‹ Electro-dynamisme vitalChapitre 65 sur 77 · VITAL · texte numérisé non relu

VITAL

496. Le caractère primitif et fondamental de toutes les productions de la Nature , c’est le Mouvement. Physiciens et Métaphysiciens acceptent cette proposition comme un axiome, car c’est l’énonciation dune loi à laquelle on ne peut trouver d’exception, et à laquelle, bien plus, on ne conçoit pas qu’il en puisse exister une seule ; c’est une vérité qui s’impose tout à la fois aux sens et à la raison , et tel est le principe dont nous avons extrait, théorème par théorème, l’analyse tout enlièie qui vient d’être développée. Nos prémisses sont donc inattaquables ; ce sera maintenant au lecteur à juger si les conséquences en ont été déduites avec cette rigoureuse précision de dialectique dont 1 auteur se flatte de ne s’être point départi un seul instant. Pour venir en aide à ce jugement, nous allons terminer en jetant un coup d’œil rétrospectif sur les propositions principales qui sont comme la trame de ce traité. Ce seront des jalons posés de distance en distance, dont l’alignement nous permettra d’apprécier la concaténation logique de la théorie , et dont la direction marquera la tendance finale

RÉSUMÉ DE LA THÉORIE DE l’ ÉLECTRO-DYNAMISME VITAL. 30J

de ses conséquences, et nous conduira jusqu au champ de ses dernières applications.

497. Le Mouvement, avons-nous dit, c est le phénomène objectif essentiel et universel dont tous les auties sont sortis; c’est le fait qui prélude à la génération de tous les produits de la Nature, et cette génération tout entière n’est qu’une modification de ce premier effet de la première cause génératrice.

Or l’idée de mouvement implique, d’une manière nécessaire, l’idée d’un Moteur et celle d un Mobile (ce mot pris dans le sens qu’il a comme adjectif) ; 1 idée d’une force active agissant sur une force passive.

Ainsi-, tout étant produit par l’intermède du mouvement, la Cause Première Universelle se dédouble dans notre esprit en deux forces complémentaires en qui sont résumées toutes les autres : la Force Motrice Universelle, et la Force Mobile Universelle. Le dernier de ces deux principes est désigné communément par la dénomination de Matière.

498. La question dont le sphinx a dévoré cent générations de philosophes, et qui pèse sur le cœur de l’Humanité comme un éternel cauchemar, la question suprême « de la Cause Première » , qui comprend celles « de la nature et de la destinée des Etres » , se trouve décomposée maintenant en ces deux questions secondaires :

1° Qu’est-ce que le Principe Moteur Universel; quelle est sa nature intrinsèque?

2° Qu’est-ce que le Principe Mobile Universel; quelle est sa nature intrinsèque?

Voici comment nous nous sommes acheminés vers la solution de ces deux problèmes :

,31U CONCLUSION GÉNÉRALE

499. Le moteur premier, pour agir directement sur la matière, emploie un procédé uniforme, son action se manifeste primitivement par un seul et même fait, un fait invariable, V Attraction.

En outre, de même que l’action du moteur premier est uniforme, pareillement c’est une seule et même modification de la matière , c’est la même espèce matérielle, qui est affectée à recevoir le choc immédiat de cette force ; et cette espèce matérielle , c’est Y Électricité.

L’Electricité est ainsi l’agent mobile immédiat, le ministre général, le levier universel, de la Force Motrice Première. Intermédiaire unique entre les deux éléments de la cause universelle, ses opérations sont l’image fidèle des opérations du principe moteur, et constituent ce que l’on pourrait appeler la première lnjpost’ase de ses propriétés actives; elles sont l’origine de toutes les modifications de la matière; elles forment l’expression •synthétique de l’ensemble tout entier des relations prochaines ou éloignées existant entre celle-ci et son moteur universel. C’est donc la physiologie de l’Électricité qui doit devenir notre clef d’initiation à la connaissance des principes de la Nature, à la connaissance de leurs propriétés intrinsèques, à la connaissance de leurs rapports.

500. L’Electricité exerce ses fonctions dans des types de formation matérielle, dans des Corps, qui varient à l’infini. Les Corps Organisés , et particulièrement les Corps Animés, sont ceux où elle produit la plus grande variété des phénomènes, où elle déploie ses attributs dans leur plus splendide richesse. C’est encore là qu’elle offre l’accès le plus facile à la contemplation de ses opérations originelles, et c’est là enfin que s’ouvre l’unique voie vers la détermination des propriétés intimes., des

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propriétés subjectives, du moteur premier, auquel nous donnerons maintenant l’appellation plus précise de « Principe Électro-Moteur». D’autre part, la Physiologie Animale étant la révélation des mystères de notre propre vie a pour nous un intérêt que ne saurait égaler aucune autre branche de la science. Ces considérations doivent nous déterminer à choisir l’Homme comme sujet de l’étude de l’électricité, pour nous élever à la plus haute connaissance possible de la Nature en général, et de la nature humaine en particulier. En conséquence , nous avons restreint l’étude de l’électricité a 1 étude de 1 Electricité Nerveuse (42).

