P. E. LEBLANC
8109.07 r 18, je produis devant le comité un télégramme adressé à M. J. r. Wheln. Le voici :
To J. ,'. WHEFAN, St. Louis Hotel, Quebec.
No. 8. From Montreal, 31st July, 31st 1886.
Please do worth double now.
LeBLANC.'
Le témoin : Maintenant voici aussi un état des argents qui auraient été payés par M. Whelan sur le billet de 850,000 dont il est question :
Elisée Beaudet, $3,000, 2 chèques de $1,500 sur B. N. A.
McConville et son associé Renaud, $1,100 par lettre et par traite de Renaud.
No 9. W. W. Lynch, $1,500 par chèque à l’ordre de Poupore sur B. N. A.
Jean Blanchet, 8500 sur traite. j
Sir A. P. Caron, pour l'élection de Casgrain, 8500 sur lettre de son secrétaire, aussi $200 à A. Benoit pour Chalifoux, 12.octobre 1886.
P. LeBlanc, 8500, traite, 8100 billet. :
Taillon pour Montcalm, $500. Pas de billet ni de lettre, mais données en argent à O’Mara, à Edmond St-Louis et J. M. Dufresne. Le billet de Leblane it une partie. Doherty, 500, billet donné à P. escompté pour et payé. par W.
P. G. Huot, 8350, billet.
Théo. Hamel, 81,000, chèque sur B. N. A.
Boodlage sous le régime Mousseau
En 1882, des soumissions furent demandées par le gouvernement pour la construction du palais législatif. Conformément 4 cette demande, les soumissions suivantes furent envoyées :
1. Jos. Thos. . Lavallée . $143,196.00 2. P. G. Huot et Chs. Jobin. 158,189.00 3. Alexander McMillan 185,160.64
Tous les soumissionnaires fournirent des cuations solvables et la soumission la plus basse aurait dû être acceptée. Au lieu de cela,
ce fut McMillan qui eut le contrat et le tsansporta à A. Charlebois
& Cie. Pour opérer cette manœuvre, il fut passé entre Gharlebois & Cie et Jean De Bénaufort, parent et ami intime du premier ministre Mousgcau, un contrat par lequel Gharlebois & Cie s'engagenient à payer De Beaufort $#10,000, si ce dernier réussissait à obtenir le contrat pour McMillan et à faire accepter le transport de ce contrat à Char lebois & Cie.
Pour circonvenir le gouvernement marché véreux, qui faisait perdre $41,964.64 à la prov rt a payé plugieurs sommes au premier ministre comme entremetteur J G. H. Bergeron, alors comm Beauharnois, auquel il, Beaufort, à payé plusieurs sOmm Voici ce que De Beaufort à juré dans son témoignage :
LL Question—Voulez-VOUR dire quel est le chiffre d'argent que vous avez payé
à M. Bergeron Ÿ S Réponse--Huit cents piastres ($800.00). :
4 Questior -Donnez donc les détails autant que possible. Voici cent piastres
que vous avez donnécs ?
: éponse—J'ai donné 8200,00 quand il est parti ; j'ai payé quelque chose et jui, 8200 ; je jui ai donné #100 ; jeluia donné g50 ; encore quan il a été à gauharnois, une autre fois, #50 ; quand il a été à Ottawa, une autre fois, 830.” (Commission sur l'octroi du contrat du Palais Législatif, D: 44.
La lette suivante peut donner une idée des services que rendait
Bergeron pour cet argent :
& Montréal, 29 décembre 1882.
“ Mon cher Jean,—Je viens de voir M. Mousseau, tout va s'arranger tel que déstre Charlebois. {1 me demande, par rapport à ses associés, d'attendre à a semaine prochaine pour notre affaire. Je le comprends, c'est mieux. Comme c'est une affuire sûre, si VOUS voulez nv'envoyer encore cent piastres par le porteur, je vous remettrai le tout samedi prochain.
4 Tout à VOUS; «y, G. T1. BERGERON.”
Quant au premier ministre Mousseau, voici ce que DeBeaufort a juré :
«+ Questi avez envoyé les billets et Îles
<omptes pay « Réponse.
te Question.
se Réponse.—Environ $1,000.
(uestion.-—En différentes fois ?
« Réponse En differentes fois : la première fois, $250 ;: après cela, $100 ;
ensuite, 850 * ensuite, 850. Aussitôt que javais de Dargent, je lui donnais.” (Idem, pages 28 et 29.)
Done, sous le régime bleu la simonie, la concussion, la vente des contrats puhlics étaient érigés en système, pratiqués sur, une grande échelle et régulièrement: Et ce sont ces mêmes bleus qui, dans leurs journaux et sur les hustings, affectent de se donner comme les chainpions de la moralité publique.
Non contents de vendre les contrats $#10,000, de vendre les réclamations $g100,000, ces misérables vendaient aussi les subsides
aux compagnies de chemins de fer. En voici un exemple :
POUQUOI M. ANGERS N’A PAS PERMIS DE FAIRE ENQUÊTE SUR LES SUBSIDES PAYÉS À LA COMPAGNIE DU LAC SAINT-JEAN
me
$100,000.00 payées à Sir À. P. Caron.par ce chemin de fer pour des fins d'élection !!1
Daus ‘ l'indictment ” préparé par M. Angers contre ses anciens ministres, on a dû remarquer qu’il mentionnait toutes les compagnies de chemius de fer qui avaient touché des subsides du gouvernement, afin de savoir si aucune de celles-ci avait souscrit au fonds électoral de notre parti,
Il est cependant une Compagnie qui a été omise : c’est Is compagnie du chemin de fer du Lac Saint-Jean.
Nous en avons découvert hier 1a raison.
