VII. — SIGNIFICATION CLINIQUE DE LA RÉACTION DE DÉGÉNÉRESCENCE
Signification diagnostique. — La réaction de dégénérescence s’observe seulement lorsqu’un processus pathologique frappe le neurone moteur périphérique ou son prolongement cel- ' litUfuge (üg. 37), c’est-à-dire les cornes antérieures de la moelle {poliomyélites, etc.) ou leur prolongement dans le bulbe (noyaux moteurs bulbaires : paralysie labioglosso-laryngée), les racines motrices {paralysies radiculaires) ou le nerf moteur périphérique {altérations traumatiques : section, compressions, etc. ; névrites).
Tout état pathologique m’intéressant pas par son siège anatomique le neurone moteur périphérique, ne donne jamais lieu à la réaction de dégénérescence. Jamais celle-ci n’accompagne les lésions encéphaliques, ni les affections primitives des, muscles (myopathies, atrophies réflexes), ni les myélopathies localisées sur les faisceaux blancs ou les cornes postérieures.
Toutefois dans ce cas la RD peut se rencontrer quand l’altération anatomique occupe simultanément ou envahit secondairement le neurone moteur périphérique sur un de ses points (sclérose latérale amyotrophique, syringomyélie, hématomyélie par exemple).
L)existence de la réaction de dégénérescence dans un cas pathologique déterminé apporte donc au diagnostic un élément de certitude, en phie de la RD.^Le permettant d’éliminer d’emblée un certain pointillé circons- d'affections et de limiter les recher-
crit le neurone mo-
tour périphérique.) clies aux états pathologiques dont le .siège répond à sa topographie.
La réciproque n'est pourtant pas vraie, et il ne faudrait pas
SIGNIFICATION CLINIQUF
concliiie ([H’une affeclion où l’on n’aurait pas constaté la réaction de dégénérescence doive avoir nécessairement son siégé en dehors du neurone moteur périphérique. Une poliomyélite, une névrite peuvent en effet fort bien, si les altérations anatomiques sont peu profondes, donner simplement lieu à des modifications quantitatives de l’excitabilité électrique, sans RD par conséquent.
Principales affections du système nervedx
ou ’SE RENCONTRE LA » RD ».
Encéphale.
^ . ( Paratysie Iqbio-glosso-laryngée.
Altérations des noyaux bulbai- t poyers de ramollissement. Tu-
..^ meurs.
Altérations des troncs nerveux ^ Tumeurs, dans leur trajet intracrânien, î'Foyers hémorragiques, par compression ou destruction. ( Fractures des os du crâne.,
Moelle.
Lésions des cornes antérieures.
Processus aigus. . .
Processus chroni-
Lésions empiétant sur les cornes
antérieures.
Compressions , à l’émergence des troncs nerveux ou dans leur trajet dans le canal rachidien. . . Lésions inflammatoires des racines rachidiennes.. •
/ Paralysie infantile.
) Poliomyélite antérieure aiguë de ( l’adulte.
( Poliomyélites chroniques (type ( Aran-Duchenne, etc.).
( Sclérose latérale amyotrophique.
I Syringomyélie. Hématomyélie.
r Pachyméningites.
5 Tumeurs.
( Fractures et luxations.
( Radiculites de la méningite céré- ^ hro-spinal|, etc.
Nerfs périphériques {racines, troncs, branches).
Altérations traumatiques .
Par section, compression, élongation, etc.
Névrites infectieuses {Névrites localisées et polynévrites) .
! Typhiques, syphilitiques, blennorragiques, scarlatineuses, our- • lionnes, grippales, tuberculeuses, etc.
Névrites toxiques et dyscrasi- i Alcooliques, saturnines, sulfo-carques {Névrites localisées et poly- t ponées, diabétiques, etc.
névrites) .. '
Névrites « a frigore ». Paralysie faciale, radiale, etc.
La notion topographique qu’introduit l’existence de la RD est
des plus précieuses pour l’établissement ou la vérification du
diagnostic différentiel.
Son existence au cours d’une paralysie motrice fournit la certitude que cette paralysie n’est pas sous la dépendance d’une lésion de l’écorce ou du centre ovale, qu’elle n’est ni de nature hystérique, ni simulée. Une atrophie musculaire évolue-t-elle avec réaction de dégénérescence ? Immédiatement on peut écarter l’hypothèse d’atrophie musculaire’ réflexe ou de myopathie.
Mais si la RD nous conduit à localiser la cause anatomique d’une affection dans le neurone moteur périphérique, il n’est dans le syndrome lui-même aucun caractère qui nous permette de reconnaître quelle 'partie du neurone se trouve intéressée, ou, en d’autres termes, s’il faut localiser le processus pathologique dans la moelle, les racines ou le tronc du nerf périphérique.
A cet égard, toutefois, son mode de répartition sur les muscles peut, jusqu’à un certain point, renseigner le clinicien. Trouvet-on, par exemple, la RD sensiblement au même degré sur tout le territoire de distribution d’un même nerf? On conclura à une névrite périphérique.- Est-elle localisée sur des muscles appartenant à un même groupement radiculaire, et seulement sur ces muscles? On pourra penser à une lésion des cornes antérieures ou à une paralysie radiculaire.
Signification pronostique. — Le degré de la RD (RD complète, RD partielle, traces de RD) ne « mesure » la gravité, le pronostic d’un cas déterminé que par comparaison avec d’autres cas de même nature. Ainsi les muscles de la région antéroexterne de la jamb.e pourront être frappés au même degré (de RD complète par exemple), ici par la poliomyélite, là par la névrite grippale. Malgré Tégal degré de la RD dans ces deux cas, le pronostic est essentiellement différent, puisque dans le premier cas la réparation est douteuse, et qu’elle est au contraire très probable dans le second.
De même la RD partielle, indicé de bénignité dans la paralysie faciale a frigore, comporte un pronostic sévère lorsqu’elle se rencontre au cours d’une aflection médullaire (poliomyélite, syringomyélie).
A égalité dans le degré de la RD, le pronostic est souvent plus grave dans le cas de lésions atteignant primitivement les cellules, que dans les cas de lésions des racines et des nerfs. Une lésion