‹ Electro-dynamisme vitalChapitre 30 sur 77 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

toute son impulsion, dont elle emprunte tous ses caractères et attributs, dont elle est purement et simplement l’expression objective, et que nous nommons sa faculté vitale. Ame et Vitalité désignant pour nous désormais un seul et même principe, considéré, dans le premier cas, individuellement, et, dans le second, substantiellement ;

4° L’àme entre en relation avec le monde de la matière au moyen d’ or cj ânes matériels ;

5° Chacune de ses facultés possède son organe spécial ;

6° L’organe le plus immédiat de l’âme, dont l’Anatomie puisse constater l’existence, c’est le nerf;

1° La Physiologie Raisonnée démontre que le nerf n’est que le fourreau, le canal conducteur, de l’organe actif et véritablement immédiat de l’âme , lequel est Y électricité vitale ;

8° Toute âme est servie par un système nerveux composé d’autant d’éléments, c’est-à-dire d’autant d’espèces de fibres, qu’elle a de facultés à exercer ;

9° L’àme occupe le centre du système nerveux, et, de son foyer atome , comme d’un point radieux au rayonnement multicolore, ses facultés diverses dardent leurs activités spécifiques, en rayons d’électricité, par autant de fibres distinctes, les deux foyers animique et nerveux, et leurs expansions électrique et fibreuse, nous offrant ainsi la représentation graphique de deux systèmes exactement coïncidents;

10° A toute fibre correspond une faculté animique;

II0 Les propriétés distinctives des actions vitales dont chaque fibre est le siège remontent jusqu’à la faculté animique elle-même, et à elle exclusivement elles appartiennent d’une manière absolument intrinsèque;

1)8 RECHERCHE SCR l.A NATURE DU PRINCIPE NÉV RÉLECTROMOTEUR.

12" « L’action effective du monde extérieur sur les fonctions vitales » , que nous avions amenée d’abord à se laisser définir « l’excitation des fibres par lesquelles s’accomplissent ces fonctions», se trouve circonscrite, en analyse finale, dans celle expression extrême et irréductible :

L’action efeective du monde extérieur sur les fonctions

DE LA VIE, c’est L’EXCITATION DES FACULTÉS VITALES PAR l’eX- CITATION INTERMÉDIAIRE DES FIBRES CORRESPONDANTES.

SECTION DEUXIÈME

DIGRESSION EXPLICATIVE SUR LA THÉORIE DE L’iNSTINCT.

Opinion de Cuvier. — Ni V Intelligence ni l’Instinct ne sont le privilège exclusif d’aucune espèce. — Fausse distinction de ces deux termes. — Division méthodique des Mouvements de la Vie de Relation. — Actes Conscientiels et Volontaires ; Actes Involontaires et Inconscientiels. — Perception Intuitive et Raisonnement. — Les impulsions et révélations instinctives et leur périodicité, expliquées par l'engrenage des Facultés Mentales au Mouvement Végétatif. — Les Actes Inconscientiels de la Vie de Relation, produits de l’activité des Ames Spinales. — Démonstration expérimentale et rationnelle, — Ame Céphalique , Ames Spinales , Ames ganglionnaires.

180. Après avoir comparé la force première, génératrice des actions nutritives, à ce mobile mental particulier qui se révèle dans certains actes de la vie de relation et qui, c’est un de ses caractères les plus remarquables, exerce sur l’existence des Animaux un empire d’autant plus étendu et plus absolu qu’ils occupent un

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rang moins élevé dans la hiérarchie zoologique, je ne puis me dispenser, pour que ce terme de rapport ait sa valeur, d’en préciser nettement la définition, que la science a jusqu’ici laissée dans le vague. Qu’est-ce donc que I’instinct? C’est ce que je vais essayer de dire en discutant l’opinion émise sur celle question par un savant d’une autorité imposante.

Voici comment s’exprime Georges Cuvier sur ce sujet dans son introduction au « Règne animal » :

« Un Etre privilégié, l’Homme, a la faculté d’associer ses idées générales à des images particulières et plus ou moins arbitraires, aisées à graver dans la mémoire, et qui lui servent à rappeler les idées générales qu’elles représentent. Ces images associées sont ce qu’on appelle des signes ; leur ensemble est le langage. Quand le langage se compose d’images relatives au sens de l’ouïe, ou de sons j on le nomme la parole. Quand ce sont des images relatives au sens de la vue, on les nomme hiéroglyphes. L’écriture est une suite d’images relatives au sens de la vue, par lesquelles nous représentons les sons élémentaires, et, en les combinant, toutes les images relatives au sens de l’ouïe, dont se compose la parole ; elle n’est donc qu’une représentation médiate des idées.

