Image de l'effet de Tèlasticité du fluide inducteur
— Considérons d'une part deux conducteurs A et B [fig, 3)
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Fig. 3.
réunis entre eux par un fll métallique portant un commutateur C et par un second fil sur le trajet duquel se trouvent une pile P et un commutateur D. Prenons d autre part deux récipients fermés A' et B' renfermant de Teau et de Tair et réunis entre eux par un canal de communication portant un robinet C et par un autre canal sur le trajet duquel se trouvent une pompe P' et un robinet D'.
(*) Voir Théorie mathématique de la Lumièrej pagos 25 el 26.
Supposons maintenant que les conducteurs A et B étant à l'état neutre on ouvre le commutateur G et qu'on ferme le commutateur D ; il s'établit un courant de courte durée dans le fil ADB et bientôt nous avons un état d'équilibre électrique dans lequel les conducteurs sont chargés d'électricités de noms contraires, A positivement par exemple, et B négativement. Si alors nous ouvrons le commutateur D et fermons le commutateur G, les deux électricités des conducteurs se recombinent à travers le filACDet ces conducteurs reviennent à l'état neutre.
23» Pour comprendre le rôle que joue le fluide inducteur dans cette expérience examinons ce qui se passe dans le système des deux vases A' et B' quand on fait jouer la pompe et qu'on établit avec les robinets G' et D' les communications que nous établissions précédemment avec les commutateurs G et D. Supposons que les niveaux de l'eau dans les vases soient dans un même plan horizontal, fermons le robinet G', ouvrons le robinet D' et faisons marcher la pompe ; l'eau passe d'un vase à l'autre, du vase B' au vase A par exemple. Il ei) résulte une diminution de la force élastique de l'air de B' et une augmentation de celle de l'air de A'. Si nous fermons le robinet D' et si nous ouvrons en même temps G', la différence des forces élastiques de l'air dans les deux récipients fait repasser l'eau de A' dans B' jusqu'à ce que les niveaux soient revenus dans le même plan horizontal. Le système est donc revenu dans son état initial comme dans l'expérience électrique et nous pouvons regarder l'eau comme représentant matériellement Je^ fluide électrique ; l'accroissement du volume de l'eau dans A' et la diminution dans B'
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qui résultent de la première phase de rexpériencc hydrostatique représenteront les charges positive ol négative des conducteurs A et 13 dans la phase correspondante de rexpériencc éleclricpie. Qn.int à l'air, le nMe qu'il remplit par suite de sa force élastique peut être assimilé au rùle que joue I le^ fluide^ inducteur élastique dans rexpérience électrique C'est donc l'élasticité du fluide inducteur contenu dans l'air qui sépare les conducteurs et déplacé par les charges de ces conducteursqui est la cause de la comhinaison de ces charges. Ajoutons immédiatement que, bien ([uc cette image hydrostatique nous fasse concevoir la manière dont se comporte le fluide inducteur dans la théorie de Maxwell, elle ne peut pas être poussée trop loin car le fluide inducteur est incompressible, propriété dont ne jouit pas l'air auquel nous Tavons comparé. Cette image n'est donc utile que pour faire comprendre l'elTet de l'une des propriétés de ce fluide : son élasticité.
24. Tout courant est un courant fermé. — Le rôle prépondérant attribué par Maxwell aux diélectriques, qui dans la théorie ordinaire jouent un rôle passif, n'est pas la seule diflérence qui existe entre celte dernière théorie et celle de Maxwell. Une autre difl'érence provient de la nature des courants.
Dans la théorie ordinaire on admet l'existence de deux sortes de courants : les courants fermés en général permanents, et les courants ouverts, en général instantanés, qui cessent quand par rcffet delà churgeilse produit une difl'érence de potentiel égale à la force électromotrice de la source électriiiue. Ces courants ouverts se produisent lorsque, par
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exemple, on met les pôles d'une pile en communication avec f
deux conducteurs ou avec les cfeux armatures d'un condensateur.
