Valeur de cette vitesse dans le vide. — Le
coefficient de perméabilitéjx^du vide étant égal à i dans le
système de mesures électromagnétiques, la vitesse de propa-
gatlon des ondes planes dans ce milieu est égale à -^,
K étant exprimé dans le même système. Cherchons la valeur de cette quantité.
L'une des composantes du déplacement électrique est donnée par la formule
Ai: dœ
Le pouvoir inducteur spécifique/h'ayant pas de dimensions dans le système électrostatique, les dimensions du déplacement dans ce système sont celles du quotient d*un potentiel par une longueur et, par suite, celle du quotient d'une quantité d'électricité par le carré d'une longueur. Il s'eifisuit que si on passe d'un système de mesures à un autre dans lequel l'unité de longueur a conservé la même valeur que dans le premier, les nombres qui mesurent le déplacement dans l'un et l'autre système sont dans le même rapport que ceux qui expriment une même quantité d'électricité. Si donc nous appelons!? le rapport de l'unité électroinagnétique de quantité d'électricité à Tuniié électrostatique, le nombre qui exprime,
soît une quantité d'électricité, soit un déplacement dans le
premier système est égal au produit de - par le nombre qui
mesure la même grandeur dans le système électrostatique. D'autre part on sait que le rapport des unités de force électromotrice dans les deux systèmes de mesure électrique est inverse de celui des unités de quantité ; donc le nombre qui
exprime ^ dans le système électromagnétique est le produit
de V par la mesure de cette quantité au moyen de Tunité électrostatique. Il en résulte que la valeur du quotient de f par
^ et, par suite, la valeur de K se trouvent multipliées par
-^ quand on passe du système électrostatique ausjrstôme
électromagnétique. Le^ pouvojivînducteur spécifiquerdu vide étant 1 dans le système électrostatique, sa valeur est -^ dans
le système électromagnétique.
Si nous portons cette valeur de K dans l'expression de la vitesse, nous avons
la vitesse de propagation d'une perturbation électromagnétique est donc égale au rapport v des unités de quantité d'électricité dans les deux systèmes de mesures électriques.
188« Cette dernière quantité a été déterminée par de nombreux expérimentateurs au moyen de méthodes que Ton peut classer en trois groupes suivant que v est donné par le rapport des unités de quantité d*électricité, ou par celui des forces électromotrices, ou enfin par la comparaison des capacités. Voici les résultats de quelques-unes de ces déterminations pour le quotient par 10*^ de la valeur de v exprimée en unités C. G S.
fc •
!•' groupe. Weber et Rohlrausch 37nn4
Maxwell 2,8800
Thomson 2,8250
2»* groupe. / Kichan et King . . . 2,8920
Shida 2,9580
Exner 2,9200
Ayrton et Perry ... 2,9410 J.-J. Thomson. . . . 2,9630
3"* groupe.
Klemencic
Himstedt
E.-B. Rosa.
Pour la vitesse de la lumière dans le vide, M. Gornu a trouvé 3,004 X 10^^ centimètres avec une erreur probablement inférieure à Viooo* 0*^ ^^^^ ^"® ^® nombre ne diffère que d'une quantité très petite, de Tordre des erreurs expérimentales, des valeurs de v données par MM. Klemencic, Himstedt, Rosa, d'après des méthodes paraissant présenter la plus grande précision. La théorie de Maxwell reçoit donc une confirmation aussi satisfaisante qu'il est permis de la souhaiter.
Ajoutons que tout récemment, H. Hertz a pu produire dans l'air des ondes électromagnétiques et mesurer leur vitesse de propagation. Il a trouvé un nombre du même ordre de grandeur que la vitesse de la lumière. C'est encore une vérification très satisfaisante de la théorie électromagnétique de la lumière, si Ton tient compte de la difficulté de la mesure des quantités qui entrent dans le calcul de M. Hertz. Nous reviendrons plus tard sur ces expériences.
184. Relation entre Pindioe de réfraction et le pouvoir inducteur d'V^ substance isolante. — La perméabilité magnétiquaides milieux transparents étant très sensiblement égale à celui du vide, le rapport de la vitesse de
propagation V^ des ondes électromagnétiques dans le vide de la vitesse V de ces ondes dans un milieu transparent est
K étant le pouvoir inducteur spéciGque de ce dernier milieu exprimé dans le système électrostatique.
D'après la théorie ordinaire de la lumière ce rapport est égal à rindice de réfraction absolu n. Il en résulte que Ton doit avoir
Mais, puisque n varie avec la longueur d*onde, cette relation ne peut évidemment être satisfaite que si les quantités K et n se rapportent à des phénomènes de même période. Nous devons donc prendre l'indice de réfraction qui correspond à des ondes de très longue période, ces ondes étant les seules dont le mouvement piuisse se comparer aux opérations lentes à l'aide desquelles on détermine le pouvoir inducteur spécifique. La valeur de cet indice peut être obtenue approximativement en faisant X = oo dans la formule de Cauchy,
^ = ^ + X2 + xï'
nous avons ainsi, n = A.
