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Nos propres recherches ont été faites dans des voies différentes :
Nous avons eu avant tout la préoccupation de faire vivre notre greffon, car il est certain qu’un os complètement détaché de ses connexions peut continuer à vivre; dans ce but nous avons pensé qu’il était préférable de faire la greffe en deux temps séparés par un long intervalle.
Le premier temps consiste à prélever un fragment osseux, généralement une côte du bfessé lui-même, et à l’insinuer purement et simplement, avec le minimun de manœuvres opératoires, sous les téguments de la région intéressée, au voisinage de la pseudarthrose; une simple ponction au bistouri avec décollement des parties molles suffit; le fragment costal est glissé dans l’ouverture qui est fermée par un point de suture. L’opération est d’une extrême simplicité; le'greffon est toujours toléré; nos recherches ne nous permettent cependant pas de conclure qu’il vit toujours d’une vie normale : certains de nos opérés ont fait au bout de plusieurs jours une fistulette secondaire correspondant à un foyer de nécrose du greffon ; mais ce foyer était limité et n’a jamais entraîné l’élimination; la plupart se sont cicatrisés par première intention.
Lorsque nous supposons que le greffon a pu retrouver ses moyens de nutrition, pas avant deux ou trois mois, nous le mettons alors en place par une opération au cours de laquelle nous déplaçons le fragment de côte en lui conservant le maximum de ces nouvelles connexions vasculaires.
Nous ne possédons encore que trois cas dans lesquels ce second temps ait pu s’accomplir de façon satisfaisante : chez le premier de nos opérés, il y avait pseudarthrose lâche avec perte de substance de toute la partie latérale gauche du maxillaire ainsi que de sa branche montante ; nous avons greffé un fragment de côte avec le cartilage costal adjacent, dans l’intention d’en faire une sorte de remplaçant physiologique de l’articulation temporomaxillaire : la partie osseuse du greffon fut fixée à l’extrémité du maxillaire conservé par deux vis. Le résultat fut excellent en ce sens que la réunion par première intention fut réalisée; mais aujourd’hui, huit mois après la deuxième opération, la côte est encore absolument mobile sur le maxillaire ; il ne s’est produit
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.visiblement aucune ébauche de cal; le gain fonctionnel est nul.
Chez un autre de nos blessés nous avons procédé de même pour une perte de substance de la branche latérale du maxillaire mesurant 3 centimètres environ et traitée depuis plusieurs mois sans succès par les appareils. Nous avons greffé d’abord sous la peau de la région un fragment costal prélevé sur le sujet lui-
Fig. 97. — Fracture latérale gauche avec large perte de substance ; non consolidation malgré immobilisation prolongée.
Ce blessé a été traité par la greffe osseuse ; résultat encore incertain.
même et mesurant 5 centimètres de longueur. Le greffon a été bien toléré. Au bout de deux mois, nous avons mobilisé le fragment costal et l’avons taillé en pointe à ses deux extrémités; deux cavités creusées dans les fragments du maxillaire reçurent les deux pointes et la rétention du fragment fut ainsi obtenue dans des conditions satisfaisantes : mais l’opération est encore trop récente et l’on ne peut parler de résultats définitifs.
Notre troisième opéré est pins récent encore : il avait perdu une grande partie de l’arcade ; nous avons fixé le greffon au moyen d’une plaque métallique vissée par ailleurs sur les fragments'.
TRAITEMENr CHIRURGICAL
Enfin nous avons utilisé, conformément aux suggestions de M. Lequeux, les fragments d’os de nouveau-né. Nous avons pu, grâce à l’obligeance du personnel de la Maternité de Marseille, recueillir un corps d’enfant mort-né dans des conditions satisfaisants ; nous en avons prélevé les principales pièces du squelette et les avons conservées à la glacière à -4- 4°, dans la vaseline. Nous avons constaté que des fragments osseux, inclus dans les tissus — chez des malades non blessés de la face — étaient parfaitement tolérés. Nous nous sommes décidés alors à faire de véritables greffes osseuses chez deux blessés du maxillaire inférieur. Mais nous avons procédé suivant notre technique en deux temps : les fragments ont été d’abord inclus sous la peau ; ils ont été supportés sans aucun incident; il s’agit chez l’un d’une extrémité inférieur du fémur, avec le noyau cartilagineux d’accroissement, chez l’autre d’une extrémité supérieure de l’humérus dans les mêmes conditions. L’avenir nous apprendra ce qu’il convient d’attendre de ces recherches.
En somme, nous croyons pouvoir conclure, à l’époque où nous écrivons ces lignes, que les résultats des greffes osseuses pour les pseudarthroses du maxillaire inférieur ne sont pas encore démonstratifs; ils sont comme dit Sebileau, encourageants, sans plus. Il est à prévoir du reste que les recherches poursuivies de tous côtés pour obtenir la cure des pseudarthroses par transplantation osseuse donneront des indications d’ordre général dont pourront hénéficier les lésions du maxillaire inférieur.