Nous sommes en position d'affirmer de la manière la plus positive que si M. Angers a ainsi écarté de « l'indictment” la compagnie du chemin de fer du Lac St-Jean, c’est qu’il savait que celle-ci avait payé à Sir A. P. Caron, ministre fédé. ral, différentes sommes s'élevant aujourd’hui à #100,000.00 ! ! !
Ces différents montants ont été ayés À même les subsides votés par les gou- Yérnements à la compagnie du Lac KT ean.
L'accusation est ormelle, explicite.
Nous invitons M. Angers à donner des instructions à son tribunal d’inquisi. tion de façon à nous permettre d’en faire la preuve,
Si M. Angers daigne y consentir, qu’il donne en même temps à son pro- Cureur général, M. T! C. Casgrain, instruction d’assigner devant la commission Mathieu & Cie. pour jeudi matin à Montréal, Sir A. P. Caron, MM Elisée Beaudet, d. G. Scott et H. J, Beermner, avec tous les livres de la compagnie,
Si L’Ælecteur ne fait Pas sa preuve, il devra passer aux yeux du public comme Un Calomniateur. (L' Ælecteur du 23 janvier courant.)
Ce défi n’a pas été accepté, bien que les témoins fussent indiqués nominativement,
Ces bons bleus, qui ont aingi escamoté $100,000 à une seule Compagnie, de quel droit viennent-ils parler de boodlage et de voleurs ?
Non contents de rançonner les entrepreneurs publics et les compagnies de chemins de fer, ils ont poussé le brigandage jusqu'au point de voler les veuves et les orphelins. ÆEn voici ün exemple et une preuve,
Spéculation sur les mânes d'un ami—Exploitation d'une veuve chargée de famille, par L. P. Pelletier
Feu l'honerable Ls. Napoléon Larochelle avait introduit Ls. P. Pelletier dans
le comté de Dorchester et l'avait fait accepter par ses amis. Une étroite aruitié s'était formée entr'eux deux. M. Pelletier était devenu l’homme de confiance du regretté défunt
Sur son lit de mort, M. Larochelle dicta la lettre suivante :
‘“ St-Ansélmé.
‘ L'honorable H. MERCIER, ‘Mon cher ami,
‘* J’espérais pouvoir me rendre à mes devois législatifs cette année comme d'habitude, mais la divine Providence en ordonne autrement et il me faut dire
pis sh RES
adieu à tous ceux que j'aime. Je laisse ma pauvre famille dans uné gêne relative ‘et en dictant ces lignes, qui seront pour vous un dernier adieu, je vous prie, #8 vous le pouvez commodément, en souvenir de notre amitié, de wire payer à ma femme, l'indentmité sessionnelle pour la session qui va s'ouvrir.
J'apporte en mourant l'espérance que vous ferez cette faveur suprême pour ma pauvre famille et mes potits entente. Je vous serre la main bien €Cordialement et je vous souhaite toute prospérité que vous méritez.
COPA lettre à ma femme qui vous la fera parvenir quand Dieu ü ü A1) 004 ui, Votre bien dévoué, & L, NAPOLÉON LAROOHELLE.”
M. Larochelle est décédé le 27 octobre 1890, laissant une veuve et 5 enfants dont l’ainé à 12 ans et le, cadet 5 ans.
Après le décès de M. Larochelle, cette lettre fut transmise à l'hon. M. Mercier par l'entremise de M. Pelletier. Le lieutenant-gouverneur en conseil, suivant des précédents analogues, acconta l'indemnité de 8800.00 pour Dame veuve L. N. Lurochelle, née Georgiana Plante.
Nous luiscons à Madurae Laroehelle le récit. de ce qui s’est suivi.
Vers le 24 décembre-1890, je reçus de M. Pelletier un doeument éerit de sa main, et qu m'avait envoyé par mon beau-frère M. Siméon Lurochelle d’inverness. C'était la proeuration suivante :
Québec, 24 décembre 1890.
J'autorise l'hon. L. P. Pelletier à retirer pour moi l'indemnité sessionnelle allouée à feu L. N. Larochelle, mon mari, pour la session actuelle.
(Signé) Mde G. P. LARONHBLLR.
Ju la signai et la retournai à M. Pelletier par la poste. Je n’entendis plus parler de l'affaire pour un certain sr J'avais occasion de voir M. Pelletier assez souvent, car il était l'avocat de la succession de mon mari. À chaque fois je lui:en parlais et lui demandais s’il avait des nouvelles de la requête de mon mari, il me répondait toujours : ‘* Ne vous occupez de rien du tout, j'ai soin de vous ; ne ditesrien ; cet argent doit appartenir aux créanciers; je ne dis pas qu’il n’apas été donné, mais il n'est pas censé donné pour vous. Gi Dans le mois de mars dernier, me trouvant dans un pressant besoin d'argent, ‘je me rendis: à Québec et allai voir M: Pelletiur à son bureau. Je lui exposai que j'étais dans la gêne et qu’il me fallait absolument de l’argent, ‘Il me demanda jait. . Je lui dis ; il me faut au moins $50. J1 me demanda Je lui dis que j'avais des dettes à ‘1 fallait me le procurer absolument. Sur cette somme je lui remis 810 pour payer un c q hotographe réclamait de moi,-avec menacés ‘de pour ; e faire son possible pour -acquitter. cette dette: avec ces qui ne m'a pas été demandée depuis, mais je # Le reçu. qu’il écrivit cette fois mécontent ve d’autres fois :
En me donnant ces 850, il me dit qu’il n'auait rien reçu pour moi, que c'était de
l'argent qu’il me prétait. Les propres mots dont il s’est servi sont les suivants :
“ Je n'en ai pas d'argent pour vous, je vais vous prêter 850.00. Cette fois-là encore; il m'a répété de ne rien dire et dé ne rien signer ; il me disait qu’il me protégeait et de laisser faire.