501. L’exercice des relations naturelles établies dans le système humain entre les forces motrices et les forces mobiles, par l’intermède de l’électricité nerveuse, réalise le phénomène de la Vie.

Le principe moteur des actions vitales, que nous pouvons désigner maintenant par la dénomination plus serrée de « Principe Névrélectro-Moteur » , se manifeste, dans chaque animal, en plusieurs individualités distinctes, qui sont toutes coordonnées et plus ou moins étroitement subordonnées à une individualité centrale qui a son siège au cerveau (ou dafis la partie du système nerveux qui correspond à cet organe chez les espèces qui en sont privées).

Or cette force névréleclro-motrice centrale est reconnue pour être identique au principe de la Pensée, pour constituer la personnalité pensante de l’animal. La définition du névrélectro-molcur central rentre dès lors, et se confond , dans la définition de ce que nous sommes convenus d’appeler Ame, dans l’acception individuelle de la chose, et Esprit, dans son acception absolue et essen-

d J * CONCLUSION GÉNÉRALE.

lielle (c’est ainsi que l’on dit un Homme pour désigner un individu appartenant à V Humanité, et que l’on emploie ce dernier terme pour exprimer, d’une manière générale, la nature essentielle de tous les hommes).

La force névrélectro-motrice centrale peut être analysée, dès lors, jusque dans sa nature subjective, puisque cette force n’est autre chose que l’àme, et que l’âme, qui a le pouvoir de se réfléchir dans elle-même, constitue précisément l’intelligence de l’investigateur. Celte analyse nous révèle donc que la force névrélectromotrice centrale est un principe constitué par le triple attribut de la Sensitivité, de l’ Intelligence et de la Passion.

502. Il n’est pas un de nous qui ne se croie pleinement en droit d’inférer, de la similitude des seules apparences, à l’existence, chez tous les hommes, d’une âme de même nature que la sienne, bien que cependant il lui soit absolument impossible de s’assurer de la réalité du fait par aucune expérience subjective, — car l’on ne peut sentir par les sens de son voisin, car l’on ne peu ipenser par son intelligence, car l’on ne peut désirer par ses passions.

Eh bien, si nous nous laissons conduire jusqu’à cette généralisation par l’analogie, la raison exige que l’analogie reste notre seul guide jusqu’au bout, au mépris des clameurs de la superstition qui s’efforce de lui disputer ce privilège. Voici donc les conséquences finales où nous conduit tout droit celle voie d’induction dont le point de départ est accepté par tout le monde :

1° Toutes les Forces Névrélectro-Motrices , Cérébrale, Spinales et Ganglionnaires (210), sont de nature identique;

2° Les Forces Névrélectro-Motrices, et toutes les Forces

résumé de la théorie de l’électro dynamisme vital. 313

Électro-Motrice^ les plus diverses dans leurs manifestations, sont de nature identique;

3° La nature du Principe Moteur est partout la même, elle est partout identique au principe moteur de la Vie, elle est partout Esprit, c’est-à-dire Sensitivité, Intelligence et Passion, réunies en une trinité individuelle dans un nombre infini d’unités atomes dont chacune s’appelle une Ame, et dont l’ensemble — nous le démontrerons ailleurs — constitue intégralement tout ce qui est.

503. Par des voies que la théorie vient de nous frayer, nous venons d’arriver jusqu’à un point — que nul encore n’avait atteint — d’où l’oeil découvre enfin la solution de l’un des deux grands problèmes de l’existence : pour résoudre le second , nous avons été obligés de prendre une marche différente dans laquelle nous avons été dirigés par le critérium infaillible de la géométrie. On comprend que ce n’est pas ici le lieu d’exposer les opérations de cette analyse ; bornons-nous à en proclamer le résultat :

Il n’est point deux principes dans l’Univers, il n’en est qu’uN, duquel procède tout ce qui est; ce principe unique, c’est PEsprit, et la Matière n’est pas autre chose que sa manifestation objective.

Après celte courte exploration sur l’Ontologie Générale, nous rentrons dans le domaine privé de la Biologie de l’Homme.

