QUI ONT LE PLUS DE LIAISON AVEC
LA THÉORIE DE l’ÉLECTRO-DYNAMISME VITAL.
X ANTHROPOLOGIE, science intégrale de l’Homme.
X Anthropophvsie, histoire na- >< Anthropopedie , ou Hominitu relie des fonctions de culture, art de la conserva-
l’Homme. tion et de la réparation de
l’équilibre fonctionnel et de l’application régulière des facultés, dans l’Homme.
Y Psychologie , histoire naturelle de l’Ame, considérée dans son
principe, dans ses opérations, et dans ses rapports avec le cerveau.
Psycho-Somatologie , histoire naturelle des relations anatomiques et physiologiques existant entre l’Ame et le Système Organique.
\ Somatologie, histoire naturelle du Système Organique considéré dans ses fonctions, dans ses forces et dans son mécanisme.
V Idio-Psychopathie , histoire naturelle de l’Impression Mentale
sur l’Ame.
> Hétéro-Psychopathie , histoire naturelle de l’Impression Mentale sur la Vie Organique.
Hétéro-Somatopathie , histoire naturelle de l’Impression Physique sur l’Ame.
\ Idio-Somatopathie , histoire naturelle de l’Impression Physique sur la Vie Organique.
X Hyper-Cinésiologie , histoire des fonctions de 1 Impressivite Extra-Corporelle (Influence Mesmérique, Actions Surnaturelles , etc. ).
T, Hyper-Esthésiologie , histoire des fonctions de l’Impressibilité Extra-Corporelle (Perception par les sens des Agents Mesmériques, Odiques, etc.; Clairvoyance, Seconde Vue, Divination.)
CONCLUSION GÉNÉRALE
SECTION DEUXIÈME
APERÇU SYNTHÉTIQUE SUR QUELQUES APPLICATIONS TRANSCENDANTES DE LA THÉORIE DE l’ÉLECTRO-DYNAAIISME VITAL.
Le tableau qui lermine la section précédente nous offre le programme méthodique de toute une philosophie inédite, et forme ainsi la limite naturelle entre un premier livre fini et un deuxième livre à commencer. Il ne me paraît cependant pas hors de propos de donner encore ici l’analyse à grands traits de quelques-unes de ces hautes questions qui nous sont posées par la théorie de l’électro-dynamisme vital , et pour la solution desquelles elle nous promet en outre les données les plus précieuses. Je vais donc terminer ce travail par quelques ébauches détachées qui seront comme des pierres d’attente pour un traité spécial d’une portée supérieure. La forme libre de ces quelques articles à bâtons rompus aura en outre l’avantage de nous reposer de la méthode didactique, dont nos esprits viennent de subir la rigueur pendant tout le cours d’une dissertation de longue haleine.
§ Ier-
L'Esprit et la Matière; l’Ame et le Corps.
J’ai été mis, dix ans il y a, sur la voie d’un nouveau calcul qui, par la méthode infinitésimale — dont le principe découvert par Newton et Leibnitz, il y a environ deux cents ans, est loin encore d’avoir dit son dernier mot, — m’a conduit (sauf la preuve de mon assertion) à résoudre celte question éternelle « de l’Esprit et de la
l’esprit et la matière; l’ame et le corps.
Matière», vampire des plus fortes intelligences qu’elle a épuisées dans des élucubrations sans fruit. Je ne puis songer à produire ici les opérations d’une analyse dont l’exposé forme un volume, et que je me propose de soumettre in extenso à la science compétente; je me bornerai donc, quant à présent, à en faire connaître le résultat général, et à répondre sommairement aux principales objections que ma proposition me semble de nature à soulever.
Les Physiciens et les Géomètres sont unanimes pour affirmer qu’ils savent, comme une vérité évidente et parfaitement adéquate à leur intelligence, que la Matière est divisible à l’infini.
En outre, ils déclarent comprendre avec une limpidité non moins parfaite que la destruction d’un corps ne peut avoir lieu que par la séparation de ses jiarties composantes.
Dès lors, il est permis de considérer la totalité de la matière comme une agrégation de Molécules infiniment petites que nous devons, par cette raison, considérer comme indivisibles, et, partant, comme indestructibles.
