CONTRACTION MUSCULAIRE
que la science possède à peine les plus imparfaites notions sur la nature et l’étendue des rapports existant entre les fondions de l’électricité nerveuse et l’exercice de la pensée. Il est néanmoins à constater que la Psychologie est entrée dans une ère toute nouvelle de progrès sûr et rapide depuis que, renonçant aux inutiles et décevantes spéculations d’une métaphysique qui ne s’appuie sur aucun fait, elle a pris, dans la physiologie de l’organe nerveux, un plan de repère général, repère fixe, visible et palpable, qui soutient, dirige et contrôle avec certitude les opérations de la raison pour déterminer les lois supérieures de l’âme au delà de la portée de nos sens. Elle a inauguré par là, chez elle, celte grande réforme de méthode qui avait déjà, au xvi° siècle, jeté les fondements d’une science positive et florissante sur les ruines de ces constructions chimériques de la fantaisie dont se composait l’Anatomie, en grande partie conjecturale, des Anciens.
§ ni.
Contraction Musculaire.
75. La Contraction Musculaire est le résultat d’une certaine excitation qui n’est qu’un effet d’attraction intime de la fibre contractile des muscles par l’action de l’élcctricit^ierveuse. Mais, en de tels cas, ccllc-ci n’agit pas toujours par les ordres de notre volonté : il y a des muscles dont les contractions sont volontaires et des muscles dont les contractions sont involontaires. Les premiers appartiennent au mécanisme de la vie de relation , les seconds font partie de celui de la vie organique. Les uns et les autres, néanmoins, reçoivent leur
impulsion par la voie de nerfs du système Cérébro-Spinal , avec celte différence, toutefois, que les fibres motrices qui vont aux muscles involontaires s’y acheminent pour la plupart en se fondant en quelque sorte avec le grand sympathique par une longue anastomose, d’un caractère particulier, que nous aurons un peu plus loin occasion de décrire.
76. Il est expérimentalement démontré , comme je l’ai fait voir dans un autre article (30), que la source de l’électricité nerveuse motrice n’est pas dans le cerveau, c’est-à-dire dans l’enceinte même occupée par le générateur de la volonté , mais seulement au seuil de cette noble demeure, autrement dit, dans la Moelle Epinière , où la vie organique peut venir la puiser à toute heure sans être dans la nécessité de troubler à chaque instant l’hôle auguste de ces lieux, sans avoir à frapper continuellement à la porte du Maître de la pensée.
§ iv.
Fonctions Extra-Nerveuses.
77. Pour compléter cette énumération générale des fonctions de l’électricité nerveuse , nous devons mentionner les deux termes extrêmes de la Série Physiologique , c’est-à-dire le mode exceplionnel-extraordinaire sous lequel peuvent se manifester les deux propriétés radicales de l’âme , Activité et Passivité , et que je considère comme un chaînon de transition entre deux grands Ordres généraux d’existence, celui qui embrasse l’intervalle entre la Naissance et la Mort, cl celui qui règne en deçà et en delà de cette période, et dont la science de notre siècle, venant donner enfin raison à la