504. Agent de toutes les relations fonctionnelles de l’Ame avec son organe immédiat, le Cerveau, et avec toutes les fonctions de l’organisme, et toutes les forces du monde extérieur avec lesquelles clic est susceptible d’entrer en rapport d’influence ou de dépendance; agent

CONCLUSION GENERALE

général de toutes les fonctions organiques et de toutes les modifications que peuvent déterminer en elles les forces du milieu ambiant, l’Electricité Nerveuse devient le grand axe de la vie, et la physiologie de l’électricité nerveuse devient la clef de la science naturelle de l’Homme envisagée sous tous ses aspects.

Ainsi, l’analyse de l’électro-dynamisme nerveux nous a déjà conduits à une foule de solutions inattendues sur la nature des forces vitales ; sur le mécanisme de leurs fonctions; sur le système, jusqu’ici inexplicable, des relations actives et passives établies entre les deux grands pôles vitaux, animal et végétatif; sur le procédé suivi par les actions morales et les actions physiques du monde extérieur, les premières, pour modifier directement l’état de l’Ame, et indirectement l’état du Corps; les secondes, pour exercer une influence directe sur le Corps, et, sur l’Ame, une influence indirecte. C’est à la théorie de l’électro-dynamisme vital qu’il appartient encore, et à laquelle il est particulièrement réservé , de dissiper le mystère de ces facultés transcendantes, transitionnelles, et en quelque sorte tératologiques, jusqu’ici méconnues par la Physiologie, et qui viennent, dans ces derniers temps, d’attester solennellement, en face des savants consternés, leur existence et leur portée incalculable, par une explosion de faits dont tout un continent a tremblé , et qui a ébranlé sur leur antique base les croyances séculaires qui servent de colonnes aux diverses sociétés du Globe, et que la prochaine secousse du volcan va peut-être faire crouler jusqu’à la dernière pierre!

505. Toute science spéculative est destinée à servir de charpente à une science applicative : privée des appuis de la première, celle-.ci ne serait qu’un amas

RÉSUMÉ DE LA THÉORIE DE l’ÉLECTRO-DYNAMISME VITAL. 315

informe de matériaux amoncelés sur le sable mouvant ; sans la seconde, quelque savante et quelque sublime que fût l’architecture de celle-là, elle n’en resterait pas moins une construction inutile-, une œuvre qui appellerait l’admiration, mais qui ne rendrait aucun service. La révélation des lois qui coordonnent les éléments de la nature humaine doit donc nous conduire à une découverte plus immédiatement utile, à la découverte de l’art de cultiver cette nature, c’est-à-dire d’assurer intégralement l’exercice et le développement réguliers de ses facultés, et par là de procurer à l’Etre Humain la plus grande somme de bonheur, ce qui est l’accomplissement final de sa destinée.

Or, de même que la physiologie de l’électricité nerveuse nous fournit les plus précieuses données pour déterminer la science spéculative de l’Homme , c’est elle encore qui nous donne les. indications les plus lumineuses, et qui nous pourvoit des moyens les plus puissants, pour la constitution de V Hominiculture ; c’est elle qui nous dévoile les voies secrètes des agents qui ont puissance sur les phénomènes de la vie; c’est elle qui nous apprend à faire profiter l’àme des influences physiques, et à faire bénéficier les organes des modifications de l’état moral ; c’est elle qui nous enseigne à faire un remède de chaque poison; et, enfin, l’électricité nerveuse devient elle-mcme un instrument inestimable au service de la Santé et de l’Evolution physiques, intellectuelles et morales de l’être humain.

50G. Pour faciliter l’intelligence de cette analyse des applications, a l’étude de l’Homme, de la théorie de 1 électro-dynamisme vital, nous allons présenter dans un tableau synoptique celles des principales branches de

CONCLUSION GÉNÉRALE

celle élude qui ont une relation plus spéciale avec notre théorie; et, afin de donner le reliefle plus saillant aux rapports et aux oppositions que cette sorte de figure analytique a pour but de faire ressortir, nous tirerons parti pour cela des signes de la caractéristique fouriérienne, qui nous paraissent éminemment propres à favoriser ce résultat.

Nous désirons que les disciples de Fourier, qui ont accueilli partout notre personne, ainsi que nos idées, avec la sympathie la plus cordiale, voient, dans l’usage que nous avons essayé de faire des procédés métaphysiques introduits par leur maître, une preuve de l’intérêt profond que nous avons pris à 1 importante doctrine à laquelle nous leur serons à jamais reconnaissants de nous avoir initié.

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