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Corollaire. — La différence ou l’altération des

DISPOSITIONS ÉLECTIVES DE L’ORGANISME DIFFÉRENTIATEUR DOIVENT NÉCESSAIREMENT OCCASIONNER TOUTES LES PRODUCTIONS RÉGULIÈRES OU ANORMALES POSSIBLES, COMPRISES SOUS LES DÉSIGNATIONS ü’iN- TERVERSION ET DE PERVERSION DES SENS.

Après avoir ramené d’une manière générale ces divers phénomènes physiologiques à leurs causes , il reste encore à faire connaître le mécanisme de leur génération; et, pour avoir une intuition quelque peu claire et précise de ce mécanisme , il ne suffit pas d’en énoncer le principe, il faut encore en montrer les rouages dans leur jeu combiné et leur action progressive; il faut, de plus, en exposer les procédés divers, propres aux différents cas particuliers. — Je trace ce programme sans avoir le dessein de le remplir, et je vais me contenter d’en ébaucher un ou deux articles sur des exemples.

328. Le Bœuf aime le Foin, et le Chien le déleste, avons-nous dit. De deux choses l’une :

Ou bien la saveur du foin et son arôme n’alfectenl point les mêmes facultés sensitives (les mêmes sousfacultés gusliques et osphrantiques) chez le Ruminant et le Carnassier, et alors rien de surprenant k ce que leurs appréciations diffèrent sur le caractère de la sensation que leur fait éprouver la même substance;

Ou bien l’action sensible du foin s’exerce sur les mêmes facultés, dans les deux espèces, et alors voici ce qui doit se passer pour que cette action produise, chez l’une, le plaisir, et chez l’autre, la peine :

Il n’est pas douteux que la saveur propre au mélange

de cent sortes de plantes, que nous nommons/om, ne soit une saveur composée et très-composée, c’est-à-dire portant sur plusieurs différentes sous-facultés du sens gustique. Supposons, pour plus de commodité, que celte saveur soit formée d 'amer, d 'acide et de doux, et que ces trois éléments entrent dans une telle combinaison par égale part.

En second lieu, admettons que, pour que la sensation gustique du foin soit harmonique, c’est-à-dire pour qu’elle soit agréable , il faille que les trois sous-facultés picrique , oxique et ghjcique (266), concourent à sa production dans le rapport suivant d’intensité d’excitation : 1 , 1 , 10 ; c’est-à-dire que la sensation d’amertume ait 1 d’intensité, celle d’acidité, 1 également, et celle de douceur, 10.

Cela posé, l’on se demande comment l’élément doux va pouvoir produire, sur le palais du bœuf, une impression dix fois plus intense que celle de l’élément acide et de l’élément amer, puisque, d’après l’hypothèse, la puissance excitative de ces trois agents est la même. Eh bien, il sufGra pour cela que la conductivité de l’organe de la faculté glycique soit dix fois plus grande que celle des organes picrique et oxique; il suffira, pour cela, que les fibres glyciques soient dix fois plus excitables que les fibres oxiques et picriques.

329. On conçoit donc que le défaut d’harmonie qui existe dans la combinaison des éléments sensibles, puisse se trouver neutralisé par une proportion d’excitabilité différente entre les éléments sensitifs correspondants.

Il est inutile de poursuivre jusqu’au bout la dissection de cet exemple. On comprendra que si le Chien diffère d’opinion avec le Bœuf sur le mérite d’une certaine saveur, c’est que, chez le premier, l’excitabilité relative

188 LA FACULTÉ, L’ORGANE, l’aGENT SPÉCIFIQUE.

des différentes fibres gustiques n’est point graduée suivant le rapport tout singulier qui détermine les goûts de l’herbivore, et le conduit, par un attrait nécessaire, vers une classe particulière d’aliments impérieusement réclamée par son système de nutrition.

Il ne sera pas plus difficile de s’expliquer par l’effet de quelle modification subjective, sans que rien ait été changé à la qualité intrinsèque de mon vin , il arrive que ce vin, irréprochable tantôt, me paraît amer à celte heure, justement quand ma santé s’est un peu troublée. C’est que la pondération normale des éléments du goût a partagé ce trouble, c’est que l’excitabilité des fibres picriques de mon palais se trouve anormalement accrue; et alors le tanin que contient le vin,, sans avoir augmenté de proportion , produit néanmoins un plus grand effet sur mon sensorium ; et, par là, faisant prédominer l’àpreté dans la sensation que celle boisson me procure , en dérange l’heureuse et délicate harmonie, et mêle ainsi le fiel au nectar, non dans la coupe, mais dans l’organe.

330. Mais n’est-ce pas une supposition gratuite que celle de la surexcitabilité se développant , sous l’influence d’un état morbide, chez une certaine classe de fibres composantes, à l’exclusion de leurs congénères? A cette objection je répondrai qu’il n’est pas plus difficile de comprendre cette modification isolée dans une classe de fibres que dans une classe de nerfs. Or, en ce qui concerne ces derniers, le fait n’est ni contestable ni contesté; la photophobie, l’horreur du bruit, la surimpressionnabilité par les odeurs, etc., sont des états que la Séméiologie a de tout temps constatés.

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