres, rôles et autres documents ou archives du conseil de toute municipalité ou corporation où il doit prélever des deniers, et pourra reqnérir les services des officiers municipaux de ce conseil.

I] se fera remettre tous les documents ou archives qui lui paraîtront nécessaires, et sur opposition, negligence ou refus, IL EST AUTORISÉ À EN PRENDRE POSSESSION LUI-MÊME.

,“ À DÉFAUT DE PAIEMENT DU MONTANT REQUIS D'UN CONTRIBUABLE, LE SHÉRIF PROCÈDERA AU PRÉLÈVEMENT DE CE MONTANT D'ABORD PAR LA SAISIE ET LA VENTE DES BIENS-MEUBLES DE TEL CONTRIBUABLE, en observant les formalités prescrites par le code de prorédure pour la saisie et vente des meubles ; et si le produit en est suffisant, il le remettra sans délæ, aux porteurs qui auront produit leurs réelamations, sur remise des coupons d'intérêts ou d’un reçu suivant le cas, le montant qui‘leur ést dû ; et si le shér'f a procédé sous l’autorité de la résolution préeédente, la somme prélevée, déduction faite des frais de prélève. ment, sera déposée entre les mains du trésorier de cette province pour être placée conformément au règlement en vertu duquel le fonds d'amortissement est dû.

te il n’y a pas de biens-meubles ou s’ils sont insuffisants, le shérif procèdera à la saisie et à la vente des immeubles imposés, en observant les formalités prescrites par le code de procédure porr la suisie et vente des immeubles ; il fera ensuite rapport de la vente à la cour supérieure, et la distribution des deniers s’y fera comme dans une cause ordinaire, le montant imposé par le shérif pour payer. les intérêts et le fonds d'amortissement conservant le rang que ces réclamations auraient eu si elles eussent été imposées et prélevées par la corporation au muni. cipalité elle-même.”

(Voir journaux de l’Assemblée Législative, 1878, p. 734.)

On ne trouve dans aucun pays au monde, pas même dans ceux des rois nègres du Cungo ou des sultans du Maroc, de lois plus immorables, plus spoliatrices ou plus subversives des notions les plus élémentaires du droit de propriété Les autorités municipales, regulièrement constituées, étaient tout simplement mises de côté et remplacées par un agent du gouvernement, revêtu du pouvoir monstrueux de. signer des débentures engageant les municipalités et hypothéquant pour autant les propriétés des citoyens. Ce hallebardier d’un nouveau genre pouvait aussi s'emparer des livres et des archives des. corporations municipales, pour dresser la liste des taxes à arracher aux citoyens. Muni de cette liste, le shérif était tenu, sans jugement, sentence ou ordre de cour, de saisir les propriétés des citoyens et. de les vendre au profit du gouvernemen, sans plus de cérémonie.

Ni l'antiquité ni les temps modernes n’offrent d'exemple d'une législation aussi infâme. C'était tout simplement la législation de la force brutale et du vol de grand chemin. C'était une honte pour un pays civilisé, un acte qui nous aurait relégués du coup bien loin en

arrière des contrées les plus barbares du monde, une ignominie sans nom coïnme sans précédent,

Eh bien ! électeurs de la province de Québec, MM. Angers et De Boucherville, qui ont perpétré ces abominations législatives, sont

les mêmes qui aujourd’hui, vous demandent de leur confier le pouvoir, sous prétexte qu’ilssont capables de mieux administrer que M. Mercier,

On peut être aussi effronté, mais pas plus.

Régime Chapleau

Le gouvernement DeBoucherville s'était déclaré, par la voix de son trésorier, M. Church, dans l’impossibilité de maintenir l'équilibre dans nos finances sans soumettre le peuple à de nouveaux impôts. (Voyez l'exposé budgétaire de 1877).

Son successeur, le gouvernement Joly, au lieu d'imposer de nouvelles taxes, entreprit de rétablir cet équilibre au moyen de la plus stricté économie dans les dépenses publiques. Dès sa première année d'administration, il réduisit les dépenses contrôlables de la province de plus de $250,000 et fit voir par l'exposé budgétaire de son trésorier, M. Langelier, en 1879, qu’il lui était possible, en continuant sa politique d'économie, defaire disparaître les déficits annuels tout en pourvoyant aux dépenses inévitables et en s'exemptant de recourir à la taxe. (Voyez l'exposé budgétaire de 1879),

Mais cette perspective très satisfaisante pour le pays ne l'était pas pour les ambitieux qui convoitaient le pouvoir. Ceux-ci, sentant que leur seule chance de renverser le gouvernement J oly était de frapper ayant que sa politique financière eût eu le temps de recevoir une applicaticn complète, avaient épuisé dans une lutte acharnée tous les moyens constitutionnels à leur disposition : et lorsqu’en août 1879, leur dernier vote de non-confiance fut repoussé, de l’aveu de M. Chapleau lui-même, la partie pour eux était perdue. C'est alors que, réduits au désespoir, nos adversaires complotèrent avec lears instruments du Conseil Législatif pour gagner par la ruse ce qu'ils n'avaient pu obtenir par les voies légitimes.

