I. — Fractures partielles
Elles n’interrompent pas la continuité de l’os, mais peuvent atteindre ses diverses régions.
Tout d’abord, on peut noter les fractures des dents \ elles sont fréquentes et compliquent du reste très habituellement les fractures complètes ; elles n’ont d’autre intérêt que d’exiger une prothèse de remplacement. 11 faut savoir que les racines des dents ne sont pas susceptibles de se consolider ; il en résulte que même lorsqu’une dent paraît en bon état, si sa racine est fracturée, on doit en pratiquer l’avulsion.
La fracture du rebord alvéolaire est également très fréquente : elle existe souvent aussi à titre de complication; la tendance du fragment marginal est toujours de basculer en dedans, sous l’influence, sans doute, des efforts de mastication : comme ces fractures finissent habituellement par se consolider, traitées ou non, il s’ensuit qu’elles peuvent aboutir à une consolidation vicieuse telle que les molaires supérieures appuient parfois sur la face externe des molaires inférieures : nous avons vu plusieurs fois cette déformation au début de la guerre; maismn ne la ren-
FRACTCRES ÜK LA MACHOIRE INFERIEURE
contre plus depuis que ces blessés trouvent aisément les soins qui leur sont nécessaires.
Les fractures marginales inférieures n’ont aucune importance pratique ; ce sont de menus fragments détachés qui se consolident, à moins qu’ils ne se transforment en séquestres.
Les fractures de l'apophyse coronoïde sont d’observation difficile : la radiographie les révèle mal; en somme, elle sont confondues d’habitude pour nous avec la constriclion des mâchoires.
Les fractures de l'articulation temporo-maxillaire sont fréquentes et de constatation aisée puisque la région intéressée est située directement sous la peau. Nous avons observé un blessé qui nous a montré le condyle et son col qu’il avait recueillis et qui s’étaient éliminés comme un séquestre; la fonction masticatrice s’accomplissait du reste pour lui d’une façon satisfaisante. Cette forme de lésion devrait provoquer facilement la constriction par ankylosé; cependant, nous n’en avons jamais observé un seul cas jusqu’à présent parmi les blessés de la guerre. Le déplacement des fragments lorsqu’il se produit, est exactement celui que l’on observe dans les fractures de la branche mon-' tante; la déviation latérale et la rétropulsion sont seulement plus accusées.
Les fractures par perforation s’observent parfois; le projectile, ordinairement une balle, a traversé le maxillaire sans interrompre sa continuité; il a creusé une simple perte de substance. Nous avons remarqué que conformément à ce que l’on observe pour les fractures du crâne, la table interne de l’os est intéressée sur une étendue plus considérable que la table externe ; il en résulte que certaines esquilles ont des dimensions supé-
rieures à celles de la perte de substance apparente. L’analogie s'arrête là du reste et ces lésions n’ont rien de la gi'avité et de l’urgence que comportent celles du crâne.