, Parmi les biens composant la succession de mon mari, il y avait une maison que nous. habitions, construite par nous-mêmes sur un je emplacement, à laquelle je tenais beaucoup. Bien des fois je lui ai exprimé mon graud désir de continuer à vivre avec mes cinq enfants en bas âge dans cette maison qui m'était chère. Je lui disais combien jy tenais, que je préférais ne MmAREeT qu'un repas par jour dans cette maison que trois repas ailleurs, T1 me répondait : ‘‘ Allezvous-en à Ste-Anne Lapocatière, près du couvent, vou» vivrez comme une dame 1 Il me reprochait de faire du gentiment.
Les immeubles de mon mari furent annoncés en vente.
. Le 21 uvril, veille du jour fixé pour la vente, M. Pelletier vint à St-Anselme,
chez moi,.en qualité d'aviseur légal de la succession.
> tn de mnt. mit
Je réitérai mes répondit qu’il ne y
fut rache L qu'à chaque fois Je fut là aa
én Capital À m mari et en Le montant de ces Assurances était. de onze
28, M. leDr Vaillancourt et M. Charleg Aude désir de Conserver] . Cela étai Je lui dis alors : «M4, het: VOUS Savez
ison et je Yons dis de la rac ‘”" Je ne pou-
isait loujours Yait la racheter, cu l nie répondit ment, que ce n’étai famille,
uuai8 pas lui dire de /n racheter avec D indemnité, ‘e à ce sujet, i dit et répété qu'il pou-
que je lui demandais de la racheter.
€ par le passé, que c'était une Affaire de senti. 8 d'en aire, mais bien de voir à élever ma
Le lendewain, la maison fut mise à l'enchère par le shérif, d les enchères eurent âtteint 8500.00, la foute se mit à dire : & Est-ce me Larochelle 9
Ï c’est n’y met »lus.’
” Là dessus
chelle n Les enchères montèré
coûté bi à de $4, 00 de
ous m r les créanciers, mais vous €n avoir un et m’ demnité n'est pa prétendit reste 5206.00 à Î se dit prêt À avoir plus, j'ai l prépara alors un reçu ra gent de $ pressé, j our.’ : Î : il n’y t remarquer qu'il m 00. Ti ‘
otre rec : * Vous avez P allai,
lle fut adj \ Ce
peu près Je de.
ais prête À faire Uu montant de t donné les premiers On mari me disait ui répondais : « dit alors une fois :
St. Charles je t’en donne toujours € voulais
ET L'in.
Peuvent la réclamer,”
même l'indemnité ‘« I1 me
fois qu'il m'adicttait ayoir
ce Montant. Je lui dis : ‘« Puisqu’il
prendre 8206.00 Que de nerien avoir.”
une écriture Presqu'illisible, mit de
: “ Signez, dépêchez-vous, je suis ent.
pressé,’ Yant que c'était nn reçu Li 00.
écrit que je ne Puis pas le lire” T] me réponude de savoir lire.» Je pris l'argent et m'en
; Le lendemain un ami de Québec m'écrivit et m'imforma que ce que j'avais Signé était un reçu pour le montant de $8%00,00 et que M. Pelletier l'avait montré
à l'honorable M. Duhamel en lui disant : #t Tiens, je l'ai le reçu de Madame Larochelle
Je retournal à Quédec et demandai à M. Pelletier de vouloir bien me montrer le reçu qu’il m'avait faitsigner Il me répondit : ‘‘ C'est comme de coutime : vous avez des amis qui vous conseillent et qne vous écoutez : vous vous flez eux autres, arrangez vous avec eux autres ; vous n'aurez plis rien de moi,” Il réfusa de me montrer le reçu. Je lui dis alors : ‘ Donnez-mol au moins un état de comptes, Il me répéta : “ Vous n'aurez plus rien de moi.” i
Plus tard, lé 18 novembre 1891, je lui ai écrit lui demandant encore un état de comptes. Il n’a pas répondu à ma lettre. À
La dernière fois que j'ai vu M. Pelletier, il me répondit «voir payé 800.00 pour le service funèbre de mon mart, J'ai découvert depuis que tel n’est pas le cas, Un débiteur de la succession de mon mari avait déposé 8127.00 entre les mains du Rév. M. Morrisset, curé de St-Anseline. Ce dernier demanda à M. Pelletier, l'autorisation de payer à la fabrique les 890.00 dues pour ce service, M. Pelletier y consentit et M. le curé paya le service et remit la balance des 8127.00 à M. Pelletier,
Avant le jour où M. Pelletier me donna les #206.00, une des fois que je le vis, je lui dis qu’on parlait de lui au sujet de sa belle.-sœur Madume Baillargeon, qu'il était accusé d’avoir été injuste envers elle. T1 sourit et me montra une lettre de cette dernière par laquelle elle se déclarait satisfaite de lui, et il m'en fit signer une dans le même sens me disant que c'était ses ennemis politiques qui le persé. cutalent et qu'il voulait se protéger. Cette lettre, ilne me la laissa pas lire, mais il me l’a lue lui-même, me disant : ‘‘ Si vous Îe la signez pas, og ca rer la succession ; arrangez-vous si vous ne la signez pas,’ 11 me dit : * Soyez sans inquiétude ; vous voyez cette lettre que j'ai eue de ma belle-sœur ; vous ne l'avez jamais vue dans les journaux ; ce seru de même VAE la vôtre ; c’ect seulement pour me protéger contre ceux qui me font des misères politiquement.”
Je lui ai souvent fait dus reproches pour la manière dont il me traitait.