Dansla nouvelle théorie il ne peut y avoir que des courants fermés. En effet, considérons le courant ouvert qui prend -J ,^
naissance quand nous mettons les pôles d'une pile en communication avec deux conducteurs isolés A et B. Le conducteur qui, en adoptant le langage de la théorie ordinaire, se charge positivement, doit prendre, d'après la théorie de Maxwell, une quantité de fluide électrique plus grande que celle qu'il possède à l'état neutre. Dans l'autre conducteur, au contraire, la quantité de fluide électrique doit diminuer. Mais le fluide électrique étant incompressible, sa densité demeure constante et on ne peut concevoir qu'il y ait condensation de ce fluide en un point et raréfaction en un autre. Pour concilier / cette conséquence de l'incompressibilité du fluide électrique avec le fait expérimental de l'existence du courant, Maxwell fait intervenir le fluide inducteur qui remplit le diélectrique isolant les deux conducteurs : le fluide électrique sort de l'un des conducteurs, déplace le fluide inducteur du diélectrique et fait rentrer dans l'autre conducteur une quantité de fluide inducteur égale à la quantité de fluide électrique sortie du premier. Il y a donc fermeture du courant à travers le diélec- , trique et comme les molécules du fluide inducteur se déplacent ^ suivant les lignes de force, ainsi qu'il résulte immédiatement des équations (1) qui définissent les composantes du déplacement, nous pouvons dire que les courants ouverts de la théorie ordinaire se ferment, dansla théorie de Maxwell, suivant les lignes de force du diélectrique.
Les courants instantanés qui prennent naissance dans la
charge ou la décharge d*un condensateur peuvent être également considérais comme se fermant à travers le diélectrique qui sépare les armatures. Dans la théorie de Maxwell nous n*avons donc que des courants fermés.
25. Ces déplacements du fluide électrique et du fluide inducteur dans le cas d*un courant instantané peuvent être matérialisés par une image hydrostatique. H suffit de remplacer Tair et Teau que nous avons pris précédemment par de Teau et du mercure. Dans ces conditions si après avoir
' y ^^ fermé le robinet G' (fig. 3) et ouvert le robinet D', nous faisons
jouer la pompe, nous ne pouvons faire passer le mercure d'un vase dans l'autre, ces vases étant remplis par deux fluides incompressibles. Le passage du mercure ne peut avoir lieu que si nous supposons les parties supérieures des deux vases reliées par un canal permettant à Teau de passer en sens contraire. Le mercure est alors Timage du fluide électrique, Teau celle du fluide inducteur et le canal de communication peut être assimilé à un tube de force du diélectrique.
26. Courants de conduction et courants de déplacement.— Les courants fermés qui ont lieu à travers un circuit conducteur sont appelés courants de conduction; les courants résultant du déplacement du fluide inducteur, sont nommés courants de déplacement. Lorsque dans un même circuit fermé nous aurons à la fois des courants de conduction et des courants de déplacement, ce circuit ne sera autre qu'un circuit ouvert de la théorie ordinaire. Mais outre, ces circuits et ceux qui ne comprennent que des courants de conduction, les seuls que Ton considère dans la théorie ordinaire.
noas rencontrerons dans la théorie de Maxwell des circuits fermés comprenant uniquementdes courants de déplacement;
ces derniers circuits joueront un rôle considérable dans Texplication des phénomènes lumineux.
Les courants de conduction étant ceux qui se produisent dans les circuits bons conducteurs, ils doivent nécessairement obéir, pour être d'accord avec Texpérience, aux lois de Ohm, de Joule, à celle d'Ampère sur les actions mutuelles de deux éléments de courants et aux lois de Tinduclion. Quant aux courants de déplacement nous ne savons rien sur les lois auxquelles ils obéissent; le champ est donc ouvert aux hypothèses. Maxwell admet qu'ils obéissent à la loi d'Ampère et aux lois de l'induction mais que les lois de Ohm et de Joule ne leur sont pas applicables, ces courants ne rencontrant à leur établissement d'autre résistance que celle qui résulte de l'élasticité du fluide inducteur, résistance de nature tout à fait différente de celle de la résistance des conducteurs.