‹ Élections provinciales de 1892 [microforme]Chapitre 9 sur 47 · CARE · texte numérisé non relu

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dans le discours du trône qu'il avait ‘réussi à rétablir l'équilibre dans les finances de la province,” Nos amis connaissaient trop par expérience le ministère et surtout son digne trésorier pour ne pas être bien convaincus que cette déclaration du discours du trône n'était qu'un mensonge officiel et un truc électoral,

Ils se mirent donc résolument à l’œuvre pour établir ln fausseté de cette déclaration. Ils constatèrent d'abord que la plus grande partie des sommes payées durant l'exercice 1886 pour les chemins de colonisation avait été prise sur le capital et devait être imputée à un etuprunt, ainsi que le constatent l'interpellation suivante de M. Mercier et la réponse donnée par M. Taïllon à la séance du 12 avril :

Par l'honorable M. Mercier.—1, Les #100,000 additionnelles votées à la dernière session pour la colonisation ont-elles écé distribuées et payées en entier avant le 30 juin 1885,

?. Si non, quels montants étaient payés à cette date et quelsimontants l'ont été depuis ? Ê

3, Ces montants ont-ils été obtenus par des emprunts, et si oui, à quelles conditions et de quelles institutions ces emprunts ont-ils été obtenus ?

Réponse par l'honorable M. Taillon.—1. La loi ne permettant pas de dépenser avant le 30 juin 1885, les sommes votées pour l'exercice financier 1885-86, aucune partie des $#100,000 votées à ln dernière session pour la colonisation n’a été distribuée ni payée avant le 80 juin 1885,

2. Les diverses sommes payées jan ce jour à même l'appropriation des chemins de colonisation depuis le 30 juin dernier forment un montant de $144,- 411.72. ,

3, Le montant de $100,000 doit être porté au compte du capital (capital account) de la province, ainsi qu’il a été expliqué lors du vote de cet item : aucun emprunt n’a encore été fait pour couvrir cette dépense. (/rocès-verbaux de lAssembiée Législative, 1886, p. 32. :

-Cette réponse est la réfutation directe de la déclaration du discours du trône. La dépense pour les chemins de colonisation est incontestablement une dépense ordinaire, puisqu'elle se produit tous les ans: or, quand l'équilibre existe entre les recettes et les dépenses, on paie ces dernières à même les recettes et il est clair comme le jour que si le gouvernement a dû prendre $100,000 sur le capital ou les recettes d’un emprunt pour faire face à la dépense ordinaire des chemins de colonisation, c’est pour la raison bin simple que les recettes ordinaires ne pouvaient pas lui fournir cette somme et que, par consé-

quent, l'équilibre n’a pas été rétabli dans les finances de la province.

La réponse à une autre interpellation de l’hon. M. Mercier prouva encore davantage la fausseté de la fameuse déclaration d’équilibre dans les finances.

L'année précedente la Chambre avait voté $50,000 pour améliorer et agrandir le palais de justice de Montréal. Cette dépense était nécessaire, puisque le gouvernement s'était fait autoriser à la faire et voter un crédit pour la payer. Or, le gouvernement n’a pas exécuté ces travaux d'amélioration, ainsi que le constate la réponse de M. Taillon à la question de l’hon. M. Mercier que voici :

Par l’honorable M. Mercier—1. Pourquoi le gouvernement n'’a-t-il pas fait faire au palais de justice, à Montreal, les améliorations et agrandissement

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projetés ot pour lesquels une somme de 850,000 avait été vot ée pendant ln dernière session Ÿ

*, Le gouvernement a t-il arrêté quelque plan définitif à cet égurd, et si oui, quel est ce plan ?

3, Cette somme de #50,000 a-t-elle été empruntée, et si oul, de qui, à quelles conditions, pour quel espace de temps et quel placementtemporaire en n été fait ?

Réponse par l'honorable M, Taillon—Cette affaire eat sous considération. Aucune somme n'a été dépensée pour cet chjet, ?rovûs-verbaux de L'Assemblée Législative, 1886, p. 38.)

Il est bien évident que le gouvernement n’a pas fait ces améliorations pour la seule raison qu'en dépensant les 850,000 votées à cette fin, M. Robertson n'aurait pas pu manipuler les chiffres pour leur faire accuser uu petit excédant et qu'il a négligé de faire ces travaux, dont le besoin se fait impérieusement sentir, tout simplement pour mieux réussir à tromper la Chambre et le pays sur la véritable situation des finances. C’est malhonnête à l'extrême, mais c'est le système suivi par les trésoriers.

Un moyen plus original qu'honnéte, employé par le trésorier bleu pour cacher l’affreux état des finances de la province, c’est de faire figurer à l'actif des sommes qui n'existent pas. Les $100,000 qu'il prétend avoir à la banque Jacques-Cartier en sont un exemple. La banque a depuis longtemps payé cette somme à M. McGreevy à lacquit du gouvernement, sur l'ordre de M, Chapleau, qui était alors premier ministre; mais notre brave trésorier met toujours cette somme à son avoir, comme s’il l’avait en banque. Cela se voit clairement par l'interpellation suivante et la réponse qui fut donnée le 13 avril :

Par l'honorable M. Mercier.—1: Le gouvernement a-t.il réglé avec lu banque Jacques-Cartier la difficulté qui a existé au sujet des %100,000 avancées à l'honorable M, McGreevy ? Ù

2. Si oui, quelles sont la date et la nature de cet arrangement ?

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