Par une autre série de démonstrations trop neuves et trop étendues pour que je puisse me permettre de les indiquer ici, j’établis rigoureusement cfi1 il y a égalité absolue entre toutes les Monades, ou molécules élémentaires.
J’arrive d’autre part à démontrer que chacune de ces molécules, absolument élémentaires et similaires, esta la fois agent et patient, moteur et mobile, par rapport aux autres.
Or nous avons prouvé par voie d’analogie , dans la
CONCLUSION GÉNÉRALE
première section de ce chapitre (et cette démonstration relative est corroborée, dans notre analyse abstraite, par une démonstration absolue ), que tout moteur premier est nécessairement de nature volitive , est une Ame.
El de là nous sommes poussés inéluctablement à cette dernière conclusion : un principe homogène occupe seul l’univers entier; sa manifestation subjective s’appelle « l’Esprit » OU « GÉNÉRATEUR DE LA PENSÉE » ; SA MANIFESTATION OB- JECTIVE , c’est « la Matière » .
Pour faciliter l’intelligence de ce théorème, il convient de résoudre certaines questions secondaires qui se présentent à sa suite.
Les Matérialistes , qui nient l’âme immortelle uniquement parce qu’ils n’aperçoivent pas la possibilité de la comprendre autrement constituée que par une agrégation de parties, sont forcés d’abjurer devant celte démonstration inattendue que le principe de la pensée réside tout entier dans la monade, dans la molécule élémentaire , dans la molécule indestructible , inaltérable.
Les Spiritualistes, dont la croyance en l’éternité de l’âme se fonde, au contraire, sur l’opinion préconçue d’une absolue incompatibilité de nature entre l’Esprit, qui est « immortel et divin » , et la Matière , qui est « vile et périssable », ont une répugnance passionnée pour tout ce qui tendrait à l’identification de ces deux choses, qui, à leurs yeux, sont comme Oromaze et Ahrimane, et s’excluent comme le bien et le mal. Les arguments qu’ils font valoir à l’appui de leur préjugé me paraissent des moins captieux , et il me semble aisé de leur trouver une réponse péremptoire.
Qu’esl-cc donc que la matière , sinon la réunion de ses propriétés ? — Rien de plus,, incontestablement. Eh
l’esprit et la matière, l’ame et le corps. 321
bien, demandons-nous maintenant ce que sont ces propriétés dont le concours donne lieu à ce que nous nommons matière : ce sont des propriétés sensibles , et la matière, c’est ce qui tombe sous nos sens. Il est impossible d’échapper à cette définition.
Or nous avons suffisamment établi, et, d’ailleurs, tous les Physiciens s’accordent à reconnaître , que les propriétés « sensibles » ne sont autre chose qu’une réflexion des propriétés « sensibles « , c’est-à-dire que les qualités par nous attribuées aux objets sur le témoignage de nos sens sont précisément des attributs qui n’appartiennent en réalité qu’à nos sens eux-mêmes. Ainsi, ce que nous croyons voir dans la matière, c’est notre sensorium, c’est notre âme, se contemplant elle-même comme en un miroir. La matière, c’est donc l’image de notre sensorium, c’est donc l’image d’une face de notre âme : dès lors, la dernière supposition qui se pré' sente, c est celle d une différence quelconque pouvant exister entre deux choses coïncidant si exactement entre elles qu’il n’est pas de démonstration possible de leur existence distincte.
L'Etendue est le caractère essentiel de la Matière : d’où peut donc la matière tirer celle propriété s’il est vrai qu’elle soit le produit de l’agrégation de molécules simples, c’est-à-dire formée d’éléments dépourvus euxmêmes de dimension? Un nombre infini de zéros pourrait-il produire une unité? — Je réponds : L’étendue de la matière ne résulte point de la juxtaposition de molécules privées de largeur, de longueur et d’épaisseur; die lésulte de leur intervallation , de leur espacement. .
CONCLUSION GÉNÉRALE
C’est ainsi que les volumes se forment par des séries de points , de lignes et de surfaces géométriques , non par la superposition immédiate de ces éléments , — ce qui donnerait un produit nul , — mais par leur succession espacée.
