Conséquences des théories de MaxDV'ell
Des diverses théories que nous avons exposées dans les Chapitres précédents, il résulte nettement qjjie la préoccupation constante de Maxwell est de trouver une explication des phénomènes électriques et électromagnétiques, généralement attribués à des actions s'exerçant à distances, par le mouvement d'un fluide hypothétique remplissant Tespace. Nous avons pu constater que Maxwell n* avait qu'imparfaitement atteint son but ; en particulier nous avons vu dans le Chapitre YI que, s'il est possible de rendre compte des attractions et des répulsions électrostatiques au moyen des pressions et des tensions d'un fluide remplissant les diélectriques, les propriétés qu'il faut alors attribuer à ce fluide sont incompatibles avec celles que Maxwell lui suppose dans d'autres parties de son ouvrage. Ainsi, malgré les efforts de Maxwell, nous ne possédons pas encore une explication mécanique complète de ces phénomènes; néanmoins les tra-
vaux de ce physicien ont une importance capitale : , ils démontrent la possibilité d'une telle explication.
175. Mais laissons de côté les quelques contradictions que nous avons relevées dans Tœuvre de Maxwell et attachons^ nous plus spécialement à la théorie qu'il a proposée pour^ expliquer TËlectromagnétisme et l'Induction et que nous avons exposée dans le Chapitre IX. Une des conséquences les plus importantes de cette théorie, et cette conséquence mérite & elle seule toute notre admiration, est l'identité des propriétés essentielles de l'éther qui, d'après Fresnel transmet les radiations lumineuses et du fluide que Maxwell suppose présider aux actions électromagnétiques. Ainsi mue le fait observer ce dernieiy cette identité de propriétés est une confirmation de l'existence d'un fluide servant de véhicule à l'énergie.
« Remplir Tespace d'un nouveau milieu toutes les fois que l'on doit expliquer un nouveau phénomène ne serait point un procédé bien philosophique ; au contraire, si, étant arrivés indépendamment, par l'étude de deux branches difl^érentes de la science à rh}pothè8e d'un milieu, les propriétés qu*il faut attribuer à ce milieu pour rendre compte des phénomènes électromagnétiques se trouvent être de la même nature que celles que nous devons attribuer à l'éther luminifère pour expliquer les phénomènes de la lumière, nos raisons de croire à Texistence physique d'un pareil milieu se trouveront sérieusement confirmées. » Maxwell. Traité cT Electricité, t. Il, §781.