» Celte faculté de représenter les idées générales par des signes ou images particulières qu’on leur associe, aide à en retenir distinctement dans la mémoire, et à s’en rappeler sans confusion, une quantité immense, et fournil au raisonnement et à l’imagination d’innombrables matériaux, et aux individus, des moyens de communication qui font participer toute l’espèce à l’expérience

de chacun d’eux, en sorte que les connaissances peuvent s’élever indéfiniment par la suite des siècles : elle est le caractère distinctif de l’intelligence humaine.

» Les Animaux les plus parfaits sont infiniment audessous de l’Homme pour les facultés intellectuelles, et il est pourtant certain que leur intelligence exécute des opérations du même genre. Ils se meuvent en conséquence des sensations qu’ils reçoivent, ils sont susceptibles d’affections durables; ils acquièrent par l’expérience une certaine connaissance des choses, d’après laquelle ils se conduisent indépendamment de la peine et du plaisir actuels, et par la seule prévoyance des suites. En domesticité, ils sentent leur subordination, savent que l’être qui les punit est libre de ne pas le faire, prennent devant lui l’air suppliant quand ils se sentent coupables, ou qu’ils le voient fâché. Ils se perfectionnent ou se corrompent dans la société de l’Homme; ils sont susceptibles d’émulation et de jalousie; ils ont entre eux un langage naturel qui n’est à la vérité que l’expression de leurs sensations du moment; l’Homme leur apprend à entendre un langage beaucoup plus compliqué, par lequel il leur fait connaître ses volontés, et les détermine à les exécuter.

« En un mot, on aperçoit dans les Animaux supérieurs un certain degré de raisonnement avec tous ses effets bons et mauvais, et qui paraît être le même que celui des enfants, lorsqu’ils n’ont pas encore appris à parler. A mesure qu’on descend à des Animaux plus éloignés de l’Homme, ces facultés s’affaiblissent; et, dans les dernières classes, elles finissent par se réduire à des signes, encore quelquefois équivoques, de sensibilité, c’esl-adire à quelques mouvements peu énergiques pour échap.

digression explicative sur la théorie de l’ instinct. 101

per à la douleur. Les degrés entre ces deux extrêmes sont infinis.

» Mais il existe dans un grand nombre d’ Animaux une faculté différente de l’intelligence; c’est celle qu’on nomme instinct. Elle leur fait produire certaines actions nécessaires à la conservation de l’espèce, mais souvent tout à fait étrangères aux besoins apparents des individus, souvent aussi très-compliquées, et qui, pour être attribuées à l’intelligence, supposeraient une prévoyance et des connaissances infiniment supérieures à celles qu’on peut admettre dans les espèces qui les exécutent. Ces actions, produites par l’instinct, ne sont point non plus l’effet de l’imitation; car les individus qui les pratiquent ne les ont souvent jamais vu faire à d’autres; elles ne sont point en proportion avec l’intelligence ordinaire, mais deviennent plus singulières, plus savantes, plus désintéressées, à mesure que les Animaux appartiennent à des classes moins élevées, et, dans tout le reste, plus stupides. Elles sont si bien la propriété de l’espèce, que tous les individus les exercent de la même manière sans y rien perfectionner.

» Ainsi les Abeilles ouvrières construisent, depuis le commencement du monde, des édifices très-ingénieux, calculés d’après la plus haute géométrie, et destinés à loger et à nourrir une postérité qui n’est pas même la leur. Les Abeilles et les Guêpes solitaires forment aussi des nids très-compliqués, pour y déposer leurs œufs. 11 sort de cet œuf un Ver qui n’a jamais vu sa mère, qui ne connaît point la structure de la prison où il est enfermé, et qui, une fois métamorphosé, en construit cependant une parfaitement semblable pour son propre œuf.

« On ne peut se faire d’idée claire de l’instinct qu’en

admettant que ces Animaux ont , dans leur sensorium , des images ou sensations innées et constantes, qui les déterminent à agir, comme les sensations ordinaires et accidentelles déterminent communément. C’est une sorte de rêve ou de vision qui les poursuit toujours, et, dans tout ce qui a rapport à leur instinct, on peut les regarder comme des espèces de somnambules.

» L’instinct a été accordé aux animaux , comme supplément de l’intelligence, et pour concourir avec elle, et avec la force et la fécondité, au juste degré de conservation de chaque espèce.