C’est l'hon. M. Ross, l’ancien premier ministre, qui se fit leur champion dans ie Conseil Législatif, en induisant ce corps irresponsable à refuser de passer le bill des subsides, qui avait été adopté par l’Assemblée Législative, jusqu'à ce que le Lieutenant-Gouverneur eût renvoyé ses ministres et constitué un nouveau cabinet de leur choix.

Ut

C'était une infraction flagrante des règles constitutionnelles les plus élémentaires et l’Assemblée Législative s’'empressa de protester contre cet empiètement sur le p

lus précieux de ses priviléges, celui de contrôler les dépenses publiques. Mais lu trahison au sein de l’Assemblée Législative compléta bientôt l’œuvre inconstitutionnel du

Conseil, et le 29 octobre 1879, MM. Flynn, Paquet, Racicot, Fortin

et Chauveau, passant honteusement à l'ennemi au moment du combat, déterminèrent la chute du gouvernement Joly.

M. Chapleau, appelé à constituer

comme article principal de son Programme ‘la diminution des dépenses et l'adoption de moyens immédiats de mettre ordre à nos fine- ces,”

(Voyez le discours programme de M. Chapleau prononcé à Lévis et reproduit dans là Minerve du 6 novembre 1879)

Mais au lieu de poursuivre ln politique d'économie annoncée dans ce progranue, le nouveau cabinet se lança daus une carrière d’extra- Vagances qui, loin d’équilibrer notre position financère, l’aggrava davantage. Il pourvut aux déficite annuels par de nouveaux emprunts et ma gré l'imposition de nouvelles taxes, son budget en 1882 accusa Une augmentation dans les dépenses annuelles contrôlables, sur celles de la dernière année financière du gouvernement Joly, de $185,000 et un surcroît annuel de dépenses générales s’élevant à $855,000, C'est alors qu'il imagina, comme dernier expédient pour se retirer d'affaire, la vente du cheinin de fer du Nord, qui se fit dans les conditions désastreuses relatées dans une autre partie de ce travail, Mais

l'événement a prouvé que cette malheureuse transaction, murie à la

hâte, était plutôt destinée à enrichir ses auteurs qu’à rétablir nos finances,

un nouveau cabinet, anunonca

Pour faire adopter sa mesure par la Chambre, M. Chapleau lvi avait promis la fin immédiate de l'ère des déficits et l’exemption pour l'avenir d'emprunts et d'impôts sur le peuple. Muisla vente ne fût pas plutôt ratifiée par la législature que ce même M. Chapleau, avec une audace inouïe, demanda Pour son gouvernement l'autorisation législative d'effectuer un nouvel emprunt de $3,000,000 et d'imposer de nouvelles taxes. Le tout fût accepté sans murmures par la majorité servile dont M. Chapleau s'était assuré l'élection par les moyens

que l'on connaît. Et contrairement aux espérances créées par ses elles promesses, les déficits se sont continués,

L'opposition combattit Pas à pas cette énergiquement contre les audacie était appelée à sanctionner.

par le vote et la force inerte

politique néfaste et protesta, ux abus de pouvoir que la Chambre Cornme d'habitude, la majorité répondit ériompha du patriotisme.

Le projet de loi autorisant l'emprunt de $3,000,000 fut mis aux

voix et adopté sur division. (Voyez Journaux de l'Ass. Lég. 1882, pages 329 et 330).

sm DE

En opposition aux résolutions soumises à la Chambre par le trésorier Würtele, à l'effet d'imposer de nouvelles taxes, l'hon, M, Marchand, secundé par l’hon. M. Mercier proposa qu'il fût résolu :

Que cette Chambre regrette que le gouvernement ait recours à l'imposition de nouvelles taxes pour rétablir la condition financière de cette province, au lieu de recourir à une stricte et judicieuse éeonomie dans les dépenses publiques.

Cet amendement fut repoussé par le vote suivant :

Pour :—MM, Bernard, Demers, Gagnon, frvine, Joly, Laberge, Marchand, Mercier, Rinfret dit Malouin, Shehyn et Watts—11.