Je lui disais qu’il n’était pas loyal, qu'il aurait dû me donner cet argent dès
w’il l'avait reçu, qu’il savait que j'étais dans la gêne. T1 me répondait toujours e ne 1ien dire, qu’il me protégeait.
Quand il me paya les 8206.00, je lui fs remarquer que cet argent avait dû profiter. qu’il l'avait déjà depuis cinq mois entre les mains, J'avais alors a >pris ue M. Pelletier avait tonché cet argent le 31 décembre 1890, 11 me répondit làessus : ‘ Je l'ai mis à la banque sans qu'elle porte intérêt.” Je puis vous communiquer les termes du reçu qu’il a donné au gouvernement, On m'en a envoyé uné cupie dernièrement.
J'ai souvent reproché à M. Pelletier d'être aussi dur pour la veuve de celui qui s'était fait mourir à travailler pour lui. Je lui disais : ‘‘ Je vous trouve bien ingrat ; mon mari ne vous à pas connu avaut de partir ; traiter ainsi une pauvre veuve d'un ami dévoué ! C’est un cas pire que n'importe quel autre cas.” Il me répondait : ‘‘ Vous êtes une ingrate ; vous me payez avec des ingratitudes.” Je lui dis : ‘‘ Soyez juste, il me semble que je suis bien facile à contenter.”
M. Pelletier avait dit à mon mari sur son lit de mort : ‘‘ Sois sans inquiétude, il LE a pas de choses que je ne ferai pas pour toi.”
1 protestait auprès de moi de son dévonement profond plusieurs semaines après le décès de mon mari.”
Tout le monde sait que l'argent qui provient de la Couronne n’est pas saisissable. En outre, dans le cas de madame Larochelle, l'argent était donné spécialement pour elle et n'appartient à nulle autre personne.
Nous nous dispenserons de commentaires pour le présent.
T1 nous est pénible d’avoir à rendre ces faits publics. Mais il importe que le public sache exactement à qui il a affaire avant de choisir ses mandataires.
Du reste, vendre un député, vendre un journal, spéculer sur une pauvre veuve chargée de famille, sur un ami dans le malheur, vendre son influence politique, tout cela dérive du même principe. Ce principe
est qu'une seule chose importante en ce monde—faire de l'argent, Celui qui veut en faire à tout prix peut trahir les choses les plus sacrées, accepter un portefeuille dans un cabinet composé d'homines qu'il a flétris des années d' int, Pour un caractère de cette trempe le mépris des ngagements les plus solennels envers le Pays et envers un parti n’est qu'un jeu.
Non content de vendre son influence comme député et de spéculer sur les mânes d'un ami, L, P. Pelletier s'est vendu et a voulu vendre un député national, En voici la preuve :
M.L, P. Pelletier, le collègue favori de M. De Bouchrville, dénoncé par un vieux conservateur Pour s'être vendu et avoir voulu vendre le Dr Vaillan-
Court à sir Hector et sir Adolphe
District de Québec,
Je Soussigné, Jean-Baptiste Morin, bourgeois de Ste-Hénédine, comté de
orchester, déclare solennellement :
J’ai été prié Par Un grand nombre d’électeurs du comté de Dorchester de me Présenter comme candidat conservateur aux élections fédérales de mil huit cent Quatre-vingt-onze. -
Je ne tenais oint a ln position, ni à l'honneur, mais J'avais déclaré que si le comté avait best de moi, je me Mettais À sa disposition.
Quelque temps avant la nomination, je fus invité À venir rencontrer à Québec, sir Adolphe Caron, ministre de lf milice, et Sir Hector Langevin, ministre des travaux Publics, ce que je fis,
ls me prièrent de me porter candidat et je leur at dit ce que j'avais dit aux
autres, c’est.à.dire que je ne tenais point à la place, mais que si le comté avait besoin de moi, j'étais à en disposition, mais ge je ne voulais point de blague,
que ce qui était dit maintenant devait rester It jusqu'à la fin,
’eus deux Où trois entrevues AVEC ces mess eurs, D à Québec, excepté une avec sir Adolphe Caron, à Lévis, pendant quelques instants seulement, au MOoment/où il partait pour Kimouski.
Après avoir été accepté comme candidat, ces Messieurs me dirent, en subs. tance, que M Pelletier avait cu élu par une si forté mujorité, qu'il était bien dificile de faire la lutte, et que s’il était possible d'arriver à un arrangement, ce serait bien mieux.
ue si je voulais me retirer aré, qui serait signé Par M, Louis Phiïippe Pelleti aillancourt scraît élu Somme le candidat conserv le gouvernement de sir John et que, alors, M. de nouveau au parti Conservateur,
Je répondis : « Qu'il y ait un écrit de fait ou de signé, ça ne me regarde « point : l'on m’n demandé, je n’ai point recherché la Candidature, mais on me “l'aofferte, Je m'en retourne et Arraugez vos affaires comme vous voudrez ; “je n'ai plus rien à y voir, ?’
Quelques jours avant la nomination, je reçus une lettre de sir Adolphe Caron, que jai Conservée, dans laquelle il me remerciait de mon dévouement et disait qu’il com tait sur moi Pour une occasion ultérieure,
e résumé des entrevues que j'ai eues avec sir Hector Langevin et sir Adolphe Caron, était que ouis-Philippe Pelletier av avec le docteur Vaillancourt e: sir Hector n, vertu duquel le Dr Vaillancour uUvernement de sir John et l'honorable Louis.P retourner au parti Conservateur.
1 y a environ quinze jours, étant à Québec, je fus invité de me rendre au bureau ofliciel de l'honorable Louis-Philippe elletier, au parlement, et après M’avoir posé quelques questions Pour savoir qu’elles étaient ges chances de
succès dans la présente élection, M. Zelletier me demanda mon opinion sur l& résente élection, st je lui dis que c'était divisé et mal divisé ; que si un fort ibéral se présentait, ce sérait sérieux pour lui.
