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système ganglionnaire possèdent des fibres de nature passive , au nombre de leurs fibres blanches.
Celte importante donnée nous ouvre la grande porte du mystère de l’influence du physique sur le moral : nous en franchirons le seuil un peu plus tard.
400. De ce qu’au nombre des fibres blanches de la vie organique il s’en trouve de nature passive, s’ensuit-il que celles de nature active en soient exclues? Assurément non ; et c’est précisément la conclusion contraire qui nous est positivement indiquée par l’analogie. La présence des fibres actives dans l’organisme végétatif se déduit logiquement de la présence des fibres passives , que nous venons d’y constater.
401. On le prévoit déjà, si nous parvenons à établir que le principe de la pensée est relié à tous les centres végétatifs par des conducteurs de sa puissance active, il faut reconnaître que la Pensée se trouvé mise, par cela même , en possession d’agir sur toutes les fonctions de la vie organique , et , par suite , d’en modifier 1 exercice et les produits (135).
402. Les preuves que nous pouvons apporter à l’appui de celte proposition sont de deux sortes, et se couoborent mutuellement.
1° L’anatomie du système nerveux cérébro-spinal nous apprend que chacun de ses nerfs est un faisceau composé de fibres actives et de fibres passives , qui se séparent, au passage de la Voie Rachidienne, en deux couches de menues radicules. Cette circonstance de 1 état de division extrême dans lequel se présentent les fibres de chacun des deux modes, au point de leur séparation, me semble une raison très-forte de présumer que fibies
DÉMONSTRATION analytique.
actives et fibres passives se réunissent réciproquement par leurs éléments primaires, dans le nerf, et que leuxconcomitance se continue sans interruption jusque dans les derniers filets de celui-ci.
2° La physiologie du système nerveux nous fournit d’un auti-e côté des indications dont la précision et la certitude ne laissent rien à désirer. D’après les auteurs les plus classiques , et de l’accord unanime des expérimentateurs, toute action exercée sur une fibre passive (excitatrice) est suivie d’une réaction portée par une fibx-e active (motrice) à l’endroit même où l’action excitante avait eu lieu, d’où il suit infailliblement que toute fibx-e passive correspond à une fibre active , avec laquelle elle a origine et direction communes. J’aurai l’occasion, un peu plus tard, de décrire l’expérience à l’aide de laquelle ces principes de l’organisation nerveuse ont pu être constatés.
403. A l’aide de quel prétexte pourrait-on soutenir maintenant que les fibres blanches déléguées par le système cérébi’O-spinal pour coopérer aux fonctions de la vie végétative, cessent, par le fait de cette simple circonstance, d’obéir à la loi générale, et, suivant toute probabilité, essentielle, qui préside à l’organisation des fibres céphaliennes dans le système de la vie de x-elation? Je ne puis prévoir qu’une objection ; c’est la difficulté de concevoir un rôle, une utilité quelle qu’elle soit, au plus grand nombre de ces fibres actives que , d’après les considérations qui précèdent, il faudrait supposer présentes sur tous les points de l’économie ox-ganique susceptibles de devenir le siège d’une sensation quelconque (399). On dira : « Sans doute, les fonctions des fibres blanches actives conduites au Cœur par les
trajets ganglionnaires ont un objet manifeste, qui est d’opérer la contraction de ce muscle ; mais les fibres blanches actives que vous placez parmi celles qui vont porter la vie au Foie du à la Rate , comment pourraientelles exercer le mode d’activité qui leur est propre, dans ces organes où il n’y a point de muscle à contracter? Car, déterminer les muscles à se contracter , c’est la seule fonction et l’unique vertu que nous connaissions aux fibres actives du système cérébro-spinal, et le seul rôle qui puisse justifier la présence de ces fibres dans un organe. »
404. Je consens à admettre que la contractivité est la propriété caractéristique attachée à toute fibre active d’origine céphalienne, et la seule qu’elle soit capable de manifester. Celte concession faite à nos contradicteurs, il suffira, pour les forcer à la retraite, de démontrer que celte propriété , considérée par eux comme incompatible avec la présence des fibres blanches actives dans des organes où l’Anatomie n’a pu déceler encore aucun tissu contractile, sert précisément, et suffit en entier, à rendre compte de l’existence de ces fibres sur ces points du corps. J’espère remplir cette tâche à l’entière satisfaction des esprits les plus rigoureux.
