RAISON DU DÉVELOPPEMENT ORGANIQUE DE SON CORPS
Un grand abus est fait du mot « Esprit » ; parmi les acceptions diverses dans lesquelles il est employé , les unes sont tranchées, et il est facile de les distinguer; d’autres, au contraire, se trouvent si vaguement définies
CONCLUSION GÉNÉllALE.
qu’elles se confondent sur plusieurs points, et donnent lieu aux méprises les plus graves. Il convient de signaler ici ces inconvénients du vocabulaire , afin qu’il soit possible d’en éviter dorénavant les fâcheuses conséquences.
Esprit, dans le sens que nous lui attribuons dans cette dissertation , désigne « la nature essentielle de l’âme » . (C’est ainsi que le mot enfance sert à désigner abstractiveraent la nature d’un être concret que nous appelons un enfant. ) Or certains philosophes peu attentifs ont confondu dans la même idée celte signification du mol avec sa signification étymologique, qui est celle de souffle, et qui, par extension, embrassp tout ce qui appartient à la matière la plus subtile dont l’Air représentait, pour les premiers physiciens, le type le plus transcendant. Les auteurs en question ont donc considéré tout à la fois l’esprit comme le principe de l’âme , et comme une substance extrêmement déliée qui serait identique à l’Electricité ou à l’Éther. Ainsi, d’après eux, Y esprit consisterait en un corps distinct dans la Nature, tel que la terre, l’eau, le soufre, le carbone, etc., et dont la propriété caractéristique serait d’être pénétré uniformément, dans toute l’étendue de sa masse, de sensitivité, d’intelligence et de passions; de telle sorte qu’une fraction quelconque détachée de cette masse, et introduite dans un autre corps, produirait l’animation de celui-ci, et par là s’expliquerait le phénomène de la vie. Aux termes d’une pareille définition, il est clair que sensation, volonté, p.cnsée, ne rayonneraient point d’un centre déterminé, mais émaneraient d’un volume de matière comme les vapeurs lumineuses émanent du phosphore; en un mol, dans cet état amorphe et impersonnel de la substance (mimique, il n’existerait pas de
l’esprit ET LA MATIÈRE, L’AME ET LE CORPS. 329
moi. Mais alors qu’est-ce qui pourrait se dire : « M pense, donc je suis» ? — Evidemment', rien. Or l’action de penser suppose nécessairement un Moi pensant, c’est-à-dire une personnalité, une individualité, une unité consciente; il est donc absurde de supposer l’existence des propriétés de l’âme disséminées en dehors d’un « moi », et telle est l’erreur des philosophes dont nous parlons. îl est surprenant qu’une conception aussi grossière ait pu faire illusion à tant d’intelligences d’élite.
Je dois constater que les partisans de cette doctrine établissent une distinction entre la substance spirituelle et la matière, mais cette distinction est vaine. Le caractère général et essentiel de ce que l’on nomme « la matière », c’est d’occuper mie étendue; et la notion de l’Ether et des fluides plus subtils encore que nous pouvons imaginer, rentre inévitablement dans cette définition. Un homme, qu’il soit petit ou grand, est toujours un homme, et la matière reste matière dans toutes ses manifestations.
C’est par un abus du même genre que les Spiritualistes se rendent coupables d’une antithèse contradictoire dans les termes en opposant un « monde spirituel » à ce “ bas monde matériel» . Ce monde supérieur qu’ils placent dans une sphère hors la portée de nos sens actuels,
et en 1 existence duquel j’ai foi comme eux — est conçu comme un ensemble de phénomènes plus ou moins analogues à ceux que nous observons sur le globe, et ayant nécessairement V espace pour théâtre. Ce monde spirituel est donc un monde materiel , d’après la définition philosophique du mot; et, par conséquent, pour désigner une région nouvelle de l’empire de la Matière, a laquelle les Physiciens n’avaient pris garde jusqu’à
CONCLUSION GÉNÉRALE
ce jour, il est indispensable de faire choix d’une expression telle qu’elle n’exclue point la chose du tout dont elle fait partie.
Fourier a bien montré en cette occasion la sagacité discriminative qui le caractérise : pour éviter le vieux contre-sens du « monde spirituel », il a créé le « monde aromal » .
Principes mathématiques de la Topographie Cérébrale de l’Ame.
La surface d’une sphère déterminée peut être considérée comme ayant pour concentrique la surface d’une sphère infiniment petite que l’on appelle son point central, par conséquent, toutes les divisions de la première surface correspondront exactement à pareilles divisions de la seconde, car les unes et les autres se trouveront comprises sous les mêmes angles, tous ces angles ayant le centre pour sommet. Nous avons ramené l’idée de l’Ame à celle d’un Point Mathématique; nous pouvons ainsi la regarder comme une sphère infiniment petite dont la surface infinitésime est concentrique à la surface déterminée de la sphère du cerveau; toutes les divisions tracées sur la surface cérébrale se rapporteront donc forcément à des divisions de l’âme.
Que l’âme soit donc envisagée comme un point radieux, chacun de ses rayons correspondant à un c faculté, et résultant de l’impulsion de cette faculté contre la matière ambiante. Chaque faculté accusera d’autant plus de puissance que la matière placée sur sa ligne de projection se trouvera plus facile à mouvoir; et , par conséquent, la longueur du rayon émanant de chaque faculté de 1 âme