L’Être existant par lui-même, l’Être sans commencement ni fin, l’Etre indivisible, l’Être indestructible, l’Etre immortel, ne peut être mathématiquement compris que comme une Monade, que comme une molécule élémentaire :
Que peut donc être la Molécule Elémentaire , sinon une âme ; et que peut être l’Ame , sinon la molécule élémentaire, principe de tous les corps?
Si la matière a pour unique élément l’Esprit , c’est-àdire un principe qui est sensitivité, intelligence et passion , ne faut-il pas forcément en conclure que ce qu on nomme la « matière inerte » possède également ce double attribut, et que, par exemple, un Caillou jouit de la faculté de sentir, de comprendre et de vouloir ?
Cette absurde conséquence est une fausse application de notre principe 5 une comparaison en mcllia facilement le vice à découvert : en voyant une multitude d’animaux de différentes espèces, hommes et bêtes, encombrer un champ de foire, pouvons-nous diie qui cette agglomération confuse constitue un elre animé ? Assurément non; et pourtant cette masse se compose d’êtres animés. Le caillou, de même, représente un
l’esprit et la matière, l’ame et le corps. 323
assemblage d’âmes, mais il ne s’ensuit pas nécessairement que cet assemblage réalise la coordination harmonique d’où naît l’unité de tout corps vivant.
Ces observations nous conduisent à interroger notre théorie sur les causes de la différence qui se manifeste avec tant d’éclat entre les Corps animés et les Corps inertes.
Le principe de la vie, c’est-à-dire les sens, l’intelligence et la passion, la volonté et l’activité, se trouve renfermé intégralement et exclusivement dans la molécule élémentaire, dans la monade ; ainsi, chaque monade constitue une individualité pensante, une personnalité animique, une âme, enfin ; et deux monades constituent deux individualités, deux personnalités animiques, deux âmes. Il serait donc absurde de supposer que deux ou plusieurs monades puissent s’absorber en une seule, que deux ou plusieurs âmes puissent être confondues pour ne plus en faire qu’une. Un caillou ne saurait donc constituer une individualité animique 5 mais cette masse îepiesente un nombre d individualités animiques égal à celui des molécules élémentaires, ou monades, dont elle est formée.
bref, l’àme est tout entière dans l’unité de la monade , et de la multiplicité des monades prend naissance 1 étendue et toutes les propriétés sensibles, ce que nous appelons « la matière ». Conséquemment, une totalité de monades ne peut engendrer une unité animique résultante, une âme composée, mais engendrer seulement une unité matérielle , et celle unité matérielle s’appelle un Corps.
Or les monades sont sujettes à suivre , dans leur rapprochement, des systèmes d’association fort divers, et,
324 CONCLUSION GÉNÉRALE
de là, la Variété des Corps. Toutefois, ces différents systèmes peuvent tous se réduire à deux types généraux, et tous les corps à deux classes générales.
Les monades se groupent en mode simple ou en mode composé. Dans le premier cas, elles se distribuent d’une manière uniforme, jouent toutes le même rôle, et l’importance de chacune égale celle de sa Voisine : elles forment un groupe sans chef; dans le second cas, une d’elles prend le centre, et les autres se rangent et pivotent autour, comme les planètes gravitent sur leur soled : elles forment un groupe sous un chef.
Les corps dus à l’association simple des monades, sont des Corps Inorganiques ; les corps constitués par leur association composée , sont des Corps Organisés et Vivants.
On dit des corps organisés qu’ils sont doués d 'une âme, dans ce sens que, parmi les âmes (ou monades) dont ils sont formés , il en est une qui est à la tête de toutes les autres, et à la présence de laquelle est attachée la durée de l’existence du corps tout entier. Tant que l’âme centrale occupe sa place dans le corps, le tourbillon de monades qui le constitue continue à rouler harmonieusement sur son foyer d’attraction : le Corps vit. Quand l’astre 'central abandonne son aire, les astres secondaires s’arrêtent sur leur cercle, des centres de gravitation divers les attirent ailleurs dans de nouveaux orbites, et ils sont dispersés : privé de son âme, le Corps MEURT.