Contre :—MM. Asselin, Audet, Beaubien, Bergevin, Blanchet, Brousseau, Carbray, Caron, Casayant, Champagne, Chapleau, Charlebois, Desaulnicrs, Deschênes, Desjardins, Duckett, Duhamel, Dumoulin, Flynn, Fortin, Frégeau, Garneuu, Gauthier, Houde, Lalonde, Lecavalier, Leduc, Loranger, Marcotte, Marion. Martel, Paquet, Paradis, Poulin, l'oupore, Richard, Riopel, Robillard, St-Hilaire, Trudel et Wüûrtele., —41,

(Journal de l'Assemblée Législative, 1882, page 322).

À la séance précédente l’hon M. Joly, secondé par l’hon M. Marchand, avait proposé l’adoption de la résolution suivante ;

Qu’avant de recevoir le PADDOTÉ du comité des subsides, la Chambre désire exprimer son regret de ce que les estimés pour l’année prochaine, soumis par le gouvernement à cette Chambre, comportent uve augmentation importante des dépenses dans presque toutes les branches du service public, au moment où lu prudence nous fait un devoir de les réduire.

La mäjorité refusa d'adopter cette résolution ainsi que l'indique l’état suivant du vote :

Pour :—MM, Bernard, Demérs, Gagnon, Joly, Laberge, Marchand, Mercier et Watts.—8.

Contre :—MM: Assselin, Audet, Beaubien, Bergevin, Blanchet, Caron, Casavant, Champagne, Chapleau, Charlebois, Désaulniers, Deschênes, Duckett, Duhamel, Faucher de St-Maurice, Flynn, Fortin, Frégeau, Houde, Lalonde, Lavallée, Lecavalier, Leduc, Loranger, Lynch, Marion, Martel, Paquet, Picard, Poulin, Poupore, Richard, Riopel, Robillard, St-Hilaire, Trudel et Wûrtele.— "7.

(Journaux ae l'Assemblée Législative, 1882, page 300).

Ainsi, la majorité mercenaire et servile de M. Chapleau, après avoir sacrifié à vil prix nos chemins de fer à la rapacité des spéculateurs politiques ; après avoir consenti à cette transaction sur l’afirmation solennelle donnée par son chef, que la province serait exempte de la nécessité d'emprunter et d'établir des impôts sur le peuple, cette majorité, disons-nous, n’hésita pas, au lendemain de ces promesses, à voter l'emprunt et l’impôt.

Ayant atteint son but, M. Chapleau, en janvier 1883, céda le timon des affaires à M. Mousseau et disparut de l'arène provinciale,

Régime Mousseau

Comme son digne prédécesseur, le gouvernement Mousseau se camota le pouvoir sous prétexte de rétablir le bon ordre dans les finances de la province, en pratiquant la plus stricte économie dans

toutes les branches du serice public, A l'ouverture de ln session, le 18 janvier 1883, il fit daus le discours du trôneles déclarations suivantes :

‘ La préparation du prochain exercice financier a été basée sur la plus grande somme d'économie que puisse admettre l’efllcacité du ser viee public. Mon zou. vernement fera tous les efforts possibles pour établir l'équilibre entre les récettes ct las dépenses imputables au revenu consolidé, en administrant avec soin les rev-pus de la provinee et en surveillant les dépenses avec rigueur. ’ (Journal de l’Assemblée Législative, 1888, p. 14.)

L'opposition ne put s'empêcher d’avoir des doutes sur lu sincérité de ces déclarations, car elle connaissait trep bien les conservateurs pour les croire capables de renoncer à l’extravagance, qui a été de tout temps leur moyen favori pour se maintenir au pouvoir, et de pratiquer sérieusement l’économie. Elle était bien convaincue qu’au lieu de diminuer les dépenses, le gouvernement aviserait quelque moyen d'augmenter les taxes pour établir l'équilibre entre les recettes et les dépenses. Et l'opposition fut bientôt confirmée dans cette opinion : le 2 février, le gouvernement présenta des résolutions imposant aux municipalités une taxe de quinze centins par jour pour l’entretien des délinquants et des vagabonds dans les prisons et conférant des pouvoirs spéciaux à l'officier du fise pour percevoir cette taxe. Ces résolutions se lisent comme suit :

(L'honorable trésorier Würtele propose, secondé par l'honorable M. Mousseau,

Que cette Chambre se forme immédiatement en comité pour prendre en considération certaines résolutiots concernant l'entretien des prisons communes.)

Résolu, 1. Que les corporations de chaque cité, ville, village ou municipalité rurale dans les iimites desquels il aura été commis une offense, punissable en vertu de l’Acte du Canada, 32.33 Victoria, chap. 98, relatif aux vagabondy, en vertu des cinq premiers paragraphes de la section 11 du chapitre 192 des Statuts Refondus du Bas-Canada, dans les endroits uù ces paragraphes Aspnrquen ts ou toute contravention aux règlements du conseil de ces cité, ville, village ou municipalités rurales soient tenus, si le délinquant a été condamné à l'emprisonnement dans la prison commune d’un district quelconque, de payer au guurernement quinze centins pour chaque jour durant lequel ce délinquant sera ainsi détenu en prison.