405. Les données de la science expérimentale, développées dans les considérations qui viennent d’avoir lieu, nous autorisent à tenir pour arrêtés les points suivants :
1° Les fibres grises , ou fibres végétatives proprement dites, sont une irradiation des ganglions, lesquels en constituent la souche , le cerveau , le point d’origine , enfin.
DÉMONSTRATION ANALYTIQUE. ZAt /
2° Il est des fibres grises, — et c’est naturellement le plus grand nombre, — qui accomplissent leur travail végétatif dans l’atelier même de la vie organique ; elles se rendent directement, et sans anastomose cérébrospinale, dans les viscères qui leur sont assignés, et dont le ganglion générateur de ces fibres est toujours situé à proximité. Par exemple, les fibres végétatives qui passent aux reins sortent des plexus rénaux, situés dans le plus proche voisinage de ces glandes. Celte catégorie de fibres grises sera distinguée par l’épilbète de phy tique (cpun/.oc, végétal , pour végétatif ), comme étant exclusivement attachée au laboratoire central de la vie végétative. D’autres fibres grises ont leur tâche à remplir en dehors de l’atelier commun, et comme (pour me servir d’une expression industrielle) à domicile, dans les domaines privés de la vie animale, tels que les bras, les jambes, les yeux, les oreilles, etc.; et se rendent dans ces organes, en quelque sorte étrangers, en suivant le chemin tracé par les fibres blanches, qui se trouvent en communication continue avec ces régions par le centre cérébral. En raison de leur connexion particulière avec le système de la vie animale , les fibres grises de cette dernière classe recevront la qualification de zoïques (Çojï/.o; , animal).
3° Les fibres blanches du grand-sympathique viennent des centres de la vie de relation, soit directement de l’encéphale, soit en passant par la moelle épinière, et elles vont se terminer dans les viscères avec les fibres grises qu’elles accompagnent.
4° Ainsi que les Fibres Grises, les Fibres Blanches, ou fibres d’origine cérébrale, peuvent se partager en deux catégories, d’après la distinction des deux sphères vi-
taies où elles vont respectivement exercer leur activité : celles qui font exclusivement partie du mécanisme de la vie animale recevront la dénomination de « fibres blanches zoïques » ; celles, beaucoup moins nombreuses, qui constituent la délégation de la vie animale dans le gouvernement de la vie végétative porteront, par ce motif, le titre de fibres « blanches pliytiques ».
Nous devons chercher maintenant à déterminer la connexion anatomique et physiologique de cet assemblage de conducteurs nerveux hétérogènes et hétéronomes, dont le mystérieux enchevêtrement constitue la solidarité et l’harmonie des deux grands centres vitaux, et réalise le grand phénomène de la vie.
406. Les fibres blanches phytiques nous apparaissent déjà en compagnie de quelque fibre grise à partir du point où elles sortent de leur centre cérébral, ou cérébro-spinal, et cette concomitance se continue ainsi, sans aucune interruption saisissable, jusqu’à leur terminaison dans les organes végétatifs.
Il est clair pourtant, — que le lecteur fasse ici un effort d’attention, — en rapprochant les diverses circonstances signalées, que la fibre blanche ne peut être accompagnée par la même fibre grise depuis son point de départ jusqu’à son point d’arrivée. En effet, la fibre grise qu’elle rencontre à la sortie du canal rachidien est une fibre zoïque (405. 2°) se rendant de son côté dans les centres de la vie de relation , tandis que notre fibre blanche phy tique (405. 4°) se dirige vers les centres de la vie organique. Ces deux fibres se côtoient donc, mais en tendant vers un but diamétralement opposé. Suivons la fibre blanche dans le sens de son trajet , et observons
en même temps comment se comporte sa collatérale à tendance contraire.