» L’instinct n’a aucune marque visible dans la conformation de l’Animal ; mais l’intelligence, autant qu’on a pu l’observer, est dans une proportion constante avec la grandeur relative du cerveau, et surtout de ses hémisphères. 11

181. Le grand naturaliste a entrevu, à travers le nuage de préjugés dont sa vue d’aigle est souvent obscurcie , que la seule distinction naturelle qui sépare absolument l’espèce humaine de toutes les autres, c’est le privilège du langage. Ce fait est important à constater ; suffisant à rendre compte de tout ce qui, dans la supériorité singulière et hors ligne de l’Homme surtout le reste de l’Animalité, ne peut s’expliquer par la perfection relative de ses organes, il anéantit cette ridicule superstition, engendrée par l’orgueil et l’ignorance, qui assigne arbitrairement à des fonctions identiques des moteurs de nature diamétralement opposée et essentiellement différente, suivant que ces mêmes fonctions s’exécutent chez l’Homme ou chez les autres Animaux; qui entend nous faire admirer, dans les actions du premier, les opérations volontaires et libres d’une ame

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immortelle et divine, et nous défend de voir, dans les actions des seconds , rien , sauf les effets mécaniques d’un ressort vil et fragile , I’instinct.

182. Séparer l’idée générale de la multitude infinie des faits particuliers auxquels elle est unie pour que, dépouillée d’uu volumineux et inutile résidu, et telle qu’un aliment complètement assimilable, elle entre dans le récipient de la mémoire sans l’encombrer, se prête, sans le fatiguer, à l’élaboration digestive de l’esprit, et devienne partie du corps de connaissances d’où surgissent les déterminations de la volonté, tel est le résultat de la comparaison des choses , et celte opération intellectuelle est le prodrome incontestable de la plupart des actes accomplis par tous les Animaux Vertébrés dans l’ordre de la vie de relation.

183. Mais les idées générales tendent à se dissoudre par leur abstraction, et elles s’échappent bientôt de la mémoire si elles n’y sont maintenues par les liens de la sensitivité , si elles n’y sont fixées en unités concrètes renfermées sous l’enveloppe coercitive d’une expression formelle. Les représenter par un signe conventionnel et permanent afin de conserver ces richesses avec sûreté dans le trésor de la Connaissance, afin d’en rendre l’échange plus facile, afin d’en généraliser la salutaire influence et d’en augmenter progressivement la masse par le commerce intellectuel, et, finalement, afin de léguer ce capital acquis aux générations successives pour que chacune d’elles l’exploite, l’accroisse et le transmette à son tour, cl que l’Humanité aille ainsi se développant d’âge en âge, semblable à un Homme perpétuel, en savoir, en puissance, en bonheur, telle est l’œuvre merveilleuse, sublime, immense dont le se-

cret réside dans l’emploi d’un instrument magique, le Langage.

184. L’organisme de l’Homme, malgré la supériorité évidente de son développement, ne diffère néanmoins que par un degré insensible des organismes placés immédiatement au-dessous de lui dans la progression animale dont il est le terme le plus élevé. Mais la faculté de parler et d’écrire lui est conférée, et l’Homme alors n’est plus seulement le premier des Animaux, d’un bond il se place au-dessus et au delà de l’Animalité même : de la vie humaine il s’élève à la vie humanitaire, il s’élance dans le tourbillon du progrès social , il est reçu dans la communion et le consensus universels.

Mais, encore une fois, supposez l’Homme privé tout à coup de la faculté du langage, et ce sublime Coryphée de la Nature est dépouillé sur-le-champ de ses attributs. Il était le foyer unitaire de rayonnement et d’attraction, le soleil central d’amour, de génie et d’activité, qui entraînait dans sa route tous les Etres de la Terre vers la perfection infinie; ce n’est plus maintenant qu’un . échelon de l’échelle zoologique placé au-dessus du Chimpanzé; et celui-ci ne se trouve pas plus inférieur à ce voisin d’en haut qu’il n’est supérieur lui-même à celui qui vient immédiatement au-dessous de lui, car il le surpasse même sous plus d’un rapport.

Bref, il faut reconnaître qu’une fois dépossédé de l’instrument semi-artificiel qu’on appelle le langage, l’Homme déchoit des fonctions supérieures qui font de son espèce un règne à part dans la Nature. Incapable désormais de multiplier ses forces à l’infini par l’association et par l’élaboration commune des idées, ne possédant plus, par conséquent, ni traditions, ni sciences,

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