Résolu, 2, Que les sommes qui pourront devenir dues en vertu de la résoluäion précédente, forment partie du fonds consolidé du revenu de cette province, et soient payables, de la part des cités et villes, par trimestre, le premier jour juridique de chacun des mois de juillet, octobre, janvier et avril, et de la part des autres municipalités, annuellement, le premier jour juridique du mois de juillet.

Résolu, 3. Que le shérif de chaque district, au commencement de chaque mois, soit tenu de préparer et transmettre au percepteur du revenu provincial qu'il appartient, un état des sommes qui peuvent être devenues ainsi dues, durant ie mois precédent, par chacune des différentes corporations municipales, dans sou district ; et que le percepteur du revenu provineial soit tenu, en recevant cet état, d'envoyer, sans délai, au greffier ou secrétaire-trésorier de chaque corporation municipale y mentionnée, un état, par lui certifié, des sommes dues par cette corporation, avec avis de lui payer le montant dû, le premier jour juridique du trimestre suivant, ou le premier jour juridique du mois de juillet prochain, suivant le cas.

Résolù, 4. Qu’à défaut de paiement par une corporation municipale, du montant dû par elle, aux jours ci-haut spécifiés, ce montant puissent être recouvré avec les frais, par action intentée, en son propre nom, tour Sa Majesté, par le percepteur du revenu provincial, devant toute cour de juridiction compétente.

— ja —

Résolu, 5, Qu'il soit lolsible à toute telle corporation qui aura payé une somme quelconque au Gouvernement, pour la détention d'un délinquant, de se faire rembourser, par vole d'action et exéeution, en !4 marière crdinaire, sur jes biens meubles où immeubles de tel délinquant ou sur ceux des personnes qui sont obligées par la lui de subvenir à sa subsistance ou à son entretien,

Voulant donner au gouvernement le bénéfice du doute, l'opposition ne protesta pas trop énergiquement contre cette nouvelle taxe et se contenta de laisser adopter ces résolutions sur division. (Journal de l'Ass. Légis., pages 53 et 66.)

Sachant que le gouvernement était en voie de passer un nouveau cortrat avec les propriétaires de l’asiie de Beauport pour l'entretien des aliénés, le chef de l'opposition voulut profiter de cette occasion pour protéger les intérêts de la province et mettre à l'épreuve la sincérité des promesses d'économie faites dans le discours du trône, et

en conséquence ie 20 février l’hon. M. Mercier proposa, secondé par M. Desaulniers, qu’il fut résolu :

Que le contrat fait entre le gouvernement et les propriétaires de l'asile de ae ROEe pour la warde et l'entretien des aliénés, fait en 1871, expirera le 1er ma É

Qu'en vertu de ce contrat, le Bouvernement a payé annuellement, d'puis dix aus, $143 pour les premiers 650 aliénés, et $132 pour chaque aliéné au-dessus de ce chiffre, le minimum des détenus devant être de 650 :;

Que le gouvernement a payé près d'un million et demi pour l’exécution de ce contrat ; }

Que le gouvernement ne paye actuellement que 8100 par année pour la garde 44 aliénés à l'asile de $7.-Jean de Dieu, et 880 à l'asile de St.- Ferdinand d Halifax,

Qu'il importe que des mesures immédiates soient prises pour pouver à la rarde des aliénés détenus à l'asile de Beauport, à l'expiration du dit contrat, le ‘er mai 1888 ;

Que cette Chambre espère que le gouvernement la consultera durant la pré. sente session sur ce qui doit être fait dans ces circonstances, après le ler mai rochain (1883), quant à la garde et à l'entretien des aliénés détenus à l'asile de

vauport.—(Journai de l'Aas. Législative, 1888, p. 104).

Le gouvernement s’empr ‘sa de faire rejeter cette proposition

si juste et si équitable en faisant proposer par M. Desjardins, l’amendement suivant :

Cette Chambre a confiance qu’en faisant un nouveau contrat pour la garde et l'entretien des aliénés actuellement internés dans l'asile de Beauport, contrat. ge devra être soumis à l'approbation et à la confirmation de cette Chambre,

"après la déclaration même de l'honorable Premier Ministre, le gouvernement sera guidé par une juste et sage appréciation des irtérêts de la province.