Il est évident que nous ne pourrons suivre celle-ci que jusqu’au ganglion, dont elle est sortie, et où elle prend naissance. Cependant la fibre blanche, après avoir traversé le ganglion , reparaît au delà, et reparaît accolée encore à une fibre grise (je dis une au lieu de plusieurs, afin de simplifier mon exposé et de le rendre plus net), avec laquelle elle va finir dans les viscères. Cette nouvelle fibre grise est donc autre que la première : c’est une fibre phylique. Celle-là est opposée de direction à la fibre blanche, celle-ci, au contraire, se dirige dans le même sens.
Représentons-nous donc les fibres végétatives blanches, actives et passives, comme déléguées par l’encéphale vers le grand-sympathique, passant par les portes de la voie rachidienne, se croisant là avec des fibres grises zoïques, qui s’en vont au cerveau, puis longeant à rebours le trajet de celle-ci jusqu’au ganglion générateur, étant reprises là par des fibres grises phytiques, continuant et achevant leur parcours avec elles.
407. Le centre de la vie animale embrasse ainsi, par son rayonnement nerveux, tout le système de la vie organique , et se trouve uni à chaque point végétatif par un double lien d’influence et de dépendance.
408. (Je nomme Point Végétatif, par allusion à « point sensitif « (289), la terminaison de la fibre grise, lieu où se manifeste l’activité vitale qui lui est propre.)
409. La détermination que nous venons de faire des rapports généraux de position entre les fibres blanches et les fibres grises, va nous être d’un grand secours pour
expliquer, dans son dernier acte , le rôle de la libre active. Voilà le point fonctionnel de la libre blanche active contigu au point fonctionnel de la libre grise concomitante, et les voilà enfoncés tous deux dans un organe sans muscles, je suppose, tel que le Foie, la Rate, les Reins, etc. Comment cette fibre active va-t-elle donc exercer son activité, puisque, d’après un principe que nous avons accepté (404), le pouvoir de cette fibre se borne à opérer la contraction musculaire?
410. Certainement, le seul rôle que nous connaissions jusqu’ici aux fibres qui sortent de la moelle épinière par les racines antérieures, c’est de contracter les tissus contractiles, et de là le nom de fibres motrices qu’elles ont reçu. Mais il est à observer que les tissus susceptibles de contraction sont loin d’être tous d’une même nature. Ainsi, la délicate membrane de l’Iris fait un contraste bien frappant avec le corps charnu, épais et compacte des Muscles.
D’après cette simple observation, il est évidemment donné aux fibres actives de contracter plus que des muscles, puisqu’elles contractent aussi la pupille. Dès lors, qui oserait affirmer qu’il n’exisle point encore d’autres tissus contractiles dont la profondeur des organes où ils seraient situés nous empêcherait d’apercevoir les mouvements comme nous apercevons ceux du biceps ou de la prunelle, et que leur ténuité, leur transparence, ou le mode de leur structure , déroberaient aux recherches combinées du scalpel et du microscope? Eh bien, puisqu’on ne saurait m’en disputer le droit, je veux supposer qu’une membrane contractile annulaire, analogue à celle de l’iris, entoure l’extrémité terminale de la fibre grise, comme d’un anneau capable de se rétrécir sous l’in-
fluence d’une excitation motrice, et de revenir à son point de dilatation ordinaire lorsque cette influence a cessé d’agir. Ce Sphincter Névrilemmatique de la fibre grise recevra ainsi l’insertion de la fibre blanche active concomitante, comme le Biceps et le Triceps reçoivent l’insertion du Musculo-cutané et du Radial , et sera soumis à l’impression contractive de cette fibre comme les muscles et la pupille sont assujettis à celle de leurs nerfs moteurs.
411. On nous demandait : Comment les fibres blanches actives du grand-sympathique peuvent-elles exercer leur propriété contractive dans des organes dépourvus de tissu musculaire ? — Je puis maintenant répondre : Les fibres blanches actives du système végétatif, fidèles à la loi générale de la physiologie des nerfs moteurs, ont pour fonction de contracter le Sphincter Névrilemmatique des fibres grises qui leur sont contiguës.