Ce qu’on doit entendre par « l’Ame d’un Corps» , c’est l’âme centrale, l’âme directrice de ce corps; et ce qu’il faut entendre par « le Corps d’une Ame » , c’est le corps dont cette âme est actuellement le chef. Ainsi nous pou-
l’esprit et la matière, l’ame et le corps.
vous dire que le caillou n’a point d’âme, est sans individualité pensante , parce que c’est un corps inorganique, parce qu’il manque d’une âme centrale; et, en indiquant le corps vivant que nous nommons un homme , nous disons que ce corps a une âme, dans ce sens qu’une âme unique en centralise toutes les parties en une unité complète et adéquate.
L’individualité personnelle d’un corps vivant est donc réalisée par la présence de son âme centrale; mais n’oublions pas qu’en celte âme réside cette personnalité tout entière, et qu’à elle seule s’applique véritablement le nom par lequel nous indiquons l’individu. Quand nous désignons le corps par le nom de l’àme , c’est donc par une extension métonymique des attributs du contenu au contenant, qui n’est permise qu’autant que l’bôte est dans la demeure. Quand vous dites : « Mon ami Jacques » , c’est bien l’individualité animique , c’est bien une âme et non plusieurs âmes que vous entendez nommer; pourquoi dès lors employer une locution mensongère qui, en défigurant la vérité, fait 'germer les erreurs les plus funestes? Ah! ne dites plus : « Je vais accompagner mon ami Jacques à sa dernière demeure » , car ce que vous appelez encore votre ami , ce n’est plus déjà que son manteau de i*ebul !
Les âmes, avons-nous dit, ce sont les monades, et les monades sont toutes égales entre elles. Comment, à ce compte, les âmes des différentes espèces animales (sans parler des cires inférieurs) accusent-elles donc une inégalité qui suit tous les degrés de l’échelle zoologique ?
CONCLUSION GÉNÉRALE
Quel abîme n’y a-t-il point entre l’âme humaine et l’âme d’un Polype?
Comme chaque âme est essentiellement et absolument ce qu’elle est, par elle-même, et que toutes les âmes sont supposées égales entre elles , — si nous les considérons abstractivement, c’est-à-dire comme des monades isolées les unes des autres, et libres de toute dépendance réciproque, le développement de leurs facultés, l’expansion de leur puissance, devront nous apparaître aussi étendus qu’ils le sont dans l’âme qui, dans le fait concret, se manifeste dans la plus haute perfection imaginable ; en un mot, le développement de leurs facultés, l’expansion de leur puissance, devront être considérés comme infinis.
Pourquoi donc , dans les phénomènes partiels qui tombent sous notre observation, le pouvoir des âmes se montre-t-il limité et inégalement borné? — De la coexistence des âmes il doit résulter que leurs sphères d’action se rencontrent, et, par suite, se limitent réciproquement. Ainsi, l’expansion des pouvoirs de chaque âme est arrêtée par la présence des âmes environnantes, c’est-à-dire par la matière, qui, par conséquent, ne doit plus être définie V instrument de l’esprit, mais son frein. D’autre part, nous avons constaté tout à l’heure que la matière n’est point constituée partout de la même manière, c’est-à-dire que les âmes qui composent un même corps ne sont point, chez tous, groupées d’après le même système de position et d’influence relatives. Dans les corps inorganiques, nous devons les concevoir comme se partageant par égales parts l’aire commune d’expansion; au contraire, dans les corps organisés, toutes semblent s’être réunies en vue d’une seule d’entre elles, en
l’esprit et la matière, l’ame et le corps.
fout leur centre de gravitation, et se disposent tout autour dans un ordre ménagé pour diminuer l’obstacle naturel qu’elles opposent à son essor. Cette distribution spéciale des monades, destinée à favoriser l’exercice des facultés d’une âme centrale, c’est ce qui constitue I’organisatiOn. On conçoit donc que plus sera développée l’organisation d’un corps , plus les pouvoirs de son àme seront libres d’entrave, plus ils se montreront étendus, plus ils nous apparaîtront grands. Nous pouvons donc résumer les considérations qui précèdent dans les conclusions suivantes :
1° La Matièrb est un composé de Monades, ou atomes indivisibles.
2° La différence des Corps résulte d’une différence dans le mode d’association des monades qui les composent.
3° La Monade est une Ame.
4° Toutes les Ames sont virtuellement égales entre elles,