Cet amendement fut voté par 45 contie 16 et la résolution de l’honorable M. Mercier fut rejetée per le vote suivant :

POUR :—MM, Beaubien, Bernard, Bernatchez, Cameron, Demers, Gagnon, lite Joly, Laberge, Marchand, Mercier, Malouin, Shehyn, Ctéphéns et

atta.—:1f ‘

CONTRE :—MM. Archambault, Asselin, Audet, Beauchamp, Bergevin, Blanchet, Brousseau, Carbray, Caron, Casavant, Charlebois, Desaulniers, Deschênes, Desjardins, Dorais, Duckett, Duhamel, Dumoulin, Faucher de St-Maurice, Frégéau, Garneau, Gauthier, Lavallée, Leblanc, Leduc, Lynch, Marvcotte, Marion,

fartel, Martin, Mousses, Nantel, Owens, Paquet, Paradis, Picard, Poulin, Pou. jure Richard, Robillard, Sawyer, Spencer, St-Hilaire, Thornton, Trudel et lürtele.—46. {Journal de l'Assemblée Léyislutive, 1883, pages 104 et 106.

Ce vote nous donne un exemple fra pant de la malhonnôteté des conservateurs : M. Désaulniers, député de Saint-Maurice, qui approuvait la motion de M. Mercier et l'avait appiyée et secondée, vota, contre quand elle fut mise aux voix, pour servir les intérêts de son parti de préférence à ceux du pays,

Le vote sur la proposition relative au contrat pour l'entretien des aliénés prouva clairement à l'opposition que le gouvernement, malgré les promesses du discours du trône, ne s'occupait pas plus. d'économie que de l’homme dans la lune, et cette conviction fut confirmée par le budget imprimé, distribué aux députés, qui comportait. une augmentation de $37,671 pour les dépenses du service civil,

Daus le but de protéger l'indépendance de ln législature et de bien constater que le gouvernement Mousseau n'était que la doublure du ministère Chapleau, l'hon. M, Marchand, secondé par l'hon, M. Joly, proposa le 21 mars la motion suivante :

Que la section 1 de l'acte 36 Vict., ch. 5, estdans les termes suivants : ‘ Nulle ‘“ personne acceptant une charge, commisston ou emploi d'une nature purma. “ nente où temporaire en vertu d'une nomination de la Couronne ou du Licute- ‘ nant-Gouverneur, auquel un traitement annuel ou des honoraires, allocations ‘ou émoluments ou profits de tout genre où montant que ce soit, venant de la “ province, sont attachés, ne pourra être nommé conseiller législatif, ni ne sera “éligible comme membre de l'assemblée législative, ni dans l'un ni l'autre cas, ‘{ ne siégera ni ne votera en cette qualité, tant qu’elle occupera cutte charge, ‘commission ou emploi."

Que cette loi a été dus 4 pour protéger et maintenir l'indépendance des membres des deux branches de cette léSislature et que toute violation de cette loi est une menace et un danger pour nos institutions parlementaires ;

Que, malgré cette loi, des sommes A pour un montant considérable, ont été payées À la société Lacoste, Glohens y et Bisaillon, avocats, de Montréal, dont l'honorable M. Lavoste, conseiller lé rislatif, fait partie, les ayant ainsi été payées durant l’année 1882, savoir :

sommes suivantes

22 Août.—Services pour droit de passage..,.,..,. sers. S 413 81 29 Sept. — our vente de chemin de fer...,.,....,. 8,000 00 29 Avril. ke Je, vs. Isabelle. ,.,.,... CRT 39 12. 30 Mai— « 4 AT NE e RDE 4... 1,000 00 ? Sept. —Pour reucontrer les dépenses dans les causes

contre corporations commerciales... .... +. 1,000 00

18 Sept. — FA “4 à 1,000 00 4 Déc. — F4 à ie 2,000 00 FO LEE 810,452 98

Que tout en étant prête à voter les subsides à Sa Majesté, ce grette que le gouvernement se soit rendu coupable d’ de l’indépendance du Parlement,

Quant aux $5,000 payées à M. Lacoste ‘ Pour services pour vente de chemin de fer,” c'était tout simplement un vol, car dans toute cette affaire de vente, M. Lacoste a agi comme avocat du syndicat et nullement comme avocat du gonvernement. (Ce fait est établi par l’hon. M. Flynn, qui était ministre, membre du gouvernement lors de la rente et qui, par conséquent, a eu connaissance personnelle de tout ce qui se rattache à cette vente. Voici les paroles mêmes prononcées par M. Flynn à l'assemblée législative et qui se trouvent à la page 1,158 des Débats de la Législature pour 1883 :

tte Chambre reune telle violation del’Acte

rien ssmevinenereanes =

one

& L'Honorable M. Flynn—-M. le président, je suis surpris de voir que l’on a payé 55,000 à M. Lacoste, pour services en rapport avec la vente du chemin de fer. J'étais sous l'impression qu'il agissait au nom du syndicat qui désirait acheter. J'AI RENCONTRÉ MOI-MÊME LES AVOCATS ET ILS AGISSAIENT AU NOM DU SYNDICAT.... J'avoue que je condamne cette dépense.”