Il fut alors question de ma candidature dans la présente lutte et il me demanda si j'allais me présénter.
Je lui répondis : ‘‘ Plusieurs personnes m'ont demandé, dans le comté et & dans Québec ; mais après avoir été blagré comme je l'ai été aux élections ‘ fédérales de mil huit cent quatre-vingt-onze, je n’ai pas l'intention de lêtre & de nouveau. Vous savez, M. Pelletier, ce qui s'est passé. J'avais été accepté “ comme candidat par les chefs du parti et j'étais invité par un grand nombre ; & mais sir Hector Langevin et sir Adolphe Caron, après m'avoir accepté, m'ont “ déclaré qu'il y avaitun arrangement par écrit, per lequel le Dr Vaullancourt “ s’engagenit à supporter le gouvernement de sir John, et que vous, M. Pe'te- “tier, vous reveniez au parti conservateur, que vous aviez fait un écrit à cet “ effet-là, qui n’était point encore signé, mais qui devait l’être. Je n'ai plus “alors voulu entendre parler de rien, et suis retourné chez moi. Depuis ce ‘ temps-là, j'ai décidé de ne plus me laisser hlaguer. Et toutes ces négociations & ont eu lieu dans la maison de sir Hector Langevin, à Québoe, en présence de M. ‘“ Nicodème Audet, rentier de St-Anselme. ??
L'honorable Louis Philippe Pelletier ne dit pas alors un seul mot pour contred! ‘e cette déclaration que je lui faisais et d’ailleurs, c'est un fait bien connu, arce que je l’ai dit souvent depuis, et entre autres, en laissant Québec, à la fin es négociations, je l'ai dit à M: Mercier, du Quotidien, de Lévis, age que sir Adolphe Caron m’ait prié de ne rien dire de cette négociation qu'après les élections, ce à quoi j'ai positivement refusé de consentir. J'ai dit à sir Adolphe Caron : ‘ Comment voulez-vous que je me t'ise ? Enarrivant chez moi, l'on ‘ ya me questionner, et si je dis : “Je ne parie pas ” ; que l’on ajoute : ‘‘ Mais «qu'est-ce qui s’est donc passé ” ? et que je réponde encore : * Je ne parle
ft pas *” 4 je vais passer pour un vendu.
Alors sir Adolphe Caron me dit : ‘ Arrêtez, ne dites rien ; après les élec- & tions je ferai publier dans les journaux ce qui s’est passé, pour vas exonérer & de tout blâmc et de tout soupçon.” Je refnsai d'accepter cette proposition J'ai bien compris et je comprends encore que sir Hector Langevin et sir Adolphe Caron me demandaient lé service de me retirer, après m'avoir accepté, arce que l’honotable Louis Philippe Pelletier s’engageait par écrit à ce que le r Vaillancourt supporterait le gouvernement de sir John, et que lui, M. Pelletier, revenait au parti conservateur. Et c’ést bien !à ce que ces honorables méssieurs m'ont dit.
Et je fais la présente déclaration solennelle, la croyant conscieusement vraie et en vertu de l'acte pour la suppression des serments volontaires et extra.judiciaires.
Et j'ai signé, J. B. MoRIx.
Prise et reeonnue devant moi, à tjuébeec, ce vingt-sixième jour de janvier mil huit cent quatre-vingt douze. ( P. MALoUINx, Commissaire de la Cour Supérieure District de Quéhec.
M. Mercier avait raison de dire dans son discours à Ste-Claire, après avoir prouvé toutes ces abominations contre le secrétaire provincial :
& Si M. De Boucherville est sincère quand il déclare vouloir venger la moralité publique, il doit chasser M. Pelletier de son ministère sans retard. S'il le garde un seul instant après avoir pris connaissance des pièces écrasantes que je viens de soumettre, i! devient son complice et méritela même condamnation de la part du pays que celle quisera portée par vous contre son collègue, M. Pelletier.”
En nenananranerer genre a lan rm Tue ms " ## gran range eat
TT es
Svureuse,
ragés et dont Ja
e rapport au gouver-
ver contre les ministres, particulis.
Mercier, Voici leur lettre au lieute.
GERS, ouvérneur de la province de Québec, etc., etc., etc.
Nous, les commissaires Soussignés, ayons l'honneur de Yous faire rapport :
‘La maladie grave du président de la Commission rendant absolument impossible, pour un temps indéfini, son concours dans Ja rédaction du rapport définitif, nous sommes forcés de suspendre ce travail, : :
Cependant, nous comprenons que Votre Honneur doit être informé, au plus tôt, aans l’intérèt de la chose publique, du résultat de nos délibérations.
M. le juge Jetté a intimé à Votre Honneur que s0n état de santé le mettait dans l'impossibilité de participer à aucun apport, quant à présent.
Conscients de la grande responsabilité que nous &aVONS H8SUMÉE en acceptant J “serge si difficile que nous avons acceptée, nous croyons qu’il est de strict Un. Pour nous, dans la circonstance, de vous transmettre sans plus de retard le résumé des Conclusions auxquelles nous nous sommes arrêtés, sans commentaires toutefois, réservant ceux-ci pour le rapport définitif.