Des expériences faites sur le spectre calorifique, il résulte que la formule de Cauchy ne suffit pas pour représenter les indices des radiations de longues période ; la formule qui les représente le mieux est de la forme :
» = AX»-f-B + ^
On trouverait ainsi pour X = oo , n = oo ce qui est inadmissible: mais ce qui montre combien il faut peu se fiera des extrapolations de ce genre. C'est sans doute là la principale cause des divergences que nous signalons plus loin.
185. Au moment où Maxwell écrivait son Traité, la paraffine était le seul diélectrique dont le pouvoir inducteur ait été déterminé avec une exactitude suffisante. Une seule vérification de la relation K = n^ était donc possible ; encore étaitelle peu satisfaisante. MM. Gibson et Barclay avaient trouvé pour le pouvoir inducteur delà paraffine solide 1,975, dont la racine carrée est 1,405. Or ce nombre difi'ère sensiblement de la valeur 1,422 de Tindice de réfraction, pour une longueur d*onde infinie, déduite des expériences du D' Gladstone sur la paraffine fondue. Toutefois, les nombres comparés se rapportant à deux états difi'érenls de la paraffine, leur divergence ne peut infirmer la théorie: aussi Maxwell. en conclut-il seulement que si la racine carrée de R n'est pas l'expression complète de l'indice de réfraction, elle en forme le terme le plus important.
186* Depuis, on a fait de nombreuses déterminations des pouvoirs inducteurs spécifiques des corps transparents; en voici les résultats, au point de vue qui nous occupe.
Pour les solides la racine carrée de K difi'ôre de rindice*de réfraction d'une quantité quelquefois considérable. D'après M. Hopkinson les indices de réfraction des- diflërenles espèces de verre sont toujours plus petits que la racine carrée de leur pouvoir inducteur; pour certains verres ils ne sont que la moitié de cette racine.
La relation K = n^ se trouve un peu mieux vérifiée dans
le cas des liquides. Pour certains hydrocarbures liquides, les expériences de MM. Hopkinson, Négréano, Palaz montrent que la vérification est assez satisfaisante. Les deux tableaux suivants résument, le premier les résultats de M. Negréàno, le second ceux de M. Palaz; dans ces tableaux Tindicede réfraction se rapporte à la raie D du sodium.
K \/k fiD
Benzine pure 2,2921 1,5139 1,5062
Toluène 2,2420 1,4949 1,4912
Xylène (mélange de plusieu» isomères) 2,2679 1,5059 1,4897
Mélaxylène 2,3781 1,5421 1,4977
Pseudocumène 2,4310 1,5591 1,4837
Cymène 2,4706 1,5716 1,4837
Essence de térébenthine . . . 2,2618 4,5039 1,4726
Benzine 2,3377 1,517 1,4997
Toluène nM 2,3646 1,537 1,4949
Pétrole ordinaire n° 1 2,1234 1,457 4,4487
» rectifié 2,1950 4,484 4,4766
La vérification est beaucoup moins bonne si Ton prend des huiles végétales ou animales. Pour celles sur lesquelles il a opéré, M. Hopkinson a toujours trouvé n > V^. M. Palaz arrive à une conclusion inverse pour Thuile de navet et rhuile de ricin :
Huile de navet VK=: 4,737 no = 4,4706
Huile de ricin 2,447 4,4772.
Récemment, H. Gouy (^ ) a mesuré le pouvoir inducteur spécifique de Teau par l'attraction qu*éprouvent deux plateaux électrisés entre lesquels se trouve une couche de ce liquide; il a trouvé K = 80. Il en résulterait, d'après la relation de Maxwell, n = 9 environ, nombre à peu près sept fois plus grand que l'indice de réfraction réel ; cette relation est donc dauK ce cas, tout à fait en défaut. Il est vrai qu'elle n'a été établie que pour les corps isolants, condition qui est loin d'être satisfaite par l'eau, toujours plus ou moins conductrice par suite des sels qu'elle contient. Mais au moins on devrait trouver pour K des valeurs de plus en plus petites lorsqu'on prend de l'eau de plus en plus pure; or c'est précisément l'inverse qui parait avoir lieu.
Enfin, si nous passons aux gaz, nous trouvons un accord très satisfaisant entre les valeurs de V^ et celles de n. Le tableau suivant donne les valeurs de ces quantités pour quelques gaz ; les valeurs du pouvoir inducteur spécifique résultent des expériences de M. Boltzmann.
Air
Acide carbonique. . . .
Hydrogène
Oxyde de carbone. . . .
Protoxy de d'azote.. . .
Bicarbure d'hydrogène. .
Protocarbure d'hydrogène