Cette motion, du reste, affirmait un principe que tout souvernement honnête et soucieux des intérêts du pays se serait fait un devoir d'accepter ; or le gouvernement Mousseau la fit rejeter par sa majorité servile, comme l’atteste le vote, que voici :

Pour : MM. Beauchamp, Bernard, Bernatchez, Demers, Gagnon, Laberge, Marchand, McShane, Mercier, Rinfret, Stephens et Watts.—12.

Contre : MM. Archambeault, Asselin, Audet, Bergevin, Blanchet, Caron, Casavant, Desaulniers, Deschênes, Desjsrdins, Dorais, Duckett, Duhamel, Faucher de St-Maurice, Flynn, Frégeau, Garneaun, Gauthier, LeBlanc, Ledue, Marcotte, Martel, Martin, Mousseau, Nantel, Pâquet, Poulin, Richard, Sawyer, St-Häaire, Trudel et Würtele.—32. (Journal de l’Assemblée Législative, 1883, pages 2067-68.)

Quant à l'honnêteté du gouvernement Mousseau et au fait qu’il n’était que la doublure ou la continuation de l'administration Chapleau, on savait déjà à quoi s’en tenir ; mais où fut étonné, après les promesses d'économies faites dans le discours du trône, de voir le gouvernement se mettre en contradiction avec ces promesses et refusant de censurer le gaspillage des sommes énormes données à M. La coste pour entretenir son zèle et lui faire avaler toutes les turpitudes du régine Chapleau.

- Le lendemain, l’opposition fit donner un autre vote, faisant voir bien clairement que M. Mousseau n'était pas plus scrupuleux que son prédécesseur et qu’il ne reculait devant aucune saleté. M. Laberge, secondé par M. Rinfret, proposa :

Qu'en 13873 Z. A. Aobitaille, employé dans le département des terres de la Couronne depuis plusieurs années, résigna sa charge ;

Qu'’ii «ppert par le rapport des commissaire du service civil fait en 1867 {page 8 de ce rapport) que le dit Æobitaille était alors âgé de 85 ans : pag 6 TApport) que le d ! EL £ a

Que le dit Robitaille a laissé le service civil le 80 novembre 1873 en résignant sa charge et ayant été payé durant les six mois précédents sur le pied de $1,500 par année ; à

Qu'il Hppori par un ordre en conseil No, 240, en date du 15 juin 1881, que le dit Æobitaille a été, depuis sa susdite résignation jusqu'en 1880, au service de l'hon. 47. T. McGreemy, employé durant ce temps-là à construire la section est du chemin de fer Québec Montréal Ottawa et Oceidental ;

Que par cet ordre en conseil, le dit ÆRobitaille a été attaché au département des chemins de fer avec un salaire annuel de $2000, ce salaire devant courir du ler septembre 1880 ;

Que par un ordre en conseil No. 451, en date du 25 novembre 1882, le salaire du dit Robitaille fut fixé à $2.720 à courir du ler janvier 1880, et que le ou vers la même époque, le dit Æobitaille n'étant âgé que de 48 ans et n’étant ni infirme ni incapable, fut mis à la retraite avec une pension annuelle de $1,278.40 :

Que par la loi, il n’y a que les employés du service civil qui peuvent avoir le bénéfice du fonds de pension, et encore faut-il que l'employé ait servi au moins six ans, qu’il soit âgé de plus de soixante ans, ou infirme ou incapable :;

‘Que par la même loi, la pension accordée à l’employée est basée sur les salaires des trois années précédant immédiatement la mise à la retraite, l'employé

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recevant comme pension un cinquantième de son salaire pour chaque année de son service, n’excédant pas cinq années;

Que par la même loi, l'employé public qui résigne sa charge perd tous ses droits à une pension et ne peut faire compter ses années d'absence, pour les fins de Ja retraite, s’il reprend le service plus tard :

Que pour toutes ces raisons, le dit Æubitaille ne pouvait être mis à la retraite.

Que cette Chambre, tout en étant prête à voter les subsides à Sa Majesté, regrette cette étrange violation de la loi et l’injuste favoritisme qui a iuspiré le gouvernement dans cette circonstanre et l’a amené à imposer au pays, sans aucune justification, la charge onéreuse d’une pension anuelle de #1,278.40, la vie durant du dit Z. 4. Robitaille.

