Notions de prothèse élémentaire
Avant d’entrer dans le détail de la technique que nous préconisons à propos de chaque cas de fracture de la mandibule, nous ne croyons pas inutile de signaler brièvement pour ceux de nos lecteurs qui ne sont pas des spécialistes, les principaux types d’appareils utilisés en prothèse dentaire courante, et les ressources spéciales que l’on peut attendre de chacun d’eux.
Ce qui caractérise chacun de ces appareils, qui tous ont le même but de remplacer des dents absentes, c’est leur mode d’ancrage. Les plus simples d’entre eux s’enlèvent au gré du patient qui peut ainsi veiller à leur nettoyage minutieux. Ils constituent la prothèse amovible. Ils comprennent une plaque-base en caoutchouc vulcanisé ou en métal, recouvrant les rebords alvéolaires ou le palais sur une surface d’autant plus grande que le nombre de dents à remplacer est plus considérable. Sur cette plaque-base sont lixées aux endroits voulus les dents artificielles. Quant à la rétention de ces appareils elle est assurée par des crochets entourant les dents restantes, par des pivots à glissière utilisant les racines, ou enfin, lorsqu’il s’agit de mâchoires totalement édentées, par des ressorts disposés latéralement et réunissant les deux appareils du haut et du bas. On utilise encore les .succions surtout pour la mâchoire supérieure; on appelle ainsi
1. Voir L. Imbert et P. Réal, Sur les fractures du maxillaire inférieur par projectile de guerre. Principes du traitement. Soc. de chir., 6 janvier 1916.
TRArrËMENT PROTHÉTIQUE 6â
de petites cavités ménagées sur la face palatine de la plaque-base ; par un mouvement de succion le patient y fait le vide et provoque ainsi l’action de la pression atmosphérique qui applique plus ou moins fortement la plaque à ce niveau. Des rondelles de
Fig. 38. — Dentier complet. Type ' d'appareil amovible.
La stabilité de cet appareil est assurée par des ressorts, unissant de chaque côté les appareils supérieur et infé-
L'on a représenté également sur la face palatine de l'appareil supérieur une petitecavilé, appelle succion. Quand l’appareU est mis en place il suffit en
pour faire le vide dans cette cavité et obtenir ainsi que l’appareil adhère plus ou moins forfement au palais.
caoutchouc de formes variées sont employées parfois pour renforcer ou faciliter le rôle dés succions.
La prothèse fixe ou ‘prothèse inamovible a pour prototype le bridge ou appareil à pont. Son principe est de s a})puyer sur
Fig. 39. —Appareil complet do la mâchoire supérieure avec succion en coutchouc.
Pour renforcer l'action de la succion telle que nous l’avons décrite dans la légende précédente, on utilise parfois une petite rondelle de caoutchouc (1) qui adhère mieux au palais où elle forme oentohse.
deux dents au moins servant de piliers et de tendre entre eux un tablier rigide 'qui supportera les dents artificielles. Les piliers devront être des organes solides, dents ou racines; s’il s’agit de dents le dispositif d’ancrage sera représenté par des coiffes de métal qui entoureront toute la couronne jusqu’au collet inclus; s’il ne reste que des racines on utilisera les pivots de métal pénétrant le plus loin possible dans les canaux radiculaires élargis et munis de coiffes recouvrant l’extrémité libre de la racine. En
dehors de ces dispositifs d'ancrage qui sont les plus employés, on pom-ra utiliser encore les lilocs d’or pivots, les couronnes fenetiees, etc., il neutre pas dans notre cadre de les décrire pas plus que de donner des détails sur la façon de les construire Le tablier du pont sera lui aussi en métal, on ménagera entre sa face profonde et le rebord ginginal un espace suffisant pour permettre le nettoyage in situ. En effet cet appareil est fixé defini-
Fig. 40. — Bridge ou pont.
Type d’appareil de prothèse inamovible.
La -première -molaire est couverte d'une coiffe métallique (1); la racine de la
coiffe-pivot i^'-^Ëitre Tel deux poi-au d'appui formant piliers est tendu le tablier du pont représenté par des couronnes pleines remplaçant er du pont et la gencive un
iwement aux dents, en scellant au ciment dentaire les différents moyens d’ancrage aux piliers sur lesquels ils ont été minutieusement ajustés. Le bridge est évidemment l’appareil de prothèse qui permet d obtenir la récupération fonctionnelle la plus parfaite On peut également compter sur sa très longue durée, à condition que les piliers soient judicieusement choisis et préparés, et surtout que 1 effort qu on leur demande ne soit pas disproportionné. C’est à ce titre que les bridges petits, c’est-à-dire ceux dont la portée ne dépassera pas trois dents, devront être particulièrement conseillés.
Il existe enfin un genre d’appareils de prothèse qui combine les moyens d’ancrage du bridge et de l’appareil à plaque, et que pour cette raison l’on désigne sous le nom d& prothèse amovo-inamovible. C’est un appareil conçu d’après les principes que nous
avons préconisés pour le traitement des pseudarthroses médianes. Il
est décrit plus loin dans tous ses détails et nous prions le lecteur de vouloir bien s’y reporter.
Ces différentes combinaisons prothétiques montrent tout le parti que l’on peut tirer de la présence des dents comme moyen de
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rétention. Ces notions bien connues des stomatologistes seront largement mises en pratique lorsqu'il s’agira d’établir les nombreux appareils d’immobilisation utilisés dans le traitement des fractures des mâchoires.
Un autre phénomène physiologique important à connaître est l’extrême complaisance des articulations temporo-maxillaires et leur incontestable faculté d’adaptation; nous en avons des exemples constants en i)rothèse dentaire courante, et en orthodontie.
C’est vraisemblablement la grande étendue des mouvements de ces articulations qui crée cet état de choses- et c’est encore là une notion dont nous tirerons grand ])ro(it.