‘# Durant les négociations J, J. MacDonald et puis célles de À, M. Thom avec quiC. N. Armstrong s'était lié, Pacaud servait d’'intermédiaire entre les ir téressés et Certains membres du #ouyernement local, *
! L'un ct l’autre, MacDonald ét Armstrong, étaient Persuadés que lingérance de Pacaud était nécessaire pour faire réussir, Î
"Le marché fait entre Armstrong et Pacaud, le ou vers le 19 mars 1591, par
Quella somme de cent mille piastres a été promise et puis payée à Pacaud
ait frauduleux, Contrairé à l’ordre publie e ieus itation du or provincial, et il a été effectué sous un prétexte ay hors de la usibitité, :
list Le Souvernement, lorsque l’ordre en conseil No. 287 a été Passé, 21 et 23
1 1891, et les lettres de crédit émises, 28 ayrii, n'avait rien Par devers lui pour
stater que les personnes avec lesquelles il était supposé transiser se trouvaient
falement liées et obligées à Paccomplissement des conditions de l'acte 54 Vic-
à, Chapitre 88.
ordre en conseil en question est basé sur la réorganisation de la Compa-
“de la Baie des Chaleurs, et, tépendant, telle réorganisation n'avait Pas encore
eu lorsque les lettres de crédit ont &.é irrégulièrement émises, À l'insu de
tre Honneur,
# Daus cet arrêté du conseil, jes termes « dettes riviléviées qui se trou-
bdans la Sous-section ÿ de la svetion 1, de la 54 Victoria, chapitre 88, sont
placées par les mots “ dette: actuelles,’ Changement d’une grande gravité es nous,
La réclamation d'Armstrong, telle que constatée par la pièce 3 du dossier,
0h, SÉleyait à la somme ue #298,498.62 ; elle n’était point dûe, et, Conséquemment, 1e non éxivible ; de plus, elle n’était pas priviléviée, jar
EL apparition soudaine et inattendue ae cette réclamation après la Passation
na di ie . : 1 A + de l'ordre en conseil, soldée par des avances faites > même le trésor public, parait Voir causé beaucoup d'embarras, d'eñnuis et d'a5 iété À l'honorable M. Gar.
ae et sans elle, évidemment, 1es lettres de crédi: an quéstion n'auraient pas ot émises.
“ Nous sommies d'avis que M. Garnean, au cours de toute la transaction Thom, a subi une pression considérable de la part de plusieurs de ses collègues eta fait preuve d’incurie ; mais qu’il était de bonne foi et n’a bénéficié en rien de cette affaire.
# Le fait, par l'honorable M. Robidoux, procureur général, d’avoir en sa possession le billet de Pacand pour vingt mille piastres, endossé par P. Vallière où auquel était attuché l’un des chèques de vin É imille piastres signé par Jean Chrysostôme Laugelier, commissaire dans l affaire de la Baie des Chaleurs, et la lettre du ceissier Wenb au caissier Bousquet promettant de rencontrer ce chèque, de Pacaud, lorsque la lettrede crédit de cent mille piastres serait payée par le ER AG ét la tentative faite par M. Robidoux de faire esconspter ce billet
e Pacaud constituent des actes fort compromettants pour ce monsicur.
Il n’est pas en preuve néanmoins que M. Robidoux aitreçu aucune partie des cent mille piastres, ainsi qu’il l’a déclaré devant nous.
‘ À même cette somme de cent mille piastres, Pacaud, dn différents temps, a pere à l'honorable Charles Langelier, secrétaire provincial, diverses sommes
‘argent, s’élevant à $9,291.93, sur quoi on a semblé prétendre que celle de $2,- 872.76 devait être déduite.
M. Langelier a été l'un de ceux des ministres qui ont le pluÿ largement participé à l'adoption de la proposition Thom. JIlsavait, eta secondé, les efforts faits par Pacaud, son ami intime, pour arriver à faire escumpter la lettre de crédit de cent mille piastres à la banque Nativnale. L'escompte obtenu par Pacaud, tant à la banque Nationale qu’à la banque du Peuple, lui était connu.
“ Après avoir sérieusement posé et considéré tous les faits se rapportant à ce monsieur, nous né pouvons nous exempte de déclarer que M. Langelier, lorsqu'il a accepté cet argent de Pacaud, devait en connuitre parfaitement la source.
+ Les billets, au chiffre de vinet-trois mille piastres en totalité, escomptés Le des fins politiques, ontété payés par M. Pacaud, à même l'argeut de la
aie des Chalers. Cette dette, ainsi qu’il est établi par le témoignage de M. Mercier, avait été contractée avec entente formelle que la responsabilité entre les signataires ou endosseurs serait égale, sans égard à l'ordre des signatures ou des endossements.
“ Bien que le paiement fait par M. Pacaud de ces billets l'ait été apparemment hors la connaissance et sans le consentement-des divers obligés, il n’en constitue pas moins l’acquittement d'une dette personnelle à chacun d'eux ; lorsque le paiement a été cunnu, plus tard, il n’a pas été répudié par ceux qui en avaient ainsi profité,
Messieurs Mercier st Charles Langelier étaient au nombre de ces endos-
seurs.
“ Les cinq mille pinstres requises pour la traite envoyée par M. Pacand à M. Mercier le furent, dans le moment, à même le produit d’un billet de vingt mille piastres, escampté le même jour à la banque À ationale, et auquel un des chèques du commissaire Langelier, en faveur d’Armstrong, était attaché.
Nous devons signaler ici la contradiction qui semble exister entre Ce que M. Mercier vous a déclaré dans ses explications, telles que rapportées par la correspondanse officielle, et les témoignages rendus devant nous.
Daas sa réponse au mémoire de Votre Honneur du ? septembre dernier, M. Mercier s'exprime dans les termes suivants :
“ À la page 24 de sa lettre, Votre Honneur dit : * Le même jour (15 mai) M. Pacaud achète au moyen d'un chèque tiré sur le même compte, une lettre de change sur Paris, au montant de cinq mile piastres, produisant 25,500 francs.