Cette pension accordée au frère du lieutenant-couverneur était une violation flagrante de la loi, un vol manifeste, qu'aucun honnête homme n'aurait voulu approuver dans les affaires de la vie privée : or le gouvernement Mousseau fit approuver tout cela par ses partisans en les faisant voter comm suit :

Pour : MM. Bernard, Bernatchez, Demers, Dorais, Gagnon, Laberge, Mar” chand, MeShane, Mercier, Rinfret, Stephens et Watts—12.

CoNTRE : MM. Archambault, Asselin, Audet, Beaubien, Beauchamp, Bergevin, Blanehet, Caron, Casavant, Desaulniers, Deschênes, Desjardins, Duckett, Duhamel, Flynn, Frégeau, Garneau, Gauthier, Leblanc, Leduc, Marcotte, Martel, Martin, Mousseau, Nantel, Poulin, Poupore, Richard, Sawyer, Saint-Hilaire, Trudel et Würtele—32. (Journal de l Assemblée Législative, 1883, pages 263-64.)

Pour des raisons mystérieuses dans le temps, mais faciles à comprendre aujourd’hui, depuis que tous les éripotages et la simonie du gouvernement Mousseau ont été mis au jour, le ministère soumit le 28 mars des résolutions concernant l’entretien des aliénés à l'asile de Beauport. Ces résolutions formaient la base du contrat qui devait être fait avec les proprittaires de l'asile. Comme il y avait déjà un contrat qui n’expirait que le ler mai suivant, en vertu duquel le gouvernement payait $143 et $132 par aliéné ; comme, d’un autre côté, les sœurs, propriétaires de l’asile de la Longue-Pointe, offraient de prendre tous les aliénés à $100 par tête, ce qui aurait fait une économie d’une trentaine de mille piastres par année, l’opposition demanda d'attendre pour renouveler le contrat, et l’hon. M. Joly, secondé par l’hon. M. Marchand, proposa la motion suivante :

Que cette Chambre sera nrête, dès le commencement de la prochaine session à donner à la question toute l'attention qu’elle mérite et que, comme le présent contrat avec les propriétaires de l'asile de Boauport expire dans le mois de mai prochain, cette Chambre autorise je gouvernement à faire des arrangements cs EE aussi avantageux que possible, pour l’année prochaine, de mai 1883 à mai 1884.

Le vote suivant écarta cette sage proposition :

Pour : MM. Bernard, Bernatchez, Demers, Gagnon, Joly, Laberge, Marchand, McShane, Mercier et Watts—10,

ConTRE : M. Archambault, Asselin, Audet, Beaubien, Beauchamp, Bergevin, Blanchet, Brousseau, Carbray, Caron, Casavant, Charlebois, Desaulniers, Deschênes, Desjardins, Dorais, Duckett, Duhamel, Dumoulin, Faucher de St- Maurice, Flynn, Frégaau, Garneau, Lavallée, Leblanc, Lynch, Marcotte, Marion, Martel, Martin, Mousseau, Nantel, Paquet, Paradis, Picard, Poulin, Poupore, Richard, Robillard, Sawyer, Spencer, Seint-Hilaire, Trudel et Würtele.--44, (Journal de l Assembiée Législative, 1883, pages 818.14).

Le Ou

Grâce à ce malheureux vote, M. Mousseau a pu conclure pour dix ans, le 16 avril 1883. (Voir‘document No. 40 de la session de 1884) un contrat qui lui a tout probablement procuré des avantages personnels considérables, mais qui fuit perdre à la province des sommes énormes. D’après ce contrat, le gouvernement paie aux propriétaires de l'asile de Beauport $132 par année pour chaque aliéné et le nombre des aliénés ne doit pas être moindre de 850 ni excéder 1,200. Comme il a été dit plus haut, les sœurs de la Longue- Pointe offraient de prendre le nrême contrat à $100 par aliéné, ce qui faisait une différence de #$27,200 pour le nombre minimum de 850 aliénés et de $38,400 ponr le nombre maximum. En prenant la moyenne entre ces deux chiffres, on trouve une différence de $32,800 par année : comme le contrat est pour dix ans, cette malheureuse transaction fait perdre à la province au moins $328,000 !

Voilà ce que l'opposition voulait épargner, mais qu’elle a été empêchée d’épargner par la servilité et le fanatisme des députés ministériels, qui ont tous voté contre la proposition de l’hon. M. Joly !

M. Gagnon propose secondé par l’Hon. M. Mercier : mais cette chambre ne veut pas que la pension de L A. Robitaille soit payée, vu qu’elle a été accordée d’une manière illégale.