412. Ici, deux questions se présentent naturellement à l’esprit : 1° l’hypothèse de cet appareil de contraction, qui serait adapté à la terminaison de certaines fibres végétatives, si ingénieuse qu’elle puisse être, a-t-elle, après tout, plus de valeur qu’une pure fiction spéculative? 2° Et, l’existence du sphincter névrilemmatique étant admise, quel est le résultat ultérieur et définitif de ses contractions; bref, quelle est la raison d’être finale d’un tel organe? Je vais répondre par ordre.
413. La peau est toute pavée de petites élevures appelées Papilles , et ces papilles sont reconnues pour être les terminaisons des fibres innombrables qui viennent aboutir à la surface cutanée. Or les papilles sont suscep-
tibles à' érection, c’est-à-dire de contraction, ce qui est assez dire qu’elles sont formées d’un tissu contractile. Ce qui est vrai de la peau, à cet égard, l’est également de la membrane olfactive , et de toute membrane sensitive, donc l’érectilité est le caractère général. Le postulatmn de mon hypothèse se borne donc à étendre à des fibres dont les opérations immédiates nous sont cachées, une attribution commune à toutes les fibres chez lesquelles, grâce à leurs situations particulières, il nous est permis de la. constater par nos yeux.
414. Maintenant, disons quel est le résultat subséquent que nous attendons de la contraction du sphincter névrilemmatique de la fibre grise. Ce résultat, c’est l’excitation de cette fibre, et, par elle, l’excitation de la faculté végétative dont elle est l’organe (179. 12°). — Mais cette contraction peut-elle réaliser un pareil effet ? — Oui, car l’expérimentation nous apprend que la compression du nerf peut suppléer tous les autres modes d’excitation qui lui sont applicables (107), et l’on comprend sans difficulté que la contraction ou resserrement d’un anneau qui ceint la fibre grise doit avoir pour conséquence la compression de celle-ci.
415. Cependant notre explication, si laborieusement éclaircie , se voit obscurcir encore par une objection assez sérieuse. L’excitation de la fibre grise ne peut avoir d’autre effet immédiat, — d’après le principe fondamental de la fonction des nerfs, qui est d’être purement conductrice (43), — que le transport de l’impression excitatrice au centre nerveux , c’est-à-dire au ganglion où cette fibre prend naissance. Cette action nerveuse de la fibre grise excitée se dirigerait donc for-
cément de son point terminal à son point originel. Mais, d’un autre côté, la fibre grise est reconnue pour être le conducteur des actions végétatives , qui ont leur foyer dans le ganglion. Cette double circonstance semble impliquer d’une manière inévitable que la fibre grise peut prêter son canal à deux courants d’actions opposés, le courant centripète de l’excitation, et le courant centrifuge de l’action organisatrice (62). Or une pareille conséquence est en opposition diamétrale avec une des lois physiologiques les plus solidement établies; et cette loi, que nous avons déjà signalée , c’est — « l’unité constante de direction des actions nerveuses dans une même fibre » .
Cette conséquence est donc une erreur; — mais estelle bien rigoureusement déduite, est-elle bien réellement contenue dans les prémisses? — Nullement, et nous pouvons la sacrifier sans porter aucune atteinte à notre principe.
416. Pour rendre compte, conformément à toutes les données positives de la science, d’un effet nerveux du système végétatif, qui nous est attesté par les calculs de la théorie, mais qu’aucune observation directe ne peut vérifier, il suffira entièrement d’exposer l’explication expérimentale d’un phénomène analogue relatif aux nerfs de la vie animale, et dont l’analyse est absolument la même :
Vous exercez une piqûre sur le muscle d’un animal vivant, et ce muscle se contracte. La piqûre a-t-elle déterminé celte contraction par son action directe sur l’organe contractile? — Aucunement; car, si nous coupons les nerfs qui arrivent jusqu’à lui, l’action la plus violente ne saurait celte fois réussir à l’émouvoir. La contraction
musculaire est donc, dans ce cas-ci, le résultat d’une opération nerveuse suscitée dans les nerfs moteurs par l’effet de la piqûre.