“ Le Hmpiausge de M. Lafrance, caissier de la Banque Natior ‘e à Québec,
age 77-18, établit que ces 85,000 ont été prises à même le produit à billet de
. Pacaud endossé pas M Vallières et garanti par un des chèques que Votre Honneur mentionne.
“ D'un antre côté, je suis informé que ce montant a été prélevé au moyen d’un des blanc-seings que j'avais laissés au sénateur Pelletier avant mon départ pour l’Europe. Je n’ai pas eu occasion de vérifier laquelle de ces deux versions est exacte. ï
‘ Mais quoi qu’il en soit, je vous affirme u’étant en Europe, et sentant le besoin de toucher cette somime, j'en ai fait la demande, convaincu que ce montant pouvait être prélevé au moyen des blane.seings que j'avais laissés, et natu-
réellement, avec l'intention de payer moi-même, l'effet de commerce qui aurait été employé pour me procurer ce montant, vu que C’étoit pour des dépenses qui m’étaient personnelles, ‘ J’aflirme, de plus, que quand j'ai fait demander cette somme, j’ignorais et “ ie ignoré longtemps encore après, que cette transaction du chemin de fer de la aie des Chaleurs était faite, et je n'ai su que quelque temps après mon retour au Canada, sur le rapport des procédés du Sénat puuliés dans les journaux, que M. Pacaud avait obtenu cette somme de cent mille piastres ou toute autre somme.
Néanmoins, MM. Mercier et Pacaud témoigne tous les deux que cette Pratiane traite a été demandée par lettre écrite, dans lL4 premiers jours de mai,
’argent devant être prélevé à même. le chèque de cinq mille piastres que. M, Mercier avait laissé à Pacaud avant son départ pour l’Europe.
‘Ce dernier a TÉpOndE en lui transmettant la traite ou en l’avisant qu’elle lui serait transmise. Îk est beaucoup à regretter que cette correspondance n'ait pas été produite,
Nous ne saurions nous expliquer pourquoi M. Mercier n’a pas dit à Votre Honneur, ainsi qu’il l’a déclaré devant nous, qu’il avait laissé ce chèque de 85,000 entre les mains de Pacaud, avec un autre de $3,500, pour $on usage péersonnel à lui, M. Mercier.
Nous regrettons aussi que les leitrés suivantes n'aient pas été produites : la lettre de M. Garneau à M. Mercier et la réponse de ce dernier, la lettre de M. Chs Langelier à M. Mercier, lu lettre de M. Pacaud à M. Gurneau, et la correspondanse entre lui et M. Mercier et à laquelle il réfère dans son témoi nage.
Ii n’est pas prouvé que M. Mercier connaissait l'existence du marché entre Arms- Long et lacaud, et ce monsieur déelare n’en avoir en rien bénéficié.
Les honorables MM. Ross, Shehyn, Bcyer et Duhamel n’ont retiré aucun avantage de cette affaire.
Le tout humblement soumis.
Québec, 15 décembre 1891.
(Signé) G. Basy, C. P. DAvIDsON, Commissaires.’
Les $100,000 de M. Pacaud
geuvernement u’a rien payé à M. Pacaud. C’est M. Arirstrong qui a de me, volontairement, disposé de son propre argent. M. Armstrong n’a eu ême rien à faire avec le gouvernement, mais seulement avec la compagnie min de fer de la Baie des C'aleurs, qui a accepté, approuvé sa réclamation n montant de $300,000 en er. ‘ffres ronds. Il a subséquemment consenti à e sa créance contre la compagnie à $175,000, et celle-ci lui a payé ces 00, qui devenaient sa preprieté légitime, dont il pouvait disposer à sa guise, ju’aucun gouvernement au monde eût rien à y voir. are 4 oici, de son côté. tout ce que le gouvernement de Québec avait À voir là- À la session de 1890, il avait fait voter, entre autres subsides de chemin
# Pour aider à compléter et équiper le chemin de fer de la Baie des Chaleurs, 000 acres de terre par mille, n’excédant pas en tout 800,000. Payable à toute personne, toutes personnes, COmpagnie ou compagnies qui étaat qu’elles sont en état de faire les dits travaux et de fournir le matériel rouur toute la voie et de la maintenir en bon état, et :\ussi à condition que la des dettes privilégiées, dues par la compagnie du ehemin de fer de la Baie eurs, soit payée, le tout à la satisfaction du lieutenant-gouverneur en conseil.” bsydicat Cooper s’est présenté, offrant de remplir ces conditions, et il a été
es at-il remplies ? Oui, +-il établi qu’il était (n état de faire les travaux, etc. ? Oui. -t-il payé les dettes de la compagnie ? Oui.
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Oela s'est-il fait à la satisfaction du lieutenant-gouverneur en conseil ? Oui. Les ministres ont passé les ordres en conseil nécessaires, etle lieutenant-gouver”
neut a signé, approuvant la transaction pour sa part.
La compa nie réorganisée aurait donc touché ses #280,000 produit de la conversion des ,000 acres de terre, dans tous les cas, quand meme M. Armstrong aurait pris sa part, qui était, de 8175,000, et aurait été la jeter àda rivière.
Le gouvernement n'a eu rien à voir à là réclamation de M; Armstrong, iln’a
er eu: de rapports avec cet entrepreneür ; il à simplement exéeuté à la lettre
a décisionwprise par la Législature. Et quand nous parlons ginsi du gouvernement, nous voulons dire le lieutenant-gouverneur etson conseil.
‘De q élle grâce cé gouvernement peut-il maïntenant se dédire d'un engagement qu'il à non seulenient contracté, mais accom 1i à toutes fins que de droit ? Comment peut-il venir réclamer de M. Pacaud de l'argent qu’il ne lui à pa$ donné ?
