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ÉVOLUTION DE LA RÉACTION DE DÉGÉNÉRESCENCE

L’évolution est, on le conçoit, moins brusque lorsqu’une tumeur ou du tissu cicatriciel exerce sur les nerfs, les racines ou les cornes antérieures de la moelle, une compression progressive. Tantôt elle se fait suivant un processus subaigu, tantôt elle affecte une allure lente, chronique.

Dans les lésions traumatiques des nerfs, l’évolution aiguë de la RD, c’est-à-dire son installation rapide après le traumatisme est toujours suspecte : elle indique toujours une lésion grave du nerf et crée de sérieuses probabilités en faveur de la section. Toutefois le syndrome aigu peut faire suite au simple trauma du nerf (contusion violente), à une compression brusque par un fragment osseux, par un hématome, à son infiltration par une collection purulente.

L’évolution subaiguë de la RD dans les blessures de guerre répond en général à une compression permanente, prolongée ou progressive.

L’enclavement du nerf dans une gangue de tissu cicatriciel, le développement d’un névrome intrafasciculaire, l’élreinte d’un cal donnent communément lieu à une évolution assez lente. Pendant plusieurs semaines on se trouve en présence de RD partielle, mais cette RD partielle n’a pas, dans les cas de ce genre, une signification toujours bénigne. Elle n’est bien sonvent que le stade avant- • coureur de la RD complète, à laquelle elle aboutira insensiblement.

Rien n’est plus fallacieux que les cas qui s’accompagnent de RD partielle et qui ne guérissent pas dans un délai assez court. Et même on peut voir parfois s’installer dans un territoire nerveux une paralysie complète avec RD partielle qui, au bout de quelques semaines, se résout complètement ou à peu près complètement, tandis que la RD, elle, persiste avec ses caractères. Un certain temps s’écoule, puis, sans raison apparente, la paralysie réapparaît graduellement sur le même territoire. Cette évolution est, en général, le propre des compressions inflammatoires avec rétraction fibreuse consécutive.

Dans les névrites infectieuses ou toxiques, la marche de la RD est intimement liée à celle de ces affections.

Enfin, dans les affections chroniques de la moelle ou des enveloppes qui altèrent lentement les noyaux moteurs ou compriment les racines (poliomyélites chroniques, syringomyélie, sclérose latérale, méningo-myélites chroniques), elle se caractérise par une évolution plus ou moins lente.

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