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» J’ai fait, il est vrai, quelques découvertes, mais pour en faire de grandes il faudrait consacrer tout son temps à l’étude de celte science inépuisable. J’ai fait entre autres la remarque suivante : Après avoir guéri une maladie chronique, je dois continuer encore le traitement, afin de détruire, non plus le mal, mais l’habitude du mal , quand surtout il était ancien. Mais , grâces à Dieu , toutes les personnes que j’ai guéries continuent à être bien.
» Il y a environ un mois, un malheureux abandonné des chirurgiens est venu me prier de le soigner pour une affection à une jambe [mon correspondant n’indique point la nature de cette affection]. Après la première séance, il est sorti de chez moi portant sa béquille à la main , et s’aidant seulement d’une canne pour marcher...
» Un chef de bureau du ministère des finances, M. L...s, avait deux doigts de la main gauche et l’avant-bras paralysés depuis deux ans. Il avait consulté tous les médecins, mais sans résultat. M. H., notaire, qui a assisté à vos leçons, me pria de passer chez lui pour expérimenter sur sa personne et sur celle de ce M. L. Le premier ne put être influencé, mais le second le fut complètement; aussi suis-je parvenu à le guérir d’une manière radicale , séance tenante. Je l’ai fait revenir chez moi les deux jours suivants, et depuis il continue à se servir de la main gauche aussi bien que de la droite. »
Dans une autre lettre, portant la date de Bruxelles,
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24 octobre 1853, la même personne me fait connaître les détails suivants :
« Pendant mon séjour à Tournay, j’ai agi avec succès sur plusieurs personnes de ma connaissance ; mais c’est surtout dans mon village, situé à deux lieues de cette ville, que j’ai réalisé des cures vraiment extraordinaires. J’ai enlevé un rhumatisme à la servante du curé, et, à la prière de celui-ci, j’ai entrepris le traitement d’une vieille demoiselle abandonnée de tous les médecins, ainsi que celui d’un de mes voisins qui se trouvait dans le même cas : je les ai guéris tous les deux. Obligé de retourner à Bruxelles, j’avais prié le curé de me donner des nouvelles de mes anciens malades ; voici ce qu’il vient de m’écrire : «Ma servante n’a plus senti son rhumatisme; „ votre voisin atteint de phthisie depuis deux ans 5> n’est pas radicalement guéri; il a toujours là respi- » ration un peu gênée , mais il est beaucoup mieux. « Votre plus beau succès, c’est sans contredit la gué- » rison merveilleuse de la demoiselle qui était enflec „ par tout le corps. Non-seulement elle est guérie, » mais elle se trouve entièrement la même qu’avant „ sa maladie : ses membres sont tout a fait désenfles, •„ elle vient à la messe , et va au marché de Leuze » (petite ville à une lieue de là), où elle n avait point » paru depuis plus de deux ans. »
La relation que l’on vient de lire est corroborée dans les lignes suivantes par le témoignage dun homme qui porte un des noms les plus honores de
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la Belgique, et possède le titre de docteur ès sciences. Voici donc ce que m’écrivait dun autre coté
M. le Comte de Pitteurs :
« J’ai donné, il y a quelques jours, avec le concours de M. Breton, une petite séance particulière : sur douze personnes qui se sont présentées pour se soumettre aux expériences, pas une seule ne nous a échappé; le succès fut complet.... M. Breton a déjà obtenu un succès prodigieux sur quelques-uns des élèves de son pensionnat affectés de myopie : au bout de quelques séances, ils pouvaient lire à une distance de plusieurs mètres, ce qu’ils pouvaient à peine faire à quelques centimètres auparavant. Le bégayeur parle déjà infiniment mieux, et avant peu de temps, nous l’espérons, son infirmité aura totalement disparu
La cure la plus remarquable qu’il (M. Breton) ait faite, c’est celle d’une surdité chez un paysan qui depuis longues années était totalement privé de 1 usage d’une oreille , et n’entendait que très-imparfaitement de l’autre. Il soumit cet homme, qui était très-robuste, à l’action du disque, pendant dix minutes seulement (il était pressé) Peu de temps après, de
sourd qu’il était, cet homme se trouva en possession d’une ouïe aussi délicate que la vôtre et la mienne : ne pouvant contenir sa joie, il se lève en sursaut, et, pour exprimer sa reconnaissance à son bienfaiteur, il ne trouve que celte phrase : Qu’est-ce que je vous dois! Il va sans dire que pour un tel service M. Bre-
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ton n’a voulu accepter d’autre rémunération que la jouissance de l’avoir rendu.
« Ce matin M. Breton m’a fait part d’une nouvelle cure, encore d’une surdité, semblable à celle dont je viens de vous entretenir. Une seule séance a suffi! Il a réussi encore à dissiper un engorgement des glandes du cou; la tumeur s’est affaissée comme par enchantement, et Je malade reste parfaitement guéri. Autre fait non moins extraordinaire : dimanche, pendant que je donnais une séance, il en donnait luimême une autre dans une maison différente : il y guérit un jeune homme de vingt et un ans d’une gastrite à laquelle s’est substitué depuis un appétit superbe. Nous avons bien réussi tous deux ce jour-hà, et nous avons le bonheur d’élargir de jour en jour le
cercle des partisans de l’Electro-Biologie. »
L’ avènement de l’Electro-Biologie (nous substituerons ailleurs une autre dénomination à celle-ci qui n’est pas entièrement exacte) ne vient pas uniquement commander l’attention du Physiologiste et du Médecin; l’électro -biologie se proclame désormais l’arbitre de la Psychologie et de la Morale; elle appelle à sa barre toutes les doctrines qui ont élevé la prétention de révéler à l’homme le mystère de son Etre, et de donner à chacun le poids et la mesure de ses droits et de ses devoirs; elle somme la Philosophie tout entière de venir soumettre ses hypothèses au critérium irrécusable, à l’inexorable contrôle d un
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l'ait matériel; elle vient apprendre à la supériorité orgueilleuse et à la vertu trop sûre d’elle-même que le plus grand génie n’est après tout qu’une lentille de verre destinée à concentrer les rayons diffus de la lumière intellectuelle, et qu’un souille peut ternir, que le moindre choc peut briser; et que l’âme la plus forte et la plus pure est pareille au diamant, qu’une étincelle change en vapeurs de charbon.... Déjà le juge, que son équité et sa sagesse ont investi de la balance ef du glaive souverain, se sent troublé dans sa conscience et se surprend sans voix pour condamner : l’Électro-Biologie ne lui a-t-elle^ pas montré quelle peut l’arracher à la majesté de son siège et le précipiter sur le banc infâme des criminels! La nouvelle science vient abattre le sot mépris et proscrire la hideuse vengeance. En prouvant aux hommes que la différence de leur valeur actuelle consiste tout entière dans des circonstances extrinsèques et mobiles, elle rend tous leurs actes solidaires dans l’unité de la nature humaine, et leur enseigne qu’ils doivent s’aimer et non se juger, et travailler en commun à leur amélioration réciproque pour frayer la route du bonheur, dont les obstacles gigantesques n’ont promis de s’abaisser que devant l’harmonieux ensemble de tous les efforts réunis de l’Humanité.