Celui-ci l’a reçu de M. Armstrong, M. Armstrong l'a reçu de la compagnie, la compagnie l'a reçu du gouvernement. C’est comme si un propriétaire, après avoir fait construire une maison, s'être déclaré satisfait des travaux et avoir payé.son entrepreneur, s'avisait plusieurs mois après de dire, non pas à l’entre-
reneur, mais à l’un des ouvriers : Rendez moi une partie de mon argent ; j'ai appris que vous vous êtes fait payer plus que votre dû quand vous avez travaillé à ma maison, Le juge devant lequel ce ridicule demandeur 8e présenterait l'aurait vite enveyé paître, et le public se moquerait de lui.
Eh bien, voilà exactement la procédure insensée du gouvernement de Boucherville contre M. Pacaud. :
Cela saute aux YEUX, tellement c’est clair. La seule personne qui pourrait avoir recours contre M. Pacaud, c’est M. Armstrong, et nul autre. Or qu'a dit 4. Armstrong SOUS serment devant la Commission royale ?
&«Q. Dans ces négociations que vous ayez faites avec M. Pacaud, avez-vous eu ou avez-VOUSs aujourd’hui quelques raisons de vous plaindre à votre point de vue, de la maniere dont il a agi vis-à-vis de vous ?
R. Non, il a toujours mené les affaires d’une manière satisfaisante et d'après les conditions que nous avions.”
Ainsi, M. Armstrong est satisfait, il trouve que M. Pacaud a loyalement remph ses engagements envers lui, et de son côté il remplit les siens avec une égale
oyauté. Plus que cela, M. Abott, le premier ministre fédéral, fait des démarches
auprès de lui pour l'engager à poursuivre M. Pacaud, et il ‘efuse. Et le gouvernement 8e substitue à M. Armstrong, qui seul aurait droit de se plaindre, pour intenter une poursuite civile contre un simple citoyen, qui n’est ni son fonctionnaire, ñi député et qui n’est responsable que de l'exécution de 808 devoirs de cituyen envers la société, et pour Jui dé. ander compte dure transaction qu'il n’a pas faite AVEC lui
Cette nonumentale bévue, destinée à ébahir quelqg'ies nia 8, est bien digne de
qe qui ne sont rien, pas même députés, et qui cependant usurpent les fonctions
e minisires, ne respectent pas même la lettre écrite de la constitution, cassent, révoquent sans droit les commissions des fonctionnaires, Îles mandats que Îles députés ont reçus du peuple.
Nous nous moquons de ces édits d'opéra comique, car plus ces usurpateurs commettront excès, plus le peuple, au grand jour de sa justice, épronvera de plaisir à les chasser !
Les ministres de M. DeBoucherville peints par eux-mêmes
IL est de principe que tous les membres d'un gouvernement doivent avoir les mêmes idées sur Ja politique du cabinet et être des hommes qui se respectent les uns Jes autres. Nous allons donner quelques extraits qui montrent que si ce sont des hommes qui ont pour einq SOUS de cœur, M. Pelletier et M. C'sgrain ne peuvent pas s'estimer réciproquement, nOl plus que MM. Beaubien et Nantel.
M. Casgrain peint et apprécié par M. Pelletier dans La: Justice, dont il était le rédacteur
(De la Justice du 17 février 1886.)
“Le Daily Telegraph, voulant sans doute tourner en ridicule M. T. C. Casgrain, avocat, parle de lui comme candidat à la mairie. Nous est avis que M. Casgrain ne Le pas cette mauvaise plaisanterie, fort amusante du reste. Il est vrai que M. Casgrain essaie de faire mousser sa candidature comme conseil. ler de ville par le Courrier du Canada et le Nouvelliste. Nous mettons le public en
are rontre les petites manigances de quelques intrigants qui voud*sient faire
lire au conseil de ville un canadien français qui est allé demander la mort de Riel au jury orangiste de Régina. Cette élection serait vite interprétée comme un succès
our Sir À. P. Caron, dont M. Casgrain est un des plus dévoués partisans. Sous
’autres circonstances, nous n’aurions aucune objection à la candidature de M. Casgrain, si sa modeste ambition bien connue le pousse vers l'hôtel-de-ville, mais, comme ce monsieur est fort jeune, il nous semble qu’il pourrait mettre, pour le moment, une sourdine à son patriotisme civique et ne pas faire d’Opposition aux conseillers actuels du quartier, L'idée, à exemple, pour M.Casgrain de faire opposition à des hommes comme MM. Vallière, McWilliamet Johnston ! Cette candidature serait du reste écrasée bien vite sous l'immense éclat de rire qu’elle provoquerait.
(De ia J'ustice du 20 février 1886.) ’
“ [1] y a des geus qui prétendent que M. T. C. Casgrain aurait très bien parlé jeudi soir si l'assemblée avait voulu l’entendre. 77 aurait expliqué comment il a été nommé avocat pour faire pendre Riel, quels sont ceux qui, avant lui, avaient refusé de jouer ce triste rôle, etc., etc. Gn nous dit que M. Casgrain était aussi er verve que possible jeudi soir. L'assemblée certainement etait injuste à son. “gard, lui qui distribuait si libéralement les billets de banque à droite et à gauche !
(De la Justice Au 4 septembre 1886).
‘“ Ma position du reste est pénible et je le sais. Je rencontre à chaque pas. de mes anciens et fidèles amis avec lesquels j'ai toujours marché la main dans la. main—qui étaient avec moi le 16 novembre—qui m’ont lancé dans le mouvement national—et contre lesquels je suis obligé de faire la latte parce qu’ile sont revenus sur leurs pas, abandonnant une cause que eomme motils croyaient alors
Si je suis. u comme j'en ai la certitude, je continuerai à l’avenir une ligne
* de condvite dont je crois avoir raison d’être fier.