Pour : MM. Bernard, Bernatchez, Demers, Dorais, Gagnon, Marchand, McShane, Mercier et Watts.—9,

CONTRE : MM. Archambault, Asselin, Audet, Blanchet, Brousseau, Caron, Casavant, Charleboïis, Desaulniers, Desjardins, Duckett, Duhamel, Dumoulin, Frégeau, Leblanc, Lynch, Marrotte, Marion, Martel, Martin, Mouss zau, Nantel, Paquet, Paradis, Poulin, Poupore, Richard, Robillard, St-Hilaire et Würtele.-81. (Journal de l'Assemblée Législative. 1888, page 337.)

Cette motion de M. Gagnon peut sembler un peu sévère à ceux qui ne connaissent pas les détails intimes du cas auquel elle

s'applique, mais se comprend facilement quand on connaît ces détails

Le Robitaille en question, qui est frère de l’ex-lieutenant-gouverneur du même nom—est un vieux garçon et, par conséquent, n’a ‘pas à pouvoir aux besoins d’une famille. C’est de plus, un homme très riche, qui a des sommes considérables en argent, en actions de banques, etc., et qui possède en sus les plus belles limites à bois qu’il y ait dans le territoire de la Gaspésie. Le droit qu’il a à ces limites, qu'il n’exploite pas, se vendrait au moins $50,000. Enfin, c’est un homme même très riche, qui vit somptueusement dans une des plus belles résidences de Québec, qui n’a pas de famille et qui n’a pas le moindre besoin de cette honteuse pension. Si on ajoute à ces considérations le fait que cette pension lui a été accordée en violation flagrante de la loi, on admettra que l’opposition a eu mille fois raison de s'opposer au paiement de cette pension, qui n’est qu'un gaspillage éhonté.

— 89 Ps

Voyant que le gouvernement était bien déterminé à gaspiller sans prendre aucun moyen de rétablir l'équilibre dans les finances, l'opposition crut de son devoir de mettre le pays en garde et pour cette raison M. Bernatchez, secondé par M. Gagnon, proposa la résolution suivante :

Cette Chambre est prête à voter les subsides à Sa Majesté, mais regrette que le gouvernement ne lui ait soumis jusqu’à ce jour aucune mesure pratique tendant à lui fournir les voies et moyens nécessaires pour rencontrer les dépenses ordinaires et extraordinaires qu’il se propose de faire durant l’année fiscale 1883-1884, et qui soit de nature à faire cesser de suite les déficits qui s’accumulent depuis 1875 et jettent tant d’alarmes parmi les hommes d’affaires et les véritables amis du pays. Ê

Cette proposition était trop raisonnable pour trouver grâce au: près des serviles partisans du ministère, qui la repoussèrent par le vote suivant :

Pour : MM. Bernard, Bernatchez, Demers, Gagnon, Irvine, Joly, Marchand, Mercier et Watts. —9.

ConTRE : MM. Archambault, Asselin, Audet, Beaubien, Beauchamp, Blanchet, Carbray, Casavant, Desaulniers, Desjardins, Dorais, Duckett, Duhamel, Dumoulin, Faucher de St-Maurice, Flynn, Frégeau, wauthier, Lavallée, Leblanc, Lynch, Marcotte, Marion, Martel, Martin, Mousseau, Nantel, Paradis, Picard, Poulin, Richard, Sawyer, Spencer, St-Hilaire, Trudel et Würtele.—36.

Régime Ross (Session de 188.)

Comme M. Chapleau et M, Mousseau, le Dr Ross escamota le pouvoir sous prétexte de rétablir léquilibre dans les finances de la province en pratiquant la plus stricte économie. C’est pourquoi il introduisit dans le discours du trône, qui fut lu à l'ouverture de la session, la déclaration suivante : |

Les comptes publics pour la dernière année fiscale vous seront soumis, ainsi que les estimés pour l’année prochaine. En vous occupant de cette importante question des finances de la province, j'espère que vous n’oublierez pas que, pour. rétablir l'équilibre entre nos recettes et nos dépenses, il faut adopter un vigou-” reux système d'économie et de retranchement dans toutes les branches du service public, et je suis convaincu que votre patriotisme vous engagera à sec” ‘ler les efforts de mon gouvernement pour atteindre ce but.

L'opposition savait trop bien par expérience ce que les conservateurs sont capables de faire en matière d'économie pour ajouter la moindre foi à cette déclaration ; mais elle résolut de faire tout en son pouvoir pour forcer le gouvernement à tenir ces belles promesses. Le 9 avril M. Gagnon posa au ministère une question qui montra de suite ce qu’il fallait penser de ces promesses d'économie. Voici cette question et la réponse qui fut donnée par le ministère :

Par M. Gagnon.—Est-ce l'intention du gouvernement de réduire, pendant la pr‘sente session, le traitement des ministres au montant fixé par le gouvernement Joly, savoir $8,000 par an ?

Réponse par l'honorable M. Tailon : Non.

(Journal de V Assemblée Législative, 1884, page 66.)

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