Nous arrivons ici, comme on voit, à une difficulté en tout point semblable à celle qui fait l’objet de celte discussion, et, par une conséquence facile à saisir, la solution qui aplanira l’une fera disparaître l’autre du même coup.
Dans les fibres actives, la propagation est centrifuge; des lors, comment pourraient-elles servir à conduire l’excitation remontant du muscle jusqu’à la faculté motrice pour en redescendre ensuite et le contracter? Ce fait serait contraire à la loi de « l’unité constante de direction 55 ; la supposition en est donc inadmissible. Un nouveau coup de bistouri, et le nœud du problème sera tranché : on pratique la section des racines postérieures des nerfs que reçoit le muscle, et ses nerfs moteurs sont laissés intacts. Cela fait, on recommence à piquer. Mais pas la plus faible contraction de sé produire, cette fois, pas plus que si les nerfs actifs (moteurs ) avaient eux-mêmes été coupés.
417. Par cette expérience, il appert clairement que l’excitation artificielle pratiquée sur le muscle est perçue par les fibres des racines postérieures, ou fibres passives (excitatrices), puis transmise par elles au centre nerveux, et relancée ensuite sur le muscle par les fibres des racines antérieures, ou fibres actives (motrices). L’opération nerveuse d’où naît tout acte de contraction musculaire « involontaire 55 se produit donc au moyen d’un appareil que l’on peut se figurer comme un seul nerf ployé au centre nerveux en deux branches égales et parallèles, dont l’une apporte l’excitation à la faculté,
et l’autre la rapporte à son point de départ pour y déterminer les phénomènes de motilité.
418. Or, tous les muscles volontaires étant sujets à des contractions involontaires, nous sommes conduits à reconnaître , comme un principe fondamental de 1 organisation, que tout Élément Intégrant du système nerveux céphalo-rachidien se compose essentiellement de deux Éléments Composants de mode contraire, qui sont : une Fibre Passive, et une Fibre Active.
419. Il serait évidemment contraire à toutes les probabilités de supposer tout d’abord que cette dualité de constitution est particulière aux nerfs de la vie animale, et qu’elle est étrangère à ceux de la vie organique ; mais une considération plus approfondie du sujet transformera ces probabilités en des preuves décisives. J’affirme donc que les éléments nerveux sont constitués par des couples de libres hétéronomes (c’est-à-dire actives et passives), dans le système ganglionnaire comme dans le système cérébro-spinal. En effet, dans l’un comme dans l’autre, chaque centre nerveux réunit deux fonctions distinctes bien constatées, qui supposent deux forces agissant suivant deux directions contraires, et, par suite, deux conducteurs distincts pour les conduire séparément.
420. Nous devons donc considérer la Fibre Grise entière comme formée de deux libres complémentaires , dont l’une est passive et l’autre active. La première reçoit, par son sphincter, et transmet au ganglion, l’excitation qu’elle a reçue, soit de la fibre blanche active, soit de ses agents spécifiques; l’autre ramène cette excitation aux molécules subjacenles soumises à l’élaboration de la faculté végétative qui constitue le centre vital
où convergent ces deux fibres homogènes (c’est-à-dire de même origine) et hétéronomes.
421. Nous venons de déterminer le mode d’engrenage qui met en relation physiologique la fibre blanche active et la fibre grise passive. Nous ne pouvons supposer différent celui qui établit le même lien entre la fibre blanche passive et la fibre grise active. La fibre blanche passive, à l’instar de la fibre grise passive, porterait donc à sa terminaison un sphincter névrilemmatique soumis à l’action contractante de la fibre grise active qui lui est contiguë.
422. Avec les indications combinées de l’observation et de la logique , nous sommes parvenus à déterminer, jusque dans leurs plus mystérieux replis, les voies souterraines des opérations nerveuses les plus complexes. Le résultat graphique de cette exploration met en saillie une analogie remarquable entre le mode d’organisation des forces nerveuses et le mode offert par l’organisation d’un ordre considérable de forces inorganiques qui nous ont déjà servi de terme de comparaison pour faciliter l’intelligence des phénomènes dont nous nous occupons spécialement dans cet écrit. Le système nerveux cérébro-spinal ne nous apparaît plus simplement sous la forme vague d’un arbre formé de fibres blanches entremêlées de fibres grises, elle grand-sympathique est à nos yeux maintenant quelque chose de plus qu’une touffe de fibres grises mélangées de fibres blanches : ce sont — Deux Systèmes de Couples Nerveux formés individuellement d’un conducteur passif et d’un conducteur actif, lesquels sont séparés et réunis par un centre nerveux qui, dans le premier cas, est l’Encéphale; qui, dans le second cas, est le Ganglion.
423. La conjugaison des systèmes cérébro-spinal et ganglionnaire s’offre ainsi à notre conception, dans sa forme la plus simple et la plus élémentaire, comme la réunion d’un double ' couple blanc et d’un double couple gris par leurs éléments hétéronomes , la fibre active du premier couple se reliant à la fibre passive du second couple, et la fibre active de celui-ci se rattachant, à son tour, par un lien semblable, à la fibre passive de celui-là, et le tout réalisant un circuit nerveux complètement fermé, constitué par huit éléments, quatre couples, et deux foyers. Le courant nerveux engendré par cette sorte de batterie voltaïque vitale passe, successivement, de l’encéphale (E) à la fibre blanche- phytique active (cpw), de celle-ci à la fibre grisephylique passive (cp<f), et, de là, au ganglion (6’), duquel il sort par la fibre grise-phy tique active (cpm’), entre dans la fibre blanche-phytique passive (cpe), et revient dans l’encéphale ( E) ; s’en échappe une seconde fois, pour visiter les organes de la vie de relation; pénètre dans la fibre blanche-zoïque active
{On), arrive jusqu’à la fibre grise-zoïque passive (Çc’), la parcourt jusqu’à son ganglion {G), retourne par sa fibre grise-zoïque active (On) jusqu’à la fibre blanche-zoïque passive (Çe), et, par celle-ci, est reconduit pour la seconde fois dans l’encéphale (Ü’); et ainsi se trouve elfeclué un t'our complet de la révolution intégrale de l’action nerveuse sur le double cercle du mouvement vital.
Les flèches indiquent la direction des actions nerveuses dans chaque fibre.
Observation. — Par « le courant d’actions nerveuses » dont il est ici question, il ne faut pas entendre un courant d’électricité nerveuse qui serait censé passer d’une fibre à l’autre, et accomplir, sans interruption, tout le parcours de leur circuit. D’après la description que nous venons de tracer, les courants névro-électriques sont limités à chaque fibre ou à chaque couple, et V action qui se transmet d’un couple à l’autre a lieu , non par un influx , mais par une excitation dont l’effet immédiat est purement mécanique, consistant dans la contraction d’un sphincter.
424. La figure ci-devant, à laquelle se rapportent a titre de renvois les lettres placées entre parenthèses dans le texte du précédent numéro, est une reproduction graphique de la description que je viens de donner du Circuit Nerveux. Celte figure remplit un objet purement théorique; elle n’a aucune signification au point de vue de l’Analornie Descriptive. Il ne faut y voir autre chose qu’un procédé de didactique employé dans le but de prêter le secours de la vue à l’intelligence, dans 1 étude de l’histoire d’un des phénomènes les plus transcendants que présente la Nature, c’est-à-dire afin que nous puissions plus aisément nous rendre compte de la succès-
DÉMONSTIt ATION A X A LYTIQUE.
sion et de l’enchaînement des phases parcourues par les actions nerveuses dans l’échange continuel qui s’en fait entre la vie animale et la vie végétative pour l’entretien permanent d’une union, gage de l’existence des Corps Animés, et dont la